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Bilan Chirac 1995-2005
Rappel des Premiers ministres 1995-1997 : Juppé 1997-2002 : Jospin 2002-2005 : Raffarin 2005 : Villepin Jacques Chirac est à la tête de la France depuis 10 ans. Et l'heure n'est pas à l'euphorie, 63% des Français s'estiment déçus par son bilan. C'est dire que notre président avait de grands projets mais que leur mise en application s'est avérée... " abracadabrantesque ! " Les promesses non tenues : - La fracture sociale : c'est l'axe de campagne de Chirac en 1995, artifice de communication destiné à adoucir l'image du Chirac " facho " et à le rendre plus " social ". "Je n'accepte pas de voir tant de jeunes au chômage. Je n'accepte pas la fatalité du chômage de longue durée (...) Je n'accepte pas de voir près d'un million de nos compatriotes contraints de vivre du RMI. Je n'accepte pas de voir l'exclusion de ces cadres approchant la cinquantaine" et "je n'accepte pas de voir tant de nos compatriotes s'installer dans l'assistance", lançait Chirac en 1995. Et ça a marché ! Hélas aujourd'hui, cette fracture est un véritable abîme, le chômage dépasse les 10%, l'exclusion et l'assistanat perdurent et le niveau de vie des Français a même reculé entre 2002 et 2003. L'heure est à la dépression collective. Les Français ne croient plus en l'avenir et encore moins en la France. - Le déficit public. "Un point de passage obligé, c'est la remise en ordre de nos finances publiques", affirmait Chirac en 1995. "Il faut maîtriser les dépenses publiques, non pas au moyen de coupes budgétaires aveugles, mais en engageant les réformes qui permettent de dépenser mieux".Hélas le déficit public est de 3,1% en 2002, de 4,1% en 2003 et de 3,7% en 2004. La dette publique atteint plus de 1.000 milliards d'euros en 2005, soit plus de 16.000 euros par Français. En 1995, elle était de 496 milliards d'euros. Seuls les intérêts de cette dette coûtent au budget 40 milliards d'euros par an, soit le deuxième budget après celui de l'Education nationale. C'est dire que la situation économique en France est préoccupante, certains experts estiment même que notre pays est sur la pente du décrochage économique, voire en faillite. - Une baisse de 30% de l'impôt sur le revenu d'ici 2007 : c'est " la " promesse de campagne de Chirac en 2002, pour rendre le candidat plus " offensif ". Et ça a marché ! Hélas, les impôts ont augmenté au global. L'impôt sur le revenu a certes accusé une baisse d'environ 8% mais les impôts locaux, fonciers, la TVA sur les prix qui augmentent (grâce à l'euro), ont largement balayé cette baisse. Les prélèvements sociaux se sont quant à eux alourdis, passant à 21,8% du PIB en 2003. - Contre puis pour le quinquennat. Une position contre le quinquennat le 14 juillet 2000 et six moins après le Président le propose par voie référendaire : "je vous demande de voter pour le quinquennat, le quinquennat que naturellement j'ai toujours défendu". " Les phobies : - Le libéralisme. Chirac fait persister l'Etat " collectiviste " français, l'économie assistée par les pouvoirs publics. Sa priorité est de ménager les esprits scandalisés par les horribles capitalistes. Résultat, l'économie française n'est pas compétitive. Elle se laisse dépasser par l'Angleterre blairiste, entre autres. La France voit ses forces vives quitter son territoire, les richesses matérielles et intellectuelles partent à l'étranger. - Les grandes réformes. Fonction publique, retraite, Sécurité sociale. Les obsessions : - Etre politiquement correct. Résultat, le discours Chirac est emprunt de démagogie coiffée de sa technocratie d'énarque. Les années passant, les mots sont de plus en plus insignifiants, la vision d'avenir nulle, la part de rêve inexistante, les axes de progrès absents. La phraséologie chiraquienne glisse sur les oreilles des Français qui ne retiennent de chaque intervention télévisée qu'une sensation de vide fatigué. - La Turquie dans l'Union Européenne. C'est encore le Chirac " social " qui cherche à faire rentrer cette idée saugrenue dans la tête des Français, la Turquie n'étant européenne ni par son histoire ni par sa géographie. Il faut croire que les problèmes français ne suffisent pas à notre Président. Les manies : - Constater plutôt que de proposer. Le temps utilisé par le président est le présent de l'indicatif, un temps qui permet de commenter les événements plutôt que d'agir. Le futur, Chirac ne le gère pas. - Ménager la chèvre et le chou. L'animal Chirac se fond à son environnement. Il est le président caméléon à la bonne bière et à la tape sur l'épaule, sympathique mais incompétent. Les erreurs : - La dissolution de l'Assemblée nationale en 1997 (idée de Villepin s'il en est). Dissolution qui a installé un Jospin socialiste ex trotskiste au gouvernement pendant 5 ans. Résultat, la France a viré au social-communisme à un moment où elle aurait pu surfer sur la reprise économique. Au passage le marché du travail s'est vu plombé par la loi sur les 35h obligatoire. - N'avoir pas su profiter de la forte majorité de droite au lendemain des Présidentielles 2002. Réélu avec 80% des suffrages, la gauche à terre, Chirac-Raffarin avaient une formidable occasion de réformer la France par de grandes actions cette année-là. Mission ratée, la montagne a accouché d'une souris, seule une brochette de réformettes a vu le jour. - Pas de projet européen. Un discours toujours convenu et soporifique sur les enjeux européens et notamment sur la Constitution a fait que les Français ont voté " non " au référendum de 2005. " Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement ", ce n'était pas le cas de la Constitution européenne. Les affaires : - Emplois fictifs de la Marie de Paris, financement occulte du RPR. - Affaires des HLM. - Scandales politico financiers, cassette Mery. - Affaire de la rénovation des lycées d'Ile-de-France. - Frais de bouche, billets d'avion, tout ce qui fait de Chirac le grand " repris de justesse " de la République. Les plus : - Une France qui a dit non à l'intervention américaine sans l'ONU en Irak. - Une sécurité citadine et routière améliorée. Aussi sur les vingt points abordés, deux seulement sont positifs. Le bilan Chirac vaut 2/20. Chirac n'est ni de Gaulle, ni Thatcher, on le sait. Mais cette ombre de président va laisser la France et le moral des Français plus bas qu'il ne les a trouvés. La faute revient à toutes ces occasions ratées de refaire décoller le pays, et à ce qui est finalement la principale caractéristique de Chirac, le manque de courage politique. Quelques chiffres Enquête réalisée les 27 et 28 avril 2005 pour Le Figaro auprès d'un échantillon national de 1000 personnes L'opinion sur l'action de Jacques Chirac depuis son élection en 1995. Question : Tout compte fait, êtes-vous satisfait ou déçu de l'action de Jacques Chirac depuis son élection en mai 1995 ?
Le bilan détaillé de l'action de Jacques Chirac. Question : Plus précisément, diriez-vous que depuis son élection en mai 1995, le bilan de l'action de Jacques Chirac est plutôt positif ou plutôt négatif en ce qui concerne :
Antoine Rocquemont |
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Décembre 2005 |
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