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Contre l’hystérie anti-économique (4)

Les gens, à droite comme à gauche, ne comprennent pas que l’on puisse critiquer l’exception française, aussi chère à De Gaulle qu’à Mitterand. Pourquoi n'y aurait-il pas une exception italienne ou polonaise ? Cependant, on ne construit pas la grandeur d’un pays sur les ruines de son économie. A bien des égards, la revendication obstinée d’une telle exception a laissé croire aux français que notre pays - par le fait d’un miracle inexpliqué autant qu’inexplicable - serait au-dessus des vulgaires lois de l’économie. Est-ce là la manifestation de notre grandeur ou l’aveu de notre candeur ?

Le résultat est que la succession de politiques économiques malencontreuses a, depuis plus de 20 ans, profondément endommagé le moteur de notre croissance interne au point que l’économie française est dangereusement tributaire de la conjoncture extérieure, notamment américaine. En multipliant les exceptions, et en multipliant ainsi les occasions de subventions qui en découlent, on ne multiplie pas, dans le même temps, les recettes publiques qui sont censées les financer. Pire. On risque de réduire ainsi la base productive, la seule à même de supporter, en dernière instance, le poids des prélèvements obligatoires.

Comment l’Etat peut-il, et aussi sûrement, revendiquer une action régulatrice alors même qu’il est au cœur de ce processus profond de déstabilisation ? Les économistes agréés invoquent alors l’effet " multiplicateur " pour justifier le recours à la dépense publique, arguant du fait que 1 euro dépensé par l’Etat générera 3 ou 5 euros dans l’économie. Soit ! Mais c’est voir qu’une seule face de la pièce. Car, c’est le lot commun de toutes dépenses que d’entraîner, dans sa suite, un flux séquentiel de dépenses additionnelles, les dépenses des uns étant nécessairement les revenus des autres. C’est vrai pour la dépense publique de l’Etat comme pour la dépense privée du ménage.

Mais alors, la dépense que ne pourra effectuer le contribuable parce qu’il doit renoncer à la somme destinée à payer ses impôts, constitue une non-dépense qui s’avère une perte démultipliée pour l’économie. De plus, les théoriciens de l’effet " multiplicateur " ont-ils pensé à calculer le montant X qu’il faut prélever sur l’économie – car la gestion publique a un coût (ne serait ce que le coût de la collecte et du contrôle) – pour que l’Etat puisse injecter in fine dans l’économie 1 euro net ? Il y a fort à parier qu’il lui faut prélever un multiple de sorte que ce qui est injecté d’une main (qui se voit) dans l’économie a été prélevé par une autre main (toujours plus invisible celle-là pour paraphraser Adam Smith) sur l’économie.

Croyez-vous réellement que c’est uniquement dans un souci de nous simplifier la vie que nos dirigeants privilégient les prélèvements toujours plus " indolores " ou à la source ?

Jean-Louis Caccomo

janvier 2005


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