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Interview d’Edouard Filias, président d’Alternative Libérale

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CP : Pouvez-vous nous présenter Alternative Libérale ?

Alternative Libérale est un nouveau parti politique français. Il vient d'être créé officiellement au début de ce mois. Il a pour ambition de défendre une philosophie qui n'existe plus dans le paysage politique français alors même que la France a fortement contribué à lui donner ses lettres de noblesse, la pensée libérale.                                 

CP : Quelles sont les raisons de la création de ce nouveau parti ?

Aujourd'hui la France s'enfonce dans un naufrage dont sont victimes tous les Français. Et la cause principale en est la volonté manifeste de tous nos dirigeants -- de gauche comme de droite -- d'ignorer les solutions libérales adoptées partout ailleurs. Cette pensée, économique mais surtout philosophique et politique, est basée sur des idées simples : la liberté individuelle, la responsabilité, la démocratie, la justice, l’égalité des chances. De grands penseurs français en sont à l'origine : Montesquieu, Voltaire, Tocqueville, Bastiat, Say et plus récemment Raymond Aron. Ça peut paraître un comble que dans un pays à l'origine de grandes idées issues du libéralisme : la DDHC de 1789 ou la IIIème République, ceux-ci ne soient pas représentés politiquement !

CP : Comment Alternative Libérale se caractérise sur l’échiquier politique français ? A quels partis pourrait-on le comparer à l’étranger ?

Le paysage politique en France se limite à deux orientations, les conservateurs défenseurs de l’ordre établi et les socialistes défenseurs de l’égalité. Nous nous proposons de défendre une valeur fondamentale pour tout le monde : la liberté. Cette troisième dimension du paysage politique est basée sur des idées simples et beaucoup de bon sens. Le credo d'Alternative Libérale est basé la défense des libertés individuelles, sur la responsabilité (individuelle et collective, à tous les niveaux), sur la démocratie participative et enfin sur l’idée fondamentale de justice, ce qu'on appelle l'Etat de droit mais c’est aussi la défense de l’égalité de chance. C’est pour cette dernière idée, que de nombreux partis social démocrates en Europe et ailleurs proposent des solutions libérales.

Les partis authentiquement libéraux sont nombreux à l'étranger alors même que des pays comme l'Allemagne, la Nouvelle-Zélande ou l'Australie n'ont pas le même héritage d'une pensé libérale que nous. Le libéralisme est souvent vu en France comme une doctrine uniquement économique – et c'est faux ! -- c'est avant tout une philosophie de la vie et une façon de concevoir le gouvernement des nations. C'est une méthode qui place la recherche du bonheur individuel des hommes au centre des préoccupations publiques, avec pour rôle donné aux institutions de faciliter cette quête et de garantir l'égalité des chances de tous dans la grande aventure de la vie.

CP : Quelle est votre analyse de la situation de la France aujourd’hui ?

Catastrophique sur tous les plans : économique (déficits publics, corruption, services publiques qui n'accomplissent pas leurs missions, imposition trop lourde, réglementation à outrance), politique (la démocratie est à reconstruire en France  : séparation des pouvoirs, véritable décentralisation qui supprime les échelons inutiles), judiciaire (le manque criant de moyens au sein de l’institution judiciaire porte atteinte aux principes de l’égalité devant la loi : le plus fort est celui qui peut attendre !).   

CP : Quels sont les remèdes qu’Alternative Libérale souhaite apporter aux problèmes de la France ?

Réviser la position de la France sur tous les sujets en les passant au crible de nos idées déjà mentionnées (la liberté individuelle, la responsabilité, la démocratie, la justice).

On pourra alors résoudre beaucoup de problèmes. Vous me demandiez tout à l'heure nos références à l'étranger, et bien la réforme de l'école entamée par Tony Blair est tout à fait dans une optique libérale, et lorsqu'on connaît tous les problèmes français dus à la centralisation, une réforme basée sur l'autonomie des établissements et sur un plus grand respect de la volonté des parents, serait peut-être une solution.

CP : La société française semble de plus en plus bloquée (grèves, manifestation, …), comment faire pour réformer la France ?

Les blocages que nous subissons trouvent leurs origines dans des peurs irrationnelles entretenues trop souvent par nos hommes politiques : peur de la mondialisation, peur des changements, peur de l’avenir, peur de la précarité, etc…

Le débat précédent le référendum sur la constitution européenne a montré à quel point ceci était vrai.

Pour combattre ces peurs, il faut la volonté des leaders politiques qui assument ce qu’ils sont, il faut la volonté des Français et ne pas hésiter à aller à leur rencontre sans faux-semblants. Mais, nous pensons malheureusement que cela ne pourra se faire sans des hommes et des femmes qui inspirent le renouveau. Nous avons l'ambition d'être ces hommes et ces femmes, issus pour la plupart de la société civile, qui avec toutes les bonnes volontés, et dans l'idée que tous les Français -- sans exception -- ont à y gagner, veulent changer la France pour construire une vrai démocratie libérale, où chacun ait sa place et ses chances,                      où chacun soit libre de ses choix et responsable de ses actes, où la prospérité sera enfin au rendez-vous. Une France qui reprendra goût au risque et qui aura confiance en l’avenir !

Mai 2006

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