Semaine du
10 au 17 février
France-Irak.
Immédiatement après le 22 janvier dernier, date à laquelle le chancelier Schröder et
le président Chirac ont fait état de leur opposition commune à toute guerre éventuelle
qui serait menée contre l'Irak sous l'égide des Etats-Unis d'Amérique, Donald H.
Rumsfeld a cru nécessaire de répliquer : "Oui, l'Allemagne nous a posé un
problème, la France nous a posé un problème", conduisant tout naturellement,
dans son esprit, à qualifier l'Allemagne et la France de "Vieille Europe",
c'est-à-dire de nations pour le moins fourbues. Depuis lors, les choses se sont
précipitées et la fracture européenne est devenue béante entre les partisans
déclarés pour des raisons majoritairement historiques de la posture guerrière adoptée
par l'Amérique et les autres qui se refusent encore, de façon quasi irrationnelle, à
regarder en face l'inéluctable réalité.
Aujourd'hui même, alors que le président George W.Bush se montre de plus en plus
pressant en affirmant que la "partie" était à ses yeux "terminée",
le président Chirac tentait encore de convaincre par téléphone le président américain
qu'"On peut désarmer Saddam Hussein sans faire la guerre". La France
s'active donc à rallier un maximum de membres du Conseil de sécurité à sa position
afin de pouvoir peser, le moment venu, sur une éventuelle deuxième résolution en forme
d'ultimatum à Bagdad à laquelle ne seraient encore favorables qu'un nombre restreint
d'Etats membres dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Espagne. Il n'en demeure pas
moins que si l'Amérique, à la suite du 11 septembre 2001, jette toutes ses forces dans
l'action, de son côté la France, convulsivement arc-boutée sur ses principes, se
retranche dans une incantation hautaine qui n'est nullement faite pour nous rassurer.
Philippe ROBERT
Crédit Lyonnais
Un ami me disait il y a quelques jours : de très grands commis de lEtat son
aujourdhui sur le banc des accusés du tribunal correctionnel de Paris. Il est fort
probable que lors du verdict cette brochette dinspecteurs des finances et grands
commis de lEtat sera relaxée
..Pour des raisons dordre médical
En
effet, il se dit en coulisse, que dans les couloirs du Crédit Lyonnais circulait, au
début des années 90, un étrange virus qui rendait les dirigeants, administrateurs et
ceux aussi chargés du comité de surveillance, aveugles, sourds et sots. Preuve en est
que M.Haberer, brillant PDG de Parisbas, en entrant au Crédit Lyonnais fût aussitôt
terrassé par ces maux. Plus tard, pour sa défense, il avoua quil ignorait alors ce
que décidaient ses collaborateurs ; de même pour le tout aussi brillant Monsieur Trichet
à lépoque directeur du budget au ministère des finances et aussi pour le très
apprécié Monsieur de la Rosière, pour ne citer queux. Ils furent tous atteints de
ce même mal terrifiant et sournois, à un point tel quils laissèrent filer sous
leurs yeux, paralysés et sans réaction aucune, plus de 120 milliards de nos francs. La
relaxe, pour raisons médicales simpose donc
Mais qui va croire cette fable ?
les mêmes qui nont pas soupiré lors des affaires Elf ou de la Mnef ou
dautres
D. Sanudo
Réforme des retraites : Cest parti !
Bravo Monsieur le Premier ministre. Votre discours de lundi dernier devant le CES et votre
intervention, le soir même, dans le journal de 20 H sur TF1, ont été remarquables.
Belle leçon de pédagogie sur un sujet aussi sensible.
Vous constatez quil subsiste un grand retard dinformation sur les enjeux de la
réforme. Le nouveau site Internet www.retraites.gouv.fr est un bon début sur la voie de
la transparence. Nous vous demandons de lenrichir régulièrement, en fournissant,
par exemple :
- la liste exhaustive de tous les régimes de retraite,
- un comparatif sérieux entre le secteur public et le secteur privé.
Certains découvriront ainsi quun pensionné, ancien fonctionnaire dEtat ou
ayant droit, coûte aujourdhui à la collectivité deux fois plus que celui du
privé. La pénibilité du travail du premier justifie-t-elle une telle différence ?
Globalement, le surcoût du secteur public dépasse les 100 milliards F par an.
Chacune des 350.000 personnes qui ont manifesté le 1er février avait, au fond
delle-même, la crainte que lharmonisation nécessaire, inéluctable et
maintenant admise par tous, réduise ses avantages ; un avantage étant le plus que les
autres nont pas.
Aymard de Nervo
Air Lib, une nouvelle affaire d'Etat ?...
Une dépêche Associated Press fait état de tout le mal que se donne l'Etat pour assurer
le reclassement des 3.200 salariés d'Air Lib dont tout indique, malgré les vaines
espérances affichées par l'incorrigible optimiste Jean-Charles Corbet, que cette
compagnie aérienne privée ne redécollera plus; en effet, le ministre des Transports,
assisté de son secrétaire d'Etat Dominique Bussereau, a convoqué le ban et
l'arrière-ban des entreprises publiques en la personne de leurs PDG pour les exhorter à
faire activement oeuvre de solidarité en participant au sauvetage social des naufragés
d'Air Lib. De même l'Etat pense-t-il très sérieusement à solliciter les entreprises de
tourisme, les exploitants d'aéroports ainsi que les sous-traitants dans le domaine du
transport, en particulier du transport aérien. Je comprends parfaitement ce que la
situation humaine des salariés d'Air Lib peut avoir de dramatique mais, à mon sens,
l'Etat commet ce faisant une faute qu'il risque tôt ou tard de regretter amèrement.
Je persiste et signe donc des deux mains : dans une économie de marché directement
dépendante d'une globalisation planétaire des échanges, est-ce réellement le rôle de
l'Etat providence déjà largement discrédité et donc promis à se réformer d'urgence
sous peine de tomber dans l'opprobre et de succomber misérablement, que de jouer aux
frais du contribuable les pompiers de service en lieu et place des acteurs économiques
dont c'est la vocation première ? Certes, il arrive que le verdict du marché revête une
certaine rudesse dans les ajustements auxquels les métamorphoses permanentes de ce corps
vivant qu'est l'économie donnent naturellement lieu; mais aussi, comment veut-on qu'un
équilibre se crée dans la société dès lors que les entreprises, systématiquement
dévalorisées et taxées au-delà du raisonnable par l'Etat, sont rendues totalement
incapables de contribuer au progrès social ? C'est pourquoi, dans une aussi méchante
conjoncture, je suis bien obligé de souhaiter bien du plaisir à l'Etat secourable.
Philippe ROBERT
Le bal maudit des OGM.
Récemment François Loos, ministre français délégué au Commerce extérieur, s'était
permis ("Une nouvelle arrogance française", 16/01/03) de tancer Rabat qui
aurait eu l'audace de regarder d'un oeil favorable un projet d'accord de libre-échange
avec les Etats-Unis d'Amérique, liberté considérée par Paris comme
"incompatible" avec l'approfondissement des relations économiques entre le
Royaume chérifien et l'Union européenne... Mais la France éternelle ne saurait en
rester là qui, défendant par ailleurs bec et ongles le moratoire observé par l'Union
européenne en matière d'organismes génétiquement modifiés (OGM), avertit l'Amérique
(universel fauteur de troubles) par le truchement d'Hervé Gaymard, ministre français de
l'Agriculture, qu'une procédure contre l'Union européenne devant l'Organisation mondiale
du commerce (OMC) serait considérée comme "contre-productive". Et le ministre
d'expliquer rondement que "L'opinion publique européenne dirait qu'on veut nous
imposer quelque chose (...) qui peut avoir à long terme des effets nocifs sur notre
santé". En effet, nul n'ignore que l'opinion publique ne saurait être livrée à
elle-même sans courir à l'abîme...
Dès lors qu'un ministre de la République ouvre son parapluie en reprenant quasiment mot
pour mot les arguments de José Bové, il est naturel que nos anti-OGM patentés de France
et de Navarre se sentent confortés dans leur combat obscurantiste; on peut même à bon
droit estimer qu'une telle attitude ministérielle est parfaitement susceptible de
légitimer, dans l'esprit enflammé de ces ayatollah du principe de précaution, leurs
actions visant à abolir la propriété; sans compter, enfin, que la contestation
systématique du Droit par les Bové de tout poil, d'ailleurs caractérisée par une mise
en cause permanente de la justice par la dérision des juges, peut ainsi trouver une
justification dans la mégalomanie qui depuis longtemps égare l'Etat à la recherche
éperdue et quelque peu irrationnelle d'une grandeur disparue. En définitive, ce qui
devrait tous nous intéresser en premier lieu, tout en laissant José Bové vaquer à ses
chimères, c'est l'obligation - je dirais même le devoir de tout entreprendre pour
éviter que l'Europe, qui en bien des domaines accumule les retards par rapport aux
Etats-Unis d'Amérique, ne faillisse piteusement dans la recherche vitale sur les OGM.
Philippe ROBERT
Retraites : le manque de courage du Gouvernement
Michel Rocard, Edouard Balladur, Alain Juppé, Lionel Jospin et maintenant Jean-Pierre
Raffarin : cela va faire vingt ans que les différents premiers ministres nous promettent
une réforme des retraites, toujours remise au lendemain par manque de courage et/ou sous
la pression des lobbies syndicaux de la fonction publique. Lundi, M. Raffarin a annoncé
devant le Conseil économique et social quil escomptait sattaquer à ce
problème. Il a de manière très flou déclaré quil serait " favorable "
à " une harmonisation progressive des régimes de retraites des fonctionnaires
", tout en expliquant dores et déjà quil nétait " pas
question de remettre en cause lâge légal de 60 ans " (pour les départs à la
retraite)
Courageux mais pas téméraire, alors quun sondage IFOP-Dimanche
Ouest-France révélait que 78% des Français étaient favorables à lidée
dun référendum sur cette réforme, le Premier ministre sest empressé
den écarter lidée. Une lâcheté qui sexpliquerait, selon Jacques
Camus, éditorialiste de La République du Centre, par la volonté d" éviter
de faire des retraites une nouvelle affaire Dreyfus ".
Accords de Marcoussis
Les accords de Marcoussis ne sont que des accords, signés sous l'intercession des
autorités françaises, ancienne puissance coloniale, entre les dirigeants de certains
partis politiques ivoiriens et de mouvements rebelles. Ils n'ont aucune force juridique,
car ils n'ont aucune validité constitutionnelle.
Ils ne respectent pas la Constitution, ni les modalités de sa modification éventuelle.
Ils n'ont aucune valeur juridique : ce ne sont que des accords signés entre des personnes
représentant, des partis politiques en conflit et, des mouvements armés rebelles
agissant contre les autorités constituées.
J.P. Chevallier
La fin de la Banque de France : réduction deffectifs en
vue
Plus de la moitié des succursales disparaîtraient. 3.200 emplois au moins seraient
menacés.
Deux rapports internes, présentés vendredi aux salariés de la Banque de France,
préconisent la fermeture de 105 à 190 succursales sur 211. Il est aussi question de
mettre fin aux activités de clientèle particulière d'ici à 2004. Le gouverneur,
Jean-Claude Trichet, a précisé qu'aucune décision n'était prise. Mais les syndicats
appellent à la mobilisation, et les élus locaux concernés manifestent leur
inquiétude
Milton Friedman, prix Nobel dEconomie : baisses
dimpôts = Gouvernement modeste
Dans un article publié dans le Monde (fait exceptionnel), le libéral Mr Friedman
analyse les propositions de baisse dimpôts de Georges W. Bush. Deux idées
intéressantes sen dégagent :
Lhistoire montre que lidée daugmenter les impôts pour endiguer un
déficit public nest pas valable. " Si on augmente suffisamment les
impôts afin déliminer le déficit existant, la dépense sélèvera pour
restaurer un déficit tolérable ", déclare-t-il. Ainsi toute hausse
dimpôts est suivie dune hausse des dépenses, comme nous pouvons le constater
en France. Le prix Nobel dEconomie est par ailleurs persuadé quune diminution
des impôts entraînera à long terme une baisse des dépenses publiques et donc des
déficits. Mais les baisses dimpôts doivent être définitives et non temporaires.
Ces baisses ne peuvent quencourager les gouvernements à être modestes. Et elles
sont bénéfiques pour les ménages qui verraient leur pouvoir dachat et leurs
possibilités denrichissement augmentés. Une leçon qui serait bien utile pour
notre Gouvernement !
Le président de lUMP bientôt en examen
Alain Juppé, mis en examen dans l'affaire des emplois fictifs du RPR à la mairie de
Paris, pourrait être appelé à comparaître en correctionnelle dès le mois de juin
2003. Au plus tard, le procès aurait lieu au mois d'octobre, révèle Le Parisien.
Vers un nouvel impôt : limpôt retraite ?
François FILLON cherche un moyen d'alimenter le Fonds de réserve des retraites. Comme le
ministre ne compte pas trop sur les recettes de privatisations, il a lancé l'idée d'une
"recette fiscale" devant la commission des Affaires sociales de l'Assemblée
nationale. Impôt nouveau ou affectation au FRR d'un impôt existant ? "La
question est encore en débat", assure un conseiller du ministre.
Par ailleurs, Jean-Pierre RAFFARIN a passé sous silence un éventuel rallongement des
cotisations (de 40 à 41 annuités) pour les salariés du secteur privé. Le Gouvernement
hésite encore à aggraver le différentiel Public/Privé
Irak : le double jeu de la France
Le Nouvel Economiste révèle " quen grand secret, le gouvernement français a
demandé à Washington à faire partie des toutes premières opérations en Irak en cas de
guerre ". Une information implicitement confirmée par lamiral Jacques Lanxade,
ancien chef détat-major des armées et chef du cabinet militaire de François
Mitterrand. Dans le quotidien Le Parisien de mercredi, il affirme que la guerre contre
lIrak est certaine car " léquipe Bush a pris sa décision ",
estimant que les premières opérations militaires pourraient débuter " début mars
". Dans cette optique, affirme-t-il, " la France pourrait envoyer un contingent
ressemblant à celui de la guerre du Golfe : de 10 000 à 12 000 hommes, avec le
porte-avion Charles De Gaulle et des composantes des trois armées, terre, air, marine
". " Les Français pourraient avoir des missions de sécurisation de champs
pétroliers " a-t-il noté. Le " Charles De Gaulle " a appareillé mardi
pour des exercices conjoints avec des bâtiments américains en Méditerranée.
Radié parce quil sest attaqué à la
Franc-maçonnerie
la radiation du barreau de Paris le 17 décembre de Me Bernard Méry, avec "
exécution immédiate ", mesure exceptionnelle, est passée inaperçue. Me Méry, qui
avait obtenu 10% des voix aux élections professionnelles le 25 novembre 2002, était dans
le collimateur des autorités du barreau, qui lui reprochait selon lAFP davoir
" usé de linvective à légard de ses confrères ". Lavocat y
voit plutôt le résultat de sa publication de deux ouvrages, dont lun, "
Justice, Franc-maçonnerie et corruption " lui avait valu la haine tenace des loges.
Dans ce livre, Me Méry dénonçait les pratiques des tribunaux de commerce, ce qui lui a
valu de nombreux procès. Il expliquait encore dernièrement que " les distributions
dhonneurs et de places dans la justice sont aux mains des loges maçonniques ",
quil sattaquait " aux réseaux qui sont à lintérieur de la
justice et qui détournent le cours de la justice au bénéfice dune partie ".
On voit ce quil en coûte
Chirac invite le tyran Mugabe à Paris
Linvitation de Robert Mugabe par Jacques Chirac au sommet franco-africain de Paris,
les 20 et 21 février, a soulevé un véritable tollé. LUnion Européenne avait
interdit de séjour en février 2001 le dictateur du Zimbabwe et pris toute une série de
mesures de rétorsion à lencontre de 70 autres " personnalités " de son
entourage. LUE a prouvé une nouvelle fois son impuissance à se doter dune
politique étrangère cohérente en se révélant incapable la semaine dernière de se
mettre daccord sur la question de la prolongation des sanctions à lencontre
de ce pays. De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, a
légitimé dimanche linvitation de Mugabe, arguant que la France avait fait "
le choix de la responsabilité ", du dialogue, plutôt que celui des sanctions "
qui ne donnent pas toujours les résultats espérés ". Les " résultats "
obtenus par le sanguinaire Mugabe au pouvoir sont eux parfaitement connus : exactions à
caractère raciste avec lexpropriation de milliers de fermiers blancs, le meurtre de
plusieurs dentre eux par les milices de son parti, avec pour conséquence une chute
dramatique de la production agricole qui menace de famine 7 des 11 millions
dhabitants de ce pays. Il faut se souvenir que Jacques Chirac nen est pas à
sa première entorse aux Droits de lHomme, car il avait aussi invité " le
bourreau vietnamien " à Paris
Air Lib, stop et fin.
Ce qu'il y a de plus tragique - et de plus scandaleux - dans la disparition annoncée
d'Air Lib, c'est l'inconscience manifeste pour ne pas dire la malhonnêteté
intellectuelle dont ont fait preuve toutes les parties prenantes dans le prétendu
sauvetage de cette compagnie aérienne privée; en effet, il fallait être aveugle pour ne
pas voir, depuis le début, que cette folle tentative de vouloir prolonger
artificiellement la vie d'Air Lib ne pouvait que se terminer comme elle se termine,
c'est-à-dire par une catastrophe nationale... L'Etat, en particulier, doit être
gravement et doublement mis en cause dans cette affaire : d'abord pour avoir créé, sous
le gouvernement Jospin et sous la responsabilité directe du ministre communiste Gayssot,
toutes les conditions de la faillite inéluctable d'Air Lib en ruinant, d'une part, la
réputation de la compagnie auprès de ses clients et, d'autre part, en faisant subir
pendant de longs mois aux 3.200 salariés du groupe une terrifiante pression morale; tout
cela parce que le nouveau gouvernement dit de droite n'a pas eu le courage de mettre
immédiatement un terme à une telle confusion des genres qui a conduit, aujourd'hui
même, à la mort clinique d'Air Lib.
Quant à Erik de Vlieger, PDG de IMCA, je dois avouer que je ne suis toujours pas parvenu
à déchiffrer ses motivations réelles dans la reprise avortée d'Air Lib alors que la
concurrence des Ryanair (qui vient de racheter la compagnie low cost BUZZ, ex-KLM) et
autres Easyjet ruinait par avance toutes les chances d'Air Lib Express partie trop tard...
De toute évidence, les efforts désordonnés déployés en dépit du bon sens pour rendre
viable cette compagnie se sont manifestement perdus dans les coups de théâtre à
répétition d'un mauvais vaudeville. Aussi je forme le voeu que toutes les leçons soient
tirées de cette tragédie et que l'Etat, en particulier, comprenne enfin qu'il doit
revenir à la raison, c'est-à-dire cesserd'intervenir dans des affaires privées où il
ne peut qu'être la source de tous les désastres. Malgré cela, il semble que
Jean-Charles Corbet, PDG de Air Lib, veuille jouer, pathétique, une dernière carte qui
serait Jacques Chirac lui-même; mais comme le contribuable va devoir régler, une fois de
plus, la lourde ardoise de cette folle aventure (110 millions d'euros et plus à ce jour,
dit-on), la raison impose désormais, contre tout mouvement intempestif du coeur, que l'on
mît un terme définitif à cette tragi-comédie.
Philippe ROBERT
Raffarin veut sauver les retraites mais ne sait pas
comment !
Le Premier ministre a affirmé, devant le Conseil économique et social, sa volonté de
"sauver notre système de répartition", tout en restant très vague sur les
moyens d'y parvenir. Pour réformer, il mise sur "le dialogue social", mais non
sur la négociation. Prudent, il se "refuse" à opposer les fonctionnaires et
les salariés du privé. Un projet de loi pourrait être soumis avant l'été. Le
gouvernement engagera sa responsabilité.
La Cour des comptes présente de nouveaux scandales
Elle sest livrée mercredi à son traditionnel exercice de début dannée :
montrer comment elle veille à la bonne utilisation des deniers publics. De Bercy au Quai
dOrsay, de laide aux handicapés aux stages pour les chômeurs, des
intermittents du spectacle à la politique autoroutière, les abus fusent. Mais publier
des chiffres avec impuissance napporte pas grand chose au débat.
Le système de rémunération qui prévaut au ministère des finances est jugé
"opaque". Son premier président, François Logerot, fait état de
"pratiques curieuses" et assure que le niveau général des rémunérations est
plus fort à Bercy quailleurs. Une différence qui nest pas toujours
justifiée. Cela pose aussi des problèmes de gestion des carrières, puisque les agents
du ministère des finances nont aucune raison daccepter une affectation dans
une autre administration. Et la Cour des comptes de préconiser non seulement un
accroissement de la transparence des systèmes de rémunération, mais aussi une
harmonisation de ces systèmes au sein de lensemble de la fonction publique.
Sur les questions sociales, la Cour dénonce "linsuffisance" du suivi et
de lévaluation de différents dispositifs daides aux chômeurs, comme les
contrats emploi consolidé une des formes de contrats aidés pour des chômeurs
très éloignés du marché du travail, ou les stages organisés par lEtat à
destination des sans-emploi. Et surtout, elle accuse à demi-mot lEtat de se
préoccuper uniquement de lamélioration des statistiques du chômage. Le rapport se
pose en effet la question "de savoir quel est en lespèce lobjectif
vraiment recherché par lEtat : vise-t-il un effet sur la demande demplois ou
sur linsertion professionnelle et sociale des publics les plus en difficulté
?". La Cour des comptes brocarde également quelques aspects de la protection
sociale, notamment la gestion des mutuelles des fonctionnaires et le régime privilégié
des intermittents du spectacle. Enfin sur léquipement et les transports, la Cour
relativise la nécessité de construire un troisième aéroport et appelle plutôt à
développer la capacité dOrly et de Roissy, "moyennant de nouveaux terminaux,
une amélioration des accès et une meilleure utilisation des infrastructures". Si
Aéroports de Paris est montrée du doigt pour sêtre lancée dans des opérations
financières contraires à ses statuts, cest bien pourtant la société française
du tunnel routier du Fréjus qui est particulièrement stigmatisée. Selon la Cour, ses
comptes "ne sont pas réguliers et ne donnent pas une image fidèle de sa situation
financière", qui "reste très préoccupante". A lire : http://www.ccomptes.fr/FramePrinc/frame01.htm
Le président américain veut assainir lassurance sociale
publique (Medicare)
George W. Bush a promis 400 milliards de dollars sur dix ans pour "réformer et
renforcer" Medicare, le système dassurance santé qui prévaut
Outre-Atlantique pour les retraités, plombé par la hausse de ses coûts. Pour y faire
face, il souhaite encourager un nombre toujours plus important de bénéficiaires à
sassurer dans des systèmes privés de gestion de soins.
Le Gouvernement découvre que lISF nuit à
lemploi !
Le Mouvement national des chômeurs et précaires a déposé mercredi à lAssemblée
nationale une pétition pour demander que les "riches" qui investissent
"dans les entreprises nouvelles" soient exonérés de lISF. Ceci afin que
cet impôt, auquel 200.000 contribuables sont assujettis, "serve à créer des
emplois". Cette demande intervient alors que, dans la nuit de mardi à mercredi, les
députés de la majorité chargés dexaminer le projet de loi Dutreil sur
linitiative économique, réunis dans une commission spéciale, ont adopté quatre
mesures dexonérations de lISF, majoritairement en direction des PME. Ces
amendements devraient être votés en séance par lAssemblée le 4 février.
"Le déficit public français a déjà dépassé les 3%"
Selon les calculs de CDC IXIS Capital Markets, le déficit public a atteint 3,3% du PIB en
2002. En lespace dun an, il sest donc accru de près de 2 points de PIB.
Le déficit de lEtat central sélèverait à 55,6 milliards deuros (soit
3,8% du PIB). Loin de lobjectif de 46 milliards affiché lors de laudit des
finances publiques en juillet dernier. Le trou des comptes sociaux représenterait 0,3% du
PIB, après un surplus de 0,3% en 2001. En revanche, les ODAC (Organismes Divers
dAdministration Centrale) et les APUL (Administrations Publiques Locales) sont en
excédent (0,8% du PIB). A linstar de lAllemagne, la France est donc passible
dune procédure pour déficit excessif. Le déficit va se creuser en 2003. Il
atteindra probablement 3,7% du PIB cette année ! Cette nouvelle détérioration
sexplique par la mauvaise conjoncture. En effet, la croissance Française atteindra
à peine 1,5%. Elle restera donc inférieure à son potentiel. Du coup, les recettes
budgétaires (TVA, impôts sur les sociétés) vont souffrir. Parallèlement, les
dépenses de sécurité sociale et surtout le volet " assurance chômage "
devraient être supérieures aux montants envisagés dans la Loi de Financement. Reste à
savoir quelle sera lattitude de la France par rapport aux avertissements de la
Commission européenne. Pour linstant, les autorités semblent hostiles à la mise
en place de mesure visant à résorber rapidement et de manière significative le ratio
déficit/PIB. Mais un tel comportement risque dexacerber les tensions dans la zone
euro. En effet, lAllemagne qui se trouve dans une situation économique et
budgétaire précaires a répondu à la Commission européenne en annulant une partie des
baisses dimpôts prévues et en augmentant dautres. Si la France fini par
prendre la même voie (le risque est non négligeable), la croissance pourrait être
amputée de 0,5 point.
La France premier importateur en Irak !
Elle livre 21 % des importations de Bagdad. Et depuis le passage de la résolution
pétrole contre nourriture, la France est le premier partenaire commercial de l'Irak.
Grâce aux excellentes relations entretenues pendant vingt ans, les sociétés françaises
ont maintenu des liens forts avec les autorités irakiennes. Elles bénéficient d'un
influent réseau d'officines et de lobbies. En cas de changement de régime, leurs
positions privilégiées seront menacées
La poursuite de la privatisation des autoroutes en suspens.
Le Gouvernement reste divisé : La seconde tranche des ASF pourrait être repoussée.
Les grands groupes de BTP sont toujours à l'affût. Alors que la qualité du service de
Cofiroute, concédée à un groupe privé, a été récemment mise en cause. Bercy reste
partisan de la vente. Mais le ministère de l'Equipement rechigne à l'idée de se priver
de redevances utiles au financement des infrastructures. La privatisation de la Sanef
pourrait toutefois intervenir dès 2003.
Bush compte sur le secteur privé pour sécuriser Internet
Le Plan National pour Sécuriser le Cyberespace voulu par Georges W. Bush prévoit que le
secteur privé se dote d'un centre de surveillance d'Internet complémentaire de celui du
ministère de la sécurité intérieure.
Semaine du 4 au 10 février
Raffarin et la réforme des retraite
Ainsi, pas question de remettre en cause l'âge légal
du départ à la retraite à 60 ans, "qui est un acquis social", ou de remplacer
les retraites par répartition par un système de fonds de pension - "Les régimes de
capitalisation sont étrangers à notre histoire sociale", a-t-il souligné
Il a assuré qu'il avait "entendu" les centaines de milliers de manifestants,
qui ont défilé samedi en France pour défendre les retraites, et a donné quelques gages
aux syndicats.
Ainsi, pas question de remettre en cause l'âge légal du départ à la retraite à 60
ans, "qui est un acquis social", ou de remplacer les retraites par répartition
par un système de fonds de pension - "Les régimes de capitalisation sont étrangers
à notre histoire sociale", a-t-il souligné.
Il a cependant souhaité que l'accès à une épargne retraite volontaire en complément
des retraites par répartition soit facilité pour "tous les Français".
La réforme à venir ne touchera pas aux régimes spéciaux, qui devront
"évoluer" dans le cadre de "véritables projets d'entreprise", comme
à EDF ou GDF.
100.000 chômeurs de plus en 2002 La hausse est de 4,8% sur 2002, contre 2,2% en 2001. On compte
désormais 2.306.800 demandeurs d'emploi, soit 9,1% de la population active.
"Si nous avions gagné, nous serions en train de mettre en oeuvre notre projet"
Lionel Jospin, dans une tribune publiée vendredi par Le Monde
A l'occasion des "Masters 2003 de
la création d'entreprise", qui viennent de se
tenir au Sénat, Jean-Pierre Raffarin a souhaité des allègements pour l'ensemble de la
fiscalité, "que ce soit pour l'impôt sur le revenu comme nous l'avons fait, que ce
soit sur la fiscalité du patrimoine (ISF), que ce soit pour la TVA"; dans cette
optique, le chef du gouvernement a vivement souhaité "que ces allègements soient
tournés vers les problèmes de l'économie française, c'est-à-dire l'emploi et
l'investissement". On peut à bon droit en déduire que cette annonce n'est pas sans
rapport avec le projet de loi Dutreil sur l'initiative économique; mais il n'en demeure
pas moins que cette réforme d'essence étatique, dont il ne fait néanmoins pas de doute
qu'elle procède des meilleures intentions, risque fort de se révéler aussi inachevée
que les précédentes et ne soit pas plus capable qu'hier d'épouser l'extrême
complexité de notre temps.
Philippe ROBERT
Selon les données provisoires
publiées par la Caisse Nationale dAssurance Maladie (CNAM), les dépenses de santé ont progressé deux fois plus vite que
lobjectif retenu pour 2002 par le gouvernement et le Parlement. En particulier, les
dépenses dassurance maladie du régime général de la Sécurité sociale ont
atteint 95,06 milliards deuros en 2002. Cela représente une hausse de 7,5% par
rapport à 2001.
Le chômage termine l'année sur une
forte hausse
Lannée 2002 restera comme une très mauvaise
année sur le front de lemploi. Environ 100.000 personnes supplémentaires se sont
en effet retrouvées sans travail, soit une augmentation de 4,8%, selon les chiffres
publiés jeudi soir par le ministère du travail. Le taux de chômage, au sens du BIT, est
quant à lui passé en douze mois de 8,8% à 9,1%. Sur le seul mois de décembre, la
hausse du chômage atteint 0,8%, avec 17.700 demandeurs demploi supplémentaires,
pour un total de 2,3 millions. Le mois dernier comme sur lensemble de 2002, les
jeunes de moins de 25 ans ont été particulièrement touchés. Pour eux, le chômage a
augmenté de 1,9% en décembre et de 6,2% sur lensemble de lannée dernière.
62,7 milliards d'euros sont consacrés
aux rémunérations
12,5 milliards aux cotisations et prestations sociales
29,6 milliards aux retraites civiles et militaires
3,4 milliards aux pensions d'invalidité et de victimes de guerre
6,3 milliards de subventions aux établissements privés
2,82 milliards de dépenses diverses (frais de déplacement, aide sociale), etc.
Source : " Rapport annuel de la fonction publique de l'Etat ", 2001-2002.
Accaparement
" De 1997 à 2002, les dépenses de la fonction
publique ont augmenté de 3,2 % en moyenne annuelle, quand le budget général augmentait
de 2 % en moyenne annuelle, ce différentiel de 1,2 point générant un accaparement
croissant des ressources de l'Etat. [...] En tendance, les dépenses de la fonction
publique continuent de croître plus vite que les dépenses de l'Etat. "
Source : " Fonction publique et réforme de l'Etat ", annexe 21 au rapport
général du Sénat sur la loi de finances 2003.
Les satellites de l'Etat*
CNRS (28 859), CEA (19 107), ANPE (17 840),
CROUS (14 328), Inalco, IAE et autres dépendances de l'enseignement supérieur (14 163),
ONF (11 690), INRA (9 887), Caisse maladie SS (9 769), Agence pour l'enseignement du
français à l'étranger (7 889), Groupe Caisse des dépôts (6 420), Inserm (5 818),
Caisse vieillesse SS (3 905), Institut français de recherche scientifique pour le
développement (3 625), Météo-France (3 184), CNES (2 604), etc.
* Effectifs fin 1998Source : DGAFP, bureau des statistiques (31/12/1998).
Le dinosaure
" Le mammouth est l'ancêtre de l'éléphant.
Géologiquement parlant, il est relativement récent. Les dinosaures, en revanche,
vivaient à l'ère secondaire et ils étaient parents avec les reptiles. Pourparler de
l'Education nationale,je préfère le mot "dinosaure". "
Police : prime sans risques...
Les fonctionnaires de police sont susceptibles de
recevoir des indemnités pour " horaires de nuit, travail du dimanche et des jours
fériés, pour exercice sur poste difficile, pour travaux supplémentaires, pour travaux
extraordinaires, pour travail intensif ", mais également " pour risques
professionnels aériens, pour la surveillance des établissements de jeu, pour frais de
transport pour service en Corse, pour travaux supplémentaires d'enseignement, pour la
connaissance de langues étrangères, pour sujétion spéciale de police, pour sujétions
exceptionnelles, pour travaux insalubres, incommodants ou salissants ", ainsi que des
primes " de déminage, de plongée, de rendement, de jury, d'éloignement, de
délocalisation, d'expatriation, d'installation, d'habitation, de fidélisation, de
fonction, d'incitation, de qualification... "
172 euros
C'est l'écart, en faveur du public, entrele traitement
moyen des fonctionnaires(2 312 euros) et le salaire moyen dansle privé (2 140 euros). .
Source : Insee. Données 2000
CEA : 5 800 euros
C'est ce que les employés du Commissariat à
l'énergie atomique (CEA) reçoivent en cas de mariage. Ils ont aussi 3 000 euros pour le
premier enfant, 5 800 pour les suivants. Sans compter des notes de frais qui dépassent
parfois les 90 000 euros. La dizaine de rapports de la Cour des comptes sur le sujet n'a
rien changé... (Source Ifrap)
Baromètre LE POINT/LA CROIX sur "
la confiance des français dans les médias "
Les Français, entre intérêt et méfiance
Ce n'est pas le moindre des paradoxes de notre baromètre annuel : bon an mal an, les
Français nourrissent vis-à-vis des médias autant d'intérêt que de méfiance. A la fin
de cette année électorale, marquée par les suites afghanes du 11 septembre, l'intérêt
pour les médias a crû de 6 points (72 %). Mais, dans le même temps, les sceptiques ont
gagné du terrain...
Chez les lecteurs de la presse écrite, la confiance repasse sous la barre des 50 % (44 %
cette année). Même phénomène d'érosion concernant l'info télévisée (45 %). La
radio s'en tire le mieux : 55 % des auditeurs lui font encore majoritairement confiance
(en recul de 1 point), même si les " sceptiques des ondes " atteignent un
niveau historique (40 %, en hausse de 4 points en un an) depuis la création du baromètre
en 1987.
Dépénalisation Loffensive du PS Lors de lexamen de la loi sur la
sécurité intérieure, Jean-Marie Le Guen, député PS de Paris, a défendu un amendement
visant à supprimer du code pénal les peines demprisonnement pour toxicomanie, car
" elles ne sont plus en usage depuis longtemps, du fait des consignes explicites
données par les gardes des Sceaux successifs ". Devant le rejet de cette
proposition, Bernard Roman, député PS du Nord, a étonné ses collègues en
sécriant : " Il me semble statistiquement improbable que sur tous nos bancs il
ny ait pas un père, une mère ou un grand-parent dont un enfant ou un petit-enfant,
par un accident de la vie, a consommé une drogue. "
Publicité La dérive qui tue Jean-Marc Nesme, député UMP de Saône-et-Loire, prépare
une proposition de loi contre lutilisation dimages humiliantes dans la
publicité. Il sinsurge contre le fait que " lérotisation actuelle de la
société française se constate aisément dans la publicité, qui utilise de plus en plus
la nudité et la sexualité comme moyen de vente, souvent sans aucun rapport avec le
produit promu ". Or, " ces images dégradantes simpriment dans
lesprit des jeunes ".
Les Américains de plus en plus
web-dépendants (Medialife)
Les internautes accordent de plus en plus leur
confiance au web. Il devient ainsi une source d'information prioritaire pour l'actualité,
la santé ou les services publics. Mais ce qui est bon pour le service public (qui
dépensera moins en structures d'accueil) posera un problème aux médias traditionnels
qui devront repenser leur distribution ou leur complémentarité.
Impôts locaux Le hit-parade des villes
Les produits des taxes sur les particuliers ont
augmenté en moyenne de 53% en dix ans, soit beaucoup plus vite que l'inflation (16,7%)
sur la période! Les écarts énormes entre le calme apparent d'Hyères (+ 12%) et
l'envolée des Abymes (+ 283%), faubourg de Pointe-à-Pitre, partant, il est vrai, de
très bas, sont le reflet d'inégalités criantes. De plus, les taxes foncières (+ 70%)
ont davantage flambé que les taxes d'habitation (+ 36%). La montée des prix de
l'immobilier et l'extension des zones de bureaux expliquent en partie ce déséquilibre,
qui a empli les caisses d'Ivry-sur-Seine ou de Levallois-Perret.
Les 5 plus fortes hausses de 1991 à 2001
Les Abymes + 283% Levallois-Perret + 194% Argenteuil + 100% Calais + 96% Ivry-sur-Seine +
95%
Les 5 plus faibles hausses
Tourcoing + 22% Caen + 20% Roubaix + 19% Metz + 12% Hyères + 12%
Philippe de Villiers souhaite que la
règle des 40 annuités de cotisation s'applique à tous les Français, y compris aux parlementaires qui doivent montrer
"l'exemple".
Dans le système actuel, les cotisations de retraite des députés sont doublées pendant
leurs 15 premières années de mandat (une année de cotisation compte double). Et ils
peuvent toucher leur pension dès 55 ans.
Philippe de Villiers a déposé à l'Assemblée nationale une proposition de loi ayant
pour but de remettre le régime de retraites des députés dans le droit commun des
salariés privés.
La Cour des comptes dresse son
traditionnel réquisitoire
La Cour des comptes sest livrée mercredi à son
traditionnel exercice de début dannée : montrer comment elle veille à la bonne
utilisation des deniers publics. De Bercy au Quai dOrsay, de laide aux
handicapés aux stages pour les chômeurs, des intermittents du spectacle à la politique
autoroutière... Morceaux choisis, sans souci dexhaustivité.
La fonction publique
Le système de rémunération qui prévaut au ministère des finances est jugé
"opaque". Son premier président, François Logerot, fait état de
"pratiques curieuses" et assure que le niveau général des rémunérations est
plus fort à Bercy quailleurs. Une différence qui nest pas toujours
justifiée. Cela pose aussi des problèmes de gestion des carrières, puisque les agents
du ministère des finances nont aucune raison daccepter une affectation dans
une autre administration. Et la Cour des comptes de préconiser non seulement un
accroissement de la transparence des systèmes de rémunération, mais aussi une
harmonisation de ces systèmes au sein de lensemble de la fonction publique.
Les questions sociales
Les magistrats de la rue Cambon dénoncent "linsuffisance" du suivi et de
lévaluation de différents dispositifs daides aux chômeurs, comme les
contrats emploi consolidé une des formes de contrats aidés pour des chômeurs
très éloignés du marché du travail, ou les stages organisés par lEtat à
destination des sans-emploi. Et surtout, elle accuse à demi-mot lEtat de se
préoccuper uniquement de lamélioration des statistiques du chômage. Le rapport se
pose en effet la question "de savoir quel est en lespèce lobjectif
vraiment recherché par lEtat : vise-t-il un effet sur la demande demplois ou
sur linsertion professionnelle et sociale des publics les plus en difficulté
?". La Cour des comptes brocarde également quelques aspects de la protection
sociale, notamment la gestion des mutuelles des fonctionnaires et le régime privilégié
des intermittents du spectacle.
Léquipement et les transports
La Cour relativise la nécessité de construire un troisième aéroport et appelle plutôt
à développer la capacité dOrly et de Roissy, "moyennant de nouveaux
terminaux, une amélioration des accès et une meilleure utilisation des
infrastructures". Si Aéroports de Paris est montrée du doigt pour sêtre
lancée dans des opérations financières contraires à ses statuts, cest bien
pourtant la société française du tunnel routier du Fréjus qui est particulièrement
stigmatisée. Selon la Cour, ses comptes "ne sont pas réguliers et ne donnent pas
une image fidèle de sa situation financière", qui "reste très
préoccupante".
@Sur le web : Lintégralité du rapport sur le site de la Cour des comptes
http://www.ccomptes.fr/FramePrinc/frame01.htm
Un collectif de chômeurs plaide pour
une réforme de l'ISF
Alors que Jean-Pierre Raffarin doit assumer une
réforme de lImpôt de solidarité sur la fortune en pleine tourmente sociale,
voilà une nouvelle inattendue qui va lui faire du bien. Le Mouvement national des
chômeurs et précaires a déposé mercredi à lAssemblée nationale une pétition
pour demander que les "riches" qui investissent "dans les entreprises
nouvelles" soient exonérés de lISF. Ceci afin que cet impôt, auquel 200.000
contribuables sont assujettis, "serve à créer des emplois". Cette demande
intervient alors que, dans la nuit de mardi à mercredi, les députés de la majorité
chargés dexaminer le projet de loi Dutreil sur linitiative économique,
réunis dans une commission spéciale, ont adopté quatre mesures dexonérations de
lISF, majoritairement en direction des PME. Ces amendements devraient être votés
en séance par lAssemblée le 4 février.
Les naissances sont à la baisse Selon l'INSEE, quelque 795.700 bébés sont nés en 2002,
soit 8.000 de moins qu'en 2001. Les Françaises ont accouché à l'âge de 29,4 ans en
moyenne.
Fondation
Robert HUE, qui ne sera sans doute pas député
dimanche prochain, s¹investit dans la mise en place de sa fondation. Le président du PCF
indique qu'il a déjà vu ''des membres du gouvernement au plus haut niveau'' pour
discuter financement : ''Je souhaite que l'État m'accorde ce qu'il accorde à la
Fondation Jean-Jaurès [une fondation socialiste, ndlr], soit environ vingt millions de
francs par an. Pour ma part, j'apporte les locaux et l'investissement de départ''.
Fin du mystère
Cest confirmé : Robert BARCIA, le secret patron
de Lutte ouvrière, nom de code ''HARDY'', publie prochainement, chez DENOËL, l'histoire
de sa vie. Pour la première fois, le mentor d'Arlette LAGUILLER, ancien dirigeant d'une
entreprise d'industrie pharmaceutique, raconte comment il tire dans l'ombre les ficelles
de LO, à travers sa légendaire porte-parole.
Les critiques le plus souvent primaires
adressées par le petit François Hollande au
gouvernement de Jean-Pierre Raffarin ne sont pas obligatoirement à jeter aux chiens; en
effet et s'agissant plus particulièrement du projet de loi Dutreil sur l'initiative
économique, dont le premier ministre lui-même veut d'ailleurs à tout prix éviter qu'il
ne devienne ipso facto une loi sur l'ISF, le premier secrétaire du PS révulsé juge (je
cite fidèlement Le Figaro économie du 29/01/03) <"désolant", "dans ce
climat social extrêmement préoccupant" que "le seul signe qu'envoie le
gouvernement" soit celui d'un "allègement de la cotisation des plus
riches">. La gauche française s'est toujours montrée incapable de franchir la
frontière qui sépare l'irrationnel (souvent travesti en angélisme) de la réalité;
manifestement, elle a décidé de poursuivre dans cette voie, et c'est tant pis pour elle.
Aussi, que Mr Hollande fasse la bête en feignant de ne pas comprendre, par pure
idéologie, par simple démagogie ou, pis encore, par authentique ignorance des
mécanismes universels de l'économie de marché, que le capitalisme honni demeure le
meilleur moyen de créer durablement des richesses et donc d'assurer la prospérité du
plus grand nombre, c'est bien triste pour lui et tous ceux qui le suivent dans cette
impasse intellectuelle; cependant, ne serait-ce pas le moment ou jamais, pour ce
gouvernement de mission, ou devrais-je plutôt dire de la dernière chance, d'en profiter
pour expliquer courageusement et limpidement aux Français, qui ne sont finalement pas
plus bêtes que d'autres, que l'action punitive consistant à systématiquement spolier
les "riches" revient à coup sûr à condamner les "pauvres" à
grossir les rangs de ce qu'il est convenu d'appeler, à gauche, les damnés de la terre ?
Philippe ROBERT
Les différents régimes de retraites
en France
Le système des retraites en France repose
essentiellement sur la "répartition", c'est-à-dire que les cotisations sur les
salaires servent à financer les pensions des retraités. Il existe toutefois une
juxtaposition entre différents régimes, selon qu'on est salarié du privé ou encore
fonctionnaire.
Selon les données du Conseil d'orientation des retraites (COR), dans le privé, les
salariés peuvent bénéficier d'une retraite à taux plein dès lors qu'ils ont cotisé
40 ans, une durée qui n'est que de 37,5 ans dans le secteur public.
Dans le secteur privé, le régime de base couvre les salariés. Leur pension est
calculée en fonction d'un salaire de référence sur les 25 meilleurs années. Le montant
de la pension à taux plein correspond à 50% de ce salaire de référence pour 40 années
de cotisation.
Trois principaux régimes de "retraites complémentaires", dont les plus connus
sont l'Association générale des institutions de retraite des cadres (AGIRC) et
l'Association des régimes de retraite complémentaires (ARRCO), existent pour compléter
la pension de base selon la catégorie professionnelle du cotisant.
La retraite complémentaire perçue est fonction du nombre de points acquis pendant toute
la durée de la carrière. Ces régimes sont, comme le régime de base, des régimes par
répartition.
Toujours dans le secteur privé, les non-salariés et les travailleurs indépendants
bénéficient encore de quatre autres régimes de base selon leur profession: la Caisse
nationale autonome d'assurance vieillesse des artisans (CANCAVA), l'Organisation autonome
nationale d'assurance vieillesse des industriels et des commerçants (ORGANIC), la Caisse
nationale d'assurance vieillesse des professions libérales (CNAPVL) et la Mutualité
sociale agricole (MSA)).
Dans le secteur public, les fonctionnaires ont une retraite assurée par un système de
couverture unique, c'est à dire qu'il n'y a pas de "retraites
complémentaires". Le montant de leur pension est calculé sur la base de 75% du
salaires -hors primes- des six derniers mois de carrière, pour 37,5 ans de cotisation.
Certaines catégories de fonctionnaires peuvent bénéficier de la retraite à partir de
55 ans, voire 50 ans dans certains cas. Il s'agit des fonctionnaires ayant accompli au
moins 15 ans de service dans des emplois présentants "un risque particulier" ou
"occasionnant des fatigues particulières".
Les policiers, les douaniers, les surveillants, les personnels d'exploitation de
l'Equipement ou encore les instituteurs sont notamment concernés.
Des "régimes spéciaux" existent également pour certaines catégories de la
fonction publique, notamment à EDF, à la SNCF, à la RATP, dans les mines, ou encore
pour les ouvriers de l'Etat. Ces régimes permettent de partir à la retraite avant 60
ans, en touchant 75% de la rémunération du salaire du dernier mois travaillé.
Le tour pris par les récents
événements qui déchirent la France blessée me font craindre le pire; l'intervention appuyée de l'Etat dans des affaires privées, au
demeurant fort complexes, qui secouent dans un sens ou dans l'autre notre économie
confrontée à une concurrence internationale féroce ravive mes craintes de voir notre
pays, incapable de réaliser en temps et en heure l'aggiornamento qui lui redonnerait vie,
succomber au charme empoisonné du statu quo moral et politique conduisant au repli sur
soi. Un certain nombre de signes convergents peuvent d'ailleurs tout à fait favoriser une
telle issue qui, à bien des égards, nous serait fatale. Il faut donc noter, à
l'extérieur - sans même se référer aux questions brûlantes de l'Irak et de la Côte
d'Ivoire - la posture psychorigide de la France envers l'Union européenne qui consiste,
s'agissant du Pacte de stabilité et de croissance, à révoquer en doute la validité de
règles admises régissant la viabilité de l'euro; ou bien encore, à l'intérieur même
de notre territoire, le luxe de précautions entourant la mise en oeuvre des réformes
structurelles, à mes yeux réduites une _expression minimale, qui ne permettront jamais
à la France de se redresser durablement, etc. !
Il me paraît donc acquis que ce gouvernement, supposé de droite, n'ose pas montrer le
courage politique dont la France a aujourd'hui un urgent besoin car demain, quoi qu'on
fasse, il sera trop tard; c'est aussi une faute de croire qu'il serait possible de
(mini)réformer en offrant aux syndicats, qui font et défont la politique dans la rue,
ainsi qu'à l'opposition progressiste, fût-elle provisoirement au tapis, tous les moyens
de tuer dans l'oeuf un train de réformes pourtant largement mineures. Tout cela est
corroboré par l'absence criante, dans l'esprit étroit de nos politiques, de la moindre
notion de Liberté avec un grand L; ainsi, s'agissant plus particulièrement de l'ISF,
qu'est-ce qui autorise Jacques Barrot, président du groupe UMP à l'Assemblée, à
froidement affirmer que "s'il peut apparaître légitime de taxer une fortune
dormante, il est tout aussi logique de moins taxer l'épargne créatrice d'emploi, qui
contribue à fortifier l'économie". Mais où se trouve la logique à laquelle
s'accroche, manifestement à bout d'arguments, l'ancien ministre quand il dénie au
citoyen la liberté d'user de sa fortune comme il l'entend ? Pis encore, au nom de quoi
l'Etat abusif se considère-t-il légitimé à lui dicter sa conduite en le privant
autoritairement de son libre arbitre ? Si les mentalités françaises, semble-t-il,
commencent à évoluer dans le bon sens, il serait en revanche profondément tragique que
nos élites politiques se montrent elles-mêmes incapables de produire un tel effort !
Philippe ROBERT
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