| Il y a 50 ans, le 7 mai 1954, à 17H30, Dien Bien Phu tombait.
Alors que les mémoires deviennent
sélectives, il est bon de rappeler quelques points :
- La garnison de Dien Bien Phu a fait taire les armes, sur ordre du Commandement en Chef
de Hanoï ; elle ne sest pas rendue. Des rumeurs sur un soit disant drapeau
blanc ont courues ça et là. Véhiculée par la propagande communiste, ce mensonge
nen était quun de plus. Il est vrai que de nombreux tissus blancs (des
parachutes) jonchaient la zone mais certains ont voulu voir dans ces voiles blanches
flottant au gré du vent, le signe dune reddition.
- Nos morts ne sont pas morts pour rien, comme on peut aussi lentendre. Nos morts
ont accomplis leur devoir jusquau bout et se sont battus pour plusieurs raisons, et
cela malgré lincurie des politiques dalors et lincapacité de
Généraux nommés par les premiers. Lhonneur du drapeau et de lEmpire, la
camaraderie, la foi, une certaine idée du service et de la mission, furent pour nos
soldats autant de raisons de se battre et de mourir.
- Dien Bien Phu fut une bataille perdue, mais une bataille seulement. LArmée
Française navait que moins de 15% de ses forces dans cette bataille, le reste
étant toujours opérationnel ailleurs sur le territoire de lIndochine. Certes, les
meilleurs de nos soldats se trouvaient à Dien Bien Phu (Légionnaires, Parachutistes,
Infanterie Coloniale, Tirailleurs, etc.) ; mais vu les pertes causés à
lennemi par rapport à celle endurées, nos soldats nont vraiment pas à
rougir du combat mené pendant 57 jours.
- Vo Nguyen Giap ne gagna pas tout seul " sa " bataille
La
victoire des Bo-Doï avancée par certains ignorants ou complices, comme celle des
" combattants aux pieds nus ", " en guenilles ",
" transportant leur ravitaillement sur des bicyclettes ",
" tirant à bout de bras les canons sur les crêtes ", relève plus de
la propagande et du mythe que de la réalité. En 1954, larmée du Vietminh
utilisait des centaines de camions Molotova de larmée rouge de Mao Tsé Toung et
des officiers et soldats de Pékin encadraient et aidaient les forces Vietminh.
- Sur les 11 000 prisonniers, plus de 8 000 disparaîtront dans les camps Vietminh ;
un pourcentage bien supérieur à celui des camps allemands pendant la seconde guerre
mondiale. De Dien Bien Phu, tous nos soldats, blessés ou non, durent faire plus de 700
kilomètres à pieds avant dêtre parqués pour ceux qui survécurent à la
marche forcée dans des camps de la mort lente. Cest dans ce genre de camp
que sillustrèrent des traîtres comme Georges Boudarel, alors officier politique du
Vietminh. Mauvais traitements, lavage de cerveaux à la méthode communiste, maladies
(dysenterie, malaria, paludisme, Béri-béri, etc.) furent le lot quotidien de nos
prisonniers.
- Au moment où Dien Bien Phu agonisait, Pierre Mendès-France négociait à Genève avec
les délégation russe, chinoise, vietminh, anglaise, américaine. Ce que Mendès
avançait comme une solution " honorable " (retrait de la France en
deçà du 17ème parallèle) relevait cependant plus dune déculottée
que dautre chose. Pham Van Dong lui-même, alors Ministre plénipotentiaire du Nord
Vietnam, avouait à Kroutchev quil navait jamais espéré tant de la France et
que les forces armées du Vietminh étaient exsangues ; toutes leurs forces avaient
été lancées dans la bataille de Dien Bien Phu et Giap navait plus aucune
réserve. Les menaces du même Mendès sur lenvoi du Contingent si un accord
nétait pas conclu rapidement, furent une vaste mascarade ; à aucun moment
cette solution ne fut envisagée concrètement. Par ailleurs, pour tenir son fameux
" pari " (obtenir un accord avant une date et une heure précises)
Mendès fit reculer les aiguilles des horloges
Cest tout dire sur le
personnage et son honnêteté.
- Alors que la France quittait le Nord du Vietnam, commençait la tragédie des
Boat-people vietnamiens, fuyant le territoire " libéré " par les
communistes pour rejoindre le Sud du pays, encore hors de portée du Vietminh.
- Alors que la guerre dIndochine finissait, une autre allait commencer en novembre
1954, en Algérie. Une autre tragédie, une autre trahison, une autre histoire
Philippe Raggi
10/05/04
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