Un
nouveau sondage prédit une victoire du "non" aux Pays-Bas
LA HAYE -
Le non devrait obtenir 60 % lors du référendum sur la Constitution
européenne organisé aux Pays-Bas mercredi, selon un sondage publié lundi par
l'institut Interview-NSS. Il s'agit de la troisième enquête à donner le non
en tête lundi.
Le oui est crédité de 40 %, selon cette enquête réalisée après le référendum
français sur un échantillon de 600 personnes pour le compte de l'émission
politique Nova. Selon NSS-Interview, la grande majorité des Néerlandais (92
%) affirment qu'ils ne seront pas influencés par le rejet de la Constitution
par les Français.
Le taux de participation devrait être de 45 %, selon cette enquête
d'opinion. Les Néerlandais voteront mercredi pour le premier référendum de
leur histoire moderne.
La France sonnée par l'ampleur du non au référendum
La France s'est réveillée lundi matin sonnée par l'ampleur de la
victoire du non (54,87%) à la Constitution européenne - que députés et
sénateurs avaient voté à 92% trois mois plus tôt
Le non au référendum en France: un séisme, selon la presse française
Les trois lettres du "non" français au référendum sur le Traité européen, à
la Une de tous les quotidiens de Paris et de province lundi, traduisent,
selon la presse française, une échec cinglant en forme de séisme pour le
président Jacques Chirac et la classe politique.
Le "non" au référendum "a de lourdes conséquences", selon le président du
Medef Ernest-Antoine Seillière
Le "non" au référendum sur la Constitution européenne, rejeté dimanche
par près de 55% des Français, a dores et déjà de "lourdes conséquences" dont
l'affaiblissement de l'économie française, a estimé lundi le président du
Mouvement des entreprises de France (Medef) Ernest-Antoine Seillière.
Le "non", ajoute-t-il dans un communiqué, "empêche l'Europe de s'organiser
mieux pour promouvoir ses intérêts dans le monde et y défendre son modèle
économique et social", rend "plus aléatoire la réalisation des objectifs de
Lisbonne pour la compétitivité de l'Europe dans le monde".
Le "non", d'autre part, "affaiblit l'économie française en rendant plus vive
la compétition entre les entreprises des Etats-membres", et "affaiblit la
France en Europe et nuit à son image dans le monde".
Pour le président du Medef, "seule la mise en oeuvre immédiate et accélérée
d'un programme de réformes peut rétablir notre situation économique et
éviter que notre système de protection sociale se dégrade".
Le Medef "demande à ceux qui nous gouvernent d'engager sans délai la
modernisation exigée par les entreprises de notre pays", conclut M.
Seillière.
Cour des comptes : des avis qui restent souvent sans effet
Un déprimant constat vient d'être dressé par l'Assemblée nationale : les
recommandations du rapport annuel de la Cour des comptes restent souvent
lettre morte. Selon Yves Jego (UMP, Seine-et-Marne) et Jean-Louis Drumont
(PS, Meuse), qui ont mené une mission d'information sur ce sujet, «passé la
médiatisation du rapport annuel», les administrations répugnent à appliquer
les recommandations de la Rue Cambon visant à remédier à des irrégularités
ou des gaspillages.
Certes, les contrôles des magistrats financiers débouchent parfois sur des
réformes. Pourtant, trop souvent, pratiques laxistes et abus perdurent. En
1999, un rapport sur les primes dans la fonction publique avait pointé de
nombreuses irrégularités et fait grand bruit. Or, six ans plus tard, Yves
Jego et Jean-Louis Drumont constatent que la retraite de nombreux hauts
fonctionnaires est toujours majorée en vertu de pratiques «sans fondement
juridique». Les barèmes de certaines primes restent «propres à chaque
direction et non publiés». La direction du personnel «n'assure pratiquement
aucun suivi du dispositif indemnitaire». Les deux députés font le même
constat désabusé au sujet des suites réservées aux contrôles des magistrats
financiers à l'Education nationale et au ministère de la Recherche.
La Cour des comptes ne se fait pas d'illusion sur les causes de cette
inertie. Dans un rapport cité par les députés, les juges financiers
soulignent «la difficulté pour les administrations à entreprendre des
réformes consistant à revenir sur des droits acquis et qui les confrontent à
des risques sociaux».
Yves Jego et Jean-Louis Drumont refusent pourtant de baisser les bras et
avancent plusieurs propositions : inviter la Cour des comptes à formuler des
recommandations «plus claires, plus précises et mieux hiérarchisées»,
contraindre les administrations à rendre compte chaque année des réformes
entreprises, organiser un débat annuel à l'Assemblée sur le sujet.
Or, ce souci de rénovation semble se heurter non seulement à l'opposition de
l'administration, mais aussi, contre toute attente, à l'hostilité de la Rue
Cambon. En effet, déplorent les deux députés, «les présidents de chambre de
la Cour des comptes ont refusé de nous recevoir. Ils ne nous ont pas
davantage communiqué des informations précieuses sur le fonctionnement de la
juridiction.» Le premier président de la Cour des comptes, Philippe Séguin,
a rétorqué avant-hier que sa juridiction «ne parle que d'une voix», ce qui
justifierait que les parlementaires n'aient pu rencontrer d'autre magistrat
que lui-même. La Cour des comptes «est peu réceptive quand on lui dit
comment faire ses rapports», a également déclaré Philippe Séguin.
L'Europe bloquée
Indéniablement, le « Non » français met un frein à la construction
européenne. L'Europe n'avait pas besoin de ça. Car sur le strict plan
économique, elle est loin d'avoir tenu toutes ses promesses. Contrairement à
ce qui avait été « vendu » aux Français il y a quelques années, l'adoption
de l'euro n'a apporté ni croissance supplémentaire, ni baisse du chômage, ni
regain de prospérité.
Ainsi, depuis le milieu de la décennie passée, on observe un décrochage de
croissance non seulement vis-à-vis des Etats-Unis mais aussi vis-à-vis des
pays non membres de la zone euro. Entre 1993 et 2004, le produit intérieur
brut de l'Euroland a progressé de près de 25% contre un bond de près de 40%
au Royaume-Uni ou encore en Suède.
Pire encore, les performances des différents membres de l'Union en terme de
croissance, d'inflation ou d'emploi ont divergé au cours de la décennie
passée au lieu de converger. A ce titre, la publication des comptes
nationaux pour le premier trimestre sont éloquents : alors que la croissance
allemande a vivement rebondi (+0,9%), la France a quasiment stagné (+0,2%)
tandis que l'Italie s'est installée dans la récession. Une telle divergence
a pour conséquence le blocage d'une des deux armes de politique économique :
celle des taux d'intérêt. De fait, la Banque Centrale Européenne maintient
depuis près de 18 mois ses taux d'intérêt bloqués à 2%. Avec pour
conséquence d'amplifier la dépression italienne et de gonfler la bulle
immobilière française ou espagnole. Le rejet par la France du projet de
constitution européenne n'est qu'un facteur supplémentaire de blocage.
France : vers la récession ?
Pour le quatrième mois consécutif, le climat des affaires dans
l'industrie française se dégrade, retrouvant un plancher depuis octobre
2003. Les carnets de commandes continuent de se vider. Et l'été s'annonce
très morose, car les perspectives générales de production s'écroulent. La
récession industrielle menace sérieusement.
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Les
contribuables doivent placer les technocrates sous contrôle
Pour ou contre le traité
constitutionnel européen ? Voici la question que chacun se pose à quelques
jours du référendum. Les contribuables peuvent se faire leur propre opinion
et, s’ils le jugent nécessaire, aller voter en conscience le 29 mai. Notre
association ne délivre aucune consigne de vote, puisque cela n’a jamais été
sa mission.
Par ailleurs, quelle que soit l’issue du scrutin, les actions que nous
aurons à mener à l’avenir, au niveau européen, ne varieront pas d’un iota.
Si le « oui » l’emporte, l’Europe ne se libérera pas pour autant de son
carcan technocratique. Et si, au contraire, le «non» l’emporte, cela
n’empêchera pas non plus les hauts fonctionnaires de Bruxelles, en « bons »
bureaucrates, de tenter d’élargir leur pouvoir d’intervention.
En effet, en marge du traité constitutionnel, certaines questions se posent
avec acuité sans que nos votes aient de prise sur les décisions qui seront
adoptées.
C’est le cas, par exemple, du budget de l’Union européenne et donc de
ses dépenses. Actuellement, ce budget atteint la somme de 112 milliards
d’euros. Or, les pressions se font de plus en plus fortes auprès des Etats
membres pour que cette enveloppe augmente significativement. Rappelons que,
désormais, les contribuables français paient 16 milliards d’euros par an aux
administrations européennes. Autre dossier qui doit retenir notre attention
: la création d’un impôt européen. Depuis des années, les technocrates de
Bruxelles rêvent d’instituer une nouvelle taxe à l’échelle continentale. Il
y a quelques semaines, la Commission a même dévoilé son projet : il
s’agirait d’un impôt visant à financer les pays en voie de développement.
Qui oserait s’opposer à une si noble cause ? Et ce seraient les passagers
des compagnies aériennes qui paieraient l’addition. Selon les initiateurs du
projet, il suffirait de prélever environ 40 euros sur les billets d’avion
(ce qui constitue tout de même une somme !) pour rapporter 12 milliards par
an à l’Europe, ce qui permettrait de financer la lutte contre la misère du
monde… En réalité, personne ne s’y trompe, cette taxe n’a d’autre fin que
d’alimenter une bureaucratie européenne en mal de reconnaissance. Alors, ne
nous laissons pas endormir par l’ivresse de l’évènement politique que
pourrait constituer ce référendum et ne perdons pas de vue que, quoi qu’il
advienne à l’issue du scrutin, les contribuables doivent renforcer leur
contrôle vigilant sur les administrations européennes.
Contribuables Associés
Zone euro: Baisse de la production industrielle
Mauvais temps pour l'industrie européenne. Après avoir reculé de 0,6% en
février, la production a baissé de 0,2% en mars dans l'ensemble de l'Union
monétaire. L'Irlande mise à part, tous les pays enregistrent une baisse. En
Belgique, la production a même chuté de 1,9% par rapport au mois précédent.
Ce résultat très décevant annonce sans doute un nouveau freinage dans
l'ensemble de la zone. En effet, la Belgique, de part sa spécialisation et
sa situation géographique, sert de véritable baromètre pour la conjoncture
européenne.
L'aide européenne à l'outre-mer s'est élevée à 3,3 milliards d'euros pour
la période 2000-2006, rappelle volontiers le ministre. «Si la
participation est faible ou si le non est majoritaire aux Antilles, comment
pourrons-nous aller ensuite défendre vos intérêts à Bruxelles ?»
prévient-elle.
«60% des revenus des producteurs antillais de la filière banane, et 30% de
ceux de la filière sucre, proviennent des aides européennes.»
Vers une taxe solidaire sur les billets d'avion en Europe
Réunis à Luxembourg, les ministres européens des finances sont tombés
d'accord samedi sur le "principe d'une contribution modique" des passagers
aériens, soit 1 à 2 euros, afin de financer des projets de développement
dans les pays pauvres. La Commission européenne a été chargée de faire des
propositions concrètes d'ici leur prochaine réunion, le 7 juin. Cette mesure
serait expérimentée sur une base obligatoire dans un certain nombre de pays
"prêts à le faire immédiatement", comme la France ou l'Allemagne, alors que
d'autres, plus réticents, laisseraient aux passagers le choix d'y souscrire
ou non. Les ministres ont en revanche abandonné l'idée de taxer le kérosène.
Avant le référendum, l'Europe fait étalage de ses crises
A six jours du référendum français sur la Constitution, l'Europe offre
un visage de plus en plus crispé. Le début de semaine amène son lot de
difficultés et de crises en devenir, qui ne manqueront pas de réjouir les
tenants du « non », adeptes de la thèse d'une Union à bout de souffle et à
laquelle il conviendrait d'imprimer une nouvelle marque – qu'elle soit plus
sociale pour les uns, plus fédéralistes pour les autres ou plus respectueuse
des intérêts nationaux pour les troisièmes. Dans ce contexte, les partisans
du « oui », que les derniers sondages donnent perdants ric-rac, auront fort
à faire pendant toute la semaine pour convaincre les indécis et sauver une
Union secouée de spasmes de plus en plus nombreux. Les plus rares, et les
plus prestigieux, iront ainsi de nouveau au charbon. Le président de la
République, Jacques Chirac, a annoncé qu'il interviendrait de nouveau jeudi
à 20 heures. Lionel Jospin, dont la prestation sur France 2, fin avril,
avait dopé le « oui », se fera de nouveau l'avocat du « vote utile » mardi
soir sur TF1. En attendant de voir si la tendance peut s'inverser,
Lexpansion.com passe en revue les mauvaises nouvelles qui, pointant les
insuffisances de l'UE, donnent des cheveux blancs aux défenseurs de la
Constitution européenne.
La chute annoncée du gouvernement Schröder
Gerhardt Schröder a été humilié dimanche dans un bastion
social-démocrate, la Rhénanie-Westphalie, à l'occasion d'un scrutin
régional, où le SPD n'a recueilli que 37% des suffrages, contre 43% lors des
législatives de 2002, et près de 45% à la CDU. Du coup, le chancelier
allemand, dont les réformes ont du mal à passer dans un pays qui compte près
de 5 millions de chômeurs, a annoncé la tenue d'élections législatives
anticipées. En attendant qu'elles aient lieu, au plus tard le 18 septembre,
Gerhard Schröder est le chef d'un gouvernement en sursis, d'autant que
l'opposition conservatrice apparaît comme la grande favorite du prochain
scrutin. Il n'a plus guère de poids politique, ni pour soutenir le « oui »
en France, ni pour négocier, au nom de l'Allemagne, le budget de l'Union
actuellement en cours de discussions.
Le budget de l'UE ou l'impossible équation
L'annonce de législatives anticipées en Allemagne a fait l'effet d'une
bombe pour le Luxembourg, à qui incombe la lourde charge de boucler le
budget de l'Union pour la période 2007-2013. Un accord lors du sommet
européen des 16 et 17 juin reste possible, mais après les discussions de
dimanche entre les ministres des affaires étrangères des Vingt-Cinq, qui
doivent se réunir de nouveau le 13 juin, une telle perspective s'est quelque
peu éloignée. Un groupe de six pays contributeurs nets - c'est à dire qui
donnent plus d'argent qu'ils n'en reçoivent - mené par la France,
l'Allemagne et le Royaume-Uni, refuse que les dépenses communautaires
dépassent 1% du PIB. De plus, Londres s'accroche bec et ongles à son «
rabais », obtenu de haute lutte en 1984, mais que la présidence
luxembourgeoise propose de réduire progressivement, et pour lequel elle est
prête à user de son droit de veto. Et la Commission européenne, de son côté,
fait pression pour que le compromis proposé par Luxembourg soit plus «
ambitieux ». Son président, José Manuel Barroso, a prévenu que la
proposition mise sur la table par le Grand-Duché, si elle était adoptée,
amènerait immanquablement à l'abandon de plusieurs programmes européens,
dans la recherche, l'éducation, les transports et l'aide au développement.
Et de prévenir : « le budget européen n'est pas un ensemble abstrait de
chiffres, il a des conséquences en termes politiques ».
Des déficits toujours plus nombreux, et toujours plus importants
Ce qui devient, en réalité, de plus en plus abstrait, c'est la limite de
déficit imposée par le pacte de stabilité, socle de l'euro. Fixée à 3% du
PIB dans sa version initiale comme dans sa version réformée, elle n'est plus
respectée par grand-monde. La dernière illustration en date, et la plus
spectaculaire, est venue lundi du Portugal. Dans un rapport élaboré pour la
Banque centrale locale, Lisbonne a en effet admis que son déficit public
atteindrait … 6,83% cette année ! Lundi toujours, Bruxelles a annoncé qu'une
procédure pour déficit excessif sera lancée contre l'Italie, probablement le
7 juin prochain, après qu'Eurostat a réévalué à 3,1% le déficit de Rome pour
2003 comme pour 2004. La France et l'Allemagne, qui ont prévu de revenir
dans les clous in extremis cette année, mais qui affrontent une conjoncture
plus difficile que prévu, risquent fort de percer aussi le plafond pour la …
quatrième année consécutive. Les trois plus importantes économies de la zone
euro risquent ainsi de ne pas respecter le pacte de stabilité cette année.
C'est un coup porté à l'euro, et donc à l'Europe. Et une mauvaise nouvelle
de plus pour les « pro-oui ».
Un quart des moins de 35 ans préparent déjà leur retraite
Près d'un quart des salariés français âgés de moins de 35 ans - 24%
exactement - ont commencé à préparer leur retraite. C'est ce qu'indique le
troisième Baromètre de l'épargne retraite, publié lundi. Et ce au travers
des régimes collectifs mis en place au sein de leur entreprise, ou de
contrats souscrits à titre individuel.
Jobdumping veut conquérir la France à la rentrée
Jobdumping pourrait débarquer en France "en août ou septembre". Lancé en
Allemagne en novembre dernier, ce site d'offres d'emploi - le plus souvent
des petits boulots (jardinage, réparations, aide ménagère), organise la
concurrence entre les candidats selon le principe du moins-disant salarial.
A l'issue d'une enchère inversée, c'est celui qui fait l'offre de services
la plus basse qui l'emporte. D'après son fondateur, Fabien Loew, ce système
aurait été utilisé par quelque 13.000 personnes pour trouver du travail.
Très critiqué en Allemagne, aussi bien par par les syndicats que le parti
libéral FDP qui y voit "un marché aux esclaves", jobdumping a compris qu'il
devrait apparaître en France sous un autre nom, "avec une sonorité plus
positive". Fabien Loew promet même de "respecter la loi française en matière
de salaire minimum". Ce qui dénote un très grand pragmatisme car cet
humaniste juge que "ce n'est pas un bon système, car cela détruit des
emplois. Ses ambitions ne s'arrêtent d'ailleurs pas à l’hexagone : il
négocie actuellement avec des partenaires locaux pour s'implanter dans les
pays nordiques, ainsi qu'en Grande Bretagne et aux Etats-Unis. Un site en
espagnol devrait suivre un peu plus tard.
La décision de François PINAULT
de renoncer à créer en France sa fondation pour l’art
contemporain n’est pas seulement un immense gâchis. Elle est surtout
révélatrice des carences de l’administration et d’une forme de soupçon
vis-à-vis du privé dès qu’il est question de culture.
"Il faut arrêter d’emmerder les Français", disait déjà à l’époque
Georges POMPIDOU. C’est l’immobilisme qui affaiblit l’État déclarait
récemment Jean-Pierre RAFFARIN à l’Assemblée nationale ! Comme en écho à ces
constats sans suite, François PINAULT vient d’infliger, certes en termes
modérés, un camouflet retentissant à la France : il renonce à créer, non
seulement sur l’île SEGUIN mais aussi dans son propre pays, sa fondation
d’art contemporain. Un camouflet qui sanctionne l’échec de la
décentralisation lorsqu’elle conduit à la superposition de structures et de
décisions de l’État, de la région, du département et des communes.
Un camouflet aussi pour les services du ministère de la Culture dont l’état
d’esprit peut se résumer ainsi : hors de l’État pas d’honorabilité en
matière de musée. Sans parler du soupçon permanent de Bercy vis-à-vis des
fondations et du mécénat. Le réveil tardif du ministre de la Culture qui
propose maintenant une solution de remplacement avec le palais de Tokyo,
sans aucune mesure avec le projet de Boulogne-Billancourt, en dit long sur
l’absence de volonté politique dans ce dossier.
Une décision hautement révélatrice d’une situation où l’administration a mis
le paquet pour décourager un homme d’affaires pourtant réputé tenace. Lui
qui a refusé de plier face aux exigences du procureur de Californie dans le
dossier Exécutive Life. Là où la France avait préféré transiger et payer le
prix fort, le patron d’Artémis a continué son combat. Aujourd’hui, il est le
seul des accusés blanchi dans cette affaire et il ouvre la voie, pour sa
holding Artémis, à une véritable négociation. Révélateur, l’ami du Président
qui n’a pas cédé face aux menaces américaines, a pourtant dû baisser les
bras face à l’immobilisme de l’État français.
Le Parlement de Strasbourg vote une "RTT à l'européenne"
Les députés européens ont voté mercredi la suppression totale des
possibilités de dérogations au plafond des 48 heures de travail
hebdomadaires, actuellement imposé par la législation européenne. Au grand
dam du Royaume-Uni.
Libérale, l'Union européenne ? A moins de trois semaines du référendum sur
la Constitution, le Parlement de Strasbourg, où les conservateurs sont
pourtant majoritaires, a battu en brèche le cliché qui colle aux basques de
l'UE. Les députés européens ont en effet fortement amendé la proposition de
directive sur le temps de travail, transmise par la Commission. Et l'ont
rendue beaucoup plus protectrice pour les salariés. Par 345 voix pour, 264
contre et 43 abstentions, les parlementaires ont adopté le rapport du
socialiste espagnol Alejandro Cercas. Celui-ci envisage, après une période
de transition, la suppression totale des possibilités de dérogations au
plafond des 48 heures de travail hebdomadaires, actuellement imposé par la
législation européenne. Autrement dit, si au terme de la navette entre le
Parlement et les Etats membres, profondément divisés, le texte est adopté en
l'état, c'en sera fini de l'« opt out » dont bénéficie, depuis 1993, le
Royaume-Uni.
Les eurodéputés sont donc allés plus loin que la proposition de la
Commission, qui visait simplement à mieux encadrer les dérogations, pour
éviter certaines pratiques jugées abusives Outre-Manche. Ils ont en revanche
donné leur aval à l'annualisation du temps de travail. La période de
référence retenue pour vérifier qu'une entreprise respecte les 48 heures
serait donc de douze mois, et non plus de quatre. Mais les contrôles seront,
dans ce cas, renforcés pour assurer la protection et la santé des
travailleurs. Enfin, les parlementaires de Strasbourg ont pris le
contre-pied de la Commission en ce qui concerne le « temps de garde ». Alors
que Bruxelles propose de considérer que « la période inactive du temps de
garde » n'est pas du temps de travail, les députés ont choisi de
comptabiliser l'ensemble de cette période, même lorsque les salariés se
reposent, comme du temps de travail effectif. A moins que les Etats n'en
décident autrement, sous certaines conditions. Une question particulièrement
importante pour de nombreuses administrations, et pour les hôpitaux.
Les grèves augmentent dans le public, et baissent dans le privé
Entre 2001 et 2003, le nombre de jours de grèves dans le secteur privé a
été divisé par deux, selon une étude de la Dares, une branche du ministère
du travail, publiée mercredi. Le nombre de jours non travaillés pour mille
salariés est passé de 30 à 15 en deux ans. Au total, le secteur privé
comptabilisait 224.000 journées de grèves en 2003. Le nombre de conflits
sociaux a plus fortement baissé dans les grandes entreprises que dans les
petites. Selon la Dares, cette forte baisse s’explique par la hausse du
chômage et par la fin du cycle des négociations sur la réduction du temps de
travail. En revanche, la fonction publique d'Etat a connu un regain de
tension sociale en lien avec la réforme des retraites : 3,6 millions de
journées de grèves ont été comptabilisées en 2003, soit six fois plus qu'en
2002.
Vers une taxe sur les clés USB en France
La commission pour la copie privée, qui fixe le niveau de rémunération
sur les support numériques vierges pour financer la création artistique, a
connu une réunion houleuse, mardi. Cinq de ses organismes membres ont quitté
la commission, n’obtenant pas satisfaction sur une baisse de la taxation sur
le DVD. Les trois associations de consommateurs et les deux groupements
d’industriels réclamaient un passage de 1,59 à 1 euros. Finalement, la taxe
s’établira à 1,3 euros par disque acheté. Une baisse supplémentaire pourra
être décidée seulement en contrepartie d’une taxation sur d’autres supports
vierges, comme les clés USB, les cartes mémoires ou les disques durs de plus
de 80 Go.
L'UE relance les espoirs de baisse de la TVA dans la restauration
La présidence de l'UE est d'accord pour accepter la baisse de la TVA
dans la restauration, de 19,6% à 5,5%. Un coup de pouce à la France, en
pleine campagne référendaire. Elle a élaboré un compromis en ce sens. Reste
à convaincre tous les pays membres.
"La peur, le peu d'assurance, la démagogie"
Ce qui caractérise la politique économique de l'UE, selon un
vice-président de la Commission
Il n'y va pas de main morte. L'Estonien Siim Kallas, vice-président de la
Commission européenne, en charge de la lutte anti-fraude, s'est payé
vendredi le luxe de critiquer vertement la politique économique menée par
l'Union européenne. Dans les colonnes du magazine Diplomaatia, il a estimé
qu'elle était caractérisée par "de véritables difficultés économiques, la
peur, le peu d'assurance, une argumentation non raisonnable, la démagogie et
la courte vue des dirigeants politiques européens" qui doivent affronter en
permanence "des élections et autres votes."
Et d'ajouter : "Aujourd'hui, l'UE affronte d'énormes problèmes. La
croissance est minime, la libre circulation de la main-d'oeuvre ne
fonctionne toujours pas, le marché des services est fermé à la concurrence".
Siim Kallas, qui fut l'architecte de la politique économique de l'Estonie
après son retour à l'indépendance en 1991, a également regretté "l'ambiance
de protectionnisme d'Etat perceptible dans les relations commerciales avec
la Chine et au sein de l'UE". En plein débat sur les délocalisations, qui
touchent des pays comme la France ou l'Allemagne mais bénéficient parfois
aux nouveaux ou aux futurs membres de l'UE, il a déploré le "désir d'oublier
le récent élargissement de l'UE, au moment même où débutent les discussions
sur la libre circulation de la main-d'oeuvre et la libre concurrence dans
les services".
RÉFÉRENDUM (bis) Erdogan au secours de Villiers
Traité de “menteur” dans plusieurs débats télévisés pour avoir dit que
la Turquie avait été invitée à cosigner le projet de Constitution
européenne, Philippe de Villiers triomphe : dans le texte de la Constitution
que chaque Français a reçu depuis quelques jours dans sa boîte aux lettres,
la signature du chef de l’État turc figure bien en page 165, au bas de
l’acte final du texte ! Une signature agrandie qu’il brandit désormais dans
ses meetings, au côté de la photographie du premier ministre turc Erdogan,
paraphant ce même acte final, le 29 octobre 2004.
3 euros Le coût du référendum
pour chaque électeur
L’organisation du référendum
coûtera bien plus cher que prévu à l’Etat. Près de 130 millions d’euros
seront dépensés pour la campagne de ratification du Traité constitutionnel
européen, soit 3 euros pour chacun des 42 millions d’électeurs inscrits. La
loi de Finances pour 2005 avait prévu de consacrer 25 millions d'euros à la
campagne référendaire, auxquels est venu s'ajouter un crédit supplémentaire
de 39,3 millions d’euros dans le collectif budgétaire 2004. Les sommes
restantes figureront dans la loi de Finances rectificative pour 2005.
L’impression des 202 millions de bulletins de bulletins « oui » et « non »,
dont la moitié destiné aux bureaux de vote, et le tirage à 46,2 millions
d'exemplaires du volumineux traité figure parmi les plus gros budgets.
Quelque 35 millions d'euros à eux seuls. Le texte sera envoyé à tous les
électeurs, accompagné d'un fascicule comprenant le texte de la question
posée, le décret soumettant le projet de loi au référendum, le projet de loi
de ratification du Traité et son exposé des motifs. Par ailleurs,
l'acheminement du matériel aux électeurs, qui devrait être achevé le 14 mai,
coûtera environ 55 millions d'euros. Ce marché a été attribué à la Poste.
La campagne officielle, avec pour la première fois un financement public de
800.000 euros maximum pour chacun des huit partis habilités à y participer,
coûtera de 9,5 à 10 millions d'euros. Enfin, le coût des opérations
électorales, telles que la mise sous enveloppe, réalisée par les
préfectures, et la subvention forfaitaire versée aux communes pour
l'organisation du scrutin sera d'un peu plus de 25 millions d'euros. Aux 130
millions d'euros s'ajoutent les crédits du budget du ministère des Affaires
étrangères pour « l'information civique », notamment la mise en consultation
du Traité dans les lieux publics.
35 millions d'euros
Le coût de l'envoi par La Poste de la Constitution européenne aux
Français
Le gouvernement vient de trancher. L'acheminement auprès des 43 millions
d'électeurs du texte de la Constitution européenne va être réalisé par La
Poste. Un portage qui coûtera à l'Etat la bagatelle de 35 millions d'euros.
Du fait de l'importance du contrat et du poids du document supérieur à 100
grammes - le texte avec son enveloppe pèseront 383 grammes -, le ministère
de l'intérieur avait dû lancer un appel d'offres. Ainsi ce sont pas moins de
12.000 tonnes de papier, soit l'équivalent de 700 semi-remorques, qui seront
expédiées d'ici le 14 mai aux électeurs. Jusqu'à la fin avril, La Poste va
assurer la mise à disposition du texte de la Constitution européenne aux
sein des préfectures. Ces dernières auront jusqu'au 9 mai pour effectuer la
mise sous pli. La Poste effectuant quant à elle l'expédition dans les boîtes
aux lettres.
Deux Français sur trois déçus par les dix ans de Chirac à l'Elysée
Près de deux Français sur trois, 63% exactement, se disent "déçus" de
l'action de Jacques Chirac depuis son élection en mai 1995. Seuls 28%
apparaissent "satisfaits". C'est ce qui ressort d'un sondage TNS Sofres paru
lundi dans Le Figaro. Thème par thème, son bilan est jugé "plutôt positif"
en ce qui concerne la place de la France dans le monde (65%), la défense
nationale (63%), la sécurité des citoyens (56%), la construction européenne
(53%) et les libertés (50%). En revanche, les Français dressent un bilan
"plutôt négatif" de l'action du président de la République s'agissant de la
réduction des inégalités (76%), de la politique sociale (71%), de la
moralisation de la vie politique (65%), et de la politique économique (64%).
"Si le non l'emportait, alors l'ultra libéralisme serait renforcé"
Ernest-Antoine Seillière, président du Medef
Le Medef tourne-t-il casaque ? Ou bien, l'heure de son départ approchant,
Ernest-Antoine Seillière prend-il le contre-pied des idées qu'il a défendues
durant tout son mandat ? Le patron des patrons, qui rendra son tablier le
1er juillet prochain, a en effet présenté mardi de nouveaux arguments pour
inciter les Français à voter « oui » à la Constitution européenne. Le « non
», qui a actuellement le vent en poupe, amènerait selon lui un
affaiblissement du modèle européen dont fait partie le modèle français » et
« alors l'ultra libéralisme qui s'impose partout dans le monde, et qui
privilégie la seule réussite économique, serait renforcé ».
Des mots qui résonnent étrangement dans la bouche de celui qui combat l'idée
que l'Etat puisse agir sur les salaires, trouve le Smic « trop élevé » et
milite contre un code du travail jugé « trop rigide ». Mais qui sont repris
par l'un de ceux qui briguent sa succession. Dans une interview accordée
mardi aux Echos, Francis Mer, qui ented former à la tête du Medef un tandem
avec Guillaume Sarkozy, assure ainsi : « ce qui arrive actuellement aux
salariés de Rover illustre les excès d'un libéralisme que nous récusons ».
De quoi favoriser le dialogue social avec les syndicats …
La SNCF fait l'expérience de la concurrence sur le fret
C'est une grande première. Un contrat de fret ferroviaire international
a été attribué mardi à une société privée, Connex. Un événement qui signe le
véritable coup d'envoi de l'ouverture à la concurrence sur un marché où la
SNCF régnait jusqu'alors sans partage.
C'est une grande première. Un contrat de fret ferroviaire international a
été attribué mardi à une société privée. Un événement qui signe le véritable
coup d'envoi de l'ouverture à la concurrence sur un marché où la SNCF
régnait jusqu'alors sans partage. Connex, filiale de Veolia, a ainsi annoncé
officiellement mardi l'obtention par sa filiale CFTA Cargo du premier
contrat de fret ferroviaire transfrontalier entre la France et l'Allemagne,
d'un montant de dix millions d'euros sur cinq ans. Les premiers trains,
destinés aux sidérurgistes allemands Dillinger Hutte et Saarstahl,
circuleront courant juin sur une ligne ralliant le département de la Meuse
au land allemand de la Sarre. L'appel d'offres avait été lancé au printemps
2004 par le producteur belge de chaux Lhoist.
La France a officiellement ouvert depuis le 15 mars 2003 ses lignes
internationales de fret à la concurrence, en application d'une directive
européenne, mais aucun opérateur n'était venu jusqu'alors concurrencer la
SNCF sur son réseau. Les candidats doivent obtenir une licence d'entreprise
ferroviaire, s'ils ne sont pas encore opérateurs ferroviaires, et un
certificat de sécurité auprès du ministère des Transports. Ils doivent aussi
demander à Réseau Ferré de France, gestionnaire des infrastructures
ferroviaires, des "sillons" pour circuler sur un itinéraire déterminé à des
horaires précis.
L'arrivée d'un concurrent sur les lignes exploitées par la SNCF sera une
première en France. Mais dans d'autres pays comme l'Allemagne, l'Italie ou
la Grande-Bretagne, les opérateurs historiques ont déjà perdu leur monopole.
A terme, l'enjeu est de taille pour la SNCF car les lignes internationales
de fret ouvertes à la concurrence représentent plus de la moitié de son
trafic de fret, très déficitaire. Elle a lancé un plan sur trois ans pour
ramener ses activités dans ce domaine à l'équilibre en 2006. "Il n'y a pas
de fatalité à la défaite du fret SNCF dans les appels d'offre", jugeait
récemment le patron du fret Marc Véron, ajoutant que les concurrents ne
faisaient pas de "dumping social mais pouvaient avoir des modes
d'organisation très différents".