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| Lillusion macro-économique
En économie, les observations globales résultent d'une agrégation plus ou moins complexe de comportements micro-économiques, lesquels reflètent les stratégies, les choix, les incitations et les anticipations des acteurs. Les agrégats sont donc des constructions artificielles plus ou moins orientées selon les objectifs de la mesure. Mais, le monde réel nest pas composé dagrégats économiques, quils se nomment PIB, inflation ou masse monétaire. Le monde économique réel n'est pas non plus composé d'agents passifs, exécutant dans un même mouvement des ordres venus d'une instance centrale. Souvent, le théoricien de la macroéconomie va postuler que les agents, quil modélise, partagent la même connaissance de la même théorie qui permet au modèle de fonctionner. Ainsi, les agents d'un modèle keynésien seront postulés keynésiens alors que les agents d'un modèle néo-classique seront censés obéir aux réflexes néo-classiques du modélisateur. Le monde économique est le produit de rapports de force et de comportements stratégiques qui transforment les agents d'un circuit économique statique en acteurs d'une dynamique économique sans cesse renouvelée. La réalité économique est composée d'acteurs humains, et non d'entités macro-économiques désincarnées, qui réagissent aux incitations et aux modifications de lenvironnement juridique, fiscal, législatif et réglementaire dans lequel ils évoluent. A force de dire " il faut faire payer les patrons, les entreprises ou le capital ", on raisonne comme sil existait une catégorie à part ; on confond la représentation abstraite dun phénomène avec le phénomène lui-même. Les entreprises nexistent pas en tant que telles : il ny a que des contrats qui lient des êtres humains, les incitant ou pas à produire, à épargner et à investir. A oublier cette réalité du comportement humain, qui échappe aux agrégats économiques, on découvrira un jour quil ny a plus dentreprises sur le territoire à force de les traquer pour les faire payer. Même quand on croit faire " payer les patrons ", on accroît artificiellement le coût des activités productives, ce qui se répercute toujours au final sur le niveau de vie des ménages. Si les grandeurs macro-économiques permettent de synthétiser les millions d'actes économiques routiniers, ils ne restent que l'instrument d'une mesure partielle des faits économiques ; ils ne sont, en aucun cas, les faits eux-mêmes. Même lorsquelles procèdent souvent des meilleures intentions, des options macro-économiques trop contraignantes, reposant sur des concepts mal définis aux fondements arbitraires, génèrent le plus souvent des effets "pernicieux" - mais finalement tellement logiques - qui finissent par nous éloigner des objectifs recherchés. Jean-Louis Caccomo
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