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La sécu ou le château de cartes à écroulement lent Monsieur Xavier Bertrand est ministre de la santé, c’est-à-dire d'un ministère dont personne n'a besoin, car, selon le droit des gens, la santé est notre bien le plus précieux et notre propre propriété, non pas celle des fonctionnaires ou des prétendus élus. Il décide de dérembourser une quarantaine de médicaments, bien que récemment il ait atténué sa décision en l'étalant sur un an. La liste est véritablement un bric-à-brac dont nous vous épargnerons la lecture ; cette liste ne veut évidemment rien dire puisque personne peut nous assurer qu'il n'y a pas de remboursement inutile dans bien d'autres domaines que ceux que couvre la liste. Quelle est la signification de cette décision incroyable ? La première explication est de penser que tout le monde se trompait depuis 60 ans et que, la corruption aidant, la rivière argentée de la sécurité sociale a servi à favoriser des laboratoires qui ont réussi à faire rembourser des médicaments inutiles. La deuxième explication, probablement complémentaire de la première, est que le système communiste de la sécurité sociale trouve ses limites naturelles c'est-à-dire que le château de cartes s'écroule sur lui-même. La troisième explication est que l'on veut cacher aux Français les causes véritables des déficits de la sécurité sociale, à savoir la gestion catastrophique des hôpitaux publics et l'immigration incontrôlée avec son corollaire, la CMU. Voulant masquer cette vérité, des amuse-gueules sont lancés en l’air, car l'économie sur ces remboursements sera vraiment ridicule par rapport aux véritable trou de l'ozone, que connaît la sécurité sociale. La sécurité sociale compte, grosso modo, 41 ans puisque c'est l'année dernière que les fêtes du 40e anniversaire ont été célébrées avec de l'argent volé aux citoyens à cet effet. Voici ce que l’on ne sait pas ou ne veut pas savoir : le ver était dans le fruit dès la naissance de l’institution et la Sécu, depuis son début, est une malade potentielle, même si le fait fut si longtemps caché. Le premier effet négatif fut la stérilisation d’immenses capitaux. De tous temps les hommes épargnaient pour le jour où la maladie interviendrait et ces épargnes contribuaient à la richesse générale. Quand la Sécu fut rendue obligatoire, elle obligea tout le monde à cotiser dans son immense gouffre, ce qui tua l’épargne et la richesse future qu’elle devait générer, avec notamment le jeu fabuleux des intérêts composés. Quelle est aujourd’hui la richesse manquante et quels sont les gigantesques capitaux qui ne sont pas nés ? Difficile à calculer. L’on observe seulement que ce manque tragique est une composante majeure du désastre français et de la paupérisation de la nation. Mais, au moins aussi grave, s’est produit l’asservissement progressif de la médecine au monstre étatique. Là aussi, impossible de calculer la ruine infligée à la santé par le biais de la Sécu combinée avec d’autres facteurs voisins. Le système comporte direction des prix, suppresssion des choix individuels, mise au pas des médecins et de l’industrie phamaceutique, dictature des syndicats. Les manifestations de cette ruine sont nombreuses : retard permanent dans la diffusion des appareils les plus modernes, remboursements de plus en plus faibles, manque d’infirmières, dégradation économique des hôpitaux publics. La santé est prisonnière d’un système à la soviétique, telle une quelconque éducation nationale. Citons aussi comme signe de la ruine les efforts perpétuels pour limiter les dépenses, ces efforts étant rendus nécessaires par le déficit permanent. Dans un pays potentiellement aussi riche que la France, l’augmentation des dépenses de santé devrait être un élément de la richesse générale. Bien au contraire, sous les coups de boutoir des hommes de l'État (ceux que je dénomme les « Hifis »), l'on invite les Français à réduire leurs dépenses de santé. Nous avons tous fait et nous faisons encore des châteaux de cartes. Il est fascinant lorsque l'on arrive à un château de cartes assez élevé de voir progressivement le château de cartes s'écrouler carte par carte. C'est ce à quoi nous assistons depuis 60 ans et c'est pour cela que l'image de la sécurité sociale vue comme un château de cartes à écroulement lent est exacte. La télévision France 3, pourtant enchaînée comme d’autres à la P.U.T. ou Pensée Unique Totalitaire, a dit il y a quelques mois : « La Sécu avait dès son départ le déficit inscrit dans ses gênes ». Michel de Poncins Novembre 2006 |
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