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Quand les pédagogues soixante-huitards s'en remettent à l'armée.
 

Quand, à dix-huit ans, un élève ne sait toujours pas lire et écrire, nos bons pédagogues de l'Education nationale s'en remettent à l'armée. Le ministère de la Défense, en collaboration avec le ministère de l'Education nationale, a créé des Etablissements Publics d'insertion de la Défense (EPID), spécialement conçus pour apprendre à lire et à écrire aux laissés pour compte du système scolaire. Des méthodes bien coûteuses pour un résultat qu'il aurait été facile d'atteindre si l'école avait utilisé les bonnes méthodes dès le départ.
 
Les méthodes "miracles" de l'armée
 
En fait de méthodes miracles, l'armée utilise simplement les méthodes qui étaient auparavant utilisées dans les écoles, et qui ont permis d'alphabétiser des générations d'élèves. Méthodes de lecture syllabique, respect des horaires, uniforme, les jeunes qui arrivent sont souvent surpris d'avoir, pour la première fois de leur vie, à observer des règles. Les cas soi-disant désespérés apprennent à lire, reçoivent une formation civique, pratique (participation aux tâches quotidiennes de la vie en collectivité), des notions d'informatiques, passent le permis de conduire et s'initient à un métier. Pour encadrer ces jeunes en difficulté, le ministère fait appel à des militaires en retraite, à des réservistes et à quelques enseignants désormais détachés auprès des EPID.
 
Un adulte pour deux à trois élèves
 
Le gouvernement prévoit la création de cinquante-cinq à soixante EPID dans les deux ans. Chacun de ces centres accueillera en moyenne 500 jeunes et emploiera de 200 à 250 salariés, soit un adulte pour deux à trois élèves. Les EPID coûteront au minimum 480 millions d'euros par an pour scolariser 20 000 jeunes, soit la bagatelle de 24 000 euros par jeune et par an.
 
Précipice budgétaire
 
La crise de l'école s'aggravant d'année en année, les EPID vont se multiplier. A terme, notre pays pourrait donc de se retrouver avec un nouveau bébé mammouth sur les bras qui, comme tous les bébés pachydermes, grossira à toute vitesse. Si les tendances actuelles se poursuivent, les français devront bientôt payer 7000 euros par an et par élève pendant les 15 ans qu'ils passent sur les bancs de l'école. Puis, 24 000 euros par an et par élève quand ils intégreront les EPID pour rattraper les quinze ans passés à l'école où ils n'auront même pas appris à lire et à écrire.
 
Non à la création d'une éducation nationale bis
 
Plutôt que de se décharger sur l'armée et de continuer à faire les mêmes erreurs, l'Education nationale doit tirer des leçons de cette expérience. Certes, les EPID bénéficient d'un taux d'encadrement très élevé. Mais c'est qu'ils prennent en charge des jeunes adultes de dix-huit ans qui ont déjà pris des habitudes de vie et de comportement très difficiles à gérer. N'oublions pas que l'Education nationale, elle, scolarise les enfants à partir de trois ans, et souvent même deux ans, à un âge où les petits ne représentent pas encore une menace physique pour les professeurs, et où il est encore relativement facile de leur inculquer de bonnes habitudes.
Le problème, c'est que l'école ne veut plus le faire. A la maternelle, les gros mots ne sont plus sanctionnés. Les enfants n'apprennent plus à se lever quand le professeur entre en classe, ni à saluer correctement. Dans beaucoup d'établissements, les petits sont invités à définir eux-mêmes le règlement intérieur et à le voter, ce qui les incite à croire que seules les règles définies par le groupe doivent être respectées, et qu'il n'y a pas de règles générales s'imposant naturellement à tous. Les tenues vestimentaires les plus invraisemblables sont tolérées : nombril à l'air, piercing, string qui dépasse du pantalon, maquillage punk apparaissent maintenant dans les écoles primaires sans que personne ne trouve quoi que ce soit à redire. Et ne parlons pas de l'éducation civique où il n'est question que des « droits de l'enfant », de comment appeler SOS Enfants battus quand leurs parents les menacent de la fessée, mais où toute allusion à la morale a disparu.
 
Ni laxisme, ni militarisation de l'école
 
C'est une terrible ironie de voir les partisans du laxisme s'en remettre à l'armée pour rééduquer les enfants qu'ils ont si soigneusement déstructurés.
 
Les membres de SOS Education ne veulent pour leurs enfants ni d'une école laxiste, ni d'une éducation militarisée. L'éducation est l'art du juste milieu. A force de flirter avec les extrêmes, l'Education nationale finira par ne plus produire que des cas sociaux.
 
C'est pourquoi les membres de SOS Education insistent tant auprès des responsables politiques pour rétablir une discipline et une morale raisonnables dans les petites classes. Cela ne rend pas les enfants malheureux, et c'est même leur rendre un précieux service, qui leur servira toute leur vie.
 
Isabelle Hannart
Janvier  2005

www.soseducation.com

Janvier 2006

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