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| Contre lhystérie anti-économique (3)
Le principe de " lexception culturelle
", revendiqué par la France, permet au gouvernement français de justifier,
notamment auprès de ses partenaires européens, la pratique des subventions culturelles.
Mais, cest au nom dune sorte " dexception agricole " que la
communauté européenne justifie lexistence de subventions européennes aux
agriculteurs. Quel type " dexception " va-t-on invoquer pour justifier les
subventions aux entreprises publiques de transport ou délectricité ?
Une exception, dont la pratique est dêtre indéfiniment déclinée, devient de fait une règle, sinon un modèle, qui nous rapproche toujours plus de léconomie administrée. Mais en généralisant ce qui avait vocation à rester exceptionnel, on détruit du même coup lefficacité et la légitimité de la subvention publique, et plus généralement de lintervention étatique. Keynes lui-même, sans doute interventionniste mais néanmoins économiste, convenait que lintervention de lEtat dans léconomie nétait efficace quà la condition dêtre limitée dans le temps (conjoncturelle) et limitée dans lespace (précisément définie). Pourtant, les partisans de lintervention structurelle et systématique de lEtat dans léconomie se réfugient derrière linvocation dun " principe de régulation " qui incomberait nécessairement aux pouvoirs publics. Confier une tâche régulatrice à lEtat en matière économique, cela na jamais été une mission régalienne dans le contexte des économies de marché. En effet, cette fonction régulatrice est précisément assumée par le marché lui-même, à condition quon veuille bien le laisser fonctionner et en accepter ses règles. Or la régulation administrative risque précisément den perturber les règles et le fonctionnement. On nous dit alors que le marché génère tellement dinégalités quil revient à naturellement lEtat de corriger ses effets, en régulant le régulateur en quelque sorte. LEtat sinstitue le régulateur en dernier ressort. La dénonciation des inégalités est un refrain qui fera toujours recette tant certaines inégalités sont insupportables et illégitimes. Cependant, l'existence de différences dans les revenus nest pas un problème en soi. La question est de savoir si ce sont toujours les mêmes qui s'enrichissent et en fonction de quels critères : le travail ou la naissance, l'effort ou le patrimoine, le mérite ou le piston, la compétence ou la corruption, léchange ou le racket ? En liant le revenu du travail à sa productivité, l'économiste montre l'importance de l'effort, du mérite, des compétences et du talent dans la double détermination du revenu économique et des différences de revenus. La reconnaissance de la diversité nécessaire des talents et des efforts se traduit inéluctablement par une échelle des revenus, laquelle agit comme une incitation à l'effort ou à la formation. Il nest donc ni raisonnable, ni efficace de vouloir réduire, à tout prix et aveuglément, cette échelle de revenus laquelle fait partie intégrante du fonctionnement normal dune économie. Léconomie a plus à voir avec la logique quavec lidéologie. Certains de ses principes les plus fondamentaux nont pas été inventé par les économistes mais découvert par les plus brillants dentre eux. Mais, à l'heure des débats spectacles, où il s'agit plus d'impressionner que de convaincre, où il s'agit plus de faire monter l'audience que d'éveiller les consciences, le raisonnement économique cède sa place au discours anti-économique de la régulation administrative. Et ses rares défenseurs sont bien timides quand ils se réfugient derrière l'académisme universitaire aussi hermétique quélitiste. Jean-Louis Caccomo décembre 2004
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