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INTERVIEW

Interview de Jean Héaulme, Président de l’association SOS Education

CP: Depuis quand existe «SOS EDUCATION» et quelles sont les raisons de sa création?

SOS Education a été fondée il y a 4 ans, en novembre 2001, par un groupe de jeunes parents d'élèves alarmés par la montée des problèmes de l’Education Nationale, afin de dénoncer et combattre les déficiences d’un système scolaire inadapté aux besoins de la plupart des enfants. L’association rassemble aujourd’hui 64 000 membres dont de nombreux professeurs, orthophonistes, médecins, parents et grands-parents.

L’association a quatre grands objectifs qui sont :

 > Etudier les origines de la crise de l'école et apporter des solutions réalistes pour responsabiliser les parents, les élèves et les enseignants face à ce drame collectif.

> Informer les citoyens sur les causes et les conséquences de la baisse du niveau scolaire des jeunes générations.

> Encourager les responsables politiques à mettre en oeuvre une réforme de fond du système éducatif.

> Combattre les corporatismes qui cherchent à contrôler l'Education nationale pour leur propre compte.

CP: Quels ont été les faits marquants de la vie de votre association en 2005?

En 2005, notre association a consolidé sa place d’interlocuteur auprès des pouvoirs publics : au début de l’année, elle s’est largement impliquée dans le débat autour de la loi Fillon sur l’école. De nombreux parlementaires de la majorité ont d’ailleurs repris les amendements que nous leur soumettions, et les rapporteurs de la Loi au à l’Assemblée nationale et au Sénat ont tenu à auditionner SOS Education. Quant à nos relations avec le ministère de l’Education nationale, Matignon et l’Elysée, elles sont désormais fréquentes et suivies d’effet : répondant aux attentes de SOS Education, le gouvernement a récemment décidé de permettre aux élèves qui le veulent apprendre un métier dès 14 ans et d’abandonner la méthode globale et les méthodes assimilées globales.  

En juillet 2005, SOS Education a dénoncé le scandale de certains sujets du bac et organisé une grande campagne de cartes postales et de pétitions adressées à Gilles de Robien pour demander le respect de la neutralité de l’école et dénoncer les dérives idéologiques au baccalauréat. A la suite de la mobilisation des 64 000 membres de l’association, les recteurs responsables des sujets qui posaient problème, ont été sanctionnés : un recteur a été renvoyé et un autre limogé !

En octobre 2005, SOS Education a lancé une pétition pour obtenir que plus aucun enseignant ne soit mis à la disposition des groupes d'agitateurs qui font de la subversion dans les écoles et qui empêchent les réformes ! Sous la pression de SOS Education, Gilles de Robien a partiellement cédé et a supprimé 800 postes d’enseignants employés dans des associations aux buts contestables.

Depuis la fin novembre 2005, les membres des SOS Education participent en masse à une campagne intitulée « Retrait immédiat des cinq pires livres de classes ». Ils demandent aux principaux éditeurs de livres scolaires qu'ils retirent de la vente les cinq livres de classe jugés les plus nocifs pour nos enfants (mauvaises pédagogies, exercices nuisibles au développement intellectuel des petits, textes et images scabreuses, graves atteintes à la neutralité de l'enseignement, parfois même propagande politique). En même temps, ils demandent au ministre de l'Education nationale d'intervenir pour que les livres cités soient retirés des écoles où ils sont utilisés.

CP: Quels sont vos projets en 2006?

En 2006, SOS Education se des objectifs ambitieux, notamment de

> Développer un Observatoire des Manuels Scolaires, afin d’informer professeurs et parents des meilleurs et pires manuels existants,

> Constituer un réseau de professeurs, soucieux de transmettre les connaissances à leurs élèves et qui veulent ne plus obéir aux syndicats,

> Lancer une collection de manuels scolaires utilisant les méthodes classiques éprouvées, sous une présentation actuelle et adaptée au monde d’aujourd’hui.

Intensifier son rôle d’interlocuteur auprès des médias pour qu’ils relaient ses messages et actions auprès de l’opinion,

> Veiller à ce que les déclarations des ministres en 2005 ne restent pas lettre morte et soient effectivement mises en œuvre, en maintenant la pression sur le gouvernement, en particulier concernant l’abandon des méthodes à départ global,

> Etre prête à réagir par de grandes campagnes de protestation et d’information si se produisent de nouveaux dérapages aux examens ou dans les salles de la classe.

CP: Comment analysez-vous la situation de la France?

Force est de constater que si la France ne réforme pas d’urgence son système scolaire, elle met en péril à la fois l’avenir de ses enfants, leur insertion professionnelle déjà bien menacée et l’avenir du pays qui se retrouvera dans l’impossibilité, à court terme, de relever les défis du 21ème siècle et de faire face aux enjeux de compétitivité européenne et internationale, à la fois géostratégiques, économiques, politiques et socioculturels.

CP: Quelles sont les actions à entreprendre pour changer le cours des événements ?

Qu’est ce que vous souhaiteriez voir évoluer dans les prochaines années ?

Tout d’abord, il faut que la méthode globale d'apprentissage de la lecture et tous ses dérivés actuellement utilisés dans les écoles primaires soient effectivement supprimés ;

Il faut également réformer les IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres). Actuellement, ils sélectionnent les futurs enseignants sur leur conformité idéologique avec les « pédagogistes » officiels et non sur leurs compétences professionnelles ;

Faire des classes qui soient socialement hétérogènes, mais intellectuellement homogènes ;

Créer un examen d'entrée en sixième, afin que seuls les élèves ayant acquis le programme de primaire entrent au collège. Les autres doivent être remis à niveau ;

Favoriser l'apprentissage des métiers;

Donner aux chefs d'établissements de vrais pouvoirs disciplinaires (punitions, retenues, renvois) pour qu'ils puissent prendre des mesures avant que leur établissement ne se transforme en ghetto ;

Réformer le système d'inspection des enseignants pour les noter sur les résultats obtenus plutôt que sur les méthodes appliquées.

Limiter le pouvoir des patrons de syndicats d'enseignants en supprimant les subventions publiques et les mises à disposition gratuites de personnel dont ils bénéficient. Leur pouvoir doit venir uniquement de leur nombre d'adhérents et des cotisations volontaires de ceux-ci.

Janvier 2006

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