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Le Clemenceau et le déclin de l’occident

Le 30 janvier, il y a trois semaines tout juste, nous intitulions un flash : « Le Clemenceau et le déclin français ». Nous étions assez seuls dans la presse à donner sa vraie signification à cette pantalonnade. Rien n’a changé depuis sauf que le déclin conduit à la déroute, mais c’est partout le cas dans l’éducation, la santé, le logement ou ailleurs. Et, en fait, cela signe aussi le déclin de l’Occident tout entier, dont la presse  devrait se garder de simplement ricaner.

Sauf à reprendre le même flash, que chacun peut relire sur « libeco.net »,  il suffit aujourd’hui de parler des traits nouveaux  qui se sont ajoutés au lamentable tableau du déclin de la vieille et autrefois grande nation.

« Le Président se saisit du dossier ». Quand la presse s’est ainsi exprimé chacun a vu en grandeur nature le prétendu chef des armées avancer son auguste main. Or les journalistes officiels énoncent un pur mensonge. Ils ont l’air de dire que l’Elysée n’était pas au courant, alors qu’au mépris du droit constitutionnel tout le pouvoir est centralisé à l’Elysée, rien d’important ne pouvant se passer sans l’aval du président et de ses collaborateurs. Il n’avait donc nullement à se saisir du dossier qu’il connaissait parfaitement.

La main auguste ayant saisi le dossier, la capitulation est arrivée dans l’instant ; l’habitude de capituler devant l’adversaire semble être aujourd’hui une des « valeurs » de l’Occident tout entier, peut-être la seule repérable à l’œil nu.

Si des forces avec un mélange étrange de  spontanéité et de super-organisation  mettent le feu aux banlieues, dans l’esprit d’une religion guerrière, le pouvoir capitule aussitôt soit en ouvrant ses caisses désespérément vides, soit en donnant raison aux émeutiers, soit en traitant secrètement avec eux.

Les ambassades occidentales sont brûlées et chaque gouvernement se plie en deux devant l’ennemi avec des explications embarrassées ; Berlusconi a exigé la démission d’un de ses ministres dont le tee-shirt, pourtant non visible à l’œil nu, risquait de ne pas convenir à des foules ouvertement manipulées et en route pour le djihad ; le temps où une simple canonnière suffisait à régler de tels incidents est décidément bien révolu.

Dans la comédie du Clemenceau, les écolos sont en première ligne ; ils sont riches de l’argent public volé à satiété aux citoyens par l’impôt et ils ont obtenu le  monopole abusif sur tout ce qui regarde la nature.

Dans tout l’Occident il en est de même, bien qu’à un moindre degré aux USA : ce pays, qui respecte davantage l’économie de marché que d’autres, dispose encore d’une marge de manoeuvre. Elle lui permet d’échapper au protocole de Tokyo, à la grande colère des écolos du monde entier arc-boutés sur les fausses légendes du réchauffement de la planète et de ses origines humaines.

Autre remarque : la tragi-comédie en cours confirme que l’Etat de droit n’existe plus depuis longtemps en France, le pays étant devenu l’Etat du bon plaisir. Le « lider maximo » vient d’en donner la preuve en s’abritant derrière la décision du Conseil d’Etat pour masquer sa reculade, ayant peut-être (qui sait ?) manipulé la décision. Une condition nécessaire, bien que non suffisante, de l’Etat de droit est que chacun puisse connaître la loi que, selon le vieil adage, il est censé  ne pas ignorer. La formidable tornade des lois, leur enchevêtrement, leurs contradictions multiples, les richissimes et majestueuses structures qui peuvent soit la modifier après coup, soit l’enterrer, soit s’endormir en laissant au temps le soin de tout démolir, sont tellement actives et puissantes que personne, même un praticien, ne peut connaître vraiment la loi à chaque instant. Le lider maximo lui-même avoue donc, très officiellement, que, malgré son immense budget personnel, il ne connaissait pas la loi !  Mais dans beaucoup de prétendues démocraties occidentales il en est de même !

Nous avions laissé entendre le 30 janvier que le gouvernement devrait payer durement le droit de passer dans le canal de Suez, qui n’existe que par l’histoire de France. Ce fut fait et si cruellement que, pour éviter un nouveau chantage, voici le navire devant   traînasser par le chemin des écoliers.

Nous avions  suggéré parmi toutes les solutions possibles, celle d’envoyer la navire par le fond. Il dormirait à présent sous la vase après le minimum de frais et un savoir-faire serait acquis pour des problèmes semblables comme des milliers de bateaux, les plates-formes pétrolières et bien d’autres monstrueux  déchets qui  nous envahiront de plus en plus. Des vies précieuses seraient  sauvées car la démolition  de tels engins est, malgré toutes précautions, très périlleux.

Depuis nous avons  été renforcé dans cette proposition,  la marine française l’ayant  déjà souvent fait ; certains correspondants ont objecté que les accords internationaux ne donnent plus cette possibilité et, en particulier, une convention du 1° janvier 2005 sur la protection du milieu la marin interdit la pratique. Mais nous constatons que les USA ont coulé récemment au moins deux porte-avions et simplement à 1 000 mètres, alors que nous évoquions de vraies  fosses marines.

L’existence de ces accords internationaux est un autre signe de la décadence de l’Occident : les vieilles nations abandonnent progressivement leur pouvoir  aux mains de bureaucraties internationales sans légitimité et attachées à la destruction de ces nations, ainsi qu’à celle de  leurs valeurs traditionnelles.

Enfin, le principe de précaution a été invoqué d’autant plus qu’il est inscrit maintenant  dans la constitution. Ce principe mensonger fait fureur dans tout l’Occident  et est une véritable bombe introduite  dans le droit pour le seul intérêt électoral et donc financier de ses promoteurs. Avec ce principe il aurait fallu interdire au XIX° siècle les recherches sur les voitures à pétrole car on pouvait supposer qu’elles feraient des victimes dans les générations futures, ce qui s’est produit effectivement.

A présent, triste caricature de la célèbre « Jeanne », le navire est remorqué sous l’œil goguenard du monde entier. Les écolos affûtent leurs armes pour un nouveau tonnerre  dans la rade de Brest.

Cerise sur le gâteau, la moindre poussière présumée dangereuse devra  être comptabilisée !

Michel de Poncins

Février 2006

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