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Quand la Chine s’éveille La Chine s’éveille, sortant progressivement du cauchemar communiste. Alain Peyrefitte l’avait prévu. Mais avait-il prévu que la France sombrerait dans la léthargie collectiviste, intoxiquée par le poison de l’Etat-Providence qui la conduit à s’affirmer dans le refus des réalités économiques ? Les rares économistes lucides savent bien que, pour peu que l’on remette un système social à l’endroit, en libérant notamment les énergies individuelles, la croissance n’est plus ni un mystère, ni un miracle, mais une conséquence logique et inéluctable. C’est ce qui avait fait dire à Hayek que l’expérience soviétique, séduisante à court terme pour beaucoup d’intellectuels en Europe, était intrinsèquement condamnée à long terme. C’est ce qui avait conduit Keynes à répondre que le court terme ne l’intéressait pas… Les étudiants chinois peuplent nos facultés au point que certaines universités françaises ne pourraient plus fonctionner s’il fallait se contenter des seuls étudiants français. Au demeurant, les étudiants français deviennent à la fois plus rares et plus fragiles tout occupés qu’ils sont à mener leur combat contre la marchandisation de la connaissance. A vrai dire, ils ne sont plus habitués à fournir l’effort nécessaire que va déployer un étudiant chinois pour réussir ses études. Devenant chaque jour plus riches, les chinois deviennent aussi peu à peu des touristes ; et leur première destination est la France. Ils rentreront chez eux en adoptant un certain art de vivre qui se traduira par un nouveau standard de consommation basé, notamment, sur des produits français. Mais nos indécrottables protectionnistes ne veulent pas voir tout cela. Ils partent en guerre contre le « textile chinois », partant en guerre finalement contre le principe même de l’échange. Car ils se battent aussi contre le logiciel de Microsoft, le cinéma de Hollywood, les vins australiens… Ils ont oublié de dire que, dans un passé récent, l’Europe était protégée par un accord « multifibre », contraire aux engagements du G.A.T.T., et qui permettait d’imposer des quotas d’importations dans le secteur textile. Les européens savaient que ces quotas étaient destinés à disparaître et que la Chine rentrerait dans l’O.M.C. Qu’ont-ils attendu ? Sans doute, certains sont nostalgiques d’une époque où l’on pouvait donner des leçons de morale à près d’un milliard de chinois sous-développés, dont une grande partie succombait sous le joug de la dictature communiste. Les mêmes n’hésitaient pas à rendre le capitalisme mondial responsable des famines en Chine communiste. Heureusement pour le peuple chinois, la Chine a tourné la page de cette utopie meurtrière, comprenant que le pire ennemi au développement de l’économie vient toujours de l’intérieur, et non de la compétition internationale comme semble le croire notre premier ministre. Les protections artificielles sont souvent pareilles à des drogues, nous empêchant d’agir et de nous adapter. Rejeter la faute sur les autres est toujours un argument commode, souvent usité par les enfants. Mais il n’est qu’un mauvais alibi, agité par une classe politique dont la démagogie est inversement proportionnelle à la compétence en matière économique. Europe ou pas, chaque nation qui la compose est engagée dans une institution internationale, appelée l’O.M.C., dont l’objectif est la libéralisation des échanges au niveau planétaire. L’Europe fomente-t-elle le projet de sortir de l’O.M.C. sous prétexte que la Chine y aurait trouvé sa place ? Comment peut-on espérer vendre nos Airbus à la Chine ou à d’autres pays d’ailleurs, comment pouvons-nous légitimement nous plaindre auprès des instances de l’O.M.C des mesures protectionnistes prises par les U.S.A. envers notre acier ou nos fromages, si nous adoptons nous-mêmes des mesures similaires ? Le réflexe protectionniste, c’est toujours l’histoire de l’arroseur arrosé. Personne ne nous impose de consommer des textiles en provenance de Chine, ni les chinois, ni nos dirigeants. Nos importations sont le résultat des décisions libres et rationnelles des millions de consommateurs en Europe. Ces décisions révèlent des choix et des préférences. Faut-il croire que l’Europe de demain s’apprête à nous dicter nos choix et nos préférences ? Jean-Louis Caccomo, Mai 2005
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