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Guerre mondiale contre l'islamisme


A Madrid, les islamistes ont réussi le plus terrible attentat, en nombre de victimes, blessés et morts, que l'Europe ait connu depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Le 11 mars 2004 est à l'Europe ce que le 11 septembre 2001 est à l'Amérique: la déclaration de guerre des soldats de l'islamisme. Cette date marque symboliquement l'entrée de l'Europe dans " la Quatrième Guerre mondiale " qui oppose schématiquement l'Occident non pas au terrorisme, comme on le dit de chaque côté de l'Atlantique, mais à l'islamisme, c'est-à-dire l'extrémisme musulman. Parce que le terrorisme se développe chez les islamistes et que l'islamisme progresse au sein des musulmans, ces attentats renvoient à la crise de l'islam bien décrite par l' islamologue Bernard Lewis (cf. Bernard Lewis, L'Islam en crise, Gallimard,
2003).

Les islamistes ont déclaré la guerre à l'Europe.

Les populations occidentales, notamment européennes, ne perçoivent ni ne comprennent la " guerre mondiale contre l'islamisme ". Pour de multiples raisons. Les traumatismes des deux premières Guerres mondiales, mêmes inconscients, sont tels que la simple évocation du mot guerre suscite le rejet. Les Occidentaux conçoivent les guerres entre Etats-nations et ne croient pas que des individus liés par un fanatisme religieux puissent constituer une menace de même dangerosité. L'ethno-centrisme empêche de comprendre que " l'autre " peut avoir une logique radicalement différente. Pour les Occidentaux, une religion ne peut qu'être paix et amour. Tout lien entre une religion et la guerre, la haine, ou le terrorisme, semble impossible.

Pourtant, histoire et actualité démontrent que ces liens existent. Particulièrement dans la tradition musulmane. " En islam le terrorisme est un moyen stratégique et politique ordinaire. Un des meilleurs orientalistes français, Henri de la Bastide, ancien président de l'école des Langues orientales de Paris a défini l'islam comme une " civilisation poético-terroriste ". Nombreux sont les Arabes et les musulmans qui souscrivent à ce verdict, à commencer par Kanan Makiya, le Soljénitsyne irakien " rappelle Michel Gurfinkiel (cf. Michel Gurfinkiel, Valeurs Actuelles du 19 mars 2004).

Guerre et terrorisme figurent dans la tradition islamiste.

" Déculturation " et infantilisation de l'Occident expliquent l'impossibilité à affronter ces réalités dérangeantes. La télévision a remplacé le livre. L'émotion s'est substituée à la réflexion. L'Occidental
vit dans " L'île aux enfants " : " ...des monstres gentils, oui c'est un pa-ra-dis ! ". Comme si Pol Pot, Staline, Hitler, le goulag et les camps de la mort n'avaient pas existé. Le philosophe Jean-François Revel remarque que le politiquement correct véhicule ainsi " le mythe d'un islam tolérant et modéré ". " Malheureusement cette légende lénifiante ne résiste pas au plus sommaire examen du livre saint de l'Islam, qui fourmille, au contraire, de passages faisant obligation aux croyants d'exterminer les infidèles " (cf. Jean-François Revel, L'obsession anti-américaine, Plon, 2003).

La réalité de l'islam, son histoire, ses traditions, demeure peu connue. Combien savent que Mahomet était un grand guerrier charismatique et sanguinaire qui, selon le Coran, participa personnellement à 27 campagnes militaires et en dirigea 38 autres, que le combat armé est appelé " le sentier sur le chemin d'Allah ", que le Coran comporte 49 versets consacrés à la guerre et une sourate au partage du butin, qu'il divise le monde entre le royaume de l'islam et le royaume de la guerre?

Occidentaux et musulmans éludent la crise de l'islam.

Les musulmans connaissent l'islam. Mais les plus modérés d'entre eux n'affrontent pas la face noire de l'islam. Ils s'interdisent ainsi la réforme. Cette passivité est lourde de menaces. Après le 11 septembre,
Bernard-Henri Lévy s'indignait : " Ce qui n'est pas supportable, c'est de voir l'islam, au nom du non-amalgame, se refuser à l'examen de conscience puis à l'aggiornamento auquel les autres grands monothéismes se sont astreints depuis des siècles, c'est qu'il se soit trouvé, depuis le 11 septembre, si peu d'intellectuels, d'autorités spirituelles, morales ou politiques de l'islam, pour dire avec force que les talibans sont des fascistes verts, que le martyre des kamikazes n'est pas le chemin du paradis " (cf Le Point du 12 octobre 2001). Depuis deux ans et demi, l'aggiornamento n'a pas progressé. Après le 11 mars, des musulmans tentèrent d'organiser une manifestation contre les attentats : ils ne furent qu'une vingtaine...(cf Le Figaro du 20 mars 2004)

Jean-Christophe Mounicq

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06/04

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