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Les
fausses évidences (2) : « Il faut réduire les
inégalités de revenu ! » Le gouvernement se
propose de partager les fruits de la croissance pour réduire les inégalités de revenu.
Mais de quelle croissance parle-t-on alors que lEtat français est en train de
sacrifier les générations futures sur lautel du pouvoir dachat des
générations présentes. Non content dendetter nos enfants et nos petits enfants,
le gouvernement, qui ne contrôle même pas les comptes publics, sinsinuent dans les
comptes des entreprises en se proposant de répartir plus équitablement les bénéfices. Cet égalitarisme
aveugle est aujourdhui le pire ennemi du progrès économique et social.
Contrairement à ce que pense M. Duhamel, lexpert officiel de notre chère
télévision publique dinformation, les salaires ne sont pas déterminés par une
politique nationale orchestrée par des « partenaires sociaux ». Ces derniers ne sont
même plus représentatifs des forces vives de ce pays. Ou alors on est en
régime socialiste ; ou alors nous sommes encore dans une économie de marché. Dans une
économie de marché, les revenus économiques sont la contrepartie de la production. Le
principe déquité et defficacité impose que chacun perçoive en revenu la
contrepartie de son apport à la production. De cette manière, lévolution des
revenus sera commandée par celle de la productivité, non par un « Grenelle bis ».
Grenelle est dun autre temps ! Certes, dans une
économie centralisée et administrée par le haut, les revenus seront déterminés, pour
lensemble de la collectivité, sur des fondements collectifs (revenu des ouvriers,
des patrons, des cadres). De ce point de vue, lextension du principe des conventions
collectives neutralise le contrat de travail de sorte que le marché du travail ne peut
pas fonctionner à lintérieur des cadres dune économie collectivement
administrée. Le chômage structurel est le prix à payer de ce dysfonctionnement
chronique. Le mode de rémunération dans la fonction publique est un exemple concret dune
économie administrée. On en voit tous les jours les limites. Pourtant deux tendances
opposées saffrontent ; et lissue de cet affrontement décidera du sort de nos
économies modernes. Dun côté, il y a
ceux qui veulent réformer le secteur public en lui appliquant les méthodes de
recrutement, de promotion, de benchmarking, de rémunération et davancement qui ont
fait leur preuve dans le monde des entreprises. Francis Mer sy est essayé en France
quand il était ministre de lEconomie. De lautre côté, il y a ceux qui
considèrent que cest la société toute entière quil faut changer, en
appliquant le processus inverse, cest-à-dire en généralisant au secteur privé le
statut des employés de la fonction publique. Quelque soit lissue de cette
opposition fondamentale, il existe aujourdhui une inégalité profonde entre ceux
qui bénéficient dun emploi à vie sans aucune obligation de résultat, et ceux qui
évoluent dans un secteur ouvert dans lequel ni les revenus ni les emplois ne sont
garantis. Cette différence ne
résulte pas dune inégalité de revenus, mais bien plutôt dune inégalité
de statuts. C'est cette dernière qu'il est urgent de réduire, au nom même des valeurs
et des idéaux qui fondent la république. Jean-Louis Caccomo Mars 2005
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