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Hausse de la dette et des
prélèvements obligatoires
Comment Bercy nous a - une fois de plus - trompés !
Le
ministère de l’Economie a tout faux ! C’est ce qui ressort des dernières
estimations sur les finances publiques de la France, publiées ce mois-ci par
la Commission économique de la nation.
Augmentation de la dépense publique, progression de la dette plus importante
que prévu, hausse des prélèvements obligatoires, croissance décevante : les
faits démentent les projections optimistes auxquelles le ministre de
l’Economie, Thierry Breton, se raccrochait encore à l’automne
dernier.
Cette démystification confirme la pertinence de la plaquette publiée au
début de l’année par les Contribuables Associés, sous le titre «
Comment Bercy vous trompe ». Elle dévoilait les différents « trucs »
utilisés par nos gouvernants pour nous faire prendre des vessies pour des
lanternes, ou l’augmentation de la dépense publique pour un budget «
maîtrisé ».
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« Artifice n°1 : surestimer la
croissance pour majorer les recettes »
Lors de la présentation du
projet de loi de Finances 2006, Thierry Breton, très sûr de lui,
annonçait pour 2006 une croissance comprise entre 2 et 2,5 %. La
plupart des experts présents à la réunion du groupe technique de la
Commission économique de la nation estiment qu’elle ne dépassera pas 2
%, dans le meilleur cas.
Le taux de croissance avait déjà été surévalué dans le projet de loi de
finances 2005, ce qui, selon Bercy, explique d’ailleurs que le niveau de
la dette publique soit plus important que prévu.
-
« Artifice n°2 : Sous-évaluer la
dépense publique pour mieux la faire accepter »
Elle a représenté 54,2 % du PIB en 2005, contre les 53,4 % originellement
prévus. Comme d’habitude, les objectifs affichés n’ont pas été tenus.
- « Artifice
n° 3 : faire croire à des rallonges budgétaires providentielles »
A en croire Bercy, le déficit public sera maintenu sous la barre
des 3 % en 2006. De nombreux experts en doutent. Ceux de BNP Paribas,
de Natexis Banques Populaires et d’Ixis CIB pensent même qu’il
atteindra 3,3 %.
Pour défendre ses prévisions optimistes, le ministère mise sur le retour
de la croissance (on a vu ce qu’il faut en penser) et la maîtrise de la
dépense publique (idem). La baisse, à en croire Bercy, devrait être «
entièrement structurelle » et ne rien devoir à une quelconque soulte,
comparable à celle, de 7 milliards d’euros, qu’EDF-GDF versa en
2005 aux organismes sociaux – Si tel est le cas, où iront, en 2006, les
2 milliards d’euros de la soulte d’intégration de La Poste au régime
général des retraites ?
On
l’aura compris : Bercy cultive l’art de faire dire aux chiffres ce que le
ministre souhaite entendre. Toutefois, leur vérité finit tôt ou tard par
s’imposer.
Thierry Breton affirmait encore à la mi-janvier, dans un rapport
communiqué à l’Union européenne, que le niveau de la dette publique pour
2005 serait contenu à 65,8 % du PIB : il s’élève en réalité à 66,4
% du PIB, soit une différence de 10 milliards d’euros - le
cinquième des recettes de l’impôt sur le revenu, observait le professeur
Jacques Marseille aux dernières Assises régionales des Contribuables !
De même, les prélèvements obligatoires ont représenté en 2005 44,3 % du
PIB, contre les 43,9 % prévus initialement : soit une différence
de 6,8 milliards d’euros.
Nous voilà loin des promesses de baisse des impôts que le candidat
Chirac formulait, la bouche en cœur, en 2002.
La
lettre des Contribuables associés
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