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Interview de Jacques de GUENIN sur le libéralisme Vous venez de publier un nouvel ouvrage, intitulé Logique du Libéralisme, édité par l’Institut Charles Coquelin. Pouvez-vous nous présenter votre ouvrage ? Ce livre est un précis des idées dont il faut s'imprégner si l'on veut vraiment comprendre le libéralisme. Il s'appelle "Logique du Libéralisme" parce qu'il montre que les différents concepts du libéralisme se déduisent les uns des autres par une logique implacable, depuis les fondements moraux jusqu'à l'économie, en passant par le fonctionnement de la société. Ce faisant, il montre aussi que la philosophie libérale conduit aux sociétés les plus efficaces. La première partie expose les fondements moraux du libéralisme, la liberté individuelle, la responsabilité, le respect de la vie, la recherche du bonheur, la propriété, et montre leur dépendance mutuelle. La deuxième partie est consacrée à la forme de société qui se déduit du respect des principes moraux. Enfin la troisième développe les conséquences économiques des deux premières. Pourquoi avoir choisi ce sujet aussi décrié et mal connu en France ? Parce que si nous, les libéraux, laissons faire la désinformation dont nous sommes l'objet, nous ne serons jamais qu'une petite minorité à l'intérieur de sociétés socialistes, ou ce qui revient au même interventionnistes. Or pour se défendre efficacement, il faut non seulement en avoir envie, mais encore être armé pour le faire. Pour cela, il faut que nous connaissions bien les fondements de notre philosophie et il faut que nous sachions les expliquer en termes clairs En quelques mots, pouvez-vous résumer la philosophie politique libérale ? Contrairement au procès que l'on fait souvent au libéralisme, la morale libérale est une morale altruiste : elle enseigne le respect de la liberté de l'autre. Le libéralisme n'est pas, pour le fort, la liberté de faire n'importe quoi au détriment du faible. Le libéralisme, c'est la protection du faible contre les exactions du fort. Vouloir qu'un individu soit libre, c'est s'interdire d'obtenir quoi que ce soit de lui par la coercition, et a fortiori par la violence. Le libéral est donc fondamentalement un non violent. S'il veut rallier quelqu'un à ses idées, il n'utilise pas d'autres moyens que l'exemple ou la discussion. S'il veut obtenir d'un autre un bien ou une prestation quelconque, il ne procède que par un échange librement consenti. Est-ce que le libéralisme se limite à l’économie ? Bien sûr que non. Le libéralisme, c'est d'abord une morale, ensuite une philosophie de la vie en société déduite de cette morale, enfin seulement une doctrine économique déduite de cette morale et de cette philosophie. Comment expliquer une opposition si forte au libéralisme en France ? Les sociétés libérales ont toujours été, dans tous les temps et sous tous les cieux, les sociétés les plus prospères, comme elles ont été les plus tolérantes, les plus ouvertes et les plus humaines. Les sociétés socialistes, elles, sont peu efficaces quand elles sont démocratiques, et cruelles pour les individus quand elles ne le sont pas. C'est pour masquer cette réalité que les socialistes, avec leurs avatars que sont les communistes d'un côté, les jacobins de droite de l'autre, sont si virulents contre nous. Malheureusement ils disposent très largement de l'Éducation Nationale et des médias pour répandre leur credo. Quelles sont les grandes réformes à mettre en œuvre dans notre pays, afin de le rendre plus conforme à un pays libéral ? L'axe de ces réformes est très simple : il faut que l'État nous laisse vivre en cessant de s'occuper de tous les aspects de notre vie. Une autre façon de le dire est qu'il nous laisse la disponibilité de l'argent que nous gagnons - durement - en cessant de le gaspiller dans des fantasmes et des aventures inefficaces comme le droit au logement. Mais si leur principe est simple, ces réformes demanderont beaucoup de travail : le démantèlement de dizaines de milliers de lois et de règlements. Aucun de nos candidats à la présidentielle n'en prend hélas le chemin. Pensez-vous que les Français sont ouverts aux idées libérales ? Un juif et un Musulman ne diffèrent pas par leurs gènes, mais par l'endoctrinement qu'ils ont reçu pendant des années. Il va de même pour un socialiste et un libéral. Les Français reçoivent un endoctrinement socialiste ou interventionniste dès le berceau, qui continue dans l'enseignement, puis au travail. Ceux qui gardent assez de raison pour résister à ce lavage de cerveau méritent notre admiration. Comment voyez-vous l’avenir des libertés en France ? Si je me contentais de porter sur lui un regard passif, je le verrais très mal. Mais comme les animateurs de Conscience Politique et la plupart de ses lecteurs, j'appartiens à cette minorité qui croit qu'on peut toujours arriver à quelque chose en se donnant du mal. A cœur vaillant, rien d'impossible! Logique du Libéralisme. Éditions Charles Coquelin, 75 Rue Claude Bernard, 75005 Paris. 10 Euros. On peut commander le livre à cette adresse en envoyant un chèque de 12 Euros (dont 2 Euros pour les frais de port). Logique
du Libéralisme de Jacques de GueninLa morale libérale enseigne le respect de la liberté de l'autre. Quant au fameux sophisme : "le libéralisme, c'est le renard libre dans le poulailler libre", il ne fait que traduire l'ignorance de ceux qui l'énoncent: le libéral est en effet du côté des poules, et il est souvent mangé par le renard en voulant les protéger. Ce clou mérite d'être enfoncé : le libéralisme n'est pas, pour le fort, la liberté de faire n'importe quoi au détriment du faible. Le libéralisme, c'est la protection du faible contre les exactions du fort. Vouloir qu'un individu soit libre, c'est s'interdire d'obtenir quoi que ce soit de lui par la coercition, et a fortiori par la violence. Le libéral est donc fondamentalement un non violent. S'il veut rallier quelqu'un à ses idées, il n'utilise pas d'autres moyens que l'exemple ou la discussion. S'il veut obtenir d'un autre un bien ou une prestation quelconque, il ne procède que par un échange librement consenti. Les Publications de L'institut Charles Coquelin BON DE COMMANDE |
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