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La semaine de la Propagande à l’école A l’heure où le ministre de l’Education nationale Gilles de Robien rappelle aux professeurs de Sciences Economiques et Sociales que le contenu de leur enseignement doit être neutre, rigoureux et impartial, l’OCCE (Office Central de la Coopération à l’Ecole) viole outrageusement ces critères dans un document intitulé « Comprendre les entreprises coopératives » distribué dans les lycées à l’occasion de la Semaine Nationale de la Coopération à l’école. Officiellement, le but de la Semaine Nationale de la Coopération à l’école est de « sensibiliser les jeunes, le monde éducatif, le grand public à la pédagogie coopérative et à la coopération, tout en favorisant les rencontres avec des entreprises coopératives. » En réalité, il s’agit d’une entreprise de propagande visant à convaincre les élèves des méfaits de la liberté de travailler et d’entreprendre, et de semer le doute dans leur esprit sur les valeurs de base de la République, de la démocratie, et des Droits de l’Homme. En effet, l’OCCE diffuse gratuitement auprès de tous les enseignants d’économie un « support de cours » qui est un modèle d’obscurantisme. Loin d'expliquer aux élèves que la coopérative est une forme juridique adaptée à certains cas particuliers (caisses de prévoyance, regroupements agricoles ou d'achats), les auteurs distillent au fil des pages l’idée que c'est toute la société qui pourrait être transformée en une vaste coopérative où le droit de propriété serait aboli. Autrement dit, toute la société pourrait être transformée en une cité communiste. Les auteurs n’hésitent pas à donner à nos enfants comme modèle idéal d’entreprise le « familistère de Guise » fondé par Jean-Baptiste André Godin, leur cachant soigneusement le désastre économique et financier auquel il a abouti, provoquant la ruine de milliers de familles ouvrières et la mise en faillite du familistère en 1968. Ils leur donnent aussi en exemple les colonies socialistes fondées par le millionnaire britannique Owen au XIXe siècle en évitant sournoisement de leur signaler : 1) que les treize villages « owenniens » fondés aux Etats-Unis et les sept villages fondés en Angleterre se sont tous soldés par un échec cinglant ; 2) que Owen a ainsi perdu l’intégralité de sa fortune, pourtant colossale, qu’il avait acquise dans l’industrie ; 3) et plus grave encore, qu’aucun des principes de base de la liberté individuelle n’était respecté dans ces communautés, où Owen régissait d’une main de fer les moindres détails de la vie privée des « villageois ». Lorsque les entreprises commerciales sont évoquées dans le brochure de l’OCCE, elles sont décrites comme « opaques », contrôlées par de « gros négociants capitalistes » qui « changent d’activités en rapport avec le profit réalisable » sans aucune préoccupation ni pour le consommateur, ni pour leurs salariés (page 6). Au passage, les auteurs de la plaquette présentent leur vision personnelle du capitalisme en la faisant passer pour une vérité universelle : « L’économie capitaliste est fermée à la concurrence» ; « Le propriétaire place son capital pour le rentabiliser au maximum. Sur les marchés, il cherche à acquérir une situation de monopole afin de faire évoluer les prix des marchés en fonction de son seul intérêt » ; « la croissance industrielle porte en elle sa propre condamnation » (pp.17-18). Rappelons que l’OCCE qui organise cette propagande fait partie de ces innombrables associations qui vivent des subventions qui leur sont versées par le ministère de l’Education nationale et qui bénéficient de postes de fonctionnaires mis gracieusement à leur disposition. C’est uniquement avec l’argent public qu’elles peuvent ainsi investir dans des actions de bourrage de crâne qui n’ont rien à voir avec les prérogatives de l’Education nationale. Lors d’une récente entrevue avec des membres du cabinet du ministre de l’Education Gilles de Robien, une délégation de SOS Education a exigé la suppression de postes d’enseignants mis à disposition de l’OCCE et d’autres associations douteuses subventionnées par le ministère. Emmanuel Roy, conseiller technique du ministre de l’Education, lui avait alors assuré que ces associations seraient contrôlées et que les subventions qu’elles recevaient correspondaient à des missions spécifiques qui leur avaient été fixées démocratiquement, conformément à la Loi organique relative aux Lois de finance. Il faut donc croire que quelqu’un a démocratiquement décidé d’attribuer à l’OCCE des subventions afin de « promouvoir dans les écoles l’hostilité à la démocratie et aux Droits de l’Homme. » Le ministère de l’Education, qui continue à financer les yeux fermés des agitateurs pour faire de la propagande dans les écoles, est le premier responsable de ces dérives. Le gouvernement a encore fait les frais ces dernières semaines des effets de cinquante ans de bourrage de crâne dans les écoles. Qu’on arrête enfin de mettre du personnel à disposition de ces associations et qu’on arrête de les financer. L’Ecole et la démocratie commenceront alors à revivre.
Isabelle Hannart, Cliquez ici pour lire la brochure diffusée dans les écoles par l'OCCE |
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Avril
2006 |
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