BREVES
D'AVRIL 2007
Imaginez que je
vous annonce une augmentation de votre retraite de 500 euros par mois...
Evidemment, vous ne me croiriez pas...
Le système de retraite français, au bord de la faillite, n'a rien à voir
avec le loto et, ces derniers temps, la mode est plus à l'augmentation des
cotisations sociales qu'à la revalorisation des pensions.
Mais, surtout, vous n'êtes pas fonctionnaire de l'aviation civile en
retraite... Car, si ce cadeau ne s'adresse évidemment pas à vous, pour les
aiguilleurs du ciel, il s'agit bien d'une réalité !
Et pourtant, l'ont-ils vraiment mérité, je vous laisse juge :
- ils travaillent seulement 24 heures par semaine (32
h dont 8 heures de repos...)
- ils prennent deux fois plus de vacances que les
autres Français (54 jours par an)
- ils peuvent partir à la retraite, comme à la RATP
ou à la SNCF, dès 50 ans.
Et, une fois à la retraite, ils touchent 4 000 euros par mois !
4 000 euros, c'est 500 euros de plus qu'en 2003, comme quoi la réforme
Fillon n'a pas été douloureuse pour tout le monde... Mais c'est aussi 500
euros de moins que la retraite que toucheront les collègues qui partiront en
2009, comme l'a prévu le dernier accord syndical*.
Des retraites revalorisées de 1 000 euros en six ans, qui dit mieux ?
La recette miracle, c'est bien sûr la grève et sa menace répétée. Une
poignée d'aiguilleurs syndiqués peut paralyser tout le trafic aérien.
Mais le pire, c'est que l'Administration ne veut pas faire de jaloux...
Alors si les aiguilleurs du ciel bénéficient d'un super régime, les autres
fonctionnaires de l'aviation civile** ne sont pas en reste - c'est ce que la
Cour des comptes appelle "l'effet contagion". Ces derniers temps, tous ont
obtenu de nouvelles bonifications pour améliorer leur retraite, histoire,
comme ils le disent, de corriger "les effets pervers de la loi Fillon" !
Période électorale oblige, c'est une fois de plus avec notre argent que le
gouvernement achète la paix sociale.
Sauvegarde Retraite
Au palmarès des polices d'Europe, la
France est mal classée
Quatre personnes sur dix estiment que les
forces de l'ordre « ne maîtrisent pas la criminalité ».
LES POLICIERS et gendarmes français vont
être déçus. En indice de satisfaction de la
population, par rapport à
leurs collègues européens, sur dix-huit pays étudiés, ils arrivent en
quatorzième position, aux côtés des polices polonaises, grecques ou
italiennes. L'institut Gallup a obtenu ces résultats dans le cadre d'une
étude largement financée par la Commission de Bruxelles sur « le poids du
crime en Europe »*. Il s'agit en fait du volet européen de la plus
importante enquête internationale de criminologie visant à analyser la
délinquance à travers le témoignage des victimes, l'International Crime
Survey (ICS). Plus de 41 000 personnes ont été interrogées dans les
États concernés. La collecte d'informations a nécessité près de deux années
de traitement, mais cette étude reste la seule qui permette des comparaisons
fiables entre pays membres de l'Union. Et elle est passée totalement
inaperçue en France. Alors qu'elle vient de provoquer des polémiques en
Allemagne et en Irlande, décrite comme la championne d'Europe de la
délinquance ordinaire, du vol aux agressions sexuelles.
Selon
Gallup, en France, 40 % des personnes interrogées déclarent que « la police
ne maîtrise pas la criminalité ». Alors que la moyenne européenne se situe
autour de 30 %. La situation française s'est d'ailleurs dégradée depuis
2000. L'accueil réservé dans les commissariats et les gendarmeries est en
revanche mieux perçu. Le sociologue Sebastian Roché résume d'un trait : « Le
Français a plutôt une bonne image du policier, mais il ne s'en laisse pas
compter concernant l'efficacité de son travail. »
|