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Collection dirigée par
Alain Laurent
La Bibliothèque classique
de la Liberté se propose de rééditer à raison de quatre titres par an des
textes d’auteurs (français mais aussi, le cas échéant, étrangers) ayant joué
un rôle notoire dans l’histoire des idées antérieure au début du XX° siècle
eu égard à leur contribution au développement et à l’approfondissement de la
liberté politique et économique – mais devenus inaccessibles ou dont la
diffusion est demeurée confidentielle.
Chaque texte sera introduit par une présentation consistante (15 à 20 pages)
signée par un spécialiste confirmé de l’auteur et suivi à la fois d’une
notice bio-bibliographique et d’un index minimal.
Format 13,5 X 21 cm
Dirigée par Alain Laurent*, elle
se propose de rééditer et mettre à la portée de tous des ouvrages qui,
jusque dans les premières décennies du XX° siècle, ont apporté une
contribution majeure à l’approfondissement et la promotion de la liberté
individuelle, politique et économique – mais ne sont plus disponibles depuis
longtemps ou n’ont bénéficié que d’une rediffusion confidentielle. Republiés
au rythme de 3 ou 4 par an et de préférence dans la version intégrale
d’origine d’un titre (ne sont pas exclues, le cas échéant, des rééditions
sous forme de larges extraits si des passages apparaissent trop " datés " ou
anecdotiques à l’aune de nos intérêts intellectuels contemporains…), ces
ouvrages seront introduits par une préface signée d’un connaisseur confirmé
de l’auteur et s’achèveront par une chronologie de ce même auteur ainsi
qu’un index sélectif.
Tout en se donnant pour tâche privilégiée d’illustrer la trop méconnue
tradition libérale française avec les textes de grandes figures (outre
Constant : Condillac, Voltaire, Turgot, Bastiat…) ou d’auteurs quelque peu
oubliés (Boisguilbert, Cantillon, Destutt de Tracy, Dunoyer, Molinari, J.
Simon, Y. Guyot, E. Faguet…), elle s’ouvrira aussi très volontiers –
pluralisme libéral oblige - aux franges tant conservatrices (Guizot, Taine…)
qu’anarchisantes (Godwin, Proudhon, F. Oppenheimer…) du libéralisme ainsi
entendu dans sa plus large acception. Et les auteurs étrangers y seront
naturellement les bienvenus : outre Humboldt, ce sera le cas de Franklin,
Jefferson, J.S. Mill, Pareto, Spencer, Mises…
* Ancien enseignant de philosophie et de sociologie ; auteur en
particulier de Solidaire si je le veux (Les Belles Lettres, 1991), de
l’Histoire de l’individualisme (PUF, 1993), des Grands courants du
libéralisme (A . Colin, 1998) et de La Philosophie libérale (Les
Belles Lettres, 2002, Prix Biguet – philosophie politique – de l’Académie
française en 2002), ainsi que de rééditions de Turgot et Spencer aux Belles
Lettres.
Commentaire
sur l'ouvrage de Filangieri (Broché) de Benjamin Constant
Editeur : Belles Lettres (8 Mar 2004)
" Pour la pensée, pour l'éducation, pour l'industrie, la devise des
gouvernements doit être laissez faire et laissez passer " : cette sentence
finale du Commentaire sur l'ouvrage de Filangieri résume on ne peut mieux
l'esprit de radicalité libérale qui en imprègne tout le propos. Paru en
1822-24 et curieusement jamais republié depuis en France, ce texte
fondamental et néanmoins trop méconnu de Benjamin Constant prend prétexte
d'une lecture critique du livre du juriste italien Gaëtano Filangieri, La
Science de la législation (1780), pour procéder, comme l'a pertinemment noté
l'un de ses meilleurs biographes, à " l'exposé le plus hardi et le plus
complet de sa doctrine ", au sujet de l'économie, de la justice sociale, du
droit pénal, de l'esclavage, de l'éducation ou de la religion.
La force et la remarquable originalité de ses développements théoriques
pointant de manière prémonitoire les dangers d'une montée croissante du "
despotisme législatif " font de ce Commentaire un ouvrage majeur de
Constant, indispensable à la meilleure connaissance - non édulcorée - d'une
pensée dont la place éminente dans l'histoire des idées ne cesse de se
confirmer.
À travers ce commentaire, publié entre 1822 et 1824, de La science de la
législation (1780), Benjamin Constant expose les grandes lignes de sa propre
doctrine libérale en ce qui concerne l'économie, la justice sociale, le
droit pénal, l'esclavage, l'éducation et la religion.
Ecrits
politiques (Broché) de Thomas Jefferson
Inoubliable rédacteur de la Déclaration d'indépendance (1776), ambassadeur
en France de 1785 à 1789 puis troisième président des Etats-Unis de 1800 à
1808, Thomas Jefferson a aussi été l'auteur
de multiples textes - discours et correspondances - d'une portée capitale en
philosophie politique mais
dont beaucoup n'étaient pas jusqu'alors disponibles en français. Il s'y fait
l'ardent avocat d'un exigeant idéal d'inspiration lockéenne fondé sur les
droits naturels de l'individu sur sa vie, sa liberté et sa propriété -
garantis par la constitutionnalisation d'un Etat fédéral aux pouvoirs
limités. De la tension entre des préoccupations " whig " (libérales) et
républicaines résulte une pratique politique guidée par la volonté de
contenir les prérogatives d'un pouvoir forcément imparfait : séparation de
l'Eglise et de l'Etat (liberté de culte), contrôle des gouvernants par les
gouvernés (consentement des citoyens, confiance dans le peuple), respect de
la plus large autonomie des Etats fédérés par un " gouvernement sage et
frugal " seulement voué à favoriser la poursuite du bonheur par chacun. Des
Ecrits qui constituent une clé indispensable à la bonne compréhension des
débats qui animent l'Amérique contemporaine, où Jefferson demeure une
référence privilégiée.
Editeur : Belles Lettres (1 avril 2006)
La
liberté et le droit de Bruno Leoni, Carlo Lottieri (Préface), Charlotte
Philippe (Traduction)
Éditeur : Belles Lettres (1 février 2006)
Publié en
1961 aux Etats-Unis sous le titre Freedom and the law, cet ouvrage du
philosophe italien du droit Bruno Leoni (1913-1967) garde pour un lecteur
français contemporain toute sa forte originalité théorique comme sa capacité
de stimulante provocation intellectuelle. Prenant au sérieux l'idéal des
droits de l'individu souverain, l'auteur critique d'abord le caractère
arbitraire de la législation positiviste qui renvoie au même schéma étatiste
et liberticide que la planification économique. Il lui oppose la conception
évolutionniste d'une " rule of law " issue et respectueuse du Droit selon un
processus semblable à celui du libre marché. Puis il met en cause le modèle
moderne et dominant de la démocratie fondé sur la confiscation du pouvoir
par de nouvelles oligarchies politico-bureaucratiques ainsi que sur la "
volonté générale ", la représentation, la " décision de groupe " et la règle
majoritaire - dont la nature collectiviste est jugée attentatoire à
l'égalité des chances et la liberté individuelle de choix. Un texte sobre et
tonique d'un précoce libertarien européen, devenu un classique de la
philosophie politique tant aux Etats-Unis qu'en Italie.
Sophismes économiques de Frédéric Bastiat, Michel Leter (Préface)
Éditeur : Belles Lettres (17 janvier 2005)
Collection : Bibliothèque Classique de la Liberté
Déjà classique outre-Atlantique, l'œuvre
capitale de Frédéric Bastiat suscite enfin en France l'intérêt qu'elle
mérite. Réédités, dès 1964 en langue anglaise, les Sophismes économiques de
Frédéric Bastiat n'étaient plus disponibles en langue française dans leur
texte intégral depuis l'édition Paillottet des œuvres complètes publiée chez
Guillaumin (1854-55). Alors que, de nos jours, trop d'économistes se
complaisent à produire des ouvrages dont l'obscurité dissimule l'étatisme,
Frédéric Bastiat nous rappelle que l'économiste a d'abord pour fonction de
mettre en lumière ces rhétoriques irrationnelles qui invalident les
politiques économiques. S'inscrivant dans la lignée de la littérature
libérale née sous la censure impériale et royale avec les chansons de
Béranger et les apologues de Paul-Louis Courier, c'est donc sous une forme
littéraire -dialogique autant que logique-que Frédéric Bastiat choisit de
présenter les vérités fondamentales de l'économie politique. Alors que
Guizot s'en était tenu à des considérations naïves sur le gouvernement
représentatif avant d'en empêcher l'épanouissement sous la monarchie de
juillet, le futur député républicain Frédéric Bastiat, en stigmatisant la
privatisation rampante de l'Etat par les groupes de pression industriels et
agricoles, esquisse une véritable théorie libérale de la justice.
Démystifiant le " sisyphisme " des politiques de l'emploi et la spoliation
légale qu'elles induisent, Bastiat démontre que ce sont les pays et les
catégories sociales les moins favorisés qui gagnent le plus à la liberté des
échanges. Aussi, le lecteur d'aujourd'hui ne trouvera pas d'argumentaire
plus essentiel contre le dernier avatar du protectionnisme, " l'altermondialisme
", que les Sophismes économiques de Frédéric Bastiat.
La
Tyrannie collectiviste de Yves Guyot, Philippe Nataf
Éditeur : Belles Lettres (6 avril 2005) Collection : Bibliothèque classique
de la liberté
Disciple de Turgot, J.-B. Say et Bastiat, l'économiste et publiciste Yves
Guyot (1843-1928) a aussi été, dans le sillage de son mentor Léon Gambetta,
l'une des grandes figures républicaines de la IIIe République. Député
radical de Paris et pendant trois ans ministre des Travaux publics, puis
rédacteur en chef du célèbre journal des Economistes et président de la
Société d'Economie politique, il participa activement à tous les grands
débats publics de son époque - où il intervint autant en libre penseur
partisan de la séparation de l'Eglise et de l'Etat et en dreyfusard de la
première heure qu'en farouche partisan de la liberté économique sous toutes
ses formes. Car c'était avant tout un non-conformiste épris de liberté
individuelle, un individualiste en lutte contre le collectivisme et toutes
les tyrannies en général. Dans son œuvre prolifique, La Tyrannie socialiste
(1893) et Les Principes de 1789 et le socialisme (1894) se distinguent par
l'éclairante filiation établie entre l'idéal républicain issu des Droits de
l'homme (que Guyot juge trahi par les socialistes d'alors) et la tradition
libérale. La rencontre du propos des larges extraits de ces deux ouvrages
ici reproduits avec les préoccupations actuelles (libre échange contre
protectionnisme, libre concurrence contre interventionnisme, droit de
propriété contre spoliation fiscale, liberté du travail contre
réglementation...) justifie qu'on tire enfin Yves Guyot de l'oubli...
Abrégé
de L'action humaine, traité d'économie de Ludwig von Mises, Gérard Dréan
(Traduction)
Éditeur : Belles Lettres (8 octobre 2004)
Collection : Bibliothèque classique de la liberté
Le présent ouvrage est un abrégé de L'Action Humaine, traité d'économie, le
magnum opus de Ludwig von Mises, un auteur central de l'école " autrichienne
" et l'un des plus grands penseurs de l'économie. Publiée en 1949, l'œuvre
originale compte près de mille pages. Bien qu'actuellement occultée par le
mainstream néoclassique, la tradition autrichienne est fidèle aux idées qui
ont prévalu depuis les origines de la réflexion économique jusqu'au début du
vingtième siècle. Elle incarne une conception réaliste de la discipline
économique qui refuse le modèle réducteur de l'homo œconomicus et l'étude
des équilibres pour s'intéresser aux processus de changement et aux
relations causales entre les événements. Ces idées forment pour l'étude du
marché, de la monnaie, des crises économiques, de l'entreprise et des
structures industrielles modernes une base autrement plus solide que le
paradigme néoclassique. Elles sont progressivement redécouvertes par les
économistes et de plus en plus validées par l'évolution de la réalité. L'Action
humaine les expose de façon systématique dans un langage accessible à tous,
et constitue de plus une défense particulièrement éloquente de la liberté
au-delà même de son aspect économique. A ce titre, cet ouvrage devrait faire
partie de la bibliothèque de tout " honnête homme ".
Réflexions
philosophiques sur l'égalité de Jacques Necker, Jean-Fabien Spitz
(Préface)
Éditeur : Belles Lettres (5 septembre 2005) Collection : Bibliothèque
Classique de la Liberté
Ecrites au plus fort de la Terreur en 1 793 mais oubliées depuis leur
publication dans les Œuvres complètes de Necker (1732-1804) par le baron de
Staël en 1820, les Réflexions philosophiques sur l'égalité constituent une
implacable charge contre les débordements passionnels de l'" envie " qui,
selon leur auteur, inspirent l'idéologie égalitariste des Droits de l'homme
à la mode jacobine et le " nivellement " qui devait fatalement résulter de
leur application. Dans ces pages d'une mordante sobriété et dont
l'inspiration morale n'est pas sans évoquer celle de son contemporain Burke
dans ses Réflexions sur la Révolution en France, l'homme d'Etat Jacques
Necker apparaît aussi en penseur d'un conservatisme éclairé cherchant à
concilier liberté individuelle et harmonie sociale, vrais droits de l'homme
et " gradations des rangs " ou quête du bonheur personnel et expérience
historique. Cet adversaire déclaré des " abstractions " et " spéculations
métaphysiques " y invente même au passage dans la troisième partie de
l'ouvrage le procédé du " voile d'ignorance ". Autant de raisons qui doivent
lui assurer définitivement une place originale mais à part entière dans
l'histoire des idées politiques.
Essai
sur les limites de l'action de l'Etat de Wilhelm von Humboldt, Alain
Laurent (Préface), Henry Chrétien (Traduction), Karen Horn (Traduction)
Éditeur : Belles Lettres (8 mars 2004)
Collection : Bibliothèque classique de la liberté
ISBN : 2251390367
Jamais réédité en France depuis sa traduction de l'allemand en 1867, l'Essai
sur les limites de l'action de l'Etat compte au nombre des très grands
classiques de la philosophie politique.
Rédigé par Wilhelm von Humboldt en 1791/92, ce texte ne fut publié, à titre
posthume, qu'en 1850. Immédiatement alors salué comme pièce maîtresse de la
philosophie libérale, l'Essai développe en effet une implacable
argumentation contre toute extension de l'intervention de l'Etat au-delà de
la garantie de la sûreté à tous - même et surtout si cette intervention est
motivée par le soin du " bien positif " des citoyens, que Humboldt juge
liberticide. L'exceptionnelle richesse de l'Essai provient assurément de
cette affirmation d'une dimension existentielle et spirituelle de la
liberté, elle-même facteur du perfectionnement harmonieux de l'humanité...
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