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Interview exclusive de Charles Gave

Vous avez publié en 2005 « un libéral nommé Jésus » aux éditions Bourin, pourquoi avoir écrit ce livre ?

La réponse à cette question est simple. J’avais écrit un premier livre « des Lions menés par des ânes », chez Laffont, dont le but était de montrer les méfaits de la dérive technocratique dont souffre la vieille Europe.
Les critiques m’ont fait savoir que ce que je disais était moralement insupportable (sous entendu, pour un Chrétien, puisque toute la base morale de notre civilisation est issue des Evangiles).
J’ai donc relu les Evangiles, et je  me suis aperçu avec stupéfaction non seulement que la doctrine libérale était parfaitement en conformité morale avec ce que disait le Christ, mais en plus que les Evangiles parlaient sans arrêt d’économie, et sans jamais qu’il y ait la moindre erreur théorique.
J’ai donc écrit un deuxième livre, pour faire part de cette découverte étonnante, lequel a été refusé illico par Laffont, alors que mon précèdent ouvrage avait été l’un de leurs meilleurs tirages, tant il était politiquement incorrect à leurs yeux.
Pensée unique quand tu nous tiens…

Pensez-vous que l’église catholique comprenne ce qu’est le libéralisme ?

Jean Paul II, certainement.
Le Libéralisme tel que les Anglo saxons ou Raymond Aron le conçoivent est décrit avec précision dans l’Encyclique « Centesimus Annus » sous le nom « d’économie de liberté ». Dans cette encyclique la condamnation du socialisme porté par Léon XIII est réitérée avec force.
En ce qui concerne l’Eglise de France, j’en suis beaucoup moins sur

Percevez-vous une évolution sur le sujet ?

Partout dans le monde, le Christianisme est perçu comme la première étape vers la liberté politique.
En Asie, en Chine, les conversions se multiplient.
Derrière la liberté de culte se profilent toujours les droits de l’homme et le droit de vote.
Si chaque homme est unique, chaque voix a quelque chose à dire.
Les seuls qui ne voient rien et ne comprennent rien sont les élites de nos  sociétés profondément déchristianisées de la Vieille Europe, et ce n’est pas un hasard.
Dans mon expérience personnelle, les ennemis intellectuels du Libéralisme ont toujours détesté quatre personnes : Soljenitsyne, Jean Paul II, Ronald Reagan, et Margaret Thatcher.
Ils détestent aujourd’hui le Président Bush.
Rien que de très normal la dedans, puisque toutes ces personnes revendiquaient haut et fort leurs racines Chrétiennes.    

La philosophie libérale est-elle morale ?

Une Ethique certainement et qui dit haut et fort qu’il ne peut y avoir de morale collective, que toute morale ne peut être qu’individuelle, ce qui est l’essence même de la morale des Evangiles.
Le premier devoir de tout Chrétien est donc de respecter la Loi du pays dans lequel il vit.
Il, n’existe pas de libéralisme sans état de droit, qui sont l’envers et l’endroit de la même chose. Si ma morale individuelle refuse cette loi, soit il me faut m’engager en politique pour  changer la Loi locale, soit je  dois changer de pays.
A chaque fois, il s’agit d’une décision individuelle
Dieu ne sait compter que jusqu'à un.

Pouvez-vous nous introduire « Our brave new world », votre nouveau livre?

Chaque entreprise doit faire trois choses :

  1. Concevoir un produit ou un service
  2. Le produire
  3. Le vendre

Grâce à la société d’information parfaite dont nous disposons à l’heure actuelle, beaucoup d’entreprises se rendent compte qu’elles n’ont plus besoin d’immobiliser des capitaux ou des hommes pour produire. Elles peuvent faire produire. Toute la valeur ajoutée créée par Apple avec son IPOD est dans l’idée du produit et dans sa vente et non dans sa production.  Schumpeter disait que le capitalisme se caractérisait par ce qu’il appelait la « création destructrice ».
Nous sommes entres dans une phase de création destructrice accélérée.
Les conséquences pour l’emploi risquent d’être très graves si les gouvernements empêchent la création.
La destruction aura lieu de toute façons.
Et le protectionnisme n’est pas une solution.
En particulier, les sociétés vont faire apparaître leurs bénéfices là ou elles le veulent, c'est-à-dire là ou les impôts seront perçus comme étant justes et l’Etat efficace dans ses fonctions régaliennes.
Les Etats vont donc être soumis à une concurrence acharnée
De ce fait, la Sociale démocratie et son appareil syndical vont s’écrouler aussi sûrement que le communisme s’est écroulé et pour les mêmes raisons. Le capitalisme va détruire l’appareil étatique mis en place par la bourgeoisie, comme l’avait fort bien vu… Marx

Comment voyer vous l’évolution de l’économie mondiale, de la zone euro, de la France ?

Nous sommes entrés dans une période ou rarement le capital et le travail ont été utilisés aussi bien. De ce fait, on ne peut être qu’optimiste.
Malheureusement, en Europe, les entraves au libre jeu du marché dans le cadre des lois se multiplient.
Il est à craindre que l’Europe en général et la France en particulier ne deviennent les équivalents modernes de Venise, qui elle aussi  a refusé de s’adapter. 

Le monde de l’entreprise a-t-il évolué ?

Certainement.
Nous sommes en train de passer d’une économie industrielle à une économie fondée su la connaissance et l’invention.
La prime à la taille disparaît, pour être remplacée par une prime à la flexibilité.
La grande entreprise Taylorienne, organisée comme une armée avec une structure de commandement pyramidale est chose du passé.
Nous allons vers des entreprises horizontales, à taille plus faible et à capacité de réaction très rapide.
La quasi faillite de GM en est un signe.

Quels conseils donneriez-vous à un investisseur ?

Les secteurs de croissance pour l’avenir sont :

  1. l’éducation
  2. la Santé
  3. la gestion des capitaux (fonds de retraite par capitalisation, individualisés)
  4. la technologie, qui permet à ces secteurs de se développer rapidement

Le conseil est donc simple : investir dans les pays qui privatisent ces secteurs et sortir des pays ou ils restent nationalisés et sous contrôle syndical.

Les livres de Charles Gave

Our Brave New World
Written by Anatole Kaletsky, Charles Gave, Louis-Vincent Gave
Editions GaveKal

In recent years, we have seen companies become far more efficient in the way they use their resources, whether capital or labour. This important change is not only having micro consequences but also has big macro implications, including a fall in the volatility of our economic cycle, a higher tolerance for debt, higher prices for assets... In Our Brave New World, we explain some of the important changes our world has gone through in recent years and try to draw some investment implications. This 130 page book was published in September 2005


Un libéral nommé Jésus de Charles Gave
Éditeur : Bourin Editeur (14 avril 2005)
«La seule forme de pensée économique qui soit conforme aux Evangiles, c’est le libéralisme !»
Sur cette conviction forte et politiquement incorrecte Charles Gave nous livre un pamphlet court et décapant où il analyse le texte des Evangiles en économiste qui a fait du libéralisme son credo.
« Venons-en à l'essentiel, c'est-à-dire à la question que nous posons, et qui est la suivante : si les Evangiles sont le fondement même de notre civilisation, si vraiment ils sont de tous temps et de tous les lieux, alors, ils doivent avoir quelque chose à nous dire aujourd’hui sur ce qui est moral en économie ! Ils ont peut-être été trop lus et commentés par des religieux, des moralistes, des philosophes et pas assez par des économistes et des financiers. » - affirme Charles Gave.
Ecrit avec fougue et mordant, Un libéral nommé Jésus, n’est ni un livre de théologie ni même un livre religieux. C’est l’essai d’un économiste qui croit que l’honneur du libéralisme a toujours été de protéger les libertés civiques et économiques contre l’empiètement constant du pouvoir politique.


Des lions menés par des ânes : Essai sur le crash économique (à venir mais très évitable) de l'Euroland en général et de la France en particulier de Charles Gave  - La zone euro, ou Euroland, et la France ne vont pas bien. L’auteur explique les raisons de ce déclin. Les lions ce sont les Français, les ânes les fonctionnaires et la classe politique... Un diagnostic clair et accessible à un très large public. Un pamphlet implacable. L'auteur vu par l'éditeur Charles Gave, des deux côtés de l’Atlantique, est un célèbre spécialiste des marchés financiers. Il est président d’une société de recherches financières et d’une société de gestion d’actifs.

Janvier 2006

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