| La véritable déception amoureuse que les Américains éprouvent
envers la France, maîtresse volage et inconsistante.
La visite de M. Nicolas Sarkosy aux USA reste largement
insuffisante pour faire retomber leur légitime colère.
La politique étrangère de la France doit connaître une réévaluation significative
pour nous permettre de revenir tête haute dans le camp du monde libre, sur les plans
économique, politique, culturel.
La panne au redémarrage économique de la France depuis trois ans doit aussi s'analyser
par la défiance internationale qu'a suscitée sa politique étrangère.
La reprise économique est largement engagée aux USA et dans plusieurs pays européens,
à l'exception de l'Allemagne. Le retour mécanique attendu de la croissance, comme une
vague bienfaisante qui traverserait l'Atlantique, ne se fait pas.
Nos pesanteurs administratives y sont pour beaucoup : 35 heures, poids des charges
sociales, impôts... Mais surtout, le climat de confiance n'existe pas.
Tant que l'équipe Chirac / Villepin détiendra la réalité du pouvoir, le climat
d'animosité des Américains envers la France ne sera pas levé.
Le climat de morosité des Français devra continuer de se satisfaire des explications
alibi sur le renchérissement du pétrole, le taux faible du dollar, et autres mauvaises
excuses nous exonérant d'une réelle remise en cause de nos mauvaises habitudes
administratives et fiscales.
Faisons un pari : si le dollar repassait au-dessus de la barre de 1 euro à parité, et le
baril de brut au-dessous de la barre des 30 dollars, nous trouverions encore bien des
économistes, éditorialistes et politiciens français pour nous expliquer que tout cela
est la faute des Américains, de la globalisation.
Ils n'oseraient pas invoquer la ploutocratie judéo-sioniste parce que ces propos sont
devenus condamnables, mais ils s'arrangeraient pour le donner à comprendre : la vague
d'antisémitisme qui sévit en France depuis trois ans est l'un des symptômes du malaise
profond de notre société, de notre goût à vivre et à prospérer ensemble. Parions
aussi que ce seraient souvent les mêmes qui nous expliquent aujourd'hui que tous nos maux
proviennent d'un dollar trop faible, d'un baril de pétrole trop cher, de la
mondialisation... et du conflit palestino-israélien.
La liberté d'informer en France est en grave danger. Les médias sont totalement
inféodés au pouvoir politique (France-Télévision, Arte, Radio-France), et économique
(Bouygues, Lagardère : bétonneurs et marchands d'armes investis dans la presse et les
médias audiovisuels) : ils têtent l'AFP comme source d'informations essentielle, sans
recul, ni critique, ni vérification, pratiquement sur tout l'éventail de nos journaux et
médias, à l'exception de quelques uns, marginalisés.
L'AFP est notre Pravda à la française, avec cette extrême habileté consistant à
dissimuler son impériale omniprésence.
L'illusion de la liberté vient de ce que les Français se croient encore en régime de
démocratie parlementaire, alors que celle-ci est confisquée par une pseudo-élite
politico-économique pacsée avec les petits marquis de l'ENA et des médias.
La liberté de penser et de dire en France est aussi en grave danger.
Récent symptôme : le doyen de Nanterre autorise une association étudiante d'extrême
gauche, l'AGEN, inféodée aux islamistes, à tenir un meeting d'où sont exclus les
étudiants juifs de l'université aux cris de "dehors sales feujards, sales sionistes
fascistes". L'AGEN y a invité le pseudo-comique Dieudonné à faire campagne pour sa
liste "EuroPalestine" présentée aux prochaines élections européennes.
Le doyen de la faculté de Nanterre, responsable de ces graves manquements à l'ordre
républicain, doit être justement sanctionné pour ces faits.
La société française, qui valorisait pendant les "trente glorieuses" la
méritocratie et l'ascenseur social, est aujourd'hui bloquée, vérrouillée, dans
l'impasse d'une étatisation envahissante qui croit régler les conflits sociaux en
imposant toujours plus de réglementations, conduisant à un système paralysant
l'initiative.
Pour en sortir, certains dirigeants - dont Sarkosy et Borloo - préconisent la
"discrimination positive", et la nomination de fonctionnaires en dehors des
concours : nous en sommes arrivés à la quintessence de ce qu'on pourrait appeler la
"politique des rustines sociales".
Pour faire survivre un système à bout de souffle, on invente des expédients qui vont
l'entraîner vers encore plus de médiocrité, pour sauvegarder ce royaume des
fonctionnaires que la France est devenue.
Au secours ! La mûle ploie sous la charge.
Pour nous en sortir, ce ne sont pas de fonctionnaires ni de foot-balleurs dont nous avons
le plus grand besoin, mais d'entrepreneurs.
Et la France éternelle est en train de s'assoupir du long sommeil de la "belle au
bois dormant".
Piquée par l'aiguillon de l'islamisme, atteinte de vieillissement prématuré, ne rêvant
plus que de préserver ses "droits acquis" dans un monde compétitif, elle
voudrait jouir d'une retraite mal préparée en rejetant sur les générations à venir le
poids de charges mal abondées, ou de réserves déjà consommées.
Exaltée par un passé glorieux où son universalisme - son armée, et ses instituteurs -
inspiraient le respect à la planète entière, mais devenue une puissance moyenne, elle
continue de rêvasser de grandeur et croit pouvoir s'en sortir en se voilant la face,
couvrant ses oreilles au tumulte du monde.
Fatiguée d'être exemplaire dans la laïcité républicaine, elle répète fascinée
"la paix, la paix, la paix" dans un monde dangereux, en proie aux convulsions
d'une religion violente et conquérante, qui n'a pas fait sa mûe séculière et
réellement pacifique, et ne saura la faire que si on l'y aide, au besoin sous une
certaine contrainte.
Des perspectives...
La richesse d'une nation provient du travail productif de ses habitants : asséchons nos
armées de fonctionnaires, libérons l'initiative privée sans remplacer sept formulaires
par un guichet unique vampirique aspirant des côtisations sociales confiscatoires,
formons et importons des entrepreneurs, laissons le marché s'autoréguler dans une
économie sociale où la Sécurité Sociale cessera d'être une vache sacrée, mais pourra
être mise en concurrence avec les mutuelles ou des sociétés d'assurances. Essayons une
voie de bon sens non explorée en France.
Et évitons de transférer au niveau européen les mauvaises habitudes françaises : les
armées de technocrates se déplacent désormais à Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg,
générant une bureaucratie éloignée des citoyens.
La France commence à exporter son savoir-faire énarchique vers les anciens satellites de
l'union soviétique qui nous ont rejoint le 1er mai : attention danger !
Un adage anglais déclare "You start to be a failure when you charge others for your
fault".
Les Français devraient se demander si cette attitude de démission collective, cette
apathie, cette politique du bouc émissaire qui consiste à charger les autres de ses
propres fautes et insuffisances, est digne et opérante. La réponse est évidente.
Selon le délai du réveil, la résurrection sera possible ou pas.
Mais à présent, nous sommes dans les bras de Morphée.
Attention, l'abus de morphine est dangereux pour la santé !
Simon Pilczer
23/05/04
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