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Le coûteux désastre de l’Éducation nationale L’éducation nationale coûte plus cher pour toujours moins de résultats. Panorama d’une dérive. L’Éducation
nationale,
avec 1,3 million d’agents,
est la plus grosse entreprise
française. Son
budget, qui atteint aujourd’hui
113 milliards d’euros,
est passé, en 25 ans, de 6,5% à 7,2% du PIB (produit intérieur brut). «
Entre 1975 et 1999, note l’économiste Jacques Bichot, la dépense d’éducation
par élève, en francs constants, est passée dans le premier degré de 14200 à
26500 francs, et dans le second degré de 28900 à 48600francs. » L’essentiel
de cet argent est englouti dans les salaires des agents. La population
enseignante, en effet, ne cesse de croître : on compte aujourd’hui
22 % de professeurs en plus qu’il n’y en
avait en 1986. Logique, quand on sait que de nombreux
enseignants n’enseignent pas (ils
seraient 34000 environ) mais bénéficient de décharges
syndicales, animent des stages ou en suivent à l’INRP (l’Institut national
de recherche pédagogique) et à la DAFPN (Direction académique de formation
des personnels de l’Éducation nationale). Des professeurs aux horaires
uniques en Europe: ils enseignent
de 15 à 27 heures par semaine, de
26 à 36 semaines par an. Ces effectifs pléthoriques sont au service d’élèves chaque année moins nombreux, en raison de la décroissance démographique. Le nombre d’enfants par classe dans le primaire public a diminué de 30 en 1960 à 22 en 1984, et reste constant depuis. Dans le privé, on est passé de 32 élèves par classe en 1960 à 24 en 1999. L’évolution s’est faite au nom d’impératifs pédagogiques, notamment la manie du « dialogue », autrement dit du bavardage, et la croyance, solidement ancrée chez nos modernes pédagogues, que l’élève doit «construire son propre savoir».Toute l’habileté a consisté, pour les syndicats d’enseignants, à faire passer cette idée chez de nombreux parents d’élèves. Les méfaits du collège unique Rien n’est trop cher pour nos têtes blondes, pourrait-on penser. Sans doute, mais les résultats ne sont pas au rendez-vous. « En début de sixième, 15 % des élèves sont en grande difficulté, 3 % ont des lacunes quasi générales dans tous les domaines de la lecture, 5 à 6 % peuvent être dans une situation débouchant sur l’illettrisme », écrit Luc Ferry dans sa « Lettre à tous ceux qui aiment l’école » (Odile Jacob éd.). Un massacre. Une étude PISA de l’OCDE, parue en 2003, mettait les élèves français âgés de quinze ans au 17e rang des pays développés en mathématiques, au 13e rang en sciences et au 14e rang en littérature. Derrière la Finlande, le Liechtenstein, la Belgique… L’étude est imparfaite et peu convaincante, plaident ses détracteurs. « En France, nous avons l’art de dénigrer les évaluations qui ne nous sont pas favorables », note Jean-Pierre Boisivon, délégué général de l’Institut de l’entreprise et ancien directeur de l’évaluation et de la prospective au ministère de l’Éducation nationale. Inefficace, le système actuel est également injuste : il y a belle lurette que l’école ne joue plus le rôle d’ascenseur social qui fut longtemps le sien. Il n’est que de voir l’origine sociale des élèves des grandes écoles, pour la plupart issus de familles cultivées. L’égalitarisme à tous crins a accouché du système le plus inégalitaire qui soit. Les causes
de cette situation sont innombrables. Elles vont de la
centralisation excessive
(comment gérer convenablement un monstre pareil ? ) au
manque de concurrence réelle
au sein du public à cause de la carte scolaire obligatoire (et entre public
et privé sous contrat, en raison du manque de places dans le privé), en
passant par la domination sans partage des syndicats « représentatifs »,
l’utilisation de méthodes pédagogiques surannées et absurdes, l’absence
d’évaluation réelle des établissements comme des élèves et l’indiscipline
grandissante qui règne dans certains établissements. Bernard Kuntz,
président du syndicat national des lycées et collèges (SNALC), dénonce trois
décennies de réformes aberrantes. Favoriser une vraie liberté de l’Éducation : c’est l’un des chantiers essentiels auquel le prochain président de la République, et la majorité issue des urnes, devront s’attaquer l’an prochain. Il y a urgence. Article extrait du Cri du Contribuable numéro 15- septembre 2006
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