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Dettes : une parlotte mirobolante en vue La comédie de boulevard qui se joue autour de l’endettement public est une illustration du désastre Français, tel que l’ai décrit, notamment, dans « Parlottes et Fêtes » (Edition François-Xavier de Guibert) , et elle serait fort drôle si le tragique n’y conduisait au big-bang final. D’abord la « soudaine » découverte par Thierry Breton d’un endettement caché, ce qui prouve qu’il avait menti, lui et ses camarades, sur le montant réel de l’endettement étatique. On parlait benoîtement de 1 100 milliards alors que tous les économistes savaient que le montant réel était bien supérieur. Brusquement l’aveu tombe : on avait « oublié » les retraites d’Etat et nous voici à 2 100 milliards. L’aveu tardif reste un mensonge car il faut ajouter d’immenses dettes encore cachées et de diverses natures. Il semble que l’endettement des collectivités locales ne soient pas compris dans le nouveau total. Et puis, il faut compter avec beaucoup de cautions non recensées, qui sont des dettes quasi certaines, ainsi qu’avec les dettes d’une foule d’organismes parasitaires plus ou moins publics. Personne dans le désordre immense des comptes publics ne peut savoir la vérité. Un journal parle de 3.400 milliards d‘euros ! Autre mensonge d’Etat. Il est affirmé qu’au seul niveau de 1 100 milliards, chiffre antérieur, cela ferait 17 000 euros par Français tous confondus y compris les nourrissons. Avec les 2,1 milliards, nous voici à 34 000 euros. Mais il faut ramener la dette aux seuls français actifs qui sont de moins en moins nombreux et nous voici dépasssant les 50 000 euros. Il faut aller plus loin car un seul français sur deux travaille pour le privé et donc produit de la richesse, les autres s'attachant souvent à détruire la richesse créée et, en tous cas, n'en créant pas eux-mêmes. Chaque producteur réel de richesse a donc à supporter une dette de 100 000 euros. Mais il faut aller encore plus loin en ajoutant la face restant cachée. Le tournis vous prend d’autant plus qu’à peine fourni un chiffre il est déjà faux à l’allure à laquelle il évolue. Qu’a fait Thierry Breton en faisant mine de découvrir le problème ? Il a créé une commission présidée par Monsieur Pébereau qui appartient au même « milieu », celui qui a créé la catastrophe. S’il faut une commission, c’est bien que dans le nombre immense de fonctionnaires, dont l’excès est justement à l’origine du mal parmi d’autres causes, il n’y a personne tenant à jour le cahier des dettes, comme tout épicier sait le faire. Passons aux solutions évoquées. Se moquant ouvertement des Français et des prêteurs internationaux, le premier ministre parle d’un plan à mettre en œuvre seulement en 2007 sur cinq ans et encore pour atteindre des objectifs dérisoires ! Quant au rapport Pébereau il ne dit rien d’intéressant, se gardant de désigner les vrais coupables qui sont tous de ses amis. Pour les solutions il se limite à des mesures cosmétiques qui ne seront jamais appliquées. Il remarque cependant que les collectivités territoriales sont peu endettées et que de ce fait le gouvernement pourraient moins les aider : voici une erreur fatale. Suivez mon regard : c’est une invitation directe à augmenter les dettes de ces collectivités, donc les dépenses globales, de grasses commissions étant en vue pour les banquiers qui les placeront ! Monsieur Jean Arthuis a émis quelques idées au nom du Sénat. Rappelons qu’Il cumule la richesse d’un sénateur, celle d’un président de commission avec celle d’un ancien ministre des finances et que le Sénat, très officiellement, ne sert pas à grand chose. L’abandon par les politiques d’une partie de leur richesse légendaire serait un « signal fort » et de proche en proche cela ferait beaucoup d’argent. J’ai montré plusieurs fois comment la voracité financière des politiques conduit le pouvoir à nourrir l’extension indéfinie du rôle de l’Etat, donc des dépenses, donc des impôts, donc de l’endettement. Il est question vaguement de baisse des dépenses pour plus tard et personne ne parle de destruction des dépenses, c’est-à-dire de la suppression immédiate et totale de certains services étatiques en commençant par les plus inutiles, les plus nuisibles, les plus ridicules lesquels sont nombreux et connus. C’est le premier ministre qui a eu l’idée la plus géniale : étant donné « l’urgence et la nécessité », il va convoquer, « dès janvier », une « conférence générale des finances publiques qui réunira tous ceux qui ont des responsabilités : Etat, collectivités, sécurité sociale, et partenaires sociaux. » Avec ce magnifique et luxueux plateau c’est au moins cinq cent personnalités de très haut niveau qui vont colloquer, conférer, parlotter et festoyer pendant plusieurs jours. Si un lecteur croit qu’il va en sortir une quelconque solution pratique, percutante et immédiate, qu’il ait la gentillesse de nous l’écrire, pour que nous transmettions la bonne nouvelle « au monde entier » ! Michel de Poncins |
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Décembre 2005 |
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