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Sarkozy l’Imposteur

La veille du jour où bandes ethniques et hordes barbares s’apprêtent à fondre sur Paris et les principales villes de France pour saccager, piller et frapper les honnêtes gens, le ministre de l’Intérieur, que d’aucuns imaginent surmené, prend le temps de lancer sa campagne présidentielle dans un grand meeting à Douai. A chacun ses priorités. Certains fantasment sur un Sarkozy obsédé par la sécurité et l’ordre. Nicolas Sarkozy, lui, fantasme sur la présidence de la République. Pas seulement quand il se rase le matin, aime-t-il répéter. La décence conduirait à attendre que la France cesse de donner l’image dévastatrice d’un pays au bord du chaos aux médias de la planète. La conscience professionnelle commanderait de réussir à son poste de ministre, en rétablissant l’ordre et la sécurité en France, avant de rêver de fonctions plus hautes. « Sarko » ne connaît pas ce type de pudeur.

Avec des banlieues en situation insurrectionnelle et l’explosion de la criminalité et de la barbarie, le petit Nicolas sait son bilan de ministre de l’Intérieur bien pire que ses pourtant déjà piètres bilans de ministre de l’Economie dans le gouvernement Raffarin ou de secrétaire d’Etat au Budget dans celui de Balladur. Il sait aussi, en vieux politicien du système, pouvoir compter sur les medias complices pour ne pas évoquer les choses qui fâchent. Les journalistes ne chercheront pas davantage de vrais poux sur la tête de M. Sarkozy que sur celle de M. Fabius ou de Mme Royal. Ainsi va la vie politique en France, avec ses médias aux ordres, souvent menteurs par omission.

Les éditorialistes étrangers évoquent un destin à l’Argentine pour une France asphyxiée par son Etat-providence, toute aussi incapable de contenir l’explosion de ses dettes que de relancer sa machine économique. Les télévisions du monde montrent une France peuplée de Barbares qui enflamment les banlieues des trois cent plus grandes villes quand ils n’attaquent pas les trains. Les barbares tuent. Ils tuent Jean-Claude Irvoas parce qu’il prend une photo d’un réverbère, tuent Jean-Jacques Le Chenadec parce qu’il éteint un feu de poubelle, torturent Ilan Halimi parce qu’il est Juif et que sa communauté doit payer, percutent et laissent mourir Raphaël Clin parce qu’il est gendarme.

Le ministre de l’Intérieur laisse s’installer l’ « ordre barbare » et entame sa campagne présidentielle. Il se présente en sauveur providentiel tel un extra-terrestre tombé du ciel. Il va jusqu’à supprimer toute référence à l’UMP lors de son meeting. Comme s’il n’était pas le président du parti qui a dirigé sans partage la France depuis bientôt quatre ans. Comme s’il n’avait aucune responsabilité dans le marasme économique et sécuritaire de notre pays.

Sarko sait que journalistes et gauchistes le traiteront toujours de libéral conservateur tendance réactionnaire et que son électorat s’y laissera prendre comme il s’est laissé prendre par Giscard et Chirac.

En bon radical socialiste, le ministre de l’Intérieur multiplie les déclarations de foi pro-immigrationnistes (1). Il agit en conformité (2). Il adresse des circulaires aux préfets pour demander de la complaisance à l’égard des immigrés illégaux, octroie des titres de séjour à ceux de Sangatte, décuple le quota de visas aux Algériens. Il relance l’immigration, reconnaît officiellement et sponsorise une organisation proche des « Frères musulmans » l’UOIF, interdit l’expulsion hors de France des délinquants étrangers, promet aux immigrés des droits et avantages particuliers dont seront privés les Français de souche avec la discrimination positive, et s’engage pour le droit de vote des immigrés aux élections locales.

Les 200 000 membres de l’UMP suivent un chef qui enfonce la France. Devant 3000 d’entre eux, il a expliqué sa méthode pour réformer notre modèle économique et social : « La « rupture » comme projet, le « compromis » comme méthode », titre le Figamonde du 28 mars dans sa version du matin ; en « prônant le dialogue social » précise la version du soir. Ce seront les syndicats krypto-marxistes de fonctionnaires qui diront jusqu’où la réforme peut aller : nulle part. « La rupture par le compromis » est promise aux cons.

Il est révélateur que Sarkozy lâche Villepin et recommande de faire machine arrière face à la pression de la rue sur une mesure aussi dérisoire que le CPE. Nul être censé ne peut de bonne foi dire que ce politicien pourra réformer la France.

Sarkozy est un malin. Seule son élection l’intéresse. « On peut être ferme sans être rigide, conciliant sans être faible » chiracise-t-il. « Il me semble utile qu’avant toute initiative d’application, on prenne le temps que la négociation aboutisse » raffarine-t-il. Dix ans de présidence Sarkozy ne suffiraient pas pour pondre un rapport sur les réformes nécessaires pour la France.

Les discours du Président de l’UMP s’adressent aux centristes mous, à tous les frileux qui ont, ou croient avoir, un intérêt au statu quo, à tous ceux qui pensent que la situation de la France finira par se redresser par l’opération du saint Esprit sans qu’ils fournissent d’effort. Son électorat sera majoritairement composé de fonctionnaires, retraités et salariés des grandes entreprises qui savent leurs positions bien plus favorables que celles des jeunes, des chômeurs et des salariés en situation précaire ou instable. Le sarkozyste prétend vouloir le changement. Mais il n’y est pas prêt et ne le souhaite pas en son for intérieur.

Toutes les Françaises et les Français qui savent que le statu quo est non seulement injuste mais encore intenable, n’ont d’autre solution que de rejoindre les rangs des révolutionnaires bleus qui seuls réclament la tolérance zéro pour remettre de l’ordre et la réduction des impôts pour relancer l’économie.

Jean-Christophe Mounicq

1. cf. Libération du 23 décembre 2005 ou « 100 minutes pour convaincre » du 9 décembre 2002 sur France 2.

2. cf. l’excellent dossier « Les 7 péchés capitaux de Nicolas Sarkozy » dans la Voix des Français de mars 2006 (www.vdfr95.com)

Mars 2006

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