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| Les fausses évidences (3) :
" Le capitalisme est en crise !
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La question de savoir si le capitalisme est en crise est dabord loin dêtre réglée. Prétexter de lexistence de faillites est loin dêtre un argument probant puisque le marché repose sur la possibilité de mettre en faillite les entreprises non rentables. La faillite dEnron peut être interprétée comme la preuve du bon fonctionnement dun système qui parvient à éliminer au plus vite ceux qui ne respectent pas les règles. Cela ne signifie pas quune faillite soit souhaitable en soi ; cela signifie que la perspective de pouvoir tout perdre oblige les entrepreneurs à limiter les risques alors même que la prise de risque est un acte inhérent à toute décision économique. Comme on ne peut pas distinguer a priori les bons des mauvais gestionnaires, les bons des mauvais managers, le marché a pour fonction de les repérer a posteriori. Il est donc essentiel quexiste une carotte (les perspectives de profits) et une sanction (les perspectives de pertes). Si les acteurs économiques sont persuadés quil existera un filet de sécurité en dernier ressort qui viendra assumer les conséquences de leurs décisions malheureuses, si en particulier lEtat se porte systématiquement au secours des entreprises en difficulté, il y a des chances que la gestion quotidienne des affaires en pâtisse. La mauvaise monnaie chassant la bonne, lensemble des entreprises se tourneront vers lEtat. Cest prendre un risque collectif énorme que de vouloir supprimer le risque individuel en bannissant ce principe de sélection à l'oeuvre dans le fonctionnement quotidien des marchés. Chaque jour, des entreprises font faillite tandis que de nouvelles compagnies voient le jour, ce qui permet non seulement de préserver, mais aussi de faire évoluer, lensemble du système de léconomie de marché. Certes, le système évolue moins facilement dans les pays où lEtat-Providence sest donné pour fonction de réguler léconomie. Mais, si le capitalisme était réellement en crise, il ny aurait pas vraiment matière à sen réjouir. Car la quête dun système alternatif, ou dune troisième voie entre léconomie de marché et léconomie administrée, sapparente à la quête du saint graal. Il est loin dêtre évident que nous ayons le choix des principes économiques auxquels nous devons nous soumettre pour mieux les commander. Plus précisément, si on accorde à la liberté et à la responsabilités individuelles une valeur positive, il faut en accepter toutes les implications, que ce soit dans l'ordre économique comme dans le domaine social. Si on persiste à se donner des objectifs de croissance économique, il faut en accepter les contraintes. Par contre, une économie administrée pourrait parfaitement fonctionner dans le cadre dune société totalitaire et réglementée de laquelle la liberté de choix individuel est bannie. Le dysfonctionnement de léconomie de marché serait donc un danger pour toute la planète. Car, les pays ont pratiquement exploré toutes les alternatives à léconomie de marché. Ceux qui se sont obstinés dans une voie alternative au marché nont trouvé, à larrivée, que misère, famine et oppression. Chacun se rend bien compte aujourdhui quil ny a pas trente six façons de faire tourner une économie de marché. Il serait proprement suicidaire dempêcher de fonctionner la seule économie qui ait fait la preuve de son efficacité persistante. Jean-Louis Caccomo, Mars 2005
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