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| Francis Mer, Nicolas Sarkozy, Hervé Gaymard
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Dire que certains experts politiques se plaisent à caricaturer le système politique américain. Dire que nous enseignons à nos enfants que lEtat est piloté par un gouvernement dont la motivation est la recherche de lintérêt général dans une perspective à long terme, dans laquelle les entreprises ne sauraient se projeter, toutes préoccupées quelles sont à maximiser le profit immédiat. Pour nous faire admettre ces "vérités", le discours économique est piégé de sophismes et de superstitions qui sont dautant plus pernicieux quils sont enfermés dans des modèles aux allures savantes et sophistiquées. Mais, lincapacité à mettre en uvre de véritables réformes structurelles, qui auraient vocation à remettre lEtat à la place légitime qui lui revient, finit par engendrer une instabilité politique dans un climat de conflits sociaux récurrents qui sont autant de symptômes inquiétants du délitement de notre infrastructure économique. Léconomie politique, en devenant progressivement une science économique, a parcouru un long chemin sinueux pour saffranchir peu à peu de la tutelle des pouvoirs politiques. A lorigine simple discours grossièrement mercantiliste, manipulé pour les besoins des gouvernants, la connaissance économique sest autonomisée avec lobjectif - et lambition louable - de devenir une science à part entière. Mais les rapports entre les savoirs et les pouvoirs ont toujours été troubles. A partir de la seconde moitié du XX° siècle, lemprise des idées keynésiennes est si puissante que la connaissance économique se structure à nouveau par rapport aux demandes des pouvoirs publics. Dans ce processus, la mathématisation poussée aboutit à la production de modèles sophistiqués qui sont autant de " laboratoires artificiels " dans lesquelles seront testées les politiques économiques des pays industrialisés où lemprise étatique sera croissante. Ces modèles sont cependant indispensables à une connaissance poussée de la réalité économique contemporaine. Mais ils manqueraient leur objectif sils se développaient sans aucune référence aux racines éthiques et philosophiques de toute connaissance économique. Et surtout sils nous conduisaient à faire le chemin inverse de celui qui avait contribué à délivrer la connaissance économique du pouvoir. Car si le savoir confère du pouvoir ; le pouvoir manipule, oriente, et ce faisant, annihile, lutilité fondamentale de tout savoir. De même qu'une information manipulée n'est plus de l'information, de même qu'une monnaie manipulée voit sa valeur altérée, un savoir orienté par le pouvoir n'est plus un savoir. Il devient l'instrument du contrôle social. Quoiquen disent certains commentateurs en mal dapocalypse, la mondialisation correspond à une libération de la société civile de cette emprise étatique qui, doublée de ses réflexes nationalistes et protectionnistes, a toujours précipité les peuples dans des conflits meurtriers dont ils sont toujours les premières victimes. Jean-Louis Caccomo Février 2005
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