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| "Un désastre de laide internationale est en cours"
Thomas J. DiLorenzo (6 janvier 2005) prof. Déconomie au Loyola College. Source : Institut Mises.En se réveillant du désastre du tsunami en Indonésie, les gouvernements du monde entier ont fait ce quils font toujours : envoyer de largent pour faire face au problème. Dans ce cas, largent est qualifié de " aide internationale ". Les milliards de dollars (ou équivalent dans dautres devises) qui seront envoyés à lIndonésie, lInde, le Sri Lanka, et dautres zones dévastées sont censés apporter du bien ; il devrait être impossible de dépenser tout cet argent sans quil en résulte un bénéfice pour les victimes du désastre. De fait, les chaînes dactualité télévisée diffusent déjà largement des scènes dhélicoptères et de cargos américains déchargeant du matériel de toute sorte. Les politiciens vont évidemment politiser ce désastre comme ils le font avec tous les évènements mondiaux, de façon à accumuler plus de pouvoir et à confisquer plus de richesses à leurs citoyens. Plus précisément maintenant quils ont pris goût à se faire photographier comme des Mère Thérésa internationales, volant au secours de tout le monde, partout, aussi longtemps que tout est payé par les infortunés contribuables sur les revenus de leur dur labeur, ils sont enclins à devenir les champions des dépenses daide internationale toujours plus élevées. Pour cela, ils doivent absolument ignorer la vérité au sujet de laide internationale : depuis plus dun demi siècle, elle a été complètement inefficace, voire contre productive, pour stimuler la prospérité. Peter Bauer (Lord Bauer) à voué toute sa carrière à étudier les lois des conséquences non intentionnelles de laide internationale et beaucoup de ses conclusions ont été résumées dans son livre : " The Development Frontier " en 1991. Tout dabord, note Bauer, laide internationale nest pas une aide mais un transfert de richesses. Et ce nest précisément pas un transfert aux pauvres et à ceux qui en ont besoin, mais aux gouvernements. Ainsi, le principal résultat de laide internationale a toujours été dagrandir le champ dintervention et la taille de létat, ce qui se termine toujours par diminuer la prospérité et affaiblir la liberté des peuples. Pire encore, elle conduit à la centralisation du pouvoir gouvernemental, car les transferts vont toujours vers le gouvernement central du pays receveur. Comme tous les programmes gouvernementaux, celui des aides internationales sappuie sur une série de mythes qui a pris corps dans une classe intellectuelle étatiste. Le plus remarquable de ces mythes est que le développement économique des pays sous-développés dépend de laide internationale. Cest faux. Comme Bauer lécrit : " les réussites économiques dépendent de facteurs personnels, culturels, sociaux et politiques et les politiques des . dirigeants Cest déconsidérer les peuples du Tiers Monde que de dire que contrairement à ceux de loccident ils ne seraient pas capables de réussir sans aide ". La théorie du cercle vicieux de la pauvreté a tenu le haut du podium pendant des décennies grâce à Paul Samuelson, qui racontait que les pays pauvres avaient besoin de capitaux pour se développer mais pas de ressources à épargner quelles puissent investir en capital. Mais comme Bauer le remarque justement, " cette hypothèse est réfutée chaque fois quun individu, une famille, un groupe, une communauté ou un pays émerge de la pauvreté sans avoir eu de ressources de départ En effet si lhypothèse était juste, le monde en serait resté à lâge de pierre ". Les marchés privés de capitaux ont toujours investi dans les pays pauvres là où elles voyaient une possibilité dutilisation productive du capital. Cest bien pourquoi les USA ont été endettés depuis leurs commencements jusquau début des années 20. Comme le conclut Bauer : " Laptitude à emprunter ne dépend pas du niveau des revenus mais de la conduite responsable de lemprunteur et de sa capacité à utiliser les fonds de façon productive. " (une caractéristique des économistes Samuelsoniens a toujours été leur détachement de la réalité historique, parallèlement à leur virtuosité mathématique). Puisque les aides internationales vont dun gouvernement à un autre, elles se détournent inévitablement des activités productives vers les activités de demandeurs de rente entraînés à récupérer les fonds gouvernementaux. Cela crée une gigantesque machine de charité, en dautres termes, avec tout ce que cela implique de corruption que de telles choses entraînent toujours. Ce type de corruption conduit souvent à des conflits armés pour le contrôle de lorganisme de charité dans beaucoup de pays du Tiers Monde. Et comme de plus en plus de ressources sont dédiées aux chercheurs de rente et non à la production et à lentreprenariat, les pays receveurs senfoncent dans la pauvreté. Sil y a une cause au cercle vicieux de la pauvreté, cest bien laide internationale. Laide internationale permet aussi aux états interventionnistes corrompus de maintenir leur politique économique contre productive et même désastreuse. Les gouvernements qui retardent la croissance économique par des taxes élevées, des dépenses et des emprunts injustifiés, une réglementation excessive, du protectionnisme, linflation, le contrôle des prix, la collectivisation des régions, et une corruption notoire, échappent à la révolte des citoyens si laide internationale permet de mettre un peu de nourriture sur suffisamment de tables pour maintenir les masses satisfaites. Bauer a constaté que beaucoup de gouvernements receveurs daides sabotaient volontairement leur économie afin den obtenir davantage. Cest très mauvais pour leur économie mais cela consolide leur pouvoir politique et les enrichit en même temps. Comme toutes les formes de dépendance, les aides internationales renforcent le comportement chez les receveurs, qui consiste à dire que les causes de pauvreté sont incontrôlables, et donc qu ils doivent dépendre des dons des autres pays plutôt que de leurs propres entreprises. Les aides créent donc un problème gigantesque de danger moral. Regardons le cas de la Micronésie. Comme lécrivit David Osterfeld dans : prosperity vs. Planning : how Government Stifles Economic Growth. : lappauvrissement de la Micronésie a été un résultat direct de laide internationale. Les USA ont monopolisé la Micronésie en 1945 après sa libération des japonais. Tout investissement étranger a été découragé parce quils voulaient diminuer le nombre de travailleurs bon marché, comme ladmettent des officiers de la US navy. Donc on a fourni au peuple de la nourriture gratuite, des vêtements et autres Le résultat fut la faillite de tout le commerce local et lincitation à ne plus travailler du tout. Osterfeld rapporte les dires dun politicien micronésien : " nous navons ni techniciens, ni plombiers, ni électriciens parce que les américains soccupent de tout " Les donneurs daide ne sont pas toujours motivés par des impulsions charitables. Il est bien connu que ces aides ont longtemps fait partie des politiques de protectionnisme américaines : le protectionnisme chez soi permet aux politiciens dacheter les votes des industriels protégés et de leurs employés, même sil faut bloquer les importations de certains pays du tiers monde quitte à dévaster leur économie. Une fois léconomie dévastée, les mêmes politiciens jouent les anges héroïques et envoient de laide à ces pays sous forme dargent et en nature. Si laide prend par exemple la forme de tracteurs agricoles, les politiciens se dotent dune nouvelle opportunité pour sacheter des votes (et solliciter des dons pour leurs campagnes électorales), en faisant payer par limpôt des tracteurs américains. Ainsi, politiciens et fabricants de tracteurs sont les véritables bénéficiaires de laide. A certains moments laide en nourriture sest révélée désastreuse notamment en Afrique mais aussi ailleurs. Envoyer gratuitement des millions de tonnes de grains et autres nourritures ont fait chuter les cours des denrées agricoles dans le pays receveur, poussant les fermiers locaux à la faillite et créant encore plus de dépendance vis-à-vis de laide extérieure. Les fermiers ont alors émigré vers les villes pour y trouver du travail, faisant grimper le prix de la nourriture en ville, se qui se traduisait souvent par un blocage des prix, créant une pénurie et appelant à davantage daide. Parfois cette calamité a pu être évitée parce que les dirigeants politiques des pays receveurs ont purement et simplement confisqué les denrées et les ont revendues sur le marché international, en empochant au passage le bénéfice et en le plaçant sur un compte en Suisse. Laide internationale a aussi été cause dinvestissements en capitaux inappropriés et de surinvestissements, en raison derreurs de calcul. Avant de faire un investissement en capital il est dusage de peser le pour et le contre, pour savoir si oui ou non, linvestissement est judicieux. Mais quand largent arrive par le biais de laide internationale, il ny a rien à perdre. Il y aura toujours un bénéfice puisque quelquun dautre paie la facture. En conséquence il y a une chance nulle ou très faible que ces investissements tombés du ciel ne bénéficient au consommateur et ne soient rentables. Ils sont simplement considérés comme un moyen denrichissement rapide pour un petit nombre de gens bien placés proches du pouvoir politique du pays receveur. Ainsi a-t-on vu construire un pont suspendu sur un chemin de fer inexistant, dimmenses raffineries dans des pays qui nont jamais eu de pétrole, dénormes silos inaccessibles aux fermiers et un certain nombre dautres éléphants blancs, écrivit Osterfeld. Comme la noté Robert Higgs dans son livre devenu classique Crisis and Leviathan, les aides durgence se traduisent toujours par un pouvoir accru des gouvernements aux dépens de la liberté et de la prospérité. Une fois lurgence passée, on ne réduit jamais le poids et le champ dintervention de létat au niveau où il était avant lurgence. Ainsi la crise et sa résolution dans lurgence ou la perception quon en a est une des principales causes de la croisance des états Leviathan. Cest tout aussi vrai dans le cas des aides internationales en cas durgence, tels que les récents évènements en Indonésie. Cette catastrophe naturelle a déjà entraîné un grossissement de la bureaucratie américaine de laide internationale, et de tels bourgeonnements vont continuer pendant des années, avec tous les effets indésirables et même désastreux qui sont inhérents à toutes formes daides étrangères. Par Thomas J. DiLorenzo (6 janvier 2005) prof. Déconomie au Loyola College. Source : institut Mises. janvier 2005
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