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Le TGV Lyon-Turin

Les manifestations contre le TGV Lyon-Turin ne s’arrêtent pas  et vont continuer pendant des années.

Le projet prévoit 15 à 20 ans de travaux et va mettre Lyon à 105 minutes de Turin au lieu de quatre heures aujourd’hui.

De nouveau nous assistons à une monstruosité étatique reposant sur des « a priori », au lieu de laisser les grands travaux se réaliser seulement si les lois du marché les réclament et peuvent supporter tous les coûts parfois immenses.

L’argument suprême est qu’il faudrait décloisonner l’Italie. A ce compte l’Italie sera vraiment décloisonnée le jour où les Alpes auront été transformées en gruyère au grand malheur des populations montagnardes et avec destruction de magnifiques  paysages.

Avec cette liaison Lyon-Turin, la catastrophe financière du tunnel sous la Manche risque d’être multipliée par deux ou trois. D’abord, sous la Manche, c’était de la craie ; sous les Alpes c’est de la roche : le travail est deux fois plus dur.

Paris et Londres comptent 10 millions d’habitants chacune ; Lyon et Turin seulement 1,5 million d’habitants. Autant dire qu’il y aura peu de clients.

On annonce aujourd’hui une dépense de 70 milliards d’euros.  Or le tunnel sous la Manche a coûté 100 milliards soit  au moins deux fois plus que prévu : dans les Alpes nous serons vers les  200 milliards.

On ne compte pas le nombre d’épargnants ruinés par le tunnel sous la Manche. C’est pourquoi quand la Reine Elisabeth avait inauguré le tunnel en compagnie de François Mitterand, j’avais déjà prévu  qu’elle roulait sur la ruine probable de beaucoup d’épargnants ce qui s’est réalisé.

A l’autre bout de l’Europe le même attentat au bon sens se prépare avec un projet gigantesque sous le détroit de Gibraltar. Que posera-t-on sous les wagons pour empêcher les foules affamées d’aller s’y attacher pour parfois y mourir.

La terrifiante alchimie qui conduit à ces horreurs « bourreaucratiques » peut être analysée.

D’abord se trouve le pouvoir totalitaire qui, malgré les apparences d’une démocratie falsifiée, règne dans tout l’Occident. Les pouvoirs totalitaires se donnent  le droit d’exproprier à tout va, dès lors que le bon plaisir des gouvernants l’exige.

Ensuite l’empilage des fausses prévisions : travaux publics et banques, les seuls vrais gagnants, renchérissent par « coups de pouce successifs » pour pousser à la roue. Les documents prévisionnels sur papier glacé sont magnifiques de précision et de présentation : comme en 1970 « pas un bouton de guêtre ne manque » !

A l’origine les prévisions d’Eurotunnel furent mirifiques et  délicieuses  : la fortune était dans le pot au lait et de grasses commissions furent versées aux banques pour le placement du mauvais papier.

Les politiques sont aux aguets attendant la généreuse pitance et frétillent d’avance devant les fêtes d’inauguration. A nous, les postes, les décorations, les comités !

Les habitants des régions Alpines et d’autres doivent se préparer à être ruinés par leurs élus qui vont applaudir devant le nouveau jouet et en recevoir les juteux avantages personnels. Les contribuables de toutes sortes seront aussi appelés à supporter  la catatrophe.

La sagesse, si la liberté et le marché régnaient, serait de laisser les Alpes tranquilles, les activités industrielles et commerciales se répartissant d’une nouvelle façon de part et d’autre de  la barrière naturelle des montagnes  et dans le cadre des indications fournies par le marché libre.

Michel de Poncins

Janvier 2006

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