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15 000 postes de fonctionnaires supprimés ?
La promesse ambigüe du gouvernement
 

A la faveur des départs à la retraite dans la fonction publique de l’Etat, Dominique de Villepin a annoncé la suppression de 15 000 postes de fonctionnaires en 2007. Il paraît que c’est un scandale. C’est, en effet, scandaleusement insuffisant.

     Au regard des signaux d’alarme tirés par les experts, en particulier Michel Camdessus et Michel Pébereau, auteurs respectifs de rapports concluant tous deux à l’urgence de diminuer l’effectif de la fonction publique pour maîtriser le déficit budgétaire et dégonfler la dette publique, le projet, formulé par Dominique de Villepin, de supprimer 15 000 postes de fonctionnaires, paraît singulièrement insuffisant.
     Le rapport Camdessus, considérant qu’en moyenne 71 000 à 80 000 agents du secteur public partiront à la retraite chaque année d’ici 2015, préconisait de
supprimer, grosso modo, 30 000 à 40 000 postes par an.

     Est-ce vraiment trop ? La France compte près de cinq millions d’agents publics, sans compter les personnels des entreprises nationalisées. L’Etat lui-même en emploie plus de 240 000. Il est d’ailleurs difficile d’être précis : selon la Cour des Comptes, le ministère de la Culture employait par exemple 27 000 agents en 2004, alors qu’il n’en déclarait que 15 760.
      Le directeur de cabinet du ministre Renaud Donnedieu de Vabres, Henri Paul, s’en excusait en faisant valoir qu’ « aucun document exhaustif ne fournit l’ensemble des effectifs du ministère de la Culture », constat selon lui « valable pour l’ensemble des ministères français ! »

 Une goutte d’eau dans la mer des administrative

     Autant dire que, même s’ils représentent un léger mieux par rapport aux quelques 5 300 postes qui devaient être supprimés en 2006, les 15 000 départs à la retraite non remplacés (sur 84 000 !) annoncés pour 2007 ne sont qu’une goutte d’eau dans la mer.
     Encore beaucoup de ces emplois prétendument supprimés, s’ils figurent dans les autorisations budgétaires, sont en réalité inoccupés et pas rémunérés. C’est notamment le cas des 3 000 postes (fictifs) qui devraient être rayés d’un trait de plume par le ministère de la Défense, qui fait en l’occurrence la guerre aux fantômes…
     7 133 postes devraient aussi être supprimés à l’Education nationale, au grand scandale des syndicats. Ceux-ci n’ont garde de rappeler qu’entre 29 000 et 34 000 postes d’enseignants, équivalent plein temps, sont affectés à des tâches qui n’ont rien à voir, de près ni de loin, avec l’enseignement. Et quid des 50 000 « emplois vie scolaire » qu’en avril 2006, le gouvernement envisageait de créer au sein de l’Education nationale pour assister les directeurs d’école primaire dans leurs tâches administratives ?

     En outre, comme l’explique Anne Rovan dans Le Figaro, Matignon, en jouant sur le mécanisme de comptabilisation des équivalents temps plein travaillé, parvient à programmer la suppression de 15 000 postes, quand il n’en disparaîtra que 10 000.
     A combien ce chiffre tombera-t-il après que les syndicats se seront publiquement rebellés et que les administrations auront secrètement résisté aux exigences d’un gouvernement qui ne passera pas le printemps 2007 ?

     Il serait bien étonnant que le gouvernement de Dominique de Villepin, fragilisé par le CPE, parvienne à imposer à un an de la présidentielle des mesures qu’on n’a pas voulu prendre en 2002, quand tout était possible !


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Juin 2006

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