Conscience Politique "le journal à contre pied de la
pensée unique" www.conscience-politique.org |
|
|
Laurence Parisot : le grand dérapage L’élection de Laurence Parisot ouvrait une fenêtre d’espoir ; son intuition féminine, sa façon de s’exprimer, l’aspect « PME » dont on parlera plus loin, sa franchise de dire qu’elle aime la France, son attaque virulente contre le code du travail, étaient de bons signes. Il a fallu vite déchanter. D’abord l’étrange silence pendant tout l’été même sur l’affaire Danone-Taittinger. Ensuite, la visite à Chirac. En sortant de l’Elysée le 26 Août, elle donnait l’impression d’être venue prendre sa feuille de route, dès lors que l’on connaît sa longue amitié avec le Président. Ce qui est grave, ce n’est pas le choix de Chirac et non de Sarkozy, c’est de ne pas marquer ses distances avec une dispute politicienne qui occupe la moitié du temps des 40 ministres et des 1000 membres des cabinets sur fond d’écroulement rapide de la France. Le vote du non lui ouvrait pourtant une possibilité d’action considérable. Compte tenu des trafics électoraux habituels et des formidables sommes d’argent prises aux citoyens pour conduire au vote positif, le pourcentage de 55% reflète dans l’opinion un rejet massif de la classe politique tout entière ; ayant très rarement vraiment la parole, les citoyens ont compris que le vote dépassait largement l’Europe et qu’il offrait une occasion unique de s’exprimer sur les vrais problèmes de la France et de montrer justement que ce ne sont pas des jeux politiciens qui sauveront la nation en voie de destruction. Beaucoup de partisans du « oui », tout en gardant librement leur option, ont parfaitement saisi la signification du raz-de-marée, lequel est largement de droite contrairement à l’image de gauche que lui donnent évidemment les médias. Madame Parisot est indifférente à cet événement historique. Ses déclarations au Figaro suite à l’université d’été du Medef ont confirmé le dérapage. Remettre la France au travail, c’est bien. Mais, pour cela elle propose de manipuler les compteurs en favorisant fiscalement les travailleurs, c’est-à-dire en consolidant le socialisme. L’argent que l’on ne prendra pas aux travailleurs, il faudra le prendre ailleurs soit aux non travailleurs, soit aux capitalistes. Manipuler les compteurs n’a jamais créé d’argent. Pas un mot sur les dépenses étatiques. Un pouvoir de droite doit détruire le socialisme à savoir supprimer des pans entiers de l’action publique, en commençant par les plus insipides ou les plus meurtriers et réduire ou supprimer les avantages scandaleux des hommes de l’Etat, ceux que je dénomme les « Hifis ». Créer des fonds de pension ? C’est la fausse solution. Nous avons montré que ces fonds de pension à la française seraient soumis aux syndicats ou aux fonctionnaires et pourraient être comparés aux vénérables emprunts russes. Pour le FRR ou fonds de réserve des retraites, c’est déjà bien commencé. Il faut libérer l’épargne, ce qui est tout à fait différent. Enfin elle veut informer les Français sur la vérité et on ne le lui reprochera pas ; mais sur qui compte-elle ? Sur les syndicats qu’elle va rencontrer. Les syndicats actuels ne sont pas les « forces vives de la nation » mais les branches mortes et elle ne peut pas ne pas le savoir. La seule façon d’informer rapidement les Français serait de rencontrer tous les Français. Le Medef aurait les moyens d’organiser, par exemple durant un semestre, une gigantesque campagne d’information dans toute la France ; s’il n’a pas tous les hommes pour le faire, il existe des chefs de PME et des économistes dont on peut lui donner la liste qui auraient le talent de s’atteler à cette tâche d’intérêt national. Le formidable mouvement d’opinion serait un deuxième raz-de-marée. Silence sur un dernier point : l’immigration qui a joué un rôle majeur dans le vote négatif, notamment sous sa forme turque. Pas un mot sur ce phénomène qui par les impôts et le désordre induit contribue largement au déclin accentué de l’économie du pays et rogne durement les marges des entreprises. En revanche il y eut, dans l’interview, des regards attendris et surprenants vers la discrimination positive ! ! Devant cette accumulation de dérapages, on est conduit à chercher des explications. Une première se trouve dans les succès scolaires. Nous avons souvent noté que les prétendues « élites », étant de brillants sujets, avaient eu le cerveau tellement lavé et relavé par les mensonges de l’Education Nationale, qu’elles en restaient prisonnières toute leur vie. Laurence Parisot fut remarquée à Sciences Po, école réputée depuis 60 ans pour son gauchisme. Et puis la fausse PME. La société IFOP, organisme de sondage, a pour clients principaux les politiques et le big business, d’où l’impossibilité totale de prendre position dans l’affaire Danone-Taittinger. Mais comment les électeurs n’ont-ils pas vu que leur future présidente n’aurait aucune vraie liberté de parole sur aucun dossier économique important ? On en vient logiquement à la dernière hypothèse. Dans la « Démocratie ou le rêve en morceaux » (en vente à Duquesne Diffusion, 27 avenue Duquesne à Paris) j’ai démonté le mécanisme parfois subtil et masqué du commerce des voix. Avec l’argent puisé à pleines mains dans les poches des contribuables, les politiques en place achètent leurs propres réélections et celles de leurs amis ; cela va jusqu’à des élections syndicales ou para syndicales. Jamais personne ne connaîtra ce que paient et paieront les Français tous les jours pour permettre la conduite scandaleuse au sommet de l’Etat de deux ou trois challengers et de leur cour, sur fond de ruine accélérée ! Michel de Poncins |
|
Septembre 2005 |
|
Conscience Politique ® Tous droits réservés Hebdomadaire