Au secours ! J'ai été kidnappé par l'ANPE .
commentaire: Comme des millions de français, je suis kidnappé par
l'ANPE, sous le matricule 2182848.
Depuis les ordonnances Chirac de 1967, l'ANPE a le monopole du
placement : monopole de l'information sur les chômeurs; monopole de
l'information sur les postes vacants à pourvoir; monopole du placement.
L'emploi est un MONOPOLE D'ETAT. C'est lui qui bloque l'information. Ce
faisant il empêche le fonctionnement du marché de l'emploi.
Il défie les employeurs : venez vous "déshabiller" à l'ANPE, expliquer
vos structures et vos besoins, et vous aurez un accès indirect au
fichier des chômeurs, sinon débrouillez-vous tout seuls. Les chefs
d'entreprise n'ont ni le temps ni l'envie, d'aller raconter leur vie ou leurs
projets à l'ANPE. Ils ne la fréquentent pas. La DARES estime que l'ANPE
est informée d'un poste sur 3. La réalité est probablement plus sévère.
L'ANPE a une vision très personnelle du placement : la mission est,
très clairement de placer les chômeurs dans les entreprises, ou chez les
employeurs. Or, visitez n'importe quelle agence locale : les murs sont
tapissés d'annonces. Annonces de candidatures de chômeurs ? Que nenni !
Uniquement des annonces de postes à pourvoir. L'ANPE fait le
"placement" des entreprises auprès des chômeurs. C'est le monde à l'envers.
Je viens de recevoir mon enquête semestrielle pour justifier de mes "
recherches d'emploi". Le tableau, établi par l'Assedic, fait 11 LIGNES.
Chercher un emploi, à la mode Unedic, c'est répondre à une annonce ou
envoyer une candidature spontanée tous les 15 jours. L'Assedic me
demande ce que l'ANPE a fait pour moi : deux offres de candidatures en 6
mois, adressées avec retard (j'y avais répondu depuis au moins une
semaine); l'une des deux réponses a été rejetée par l'ANPE. L'autre, par
l'employeur. C'est mieux que rien. Mais moi, j'ai du répondre à une bonne
centaine d'annonces. Nous ne devons pas avoir la même vision de
l'efficacité de la recherche....!!!?
La "chasse aux chômeurs" est la mesure la plus bête que l'on pouvait
annoncer. A quoi bon l'annoncer, puisqu'elle se pratique en douce dans
les grandes largeurs ? La conséquence est évidente : ceux qui cherchaient
déjà vont encore plus chercher. Les employeurs qui recevaient déjà une
bonne centaine de candidatures pour chaque annonce passée, vont en
recevoir 200, 300, plus ? Quelle conséquence ? Saturation des services de
recrutement; rallongement de la file d'attente. Parions que les
employeurs n'auront plus le temps maintenant de répondre aux candidatures
qu'ils refusent, débordés qu'ils sont par la masse. Cette annonce a une
vertu essentielle : elle contribue un peu plus au blocage du marché de
l'emploi.
Les solutions sont ailleurs. C'est évident et c'est tout le problème :
quand on a fait l'ENA ou certaines Grandes Ecoles d'Ingénieurs, on est
incapable de pondre des solutions simples : ce serait déchoir. Un haut
fonctionnaire ou un responsable politique qui ne propose pas des
solutions très compliquées n'est pas à la hauteur. Pour être respecté et
rester sur son piédestal social, il faut être compliqué.
La solution : ouvrir le fichier des chômeurs aux employeurs. Ne le
répétez pas : les employeurs sont en manque de candidats. Le propos est
trop révolutionnaire pour être dit. Alors on se tait !
Le MEDEF nous a pondu, dans le cadre de la convention Assedic, la
bourde du siècle : reprendre une activité de courte durée, ne serait-ce que
pour mettre un peu de beurre dans les rutabagas, se sentir un peu moins
inutile, voire coupable,c'est se mettre en position de recevoir un
salaire ( probablement voisin du SMIC) dont l'Assedic va déduire
l'indemnité, pro rata temporis. La règlementation est très compliquée. Je ne vous
donne qu'un seul exemple, le mien : je ne peux pas travailler plus de
29 heures par semaine ( sinon je ne suis plus chômeur) ni gagner plus de
150 euros par mois : soit un taux horaire de 1,80 euros. Je dois
concurrencer les plombiers polonais. Encore suis-je un favorisé, parce que
mon salaire de référence n'était pas trop éloigné du SMIC. A partir d'un
salaire antérieur égal ou supérieur à 3 SMIC, la reprise partielle
d'activité se traduit par un SALAIRE HORAIRE NEGATIF ! Il fallait
l'inventer. C'était la meilleure forme de promotion du travail au noir ! Bravo,
Antoine ! Et bientôt, bravo Laurence, qui marche dans les mêmes traces
! C'est d'autant plus abscons que cette même indemnité assedic retirée
du salaire horaire est reversée en fin de droits. Ce n'est donc pas,
comme on pourrait le croire, une mesure d'économies pour le régime
Unedic.
Il y a tant à dire ! Il y a tant à faire ! Le problème majeur est le
suivant :
LES SOLUTIONS SONT TROP SIMPLES. Eléctoralement et socialement c'est
insupportable !
PS : je cherche toujours quelqu'un pour payer ma rançon, pour me
libérer des geôles informatiques de l'ANPE.
Laurent
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