Semaine du  10 au 17 février

France-Irak.
Immédiatement après le 22 janvier dernier, date à laquelle le chancelier Schröder et le président Chirac ont fait état de leur opposition commune à toute guerre éventuelle qui serait menée contre l'Irak sous l'égide des Etats-Unis d'Amérique, Donald H. Rumsfeld a cru nécessaire de répliquer : "Oui, l'Allemagne nous a posé un problème, la France nous a posé un problème", conduisant tout naturellement, dans son esprit, à qualifier l'Allemagne et la France de "Vieille Europe", c'est-à-dire de nations pour le moins fourbues. Depuis lors, les choses se sont précipitées et la fracture européenne est devenue béante entre les partisans déclarés pour des raisons majoritairement historiques de la posture guerrière adoptée par l'Amérique et les autres qui se refusent encore, de façon quasi irrationnelle, à regarder en face l'inéluctable réalité.
Aujourd'hui même, alors que le président George W.Bush se montre de plus en plus pressant en affirmant que la "partie" était à ses yeux "terminée", le président Chirac tentait encore de convaincre par téléphone le président américain qu'"On peut désarmer Saddam Hussein sans faire la guerre". La France s'active donc à rallier un maximum de membres du Conseil de sécurité à sa position afin de pouvoir peser, le moment venu, sur une éventuelle deuxième résolution en forme d'ultimatum à Bagdad à laquelle ne seraient encore favorables qu'un nombre restreint d'Etats membres dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Espagne. Il n'en demeure pas moins que si l'Amérique, à la suite du 11 septembre 2001, jette toutes ses forces dans l'action, de son côté la France, convulsivement arc-boutée sur ses principes, se retranche dans une incantation hautaine qui n'est nullement faite pour nous rassurer.
Philippe ROBERT

Crédit Lyonnais
Un ami me disait il y a quelques jours : de très grands commis de l’Etat son aujourd’hui sur le banc des accusés du tribunal correctionnel de Paris. Il est fort probable que lors du verdict cette brochette d’inspecteurs des finances et grands commis de l’Etat sera relaxée…..Pour des raisons d’ordre médical… En effet, il se dit en coulisse, que dans les couloirs du Crédit Lyonnais circulait, au début des années 90, un étrange virus qui rendait les dirigeants, administrateurs et ceux aussi chargés du comité de surveillance, aveugles, sourds et sots. Preuve en est que M.Haberer, brillant PDG de Parisbas, en entrant au Crédit Lyonnais fût aussitôt terrassé par ces maux. Plus tard, pour sa défense, il avoua qu’il ignorait alors ce que décidaient ses collaborateurs ; de même pour le tout aussi brillant Monsieur Trichet à l’époque directeur du budget au ministère des finances et aussi pour le très apprécié Monsieur de la Rosière, pour ne citer qu’eux. Ils furent tous atteints de ce même mal terrifiant et sournois, à un point tel qu’ils laissèrent filer sous leurs yeux, paralysés et sans réaction aucune, plus de 120 milliards de nos francs. La relaxe, pour raisons médicales s’impose donc… Mais qui va croire cette fable ? les mêmes qui n’ont pas soupiré lors des affaires Elf ou de la Mnef ou d’autres…
D. Sanudo

Réforme des retraites : C’est parti
!
Bravo Monsieur le Premier ministre. Votre discours de lundi dernier devant le CES et votre intervention, le soir même, dans le journal de 20 H sur TF1, ont été remarquables. Belle leçon de pédagogie sur un sujet aussi sensible.
Vous constatez qu’il subsiste un grand retard d’information sur les enjeux de la réforme. Le nouveau site Internet www.retraites.gouv.fr est un bon début sur la voie de la transparence. Nous vous demandons de l’enrichir régulièrement, en fournissant, par exemple :
- la liste exhaustive de tous les régimes de retraite,
- un comparatif sérieux entre le secteur public et le secteur privé.
Certains découvriront ainsi qu’un pensionné, ancien fonctionnaire d’Etat ou ayant droit, coûte aujourd’hui à la collectivité deux fois plus que celui du privé. La pénibilité du travail du premier justifie-t-elle une telle différence ? Globalement, le surcoût du secteur public dépasse les 100 milliards F par an.
Chacune des 350.000 personnes qui ont manifesté le 1er février avait, au fond d’elle-même, la crainte que l’harmonisation nécessaire, inéluctable et maintenant admise par tous, réduise ses avantages ; un avantage étant le plus que les autres n’ont pas.
Aymard de Nervo

Air Lib, une nouvelle affaire d'Etat ?...

Une dépêche Associated Press fait état de tout le mal que se donne l'Etat pour assurer le reclassement des 3.200 salariés d'Air Lib dont tout indique, malgré les vaines espérances affichées par l'incorrigible optimiste Jean-Charles Corbet, que cette compagnie aérienne privée ne redécollera plus; en effet, le ministre des Transports, assisté de son secrétaire d'Etat Dominique Bussereau, a convoqué le ban et l'arrière-ban des entreprises publiques en la personne de leurs PDG pour les exhorter à faire activement oeuvre de solidarité en participant au sauvetage social des naufragés d'Air Lib. De même l'Etat pense-t-il très sérieusement à solliciter les entreprises de tourisme, les exploitants d'aéroports ainsi que les sous-traitants dans le domaine du transport, en particulier du transport aérien. Je comprends parfaitement ce que la situation humaine des salariés d'Air Lib peut avoir de dramatique mais, à mon sens, l'Etat commet ce faisant une faute qu'il risque tôt ou tard de regretter amèrement.
Je persiste et signe donc des deux mains : dans une économie de marché directement dépendante d'une globalisation planétaire des échanges, est-ce réellement le rôle de l'Etat providence déjà largement discrédité et donc promis à se réformer d'urgence sous peine de tomber dans l'opprobre et de succomber misérablement, que de jouer aux frais du contribuable les pompiers de service en lieu et place des acteurs économiques dont c'est la vocation première ? Certes, il arrive que le verdict du marché revête une certaine rudesse dans les ajustements auxquels les métamorphoses permanentes de ce corps vivant qu'est l'économie donnent naturellement lieu; mais aussi, comment veut-on qu'un équilibre se crée dans la société dès lors que les entreprises, systématiquement dévalorisées et taxées au-delà du raisonnable par l'Etat, sont rendues totalement incapables de contribuer au progrès social ? C'est pourquoi, dans une aussi méchante conjoncture, je suis bien obligé de souhaiter bien du plaisir à l'Etat secourable.
Philippe ROBERT

Le bal maudit des OGM.

Récemment François Loos, ministre français délégué au Commerce extérieur, s'était permis ("Une nouvelle arrogance française", 16/01/03) de tancer Rabat qui aurait eu l'audace de regarder d'un oeil favorable un projet d'accord de libre-échange avec les Etats-Unis d'Amérique, liberté considérée par Paris comme "incompatible" avec l'approfondissement des relations économiques entre le Royaume chérifien et l'Union européenne... Mais la France éternelle ne saurait en rester là qui, défendant par ailleurs bec et ongles le moratoire observé par l'Union européenne en matière d'organismes génétiquement modifiés (OGM), avertit l'Amérique (universel fauteur de troubles) par le truchement d'Hervé Gaymard, ministre français de l'Agriculture, qu'une procédure contre l'Union européenne devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) serait considérée comme "contre-productive". Et le ministre d'expliquer rondement que "L'opinion publique européenne dirait qu'on veut nous imposer quelque chose (...) qui peut avoir à long terme des effets nocifs sur notre santé". En effet, nul n'ignore que l'opinion publique ne saurait être livrée à elle-même sans courir à l'abîme...
Dès lors qu'un ministre de la République ouvre son parapluie en reprenant quasiment mot pour mot les arguments de José Bové, il est naturel que nos anti-OGM patentés de France et de Navarre se sentent confortés dans leur combat obscurantiste; on peut même à bon droit estimer qu'une telle attitude ministérielle est parfaitement susceptible de légitimer, dans l'esprit enflammé de ces ayatollah du principe de précaution, leurs actions visant à abolir la propriété; sans compter, enfin, que la contestation systématique du Droit par les Bové de tout poil, d'ailleurs caractérisée par une mise en cause permanente de la justice par la dérision des juges, peut ainsi trouver une justification dans la mégalomanie qui depuis longtemps égare l'Etat à la recherche éperdue et quelque peu irrationnelle d'une grandeur disparue. En définitive, ce qui devrait tous nous intéresser en premier lieu, tout en laissant José Bové vaquer à ses chimères, c'est l'obligation - je dirais même le devoir de tout entreprendre pour éviter que l'Europe, qui en bien des domaines accumule les retards par rapport aux Etats-Unis d'Amérique, ne faillisse piteusement dans la recherche vitale sur les OGM.
Philippe ROBERT

Retraites : le manque de courage du Gouvernement

Michel Rocard, Edouard Balladur, Alain Juppé, Lionel Jospin et maintenant Jean-Pierre Raffarin : cela va faire vingt ans que les différents premiers ministres nous promettent une réforme des retraites, toujours remise au lendemain par manque de courage et/ou sous la pression des lobbies syndicaux de la fonction publique. Lundi, M. Raffarin a annoncé devant le Conseil économique et social qu’il escomptait s’attaquer à ce problème. Il a de manière très flou déclaré qu’il serait " favorable " à " une harmonisation progressive des régimes de retraites des fonctionnaires ", tout en expliquant d’ores et déjà qu’il n’était " pas question de remettre en cause l’âge légal de 60 ans " (pour les départs à la retraite)…Courageux mais pas téméraire, alors qu’un sondage IFOP-Dimanche Ouest-France révélait que 78% des Français étaient favorables à l’idée d’un référendum sur cette réforme, le Premier ministre s’est empressé d’en écarter l’idée. Une lâcheté qui s’expliquerait, selon Jacques Camus, éditorialiste de La République du Centre, par la volonté d’" éviter de faire des retraites une nouvelle affaire Dreyfus ".

Accords de Marcoussis

Les accords de Marcoussis ne sont que des accords, signés sous l'intercession des autorités françaises, ancienne puissance coloniale, entre les dirigeants de certains partis politiques ivoiriens et de mouvements rebelles. Ils n'ont aucune force juridique, car ils n'ont aucune validité constitutionnelle.
Ils ne respectent pas la Constitution, ni les modalités de sa modification éventuelle. Ils n'ont aucune valeur juridique : ce ne sont que des accords signés entre des personnes représentant, des partis politiques en conflit et, des mouvements armés rebelles agissant contre les autorités constituées.
J.P. Chevallier

La fin de la Banque de France : réduction d’effectifs en vue

Plus de la moitié des succursales disparaîtraient. 3.200 emplois au moins seraient menacés.
Deux rapports internes, présentés vendredi aux salariés de la Banque de France, préconisent la fermeture de 105 à 190 succursales sur 211. Il est aussi question de mettre fin aux activités de clientèle particulière d'ici à 2004. Le gouverneur, Jean-Claude Trichet, a précisé qu'aucune décision n'était prise. Mais les syndicats appellent à la mobilisation, et les élus locaux concernés manifestent leur inquiétude…

Milton Friedman, prix Nobel d’Economie : baisses d’impôts = Gouvernement modeste
Dans un article publié dans le Monde (fait exceptionnel), le libéral Mr Friedman analyse les propositions de baisse d’impôts de Georges W. Bush. Deux idées intéressantes s’en dégagent :
L’histoire montre que l’idée d’augmenter les impôts pour endiguer un déficit public n’est pas valable. " Si on augmente suffisamment les impôts afin d’éliminer le déficit existant, la dépense s’élèvera pour restaurer un déficit tolérable ", déclare-t-il. Ainsi toute hausse d’impôts est suivie d’une hausse des dépenses, comme nous pouvons le constater en France. Le prix Nobel d’Economie est par ailleurs persuadé qu’une diminution des impôts entraînera à long terme une baisse des dépenses publiques et donc des déficits. Mais les baisses d’impôts doivent être définitives et non temporaires. Ces baisses ne peuvent qu’encourager les gouvernements à être modestes. Et elles sont bénéfiques pour les ménages qui verraient leur pouvoir d’achat et leurs possibilités d’enrichissement augmentés. Une leçon qui serait bien utile pour notre Gouvernement !

Le président de l’UMP bientôt en examen

Alain Juppé, mis en examen dans l'affaire des emplois fictifs du RPR à la mairie de Paris, pourrait être appelé à comparaître en correctionnelle dès le mois de juin 2003. Au plus tard, le procès aurait lieu au mois d'octobre, révèle Le Parisien.

Vers un nouvel impôt : l’impôt retraite ?
François FILLON cherche un moyen d'alimenter le Fonds de réserve des retraites. Comme le ministre ne compte pas trop sur les recettes de privatisations, il a lancé l'idée d'une "recette fiscale" devant la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale. Impôt nouveau ou affectation au FRR d'un impôt existant ? "La question est encore en débat", assure un conseiller du ministre.
Par ailleurs, Jean-Pierre RAFFARIN a passé sous silence un éventuel rallongement des cotisations (de 40 à 41 annuités) pour les salariés du secteur privé. Le Gouvernement hésite encore à aggraver le différentiel Public/Privé…

Irak : le double jeu de la France
Le Nouvel Economiste révèle " qu’en grand secret, le gouvernement français a demandé à Washington à faire partie des toutes premières opérations en Irak en cas de guerre ". Une information implicitement confirmée par l’amiral Jacques Lanxade, ancien chef d’état-major des armées et chef du cabinet militaire de François Mitterrand. Dans le quotidien Le Parisien de mercredi, il affirme que la guerre contre l’Irak est certaine car " l’équipe Bush a pris sa décision ", estimant que les premières opérations militaires pourraient débuter " début mars ". Dans cette optique, affirme-t-il, " la France pourrait envoyer un contingent ressemblant à celui de la guerre du Golfe : de 10 000 à 12 000 hommes, avec le porte-avion Charles De Gaulle et des composantes des trois armées, terre, air, marine ". " Les Français pourraient avoir des missions de sécurisation de champs pétroliers " a-t-il noté. Le " Charles De Gaulle " a appareillé mardi pour des exercices conjoints avec des bâtiments américains en Méditerranée.

Radié parce qu’il s’est attaqué à la Franc-maçonnerie
la radiation du barreau de Paris le 17 décembre de Me Bernard Méry, avec " exécution immédiate ", mesure exceptionnelle, est passée inaperçue. Me Méry, qui avait obtenu 10% des voix aux élections professionnelles le 25 novembre 2002, était dans le collimateur des autorités du barreau, qui lui reprochait selon l’AFP d’avoir " usé de l’invective à l’égard de ses confrères ". L’avocat y voit plutôt le résultat de sa publication de deux ouvrages, dont l’un, " Justice, Franc-maçonnerie et corruption " lui avait valu la haine tenace des loges. Dans ce livre, Me Méry dénonçait les pratiques des tribunaux de commerce, ce qui lui a valu de nombreux procès. Il expliquait encore dernièrement que " les distributions d’honneurs et de places dans la justice sont aux mains des loges maçonniques ", qu’il s’attaquait " aux réseaux qui sont à l’intérieur de la justice et qui détournent le cours de la justice au bénéfice d’une partie ". On voit ce qu’il en coûte…

Chirac invite le tyran Mugabe à Paris
L’invitation de Robert Mugabe par Jacques Chirac au sommet franco-africain de Paris, les 20 et 21 février, a soulevé un véritable tollé. L’Union Européenne avait interdit de séjour en février 2001 le dictateur du Zimbabwe et pris toute une série de mesures de rétorsion à l’encontre de 70 autres " personnalités " de son entourage. L’UE a prouvé une nouvelle fois son impuissance à se doter d’une politique étrangère cohérente en se révélant incapable la semaine dernière de se mettre d’accord sur la question de la prolongation des sanctions à l’encontre de ce pays. De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, a légitimé dimanche l’invitation de Mugabe, arguant que la France avait fait " le choix de la responsabilité ", du dialogue, plutôt que celui des sanctions " qui ne donnent pas toujours les résultats espérés ". Les " résultats " obtenus par le sanguinaire Mugabe au pouvoir sont eux parfaitement connus : exactions à caractère raciste avec l’expropriation de milliers de fermiers blancs, le meurtre de plusieurs d’entre eux par les milices de son parti, avec pour conséquence une chute dramatique de la production agricole qui menace de famine 7 des 11 millions d’habitants de ce pays. Il faut se souvenir que Jacques Chirac n’en est pas à sa première entorse aux Droits de l’Homme, car il avait aussi invité " le bourreau vietnamien " à Paris…

Air Lib, stop et fin.
Ce qu'il y a de plus tragique - et de plus scandaleux - dans la disparition annoncée d'Air Lib, c'est l'inconscience manifeste pour ne pas dire la malhonnêteté intellectuelle dont ont fait preuve toutes les parties prenantes dans le prétendu sauvetage de cette compagnie aérienne privée; en effet, il fallait être aveugle pour ne pas voir, depuis le début, que cette folle tentative de vouloir prolonger artificiellement la vie d'Air Lib ne pouvait que se terminer comme elle se termine, c'est-à-dire par une catastrophe nationale... L'Etat, en particulier, doit être gravement et doublement mis en cause dans cette affaire : d'abord pour avoir créé, sous le gouvernement Jospin et sous la responsabilité directe du ministre communiste Gayssot, toutes les conditions de la faillite inéluctable d'Air Lib en ruinant, d'une part, la réputation de la compagnie auprès de ses clients et, d'autre part, en faisant subir pendant de longs mois aux 3.200 salariés du groupe une terrifiante pression morale; tout cela parce que le nouveau gouvernement dit de droite n'a pas eu le courage de mettre immédiatement un terme à une telle confusion des genres qui a conduit, aujourd'hui même, à la mort clinique d'Air Lib.
Quant à Erik de Vlieger, PDG de IMCA, je dois avouer que je ne suis toujours pas parvenu à déchiffrer ses motivations réelles dans la reprise avortée d'Air Lib alors que la concurrence des Ryanair (qui vient de racheter la compagnie low cost BUZZ, ex-KLM) et autres Easyjet ruinait par avance toutes les chances d'Air Lib Express partie trop tard... De toute évidence, les efforts désordonnés déployés en dépit du bon sens pour rendre viable cette compagnie se sont manifestement perdus dans les coups de théâtre à répétition d'un mauvais vaudeville. Aussi je forme le voeu que toutes les leçons soient tirées de cette tragédie et que l'Etat, en particulier, comprenne enfin qu'il doit revenir à la raison, c'est-à-dire cesserd'intervenir dans des affaires privées où il ne peut qu'être la source de tous les désastres. Malgré cela, il semble que Jean-Charles Corbet, PDG de Air Lib, veuille jouer, pathétique, une dernière carte qui serait Jacques Chirac lui-même; mais comme le contribuable va devoir régler, une fois de plus, la lourde ardoise de cette folle aventure (110 millions d'euros et plus à ce jour, dit-on), la raison impose désormais, contre tout mouvement intempestif du coeur, que l'on mît un terme définitif à cette tragi-comédie.
Philippe ROBERT

Raffarin veut sauver les retraites mais ne sait pas comment !
Le Premier ministre a affirmé, devant le Conseil économique et social, sa volonté de "sauver notre système de répartition", tout en restant très vague sur les moyens d'y parvenir. Pour réformer, il mise sur "le dialogue social", mais non sur la négociation. Prudent, il se "refuse" à opposer les fonctionnaires et les salariés du privé. Un projet de loi pourrait être soumis avant l'été. Le gouvernement engagera sa responsabilité.

La Cour des comptes présente de nouveaux scandales

Elle s’est livrée mercredi à son traditionnel exercice de début d’année : montrer comment elle veille à la bonne utilisation des deniers publics. De Bercy au Quai d’Orsay, de l’aide aux handicapés aux stages pour les chômeurs, des intermittents du spectacle à la politique autoroutière, les abus fusent. Mais publier des chiffres avec impuissance n’apporte pas grand chose au débat.
Le système de rémunération qui prévaut au ministère des finances est jugé "opaque". Son premier président, François Logerot, fait état de "pratiques curieuses" et assure que le niveau général des rémunérations est plus fort à Bercy qu’ailleurs. Une différence qui n’est pas toujours justifiée. Cela pose aussi des problèmes de gestion des carrières, puisque les agents du ministère des finances n’ont aucune raison d’accepter une affectation dans une autre administration. Et la Cour des comptes de préconiser non seulement un accroissement de la transparence des systèmes de rémunération, mais aussi une harmonisation de ces systèmes au sein de l’ensemble de la fonction publique.
Sur les questions sociales, la Cour dénonce "l’insuffisance" du suivi et de l’évaluation de différents dispositifs d’aides aux chômeurs, comme les contrats emploi consolidé – une des formes de contrats aidés pour des chômeurs très éloignés du marché du travail, ou les stages organisés par l’Etat à destination des sans-emploi. Et surtout, elle accuse à demi-mot l’Etat de se préoccuper uniquement de l’amélioration des statistiques du chômage. Le rapport se pose en effet la question "de savoir quel est en l’espèce l’objectif vraiment recherché par l’Etat : vise-t-il un effet sur la demande d’emplois ou sur l’insertion professionnelle et sociale des publics les plus en difficulté ?". La Cour des comptes brocarde également quelques aspects de la protection sociale, notamment la gestion des mutuelles des fonctionnaires et le régime privilégié des intermittents du spectacle. Enfin sur l’équipement et les transports, la Cour relativise la nécessité de construire un troisième aéroport et appelle plutôt à développer la capacité d’Orly et de Roissy, "moyennant de nouveaux terminaux, une amélioration des accès et une meilleure utilisation des infrastructures". Si Aéroports de Paris est montrée du doigt pour s’être lancée dans des opérations financières contraires à ses statuts, c’est bien pourtant la société française du tunnel routier du Fréjus qui est particulièrement stigmatisée. Selon la Cour, ses comptes "ne sont pas réguliers et ne donnent pas une image fidèle de sa situation financière", qui "reste très préoccupante". A lire : http://www.ccomptes.fr/FramePrinc/frame01.htm

Le président américain veut assainir l’assurance sociale publique (Medicare)

George W. Bush a promis 400 milliards de dollars sur dix ans pour "réformer et renforcer" Medicare, le système d’assurance santé qui prévaut Outre-Atlantique pour les retraités, plombé par la hausse de ses coûts. Pour y faire face, il souhaite encourager un nombre toujours plus important de bénéficiaires à s’assurer dans des systèmes privés de gestion de soins.

Le Gouvernement découvre que l’ISF nuit à l’emploi !

Le Mouvement national des chômeurs et précaires a déposé mercredi à l’Assemblée nationale une pétition pour demander que les "riches" qui investissent "dans les entreprises nouvelles" soient exonérés de l’ISF. Ceci afin que cet impôt, auquel 200.000 contribuables sont assujettis, "serve à créer des emplois". Cette demande intervient alors que, dans la nuit de mardi à mercredi, les députés de la majorité chargés d’examiner le projet de loi Dutreil sur l’initiative économique, réunis dans une commission spéciale, ont adopté quatre mesures d’exonérations de l’ISF, majoritairement en direction des PME. Ces amendements devraient être votés en séance par l’Assemblée le 4 février.

"Le déficit public français a déjà dépassé les 3%"

Selon les calculs de CDC IXIS Capital Markets, le déficit public a atteint 3,3% du PIB en 2002. En l’espace d’un an, il s’est donc accru de près de 2 points de PIB. Le déficit de l’Etat central s’élèverait à 55,6 milliards d’euros (soit 3,8% du PIB). Loin de l’objectif de 46 milliards affiché lors de l’audit des finances publiques en juillet dernier. Le trou des comptes sociaux représenterait 0,3% du PIB, après un surplus de 0,3% en 2001. En revanche, les ODAC (Organismes Divers d’Administration Centrale) et les APUL (Administrations Publiques Locales) sont en excédent (0,8% du PIB). A l’instar de l’Allemagne, la France est donc passible d’une procédure pour déficit excessif. Le déficit va se creuser en 2003. Il atteindra probablement 3,7% du PIB cette année ! Cette nouvelle détérioration s’explique par la mauvaise conjoncture. En effet, la croissance Française atteindra à peine 1,5%. Elle restera donc inférieure à son potentiel. Du coup, les recettes budgétaires (TVA, impôts sur les sociétés) vont souffrir. Parallèlement, les dépenses de sécurité sociale et surtout le volet " assurance chômage " devraient être supérieures aux montants envisagés dans la Loi de Financement. Reste à savoir quelle sera l’attitude de la France par rapport aux avertissements de la Commission européenne. Pour l’instant, les autorités semblent hostiles à la mise en place de mesure visant à résorber rapidement et de manière significative le ratio déficit/PIB. Mais un tel comportement risque d’exacerber les tensions dans la zone euro. En effet, l’Allemagne qui se trouve dans une situation économique et budgétaire précaires a répondu à la Commission européenne en annulant une partie des baisses d’impôts prévues et en augmentant d’autres. Si la France fini par prendre la même voie (le risque est non négligeable), la croissance pourrait être amputée de 0,5 point.

La France premier importateur en Irak !

Elle livre 21 % des importations de Bagdad. Et depuis le passage de la résolution pétrole contre nourriture, la France est le premier partenaire commercial de l'Irak. Grâce aux excellentes relations entretenues pendant vingt ans, les sociétés françaises ont maintenu des liens forts avec les autorités irakiennes. Elles bénéficient d'un influent réseau d'officines et de lobbies. En cas de changement de régime, leurs positions privilégiées seront menacées…
La poursuite de la privatisation des autoroutes en suspens.
Le Gouvernement reste divisé : La seconde tranche des ASF pourrait être repoussée. Les grands groupes de BTP sont toujours à l'affût. Alors que la qualité du service de Cofiroute, concédée à un groupe privé, a été récemment mise en cause. Bercy reste partisan de la vente. Mais le ministère de l'Equipement rechigne à l'idée de se priver de redevances utiles au financement des infrastructures. La privatisation de la Sanef pourrait toutefois intervenir dès 2003.

Bush compte sur le secteur privé pour sécuriser Internet

Le Plan National pour Sécuriser le Cyberespace voulu par Georges W. Bush prévoit que le secteur privé se dote d'un centre de surveillance d'Internet complémentaire de celui du ministère de la sécurité intérieure.


Semaine du  4 au 10 février

Raffarin et la réforme des retraite
Ainsi, pas question de remettre en cause l'âge légal du départ à la retraite à 60 ans, "qui est un acquis social", ou de remplacer les retraites par répartition par un système de fonds de pension - "Les régimes de capitalisation sont étrangers à notre histoire sociale", a-t-il souligné
Il a assuré qu'il avait "entendu" les centaines de milliers de manifestants, qui ont défilé samedi en France pour défendre les retraites, et a donné quelques gages aux syndicats.
Ainsi, pas question de remettre en cause l'âge légal du départ à la retraite à 60 ans, "qui est un acquis social", ou de remplacer les retraites par répartition par un système de fonds de pension - "Les régimes de capitalisation sont étrangers à notre histoire sociale", a-t-il souligné.
Il a cependant souhaité que l'accès à une épargne retraite volontaire en complément des retraites par répartition soit facilité pour "tous les Français".
La réforme à venir ne touchera pas aux régimes spéciaux, qui devront "évoluer" dans le cadre de "véritables projets d'entreprise", comme à EDF ou GDF.

100.000 chômeurs de plus en 2002 La hausse est de 4,8% sur 2002, contre 2,2% en 2001. On compte désormais 2.306.800 demandeurs d'emploi, soit 9,1% de la population active.

"Si nous avions gagné, nous serions en train de mettre en oeuvre notre projet"
Lionel Jospin, dans une tribune publiée vendredi par Le Monde

A l'occasion des "Masters 2003 de la création d'entreprise", qui viennent de se tenir au Sénat, Jean-Pierre Raffarin a souhaité des allègements pour l'ensemble de la fiscalité, "que ce soit pour l'impôt sur le revenu comme nous l'avons fait, que ce soit sur la fiscalité du patrimoine (ISF), que ce soit pour la TVA"; dans cette optique, le chef du gouvernement a vivement souhaité "que ces allègements soient tournés vers les problèmes de l'économie française, c'est-à-dire l'emploi et l'investissement". On peut à bon droit en déduire que cette annonce n'est pas sans rapport avec le projet de loi Dutreil sur l'initiative économique; mais il n'en demeure pas moins que cette réforme d'essence étatique, dont il ne fait néanmoins pas de doute qu'elle procède des meilleures intentions, risque fort de se révéler aussi inachevée que les précédentes et ne soit pas plus capable qu'hier d'épouser l'extrême complexité de notre temps.
Philippe ROBERT

Selon les données provisoires publiées par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), les dépenses de santé ont progressé deux fois plus vite que l’objectif retenu pour 2002 par le gouvernement et le Parlement. En particulier, les dépenses d’assurance maladie du régime général de la Sécurité sociale ont atteint 95,06 milliards d’euros en 2002. Cela représente une hausse de 7,5% par rapport à 2001.

Le chômage termine l'année sur une forte hausse
L’année 2002 restera comme une très mauvaise année sur le front de l’emploi. Environ 100.000 personnes supplémentaires se sont en effet retrouvées sans travail, soit une augmentation de 4,8%, selon les chiffres publiés jeudi soir par le ministère du travail. Le taux de chômage, au sens du BIT, est quant à lui passé en douze mois de 8,8% à 9,1%. Sur le seul mois de décembre, la hausse du chômage atteint 0,8%, avec 17.700 demandeurs d’emploi supplémentaires, pour un total de 2,3 millions. Le mois dernier comme sur l’ensemble de 2002, les jeunes de moins de 25 ans ont été particulièrement touchés. Pour eux, le chômage a augmenté de 1,9% en décembre et de 6,2% sur l’ensemble de l’année dernière.

62,7 milliards d'euros sont consacrés aux rémunérations
12,5 milliards aux cotisations et prestations sociales
29,6 milliards aux retraites civiles et militaires
3,4 milliards aux pensions d'invalidité et de victimes de guerre
6,3 milliards de subventions aux établissements privés
2,82 milliards de dépenses diverses (frais de déplacement, aide sociale), etc.
Source : " Rapport annuel de la fonction publique de l'Etat ", 2001-2002.

Accaparement
" De 1997 à 2002, les dépenses de la fonction publique ont augmenté de 3,2 % en moyenne annuelle, quand le budget général augmentait de 2 % en moyenne annuelle, ce différentiel de 1,2 point générant un accaparement croissant des ressources de l'Etat. [...] En tendance, les dépenses de la fonction publique continuent de croître plus vite que les dépenses de l'Etat. "
Source : " Fonction publique et réforme de l'Etat ", annexe 21 au rapport général du Sénat sur la loi de finances 2003.

Les satellites de l'Etat*
CNRS (28 859), CEA (19 107), ANPE (17 840),
CROUS (14 328), Inalco, IAE et autres dépendances de l'enseignement supérieur (14 163), ONF (11 690), INRA (9 887), Caisse maladie SS (9 769), Agence pour l'enseignement du français à l'étranger (7 889), Groupe Caisse des dépôts (6 420), Inserm (5 818), Caisse vieillesse SS (3 905), Institut français de recherche scientifique pour le développement (3 625), Météo-France (3 184), CNES (2 604), etc.
* Effectifs fin 1998Source : DGAFP, bureau des statistiques (31/12/1998).

Le dinosaure
" Le mammouth est l'ancêtre de l'éléphant. Géologiquement parlant, il est relativement récent. Les dinosaures, en revanche, vivaient à l'ère secondaire et ils étaient parents avec les reptiles. Pourparler de l'Education nationale,je préfère le mot "dinosaure". "

Police : prime sans risques...
Les fonctionnaires de police sont susceptibles de recevoir des indemnités pour " horaires de nuit, travail du dimanche et des jours fériés, pour exercice sur poste difficile, pour travaux supplémentaires, pour travaux extraordinaires, pour travail intensif ", mais également " pour risques professionnels aériens, pour la surveillance des établissements de jeu, pour frais de transport pour service en Corse, pour travaux supplémentaires d'enseignement, pour la connaissance de langues étrangères, pour sujétion spéciale de police, pour sujétions exceptionnelles, pour travaux insalubres, incommodants ou salissants ", ainsi que des primes " de déminage, de plongée, de rendement, de jury, d'éloignement, de délocalisation, d'expatriation, d'installation, d'habitation, de fidélisation, de fonction, d'incitation, de qualification... "

172 euros
C'est l'écart, en faveur du public, entrele traitement moyen des fonctionnaires(2 312 euros) et le salaire moyen dansle privé (2 140 euros). .
Source : Insee. Données 2000

CEA : 5 800 euros
C'est ce que les employés du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) reçoivent en cas de mariage. Ils ont aussi 3 000 euros pour le premier enfant, 5 800 pour les suivants. Sans compter des notes de frais qui dépassent parfois les 90 000 euros. La dizaine de rapports de la Cour des comptes sur le sujet n'a rien changé... (Source Ifrap)

Baromètre LE POINT/LA CROIX sur " la confiance des français dans les médias "
Les Français, entre intérêt et méfiance
Ce n'est pas le moindre des paradoxes de notre baromètre annuel : bon an mal an, les Français nourrissent vis-à-vis des médias autant d'intérêt que de méfiance. A la fin de cette année électorale, marquée par les suites afghanes du 11 septembre, l'intérêt pour les médias a crû de 6 points (72 %). Mais, dans le même temps, les sceptiques ont gagné du terrain...
Chez les lecteurs de la presse écrite, la confiance repasse sous la barre des 50 % (44 % cette année). Même phénomène d'érosion concernant l'info télévisée (45 %). La radio s'en tire le mieux : 55 % des auditeurs lui font encore majoritairement confiance (en recul de 1 point), même si les " sceptiques des ondes " atteignent un niveau historique (40 %, en hausse de 4 points en un an) depuis la création du baromètre en 1987.

Dépénalisation L’offensive du PS Lors de l’examen de la loi sur la sécurité intérieure, Jean-Marie Le Guen, député PS de Paris, a défendu un amendement visant à supprimer du code pénal les peines d’emprisonnement pour toxicomanie, car " elles ne sont plus en usage depuis longtemps, du fait des consignes explicites données par les gardes des Sceaux successifs ". Devant le rejet de cette proposition, Bernard Roman, député PS du Nord, a étonné ses collègues en s’écriant : " Il me semble statistiquement improbable que sur tous nos bancs il n’y ait pas un père, une mère ou un grand-parent dont un enfant ou un petit-enfant, par un accident de la vie, a consommé une drogue. "

Publicité La dérive qui tue Jean-Marc Nesme, député UMP de Saône-et-Loire, prépare une proposition de loi contre l’utilisation d’images humiliantes dans la publicité. Il s’insurge contre le fait que " l’érotisation actuelle de la société française se constate aisément dans la publicité, qui utilise de plus en plus la nudité et la sexualité comme moyen de vente, souvent sans aucun rapport avec le produit promu ". Or, " ces images dégradantes s’impriment dans l’esprit des jeunes ".

Les Américains de plus en plus web-dépendants (Medialife)
Les internautes accordent de plus en plus leur confiance au web. Il devient ainsi une source d'information prioritaire pour l'actualité, la santé ou les services publics. Mais ce qui est bon pour le service public (qui dépensera moins en structures d'accueil) posera un problème aux médias traditionnels qui devront repenser leur distribution ou leur complémentarité.


Impôts locaux Le hit-parade des villes
Les produits des taxes sur les particuliers ont augmenté en moyenne de 53% en dix ans, soit beaucoup plus vite que l'inflation (16,7%) sur la période! Les écarts énormes entre le calme apparent d'Hyères (+ 12%) et l'envolée des Abymes (+ 283%), faubourg de Pointe-à-Pitre, partant, il est vrai, de très bas, sont le reflet d'inégalités criantes. De plus, les taxes foncières (+ 70%) ont davantage flambé que les taxes d'habitation (+ 36%). La montée des prix de l'immobilier et l'extension des zones de bureaux expliquent en partie ce déséquilibre, qui a empli les caisses d'Ivry-sur-Seine ou de Levallois-Perret.
Les 5 plus fortes hausses de 1991 à 2001
Les Abymes + 283% Levallois-Perret + 194% Argenteuil + 100% Calais + 96% Ivry-sur-Seine + 95%

Les 5 plus faibles hausses
Tourcoing + 22% Caen + 20% Roubaix + 19% Metz + 12% Hyères + 12%

Philippe de Villiers souhaite que la règle des 40 annuités de cotisation s'applique à tous les Français, y compris aux parlementaires qui doivent montrer "l'exemple".
Dans le système actuel, les cotisations de retraite des députés sont doublées pendant leurs 15 premières années de mandat (une année de cotisation compte double). Et ils peuvent toucher leur pension dès 55 ans.
Philippe de Villiers a déposé à l'Assemblée nationale une proposition de loi ayant pour but de remettre le régime de retraites des députés dans le droit commun des salariés privés.

La Cour des comptes dresse son traditionnel réquisitoire
La Cour des comptes s’est livrée mercredi à son traditionnel exercice de début d’année : montrer comment elle veille à la bonne utilisation des deniers publics. De Bercy au Quai d’Orsay, de l’aide aux handicapés aux stages pour les chômeurs, des intermittents du spectacle à la politique autoroutière... Morceaux choisis, sans souci d’exhaustivité.
La fonction publique
Le système de rémunération qui prévaut au ministère des finances est jugé "opaque". Son premier président, François Logerot, fait état de "pratiques curieuses" et assure que le niveau général des rémunérations est plus fort à Bercy qu’ailleurs. Une différence qui n’est pas toujours justifiée. Cela pose aussi des problèmes de gestion des carrières, puisque les agents du ministère des finances n’ont aucune raison d’accepter une affectation dans une autre administration. Et la Cour des comptes de préconiser non seulement un accroissement de la transparence des systèmes de rémunération, mais aussi une harmonisation de ces systèmes au sein de l’ensemble de la fonction publique.
Les questions sociales
Les magistrats de la rue Cambon dénoncent "l’insuffisance" du suivi et de l’évaluation de différents dispositifs d’aides aux chômeurs, comme les contrats emploi consolidé – une des formes de contrats aidés pour des chômeurs très éloignés du marché du travail, ou les stages organisés par l’Etat à destination des sans-emploi. Et surtout, elle accuse à demi-mot l’Etat de se préoccuper uniquement de l’amélioration des statistiques du chômage. Le rapport se pose en effet la question "de savoir quel est en l’espèce l’objectif vraiment recherché par l’Etat : vise-t-il un effet sur la demande d’emplois ou sur l’insertion professionnelle et sociale des publics les plus en difficulté ?". La Cour des comptes brocarde également quelques aspects de la protection sociale, notamment la gestion des mutuelles des fonctionnaires et le régime privilégié des intermittents du spectacle.
L’équipement et les transports
La Cour relativise la nécessité de construire un troisième aéroport et appelle plutôt à développer la capacité d’Orly et de Roissy, "moyennant de nouveaux terminaux, une amélioration des accès et une meilleure utilisation des infrastructures". Si Aéroports de Paris est montrée du doigt pour s’être lancée dans des opérations financières contraires à ses statuts, c’est bien pourtant la société française du tunnel routier du Fréjus qui est particulièrement stigmatisée. Selon la Cour, ses comptes "ne sont pas réguliers et ne donnent pas une image fidèle de sa situation financière", qui "reste très préoccupante".
@Sur le web : L’intégralité du rapport sur le site de la Cour des comptes
http://www.ccomptes.fr/FramePrinc/frame01.htm

Un collectif de chômeurs plaide pour une réforme de l'ISF
Alors que Jean-Pierre Raffarin doit assumer une réforme de l’Impôt de solidarité sur la fortune en pleine tourmente sociale, voilà une nouvelle inattendue qui va lui faire du bien. Le Mouvement national des chômeurs et précaires a déposé mercredi à l’Assemblée nationale une pétition pour demander que les "riches" qui investissent "dans les entreprises nouvelles" soient exonérés de l’ISF. Ceci afin que cet impôt, auquel 200.000 contribuables sont assujettis, "serve à créer des emplois". Cette demande intervient alors que, dans la nuit de mardi à mercredi, les députés de la majorité chargés d’examiner le projet de loi Dutreil sur l’initiative économique, réunis dans une commission spéciale, ont adopté quatre mesures d’exonérations de l’ISF, majoritairement en direction des PME. Ces amendements devraient être votés en séance par l’Assemblée le 4 février.

Les naissances sont à la baisse Selon l'INSEE, quelque 795.700 bébés sont nés en 2002, soit 8.000 de moins qu'en 2001. Les Françaises ont accouché à l'âge de 29,4 ans en moyenne.

Fondation
Robert HUE, qui ne sera sans doute pas député dimanche prochain, s¹investit dans la mise en place de sa fondation. Le président du PCF indique qu'il a déjà vu ''des membres du gouvernement au plus haut niveau'' pour discuter financement : ''Je souhaite que l'État m'accorde ce qu'il accorde à la Fondation Jean-Jaurès [une fondation socialiste, ndlr], soit environ vingt millions de francs par an. Pour ma part, j'apporte les locaux et l'investissement de départ''.

Fin du mystère
C’est confirmé : Robert BARCIA, le secret patron de Lutte ouvrière, nom de code ''HARDY'', publie prochainement, chez DENOËL, l'histoire de sa vie. Pour la première fois, le mentor d'Arlette LAGUILLER, ancien dirigeant d'une entreprise d'industrie pharmaceutique, raconte comment il tire dans l'ombre les ficelles de LO, à travers sa légendaire porte-parole.

Les critiques le plus souvent primaires adressées par le petit François Hollande au gouvernement de Jean-Pierre Raffarin ne sont pas obligatoirement à jeter aux chiens; en effet et s'agissant plus particulièrement du projet de loi Dutreil sur l'initiative économique, dont le premier ministre lui-même veut d'ailleurs à tout prix éviter qu'il ne devienne ipso facto une loi sur l'ISF, le premier secrétaire du PS révulsé juge (je cite fidèlement Le Figaro économie du 29/01/03) <"désolant", "dans ce climat social extrêmement préoccupant" que "le seul signe qu'envoie le gouvernement" soit celui d'un "allègement de la cotisation des plus riches">. La gauche française s'est toujours montrée incapable de franchir la frontière qui sépare l'irrationnel (souvent travesti en angélisme) de la réalité; manifestement, elle a décidé de poursuivre dans cette voie, et c'est tant pis pour elle.
Aussi, que Mr Hollande fasse la bête en feignant de ne pas comprendre, par pure idéologie, par simple démagogie ou, pis encore, par authentique ignorance des mécanismes universels de l'économie de marché, que le capitalisme honni demeure le meilleur moyen de créer durablement des richesses et donc d'assurer la prospérité du plus grand nombre, c'est bien triste pour lui et tous ceux qui le suivent dans cette impasse intellectuelle; cependant, ne serait-ce pas le moment ou jamais, pour ce gouvernement de mission, ou devrais-je plutôt dire de la dernière chance, d'en profiter pour expliquer courageusement et limpidement aux Français, qui ne sont finalement pas plus bêtes que d'autres, que l'action punitive consistant à systématiquement spolier les "riches" revient à coup sûr à condamner les "pauvres" à grossir les rangs de ce qu'il est convenu d'appeler, à gauche, les damnés de la terre ?
Philippe ROBERT

Les différents régimes de retraites en France
Le système des retraites en France repose essentiellement sur la "répartition", c'est-à-dire que les cotisations sur les salaires servent à financer les pensions des retraités. Il existe toutefois une juxtaposition entre différents régimes, selon qu'on est salarié du privé ou encore fonctionnaire.

Selon les données du Conseil d'orientation des retraites (COR), dans le privé, les salariés peuvent bénéficier d'une retraite à taux plein dès lors qu'ils ont cotisé 40 ans, une durée qui n'est que de 37,5 ans dans le secteur public.
Dans le secteur privé, le régime de base couvre les salariés. Leur pension est calculée en fonction d'un salaire de référence sur les 25 meilleurs années. Le montant de la pension à taux plein correspond à 50% de ce salaire de référence pour 40 années de cotisation.
Trois principaux régimes de "retraites complémentaires", dont les plus connus sont l'Association générale des institutions de retraite des cadres (AGIRC) et l'Association des régimes de retraite complémentaires (ARRCO), existent pour compléter la pension de base selon la catégorie professionnelle du cotisant.
La retraite complémentaire perçue est fonction du nombre de points acquis pendant toute la durée de la carrière. Ces régimes sont, comme le régime de base, des régimes par répartition.
Toujours dans le secteur privé, les non-salariés et les travailleurs indépendants bénéficient encore de quatre autres régimes de base selon leur profession: la Caisse nationale autonome d'assurance vieillesse des artisans (CANCAVA), l'Organisation autonome nationale d'assurance vieillesse des industriels et des commerçants (ORGANIC), la Caisse nationale d'assurance vieillesse des professions libérales (CNAPVL) et la Mutualité sociale agricole (MSA)).
Dans le secteur public, les fonctionnaires ont une retraite assurée par un système de couverture unique, c'est à dire qu'il n'y a pas de "retraites complémentaires". Le montant de leur pension est calculé sur la base de 75% du salaires -hors primes- des six derniers mois de carrière, pour 37,5 ans de cotisation.
Certaines catégories de fonctionnaires peuvent bénéficier de la retraite à partir de 55 ans, voire 50 ans dans certains cas. Il s'agit des fonctionnaires ayant accompli au moins 15 ans de service dans des emplois présentants "un risque particulier" ou "occasionnant des fatigues particulières".
Les policiers, les douaniers, les surveillants, les personnels d'exploitation de l'Equipement ou encore les instituteurs sont notamment concernés.
Des "régimes spéciaux" existent également pour certaines catégories de la fonction publique, notamment à EDF, à la SNCF, à la RATP, dans les mines, ou encore pour les ouvriers de l'Etat. Ces régimes permettent de partir à la retraite avant 60 ans, en touchant 75% de la rémunération du salaire du dernier mois travaillé.

Le tour pris par les récents événements qui déchirent la France blessée me font craindre le pire; l'intervention appuyée de l'Etat dans des affaires privées, au demeurant fort complexes, qui secouent dans un sens ou dans l'autre notre économie confrontée à une concurrence internationale féroce ravive mes craintes de voir notre pays, incapable de réaliser en temps et en heure l'aggiornamento qui lui redonnerait vie, succomber au charme empoisonné du statu quo moral et politique conduisant au repli sur soi. Un certain nombre de signes convergents peuvent d'ailleurs tout à fait favoriser une telle issue qui, à bien des égards, nous serait fatale. Il faut donc noter, à l'extérieur - sans même se référer aux questions brûlantes de l'Irak et de la Côte d'Ivoire - la posture psychorigide de la France envers l'Union européenne qui consiste, s'agissant du Pacte de stabilité et de croissance, à révoquer en doute la validité de règles admises régissant la viabilité de l'euro; ou bien encore, à l'intérieur même de notre territoire, le luxe de précautions entourant la mise en oeuvre des réformes structurelles, à mes yeux réduites une _expression minimale, qui ne permettront jamais à la France de se redresser durablement, etc. !
Il me paraît donc acquis que ce gouvernement, supposé de droite, n'ose pas montrer le courage politique dont la France a aujourd'hui un urgent besoin car demain, quoi qu'on fasse, il sera trop tard; c'est aussi une faute de croire qu'il serait possible de (mini)réformer en offrant aux syndicats, qui font et défont la politique dans la rue, ainsi qu'à l'opposition progressiste, fût-elle provisoirement au tapis, tous les moyens de tuer dans l'oeuf un train de réformes pourtant largement mineures. Tout cela est corroboré par l'absence criante, dans l'esprit étroit de nos politiques, de la moindre notion de Liberté avec un grand L; ainsi, s'agissant plus particulièrement de l'ISF, qu'est-ce qui autorise Jacques Barrot, président du groupe UMP à l'Assemblée, à froidement affirmer que "s'il peut apparaître légitime de taxer une fortune dormante, il est tout aussi logique de moins taxer l'épargne créatrice d'emploi, qui contribue à fortifier l'économie". Mais où se trouve la logique à laquelle s'accroche, manifestement à bout d'arguments, l'ancien ministre quand il dénie au citoyen la liberté d'user de sa fortune comme il l'entend ? Pis encore, au nom de quoi l'Etat abusif se considère-t-il légitimé à lui dicter sa conduite en le privant autoritairement de son libre arbitre ? Si les mentalités françaises, semble-t-il, commencent à évoluer dans le bon sens, il serait en revanche profondément tragique que nos élites politiques se montrent elles-mêmes incapables de produire un tel effort !
Philippe ROBERT

 

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