Semaine du  30  juillet au 5 août 2002

Bruxelles lance une procédure contre Lisbonne pour déficit excessif
Le déficit public du Portugal a atteint 4,1% du PIB en 2001, dépassant largement la limite des 3% fixée par le Pacte de stabilité
Pour la première fois depuis les débuts de la monnaie unique en 1999, la Commission européenne a annoncé le lancement d'une " procédure de déficit excessif" contre l'un des Etats membres, en l'occurrence le Portugal.
Alors que la France, l'Italie et l'Allemagne s'approchent dangereusement de la limite des 3% fixée par le Pacte de stabilité, le Portugal, lui, l'a clairement dépassée.
En cas de déficit public excessif d'un Etat membre, la Commission de Bruxelles élabore un rapport - ce qui revient à lancer la procédure - puis adresse un avis au Conseil des ministres des Finances des douze. Le Conseil des ministres des Finances évalue à son tour la situation, puis émet ses recommandations vis-à-vis de l'Etat en question, l'invitant "à prendre les mesures d'ajustement nécessaires pour empêcher l'apparition d'un déficit excessif" . Si rien n'est fait pour redresser la situation, les recommandations du Conseil peuvent être rendues publiques. Une mise en demeure peut ensuite être adressée à cet Etat pour qu'il prenne les mesures nécessaires. Enfin, si rien n'est fait, viennent les sanctions.
Concrètement, le Portugal va disposer d'un délai suffisamment long pour prendre des mesures adéquates. Ensuite seulement, la procédure de sanction pourra être enclenchée, qui pourrait déboucher sur une amende équivalente à 0,3% du PIB, soit quelque 270 millions d'euros, ou encore sur une suspension de l'aide au développement accordée au Portugal. Mais Lisbonne n'en est pas là, et Bruxelles a déjà fait savoir que l'objectif était moins d'imposer des sanctions que de faire respecter les critères de stabilité et de croissance.

L'assouplissement des 35 heures à l'hôpital pourrait être étendu à tout le personnel
C’est ce qu’a laissé entendre jeudi Jean-François Mattei. A propos de l’ensemble des professionnels de l’hôpital, le Ministre de la Santé a en effet déclaré : "On ne peut pas les laisser en rade", ajoutant que "l’ensemble des personnels [devait] être traité". Rappelons que lundi, le Conseil supérieur des hôpitaux a validé un amendement à l’accord d’octobre 2001 sur la réduction du temps de travail, qui prévoit que 5 des 20 jours de congés supplémentaires acquis pourront être payés, au lieu d’être effectivement pris, être payés. Une mesure transitoire qui vise à faire face à la pénurie de personnel mais qui, pour le moment, ne concerne que les praticiens hospitaliers et les assistants, et non les autres catégories de personnel.

La Corée du Nord annonce des réformes " révolutionnaires "
Un très légère bouffée de libéralisme semble souffler au nord de la péninsule coréenne. La Corée du Nord aurait entrepris des réformes " à la chinoise " pour libéraliser progressivement son économie et sortir de la crise. Pyongyang avait déjà évoqué, cette année, une " nouvelle phase de changement radical " de son économie. Et de qualifier les mesures annoncées de " révolutionnaires " : remplacement des cadres du Parti par des gestionnaires dans les entreprises, et abandon progressif de la quasi-gratuité dans les magasins de l’Etat. Les autorités songeraient à multiplier par 600 le prix officiel du kilo de riz, et à augmenter les salaires de 17 à 50 fois.
Rupture avec la système stalinien ? Les observateurs restent très sceptiques. Le système de ration ne fonctionnerait déjà plus, les habitants ayant été contraints, aux plus graves périodes de famines, de se débrouiller seuls pour se nourrir. D’autre part, si les réformes étaient adoptées, ce serait toujours l’Etat, et non le marché, qui fixerait les prix.

Contre l'avis de son ministre de l'Economie et des Finances, Jean-Pierre Raffarin a décidé de refuser toute augmentation immédiate des tarifs d'EDF ainsi que du timbre-poste; le premier ministre a justifié sa décision en faisant valoir (AFP du 25/7/02) que face à "la situation d'un grand nombre de Français, qui sont exposés à des conditions difficiles de vie, il y aurait eu là un risque d'injustice". Si l'action des hommes politiques doit être guidée par l'humanisme, il n'en demeure pas moins que l'avenir de la France est aujourd'hui plus que jamais en jeu.
Car la vraie, la grande injustice se trouve bien au contraire dans les grands monopoles d'Etat que sont EDF/GEF, La Poste, France Télécom, Air France etc... dont la pérennité, totalement anachronique dans un monde ouvert, fausse la concurrence et par conséquent prive les consommateurs captifs des bienfaits de l'économie libre. Aussi attendons-nous impatiemment de ce gouvernement, conduit par un homme qui se réclame du libéralisme cher à Frédéric Bastiat, qu'il trouve le courage politique et alors reçoive les soutiens nécessaires pour entreprendre une réformation de fond en comble de la France.
Philippe ROBERT

Les bras m'en tombent ! Car je ne parviens toujours pas à comprendre comment Mario Monti peut seulement s'imaginer que la monnaie unique, en principe au service d'une Europe des libertés, va miraculeusement permettre d'harmoniser (NDLR lire : uniformiser) le prix hors taxes des automobiles; c'est-à-dire que de Londres à Berlin, de Dublin à Madrid, de Paris à Lisbonne, d'Helsinki à Athènes et, bientôt sans doute, de Prague et Varsovie à Bruxelles et Vienne etc... le même type d'automobile devra être proposé au même prix de base hors taxes ! Libre ensuite aux Etats membres d'appliquer leur propre taux de TVA... Je trouve tout cela d'autant plus délirant que ça n'est sûrement pas à la Commission européenne qu'il revient de décréter la concurrence mais au marché lui-même qui est seul en mesure d'apprécier et d'appliquer la vraie valeur des choses. Mais que la Commission fasse en sorte de favoriser la concurrence en faisant des propositions de bon sens, d'accord.
Ce qui implique qu'il est parfaitement inacceptable que Mario Monti - ou tout autre commissaire européen - intervienne massivement dans le libre jeu du marché, en l'occurence celui de l'automobile, pour édifier un château de cartes constructiviste dont on sait par avance qu'il conduira à une mise sous tutelle globale de l'espace européen. Car aujourd'hui, finalement, il ne subsiste réellement que deux façons naturellement antinomiques de concevoir l'Europe : celle du super Etat où le principe de subsidiarité, qui alors apparaîtrait comme un danger permanent pour les eurotechnocrates, serait brimé par tous les moyens; ou bien une Europe fédérale, au meilleur sens du terme qui, tout en respectant à la lettre l'exercice des libertés au sein de l'Union, serait dotée d'une structure centrale légère uniquement dédiée à l'exercice des fonctions régaliennes internes et externes de l'Europe. En attendant, faisons confiance à Valéry Giscard d'Estaing dont la responsabilité, à la tête de la Convention pour l'avenir de l'Europe, est historiquement écrasante.
La conclusion de mon propos initial concernant un prix unifié pour les automobiles reviendra donc à Jean-Jacques Rosa, professeur des Universités à l'Institut des Etudes politiques de Paris, lorsqu'il écrit dans Tocqueville magazine (www.libeco.com) : "(...)Pis encore pour l'effet tellement vanté de convergence des prix : les commentateurs ont dû constater, à leur grande surprise, que les tarifs automobiles et bancaires continuaient de différer d'un pays à l'autre, Euro ou pas Euro. C'est que ces écarts, comme le savent les économistes compétents, dépendent de facteurs autres que monétaires : structures compétitives des industries, coûts de transport et de transaction, divergences des règlementations et fiscalités locales. Ajoutons à cela le maintien des coûts différentiels de retrait des Euros dans les banques qui fait que les touristes ne sont pas non plus exonérés des frais de transactions monétaires lors de leurs déplacements en Europe (...). CQFD et exit Mario Monti...
Philippe ROBERT

Les dépenses militaires dans le monde ont progressé l’an dernier pour la troisième année consécutive, relève dans son dernier rapport l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), qui estime que les attentats du 11 septembre ont constitué un point de rupture dans la sécurité dans le monde. Mais les chiffres de 2001 devraient sans doute être "considérablement" revus à la hausse, car les rallonges budgétaires dont ont bénéficié nombre d’armées après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis et la "guerre contre le terrorisme" qui a suivi n’ont pas été prises en compte.

Les suppressions d’emploi se poursuivent dans l’industrie, avec un recul de 0,8% de l’emploi au premier trimestre 2002 et de 1,3% sur un an, confirmant les difficultés d’un secteur en proie à une hémorragie continue de postes sur fond de plans sociaux. Globalement, la création d’emploi, bien qu’à un rythme ralenti, s’est poursuivie au premier trimestre 2002 (+0,2% et +1,2% sur un an). L’industrie en revanche a continué sa plongée dans le rouge.

 


Semaine du  22  au 29  juillet 2002


Plus de 22 000 faillites en six mois!!!
Les défaillances d’entreprises ne cessent d’augmenter.
Amorcé depuis 15 mois, la recrudescence du nombre de faillites d’entreprises françaises se poursuit.
D&B recense plus de 22 000 dépôt de bilan depuis le premier semestre, en hausse de 4%.


Vivendi: 19.000.000.000 euros, France Télécom: 75.000.000.000 euros... Même en y figurant les zéros, sans doute est-il inutile de tenter d'appréhender la réalité de tels montants que nos cursus ne nous ont pas permis d'étudier. Plus compréhensible pour nos sens sera vraisemblablement la répercussion de ces dettes sur nos feuilles d'impôt à venir. Après tout, n'est-il pas normal que le contribuable participe collectivement aux déboires d'une entreprise dont l'Etat demeure l'actionnaire majoritaire ? Certes, la dette de VU ne pourra profiter de la garantie officielle de l'Etat, mais nul doute que les lois du marché, du milieu et d'autres biotopes insondables permettront de reporter sur la solidarité nationale l'effort de comblement du gouffre que représente la trésorerie du groupe.
Que ce devoir national, que nous accomplirons sans rechigner, nous octroie néanmoins le droit à quelques questions timides, fassent-elles preuve d'un éhonté béotisme vis-à-vis des arts de la finance.
Est-il raisonnable de penser que le creusement de tels abîmes puisse avoir d'autres causes que la répétition d'incroyables fautes de jugement ou, pire encore, quelques invraisemblables incompétences parmi l'élite ?
Le béotien en doutera, sans doute bêtement.
Est-il possible de localiser précisément les auteurs de telles faramineuses bévues où existe-t-il, dans ces milieux aussi, une quelconque solidarité de corps ou, plus péjorativement, une quelconque loi du silence bénéficiant à ceux qui ont fauté dans la défense de la "cause" ?
Le même béotien espérera naïvement que non.
La question essentielle survient alors: est-il possible, raisonnable, efficace, judicieux, de punir les brillants responsables ? En avons-nous seulement pouvoir, nous, non-polytechniciens, non-diplômés de l'ESSEC ou de HEC, non-titulaires de MBA ?
A trop vouloir réclamer de têtes, funeste tradition nationale, on nous menace de brusquer le départ de nos cerveaux vers des cieux moins menaçants, vers des états plus hospitaliers où le citoyen n'a de réel pouvoir que s'il est actionnaire. Menaces très certainement fondées.
Mais alors, s'il faut ainsi choyer nos grands patrons, s'il faut les exonérer de sanctions lorsqu'ils ont fauté de peur qu'ils ne s'exilent faire la fortune d'entreprises américaines ou anglaises (puisqu'ils ne peuvent pas se tromper toujours)... alors laquelle de leur vertu nous protégera d'autres scandales financiers, laquelle de leur vertu nous faudra-t-il flatter pour nous assurer de leur indéniable génie ? Le sens du devoir ? Le patriotisme ? L'ambition ?
Quelle vertu ou quel vice ?
Le béotien ne sait répondre, et voilà sans doute pourquoi il l'est, béotien.


Le Figaro (19/7/02) s'honore de publier Pascal Salin, professeur à l'Université Paris Dauphine, sous le titre : Le capitalisme est-il en crise ?". En effet, nous serions heureux de pouvoir lire plus souvent dans la bonne presse les vrais libéraux français qui, par ailleurs, sont quasiment interdits de télévision tant le bon sens de leurs idées et leur amour de la liberté et de la responsabilité individuelles effraient tous ceux - et Dieu sait qu'ils paradent en France - qui ne vivent que de rentes de situation souvent inavouables ! A tant faire, je crains que le réveil des Français, en admettant même que celui-ci ait jamais lieu, aux incontournables réalités qui fondent le monde libéral d'aujourd'hui ne devienne un vrai cauchemar lorsqu'il faudra régler une facture plus incalculable que jamais.
Pascal Salin réserve dans son article une place importante aux salariés qui ont à souffrir des faillites scandaleuses d'Enron, Woldcom, Andersen et quelques autres dans le monde; car si les employés qui perdent ainsi leur travail sont à juste titre, selon Salin, d'évidentes victimes, il n'en demeure pas moins que personne, nulle part, n'est jamais à l'abri de tels manquements heureusement plutôt rares dont l'expérience constante démontre qu'aucun secteur, public ou privé, ne saurait y échapper. Il n'est d'ailleurs pas inutile de rappeler que dans nos démocraties fondées sur la confiance et le contrat plutôt que la loi, le vrai rôle de l'Etat n'est pas de créer sans cesse des lois et des réglementations (qui devraient valoir tout autant pour lui-même) ou de durcir arbitrairement celles qui sont déjà écrites mais bien plutôt, en favorisant l'essor de l'économie, d'élargir et de fluidifier le marché du travail afin de permettre à tous de rebondir avec un maximum de chances.
En France, la situation politique, économique et sociale est largement soumise aux effets pervers d'une idéologie empoisonnée dans le sens où nous traînons toujours, comme un pesant boulet, des schémas de vie dont l'imposture devrait nous sauter aux yeux et nous guérir enfin d'une cécité mortelle ! En d'autres termes notre pays autiste, alors que le monde autour de nous consent volontiers à jouer le jeu de la liberté, se trouve plus que jamais soumis à des peurs irrationnelles qui nécrosent littéralement l'esprit des citoyens, stérilisent leur pensée et rendent leurs initiatives d'autant plus inopérantes; car l'état de santé de la France est finalement si préoccupant que l'on pourrait même tenir pour acquis que le peuple français, infantilisé et manifestement incapable d'un vrai sursaut, accepte désormais l'idée d'une décadence sans retour... Avons-nous le droit d'en accepter la fatalité ?
Philippe ROBERT

 


Semaine du  15  au 21  juillet 2002

Les Etats Unis s’activent contre l’Irak
Vendredi, le New York Times a publié un document " ultra confidentiel " émanant de l’armée américaine selon lequel " une offensive aérienne, terrestre et maritime contre l’Irak serait prévue par les Etats-Unis pour renverser le gouvernement de Saddam Hussein. Des révélations qui font suite à celles du Washington Post qui le 16 juin dernier rapportait que George W. Bush avait sollicité la CIA afin d’élaborer un plan pour renverser le président irakien, " par la force au besoin " et autoriserait même des agents à le tuer (FDA Quotidien du 25/06/2002). Lundi, le président américain n’a pas apaisé les craintes d’un nouveau conflit en affirmant que les Etats-Unis souhaitaient un " changement de régime ". " Nous utiliserons tous les moyens à notre disposition pour ce faire " a-t-il menacé, expliquant qu’il était " impliqué dans les planifications militaires, diplomatiques et financières " pour atteindre cet objectif.

Action de Contribuables Associés
Les Contribuables associés remettront le 12 juillet aux députés de la nouvelle Assemblée une "boîte à outils du contribuable", contenant plusieurs ustensiles symboliques "pour qu'ils s'attaquent enfin au grand chantier de la réforme de l'État". Cette boîte contient notamment "un mètre, pour prendre les mesures qui s'imposent, une pince pour resserrer les boulons de l'administration, et une lame pour couper dans la dépense publique".

Entrepreneuriat d'Etat.
François Hurel, délégué général de l'Agence pour la création d'entreprises (APCE), vient de remettre à Jean-Pierre Raffarin un rapport fort de soixante propositions destinées à doper les créations d'entreprises en France; pour François Hurel, "Quinze millions de Français (...) aimeraient créer leur entreprise dans les deux ans. L'esprit d'entreprise des Français évolue manifestement beaucoup plus vite que la capacité des pouvoirs publics à réformer". C'est cette dernière remarque, vitale à mon sens, qui a le plus retenu mon attention puisqu'elle implique avec force que l'initiative individuelle, stimulée par la liberté d'entreprendre soumise aux rigueurs du droit, peut parfaitement se passer de l'intervention toujours intempestive de l'Etat.

C'est pourquoi je demeure sur mes gardes quant aux intentions réelles du nouveau gouvernement aux 38 ministères (sic) à offrir enfin aux entrepreneurs les vrais moyens, qui ont pour nom la liberté d'entreprendre, de mettre en oeuvre leurs talents en assumant tous les risques inhérents à une telle démarche. Car s'il n'est en effet pas question pour moi de mettre systématiquement en doute les bonnes intentions du libéral Jean-Pierre Raffarin, la traduction politique des premières mesures proposées par Mr Hurel, confiée à la diligence du secrétaire d'Etat Renaud Dutreil, me paraît néanmoins relever d'une prévenance étatique qui, une fois encore, tombe directement dans le piège constructiviste récurrent qui porte notre malheureux pays à l'anéantissement.

Le bon sens consisterait plutôt à desserrer tous les freins qui bloquent la liberté d'entreprendre comme, par exemple, et pour commencer, la simplification de toutes les procédures; mais, pour François Hurel, "On n'encouragera jamais la création d'entreprise en simplifiant des formulaires ou en réduisant le délai d'obtention d'un "extrait K-bis". Voire. Car les obstacles à la création d'entreprise seraient plutôt d'ordre psychologique, impliquant d'améliorer l'environnement entrepreneurial notamment, argumente le rappporteur Hurel, en "gommant" ce sentiment de <grand saut vers l'inconnu> qui paralyserait les porteurs de projet. Mes convictions libérales sont donc heurtées par cette attitude avec laquelle nous aurions dû rompre et qui consiste, pour l'Etat, à reproduire à l'infini des schémas liberticides qui ont pourtant conduit au superbe isolement de la France.
Philippe ROBERT

Semaine du  08  au 15  juillet 2002

Tous pourris
Alors qu’un nouveau non lieu général a été prononcé dans le procès du sang contaminé, permettant à tous les responsables d’échapper à leur responsabilité, les chiraquiens ont entrepris les grandes manoeuvres pour mettre leur leader à l’abri de toutes poursuites, alors même que son nom apparaît dans cinq dossiers actuellement aux mains de la justice. Le député UMP-RPR Michel Hunault a ainsi évoqué son souhait de voir procéder à un " toilettage " de la législation sur les délits politico-financiers ". Une mesure qui a soulevé un tollé bien démagogique au sein des partis de gauche, tout aussi corrompus que leurs frères ennemis de " droite ", d’autant qu’ils ont également largement profité de la précédente loi d’amnistie. Malgré les dénégations embarrassées de M. Hunault et les promesses du garde des Sceaux Dominique Perben, ce qui est envisagé ici est bien une réforme de la loi qui tendrait au classement des " affaires ", notamment celles concernant les abus de biens sociaux. Ce texte devrait être examiné par l’Assemblée nationale les 1er et 2 août… Mais Jacques Chirac n’a pas que des amis au sein de la droite parlementaire, le président de l’UDF, François Bayrou, s’étant empressé de déclarer qu’il s’opposerait " de toutes ses forces " à un éventuel classement, tandis que Thierry Jean-Pierre, porte-parole d’Alain Madelin, affirmait qu’une " loi d’amnistie ou ce qui en tient lieu serait une faute morale et une faute politique ".

Les clandestins de Lyon : un sacré sens du marketing !
Les clandestins de Lyon organisés au sein d’un collectif et encadrés par une dizaine d’organisations d’extrême gauche ont après avoir quitté l’église Saint-Nizier, squatté depuis samedi le musée de la Résistance et y ont déployé une grande banderole sur laquelle on peut lire : " en ce moment au musée : résistance et déportation aujourd’hui en France ". L’un de leur porte-parole, Abdelkader Mourad, a affirmé que ce lieu était " un symbole " et que " ce serait une honte pour la France que la police " vienne les en " déloger ". Une tentative de manipulation de l’opinion, puisqu’ils occupent justement un lieu retraçant la lutte…contre l’occupation étrangère. Et ce, avec la complicité du maire socialiste Gérard Collomb qui leur a demandé l’autorisation –par l’intermédiaire d’un représentant de l’hôtel de ville- de faire patrouiller dans l’enceinte des policiers municipaux chargés de veiller " à la sécurité des collections " ! M. Mourad a par ailleurs précisé ses exigences, rappelant que dernièrement à Lille, des clandestins avaient déposé 300 demandes et que 170 avaient été acceptées. De son côté, Hakim Herda, autre porte-parole des " sans-papiers ", a exigé " la régularisation de leur situation ", et sommé les autorités " de leur donner un calendrier ". Une situation qui prouve que le langage de fermeté de Nicolas Sarkozy n’est qu’un leurre, puisqu’il se refuse à prendre toute mesure pour expulser ces étrangers en situation irrégulière.

Des émeutes à Lille à l’annonce d’un verdict
Dans la nuit du 15 au 16 avril 2000, dans un quartier " difficile " de Lille, un Algérien de 25 ans, Riad Hamlaoui, avait été tué par un policier Stéphane Andolina, lors du contrôle d’un véhicule volé. Dés l’annonce de la mort du jeune homme, le quartier avait été immédiatement mis à feu et à sang par les " sauvageons " incendies de voitures, caillassages des pompiers, destruction de mobiliers urbains et plus de huit policiers étaient blessés au cours de ces affrontements. La manifestation " d’hommage à Riad " organisée le lundi qui suivit le drame entraîna elle aussi de nombreux incidents et toute la soirée des émeutes se déroulèrent dans les quartiers de Lille-sud. Jeudi, la Cour d’assises du Nord a condamné Stéphane Andolina a trois ans de prison avec sursis rejetant " l’intention criminelle ", mais notant " un ensemble de maladresses ", le jury retenant la qualification " d’homicide involontaire ". L’autopsie pratiquée à l’époque sur Riad Hamaloui avait confirmé les déclarations du policier qui affirmait que l’Algérien était penché en avant au moment du tir, Andolina ayant affirmé avoir " agi par affolement en voyant un mouvement brusque et en se croyant en danger ". L’annonce du verdict a été le prétexte une nouvelle fois à un déchaînement de violence, des " jeunes " ayant quitté la cour d’assises à l’annonce du verdict en promettant " de tout casser ". Jeudi, vendredi et samedi soir, des commandos de jeunes cagoulés reliés par téléphone portable et se déplaçant en voitures ont livré une véritable guérilla urbaine. Vingt voitures ont été brûlées, le commissariat du quartier de Wazemmes a failli subir le même sort, attaqué au cocktail molotov. Pierres et engins incendiaires ont traditionnellement accueilli l’arrivée des forces de l’ordre et des pompiers. Une quinzaine d’interpellations ont été effectués. Une manifestation a même été prévue lundi " contre le verdict de la honte "…

Législation européenne pour l’avortement

Le rapport sans porté juridique- présenté par la socialiste Anne Van Lancker et préconisant la légalisation de l’avortement au sein des pays de l’UE a été adopté mercredi par 280 voix pour, 240 contre et 28 abstentions. Prenant acte que les législations relatives à l’IVG diffèrent beaucoup selon les pays membres ou désirant adhérer à l’Union, Mme Van Lacker a souhaité notamment " que l’avortement soit légalisé, sûr et accessible à tous " . Ce rapport a été critiqué par une européiste convaincue, Avril Doyle, une députée irlandaise siégeant au sein du groupe " démocrate-chrétien " du PE. Non pas au regard de ses éventuelles convictions religieuses, mais parce qu’elle estime qu’il contribuera à renforcer les sentiments anti-européistes du peuple irlandais –majoritairement opposé à l’IVG- lequel a eu le front de rejeter le traité de Nice en Juin 2001 à 54%. Anne Van Lacker insiste également sur le fait que " l’éducation sexuelle doit être prodiguée dès l’enfance et se poursuivre à l’âge adulte en tenant compte des différents styles d’existence "…Cela va sans dire, ce rapport ne prévoit en aucune façon la mise en place d’une alternative à l’avortement permettant d’accueillir l’enfant à naître pour les femmes enceintes en situation difficile. Plus largement, toute politique nataliste est de toute façon frappée du sceau de l’infamie par la gauche.

Télévision publique : changement dans la continuité
Le nouveau ministre le la Culture et de la Communication, Jean-Jacques Aillagon, a déclaré jeudi qu’il souhaitait que la télévision publique " soit plus fidèle encore à ses missions ". " Il lui appartient avec sa dotation de faire en sorte que sa programmation ait un caractère de service public plus marqué " a-t-il encore affirmé. Pour autant, il ne faudra pas s’attendre à une grande révolution dans ce domaine, le pouvoir médiatico-culturel ayant été abandonné depuis bien longtemps à la gauche. Et ce, même si arithmétiquement la redevance dont s’acquitte le citoyen envers le service public est payée par une majorité d’électeurs de droite. M. Aillagon a en effet chargé la romancière et " philosophe " Catherine Clément dont le frère n’est autre que le socialiste Jérôme Clément, président d’Arte d’examiner "l’offre des programmes des chaînes publiques " et de " faire des propositions ". Membre de l’aile gauche du Pôle républicain de Jean-Pierre Chevènement, ex militante PS, elle fait aussi partie de l’association féministe d’extrême gauche " Les chiennes de garde " et signa la pétition " Nous sommes la gauche " lancée par Act-Up en mai 1997. Réunissant le " gratin " des personnalités, officines et associations anti-nationales, celle-ci invitait le PS à se battre " pour les immigrés, les homosexuels, les séropositifs, les toxicomanes, les prisonniers, toutes les personnes qui subissent quotidiennement l’exploitation, la répression, la discrimination ". En fait de " discrimination ", les électeurs nationaux ne sont pas prêt de voir sur les chaînes publiques des programmes et des auteurs partageant leur " vision du monde " et leurs valeurs….

Jean-Pierre Raffarin noie son programme dans un "nouvel humanisme français"
On a beaucoup dit que Jean-Pierre Raffarin passait son Grand Oral mercredi. Et de fait, le discours de politique générale du premier ministre n’a pas réussi à faire oublier les habits de l’exercice traditionnel, avec ce qu’il a de convenu et d’artificiel. Jean-Pierre Raffarin a également pêché sur la durée avec une intervention d’une heure vingt, soit plus que l’heure annoncé dans la presse. Le contraignant à débiter de façon accélérée toute la dernière partie.
Sur le fond, le premier ministre a tenté de placer son projet sous le signe " d’une France porteuse d’un nouvel humanisme ". Une formule qui rappelle assez la célèbre " nouvelle société " déclinée par Jacques Chaban-Delmas à l’occasion d’un discours de politique générale qui fait toujours référence. Mais Jean-Pierre Raffarin s’est quelque peu égaré au départ dans des explications philosophiques. " En fait, a-t-il ainsi indiqué, il s’agit de placer l’homme au centre de notre projet. Il doit rester à l’origine de notre pensée plutôt que l’objet de notre société ". Survenant au terme d’une envolée lyrique assez absconse, cette chute finale censée tout éclairer avait de quoi rendre perplexe.
Le premier ministre a ensuite décliné les quatre piliers de son projet en autant de nouvelles formules que d’aucuns qualifient de " raffarinades ". A savoir un " Etat attentif ", pour dire que l’Etat est trop dispersé et qu’il doit se recentrer sur ses mission régaliennes. Une " République en partage ", ou les responsabilités sont partagées d’un côté avec les acteurs sociaux, de l’autre avec les collectivités locales (rebaptisées au passage " La République des proximités "). Une " France créative ", pour signifier que le gouvernement encouragera les initiatives privées. Et enfin une " mondialisation humanisée "...
Au final, ressort l'impression que l'homme de communication Raffarin aurait dû céder beaucoup plus vite la parole au premier ministre. Les nombreux et lourds chantiers évoqués par la suite - décentralisation, réforme de l'administration, retraites, santé, fiscalité, etc. - auraient sûrement gagné à une présentation plus simple et plus directe.

1,6 milliard d'euros pour freiner la fuite des cerveaux

Philippe Busquin, le commissaire européen chargé de la recherche, a décidé de mettre à profit de la mise en oeuvre du sixième programme cadre de recherche de l'UE (2002-2006) pour accentuer la lutte contre l'exode des scientifiques vers d'autres parties du monde et, notamment, les Etats-Unis. Une enveloppe de 1,6 milliard d'euros a été inscrite au budget européen, soit une augmentation de 50% par rapport au cinquième programme cadre (1998-2002), pour freiner cette fuite des cerveaux. Le niveau plus élevé des salaires et la meilleure qualité des installations expliqueraient cette propension croissante des chercheurs à prolonger leur séjour à l'étranger au-delà de la durée normale de leur formation, entraînant pour l'Europe la perte d'un capital humain et intellectuel très précieux.

Semaine du  2  au 8 juillet 2002

Réformes structurelles.
Sur France Inter, le ministre délégué au Budget, Alain Lambert, a fait part de sa vive préoccupation s'agissant d'une harmonisation des durées de cotisation des retraites entre le secteur public et le secteur privé; de même faut-il trouver et amplifier les moyens de financer nos retraites sans que pour autant les générations futures, placées au pied du mur, ne soient elles-mêmes mises en demeure d'en assurer la lourde charge. Aussi, pourquoi se mettre martel en tête quand la solution vous tend les bras : les fonds de pension, fussent-ils désignés "à la française" pour ménager les nerfs de notre sacro-sainte intelligentsia gauchiste, représentent d'évidence l'avenir de nos retraites en même temps qu'ils renforceront à point nommé notre propre économie. Encore faut-il avoir le courage politique de faire le bon choix en laissant la répartition, condamnée sans appel, mourir de sa belle mort.
En ce qui concerne la baisse d'impôt de 30% sur cinq ans dont 5% dès 2002 promise par Jacques Chirac, la méthode retenue ne me semble pas relever du meilleur bon sens; selon Alain Lambert, "Cette baisse d'impôts est très attendue par les Français parce que c'est le moyen de leur donner un signal d'encouragement car ils sont accablés d'impôts". Certes, certes. Mais pourquoi passer ainsi bêtement à côté d'une vraie et urgentissime réforme fiscale dont l'esprit clair et avisé d'Alain Madelin nous livre la clef : instauration d'un barême où la CSG (7,5% aujourd'hui) deviendrait la première tranche - proportionnelle - de l'IRPP suivie de trois autres tranches - progressives - à 15%, 25% et 33%, abaissant ainsi le scandaleux taux marginal d'imposition de 53,25% (61,25% CSG et CRDS compris) à 33% maximum ?!
Bien entendu, je ne saurais douter de la volonté (libérale) de Jean-Pierre Raffarin et de son gouvernement de réformer l'Etat en profondeur; aussi Alain Lambert a-t-il raison de prôner le prélèvement à la source qui représente un gain de productivité incomparable pour l'administration ainsi qu'un puissant vecteur de simplification pour tous les Français. Mais pour réformer, il ne faut pas être timide : "je souhaite que l'on me démontre d'abord que c'est une bonne solution (NDLR : la retenue à la source). Si son rapport coût/efficacité est meilleur, il ne faudra pas hésiter à choisir cette solution (...)" déclare le ministre du Budget. Nos voisins européens ayant adopté sans coup férir "cette solution", j'ose croire que rien ne s'opposera désormais, pas même la folle exception française, à ce que la France recouvre son bon sens et s'aligne !
Philippe ROBERT

Avec les socialistes, la croissance soutenue qu'a connu la France durant quatre ans est littéralement partie en fumée; du même coup, la confiance que les Français avaient placée dans les mirages de la gauche plurielle s'est aussi vite envolée que cette dernière, prise de la folie des grandeurs, a rapidement dépassé les limites du sens commun politique. Les scandaleux effets d'une législature socialiste sans partage sont maintenant connus qui ont mis la France durablement plus bas que terre.
On peut dès lors comprendre que l'orgueil blessé de Laurent Fabius et Florence Parly les conduise, avec une mauvaise foi qui confine à l'aveu, à user de tous les moyens dilatoires possibles pour masquer leur propre responsabilité dans la situation catastrophique que connaît aujourd'hui notre pays; car nos duettistes socialistes de Bercy avaient froidement annoncé, en févier dernier, une prévision de déficit public pour 2002 inférieure à 1,9% alors que l'audit commandé par Jean-Pierre Raffarin fait désormais état d'un chiffre compris entre 2,3% et 2,6% !!
Il y a en effet de quoi s'arracher les cheveux, ce qui n'empêche nullement Fabius (et Parly) d'accuser sans vergogne le nouveau gouvernement de profiter de chiffres "politiciens" pour préparer on ne sait quel complot destiné, "quand une nouvelle équipe arrive, de charger les prédécesseurs. C'est ce qui est fait cette fois-ci", en particulier pour "préparer les renoncements" que les fausses promesses de Jacques Chirac rendraient inéluctables. Quelqu'un a récemment parlé, concernant la gestion des socialistes, de mensonge d'Etat; voilà pourquoi je pense très fort que ceux qui ont ainsi manipulé les comptes de la France devraient plutôt se taire et rentrer dans leur trou.
Philippe ROBERT

"Bévues de presse"
Bonjour, Je vous signale la publication de "Bévues de presse", un essai très documenté sur le manque de professionnalisme dans -et non pas "de"- la presse française (Editions du Félin, 2002, 240 pages). Il s'agit d'un livre sur le "mal français" vu à travers ses médias, dans la ligne politiquement incorrecte de "Conscience Politique". Le "maljournalisme", ainsi que l’indifférence face à la qualité des enquêtes publiées, question pourtant centrale dans une démocratie, font l'objet du débat que je propose. Ce type d'ouvrage est nouveau en France, alors qu'après tout, la presse y est mise à la même enseigne que l'éducation, les hôpitaux, la justice... dans d'autres essais. A travers une comparaison avec des journaux espagnols et américains, je souligne aussi le manque d'autocritique de nos reporters. Ce livre concerne tous les Français inquiets de la situation politique actuelle. Cordiales salutations
Les fonctionnaires dans la ligne de mire du gouvernement Erreur! Signet non défini.Erreur! Signet non défini.
Les fonctionnaires représenteraient, selon l’Institut français pour la recherche sur les administrations publiques (IFRAP) 27% de la population active française, contre 17% aux Etats-Unis, la moyenne des pays de l’OCDE se situant à 15%. La comparaison n’a pas échappé au ministre délégué au Budget Alain Lambert qui, au lendemain de la publication de l'audit sur les finances de l'Etat, a fait part vendredi de son intention de ne pas " remplacer la totalité des fonctionnaires " qui vont partir à la retraite. " Le non remplacement total des départs en retraite en 2002 permettrait de dégager une économie de l'ordre de 1,8 milliard d'euros en 2002 (pour une réduction d'effectifs d'environ 55.000 fonctionnaires civils) ", stipule en annexe la loi de finance pour 2002. Alain Lambert s'est gardé vendredi de chiffrer le nombre de postes qui pourraient être supprimés.

Le chômage français repart à la hausse
10 800 personnes sont venues, en mai, grossir les rangs des demandeurs d’emploi. Après une pâle décrue au mois d’avril, le chômage a augmenté de 0,5 % pour retrouver son niveau de fin mars, soit 2 232 500 personnes, selon les statistiques publiées vendredi par le ministère des Affaires sociales. Calculé selon la méthode du BIT, le taux de chômage se maintient à 9,1% de la population active.

PCF Les communistes en mal de capital
Une situation si critique que le parti doit procéder à 44 licenciements sur les 104 employés de son siège, soit le second plan de licenciement au PCF, après celui intervenu en 2000. Pour le trésorier du parti, Rolland Jacquet, reconnaître l'état des finances de son parti est " un gage de transparence propre à réconcilier le peuple avec la politique ". Il en veut pour preuve le succès des deux souscriptions nationales qui auraient rapporté à ce jour 2,4 millions d'euros. Cela ne suffira pas à combler un manque à gagner évalué à quelque 4,2 millions d'euros pour 2002 et 2003.
C'est surtout la présidentielle qui fut néfaste au PCF. Celui-ci n'avait pas imaginé que son candidat obtiendrait moins des 5 % de voix qui ouvrent droit au remboursement des frais de campagne par l'Etat. 4,7 millions d'euros avaient été engagés pour la campagne de Robert Hue qui n'a recueilli que 3,37 % des suffrages.

Les principaux chiffres de l'audit
Les principaux chiffres révélés par l'audit des finances publiques dévoilé jeudi par le gouvernement: déficit public: entre 2,3% et 2,6% du PIB (1,4% dans le budget 2002, 1,85% prévu en mars 2002 par le précédent gouvernement). Cela représente un écart de plus de 15 milliards d'euros avec les prévisions. déficit du budget de l'Etat: -3,2% du PIB (2,4% dans le budget 2002)
facteurs de dégradation:
- recettes fiscales: -5,4 milliards d'euros
- recettes non fiscales: -3,3 milliards
- dépenses: +7,4 milliards
facteur d'amélioration:
- prélèvement européen: +1,9 milliard
déficit des comptes sociaux: -0,1% du PIB (+0,1% dans le budget 2002)
facteurs de dégradation:
- dérive des dépenses maladie: -2,9 milliards d'euros
- moindres cotisation et hausse des prestations chômage: -2,9 milliards
facteur d'amélioration:
- amélioration des recettes sociales 2002 liée à la réévaluation de la base 2001: +3,7 milliards
excédent des autres administrations: +0,7% du PIB (+0,9% dans le budget 2002.

Les Verts ont demandé aux socialistes que cinq élus du groupe PS les rejoignent afin qu'ils puissent former un groupe avec les radicaux : il faut, en effet, vingt députés pour faire un groupe, or ils ne sont que 15. Ces 5 députés "prêtés" auraient regagné leur groupe d'origine après une modification du règlement de l'Assemblée, espérée par les écologistes, et qui aurait abaissé à 15 le nombre d'élus minimum pour constituer un groupe... François HOLLANDE n'était pas contre, mais le président du groupe socialiste Jean-Marc AYRAULT s'y est opposé : "ça va faire arrangement".

L'état de la France.
Autant les premières actions du gouvernement Raffarin, pour timides et inachevées qu'elles soient encore, me paraissent aller dans le bon sens, autant leur mise en oeuvre me semble, a contrario, s'opérer de façon brouillonne, en particulier la baisse de 5% de l'impôt sur le revenu (30% sur cinq ans) qui ne règle en rien une réforme fiscale urgente; autant la ferme volonté exprimée par le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, de rétablir sans délai la sûreté des personnes et la sécurité des biens me satisfait au-delà de toute statement, autant l'absence de doctrine politique clairement affichée (en attendant la déclaration de politique générale de Jean-Pierre Raffarin) m'affecte à la seule évocation de la situation précaire dans laquelle se trouve plongé notre pays. L'on pourrait aussi penser que les socialistes, manifestant quelque pudeur, eussent à coeur de ne pas en rajouter dans la démagogie en acceptant les conséquences de leur défaite; mais l'arrogance innée qui n'appartient qu'au seul socialisme triomphant explose alors littéralement à la figure des Français.
Certes, toutes les politiques socialisantes conduites depuis trois décennies de plomb ont largement contribué à ravaler la France, qui néanmoins croit encore dominer le monde, au rang de nation de second rang; personne ne peut en effet nier que quatorze ans de mitterrandisme et cinq ans supplémentaires de gauchisme jospinien effréné ont certainement plus fait pour défaire la nation française que toutes les années réunies de fausse droite, fussent-elles entachées de cohabitation, n'ont elles-mêmes réussi à en précipiter le cours. Car c'est bien à Jospin, Fabius et consorts que l'on doit aujourd'hui l'extravagant déficit public, compris entre 2,3% et 2,6% du PIB, qui révèle l'ampleur de la scandaleuse régression juridique, politique, économique et sociale dont les socialistes ont hideusement affublé la France contemporaine !
Aussi, de quel droit le petit François Hollande se permet-il de déclarer, sans même que le rouge de la honte ne lui monte au front, que l'audit des finances publiques commandé par Jean-Pierre Raffarin "n'est qu'un prétexte, soit pour ne pas respecter les promesses qui ont déjà été faites, soit pour entamer les dépenses publiques du pays" ? L'on sait combien l'argent brûle facilement les doigts des socialistes et conduit ceux-ci à dépenser sans compter et sans souci de l'avenir; le premier secrétaire du PS, une fois encore, nous confirme la réalité de cette malédiction indéfectiblement attachée à la pensée de gauche lorsqu'il affirme (Associated Press du 27/6/02), mû par la plus parfaite mauvaise foi, que le déficit public de 2,4% à 2,6% témoigne d'un "déficit maîtrisé" par le précédent gouvernement (...) après "une chute de la croissance assez sérieuse" ! Un tel degré de légèreté politique, qui est souvent la marque des esprits courts, devrait inciter le libéral Jean-Pierre Raffarin à offrir gracieusement de très longues vacances à la nouvelle opposition.
Philippe ROBERT

Claude Bébéar, président du conseil de surveillance d'Axa
A l'occasion d'un colloque organisé par Ernst and Young sur l'attractivité économique de la France, Claude Bébéar s'est livré lundi 24 juin à une charge remarquée contre la loi sur les 35 heures. Selon l'ancien patron emblématique d'Axa, cette loi risque de rendre les cadres "un peu paresseux", et plus particulièrement les jeunes arrivés au travail avec la loi Aubry. "Il faut intervenir avant que leur esprit ne soit trop pollués", a même exhorté Claude Bébéar. La solution qu'il suggère ? Que les entreprises rachètent à leurs salariés leurs semaines de vacances.

La France devient moins attractive pour les entreprises étrangères
Les investisseurs étrangers trouvent la France moins compétitive, en raison des lois sociales et des charges. C’est ce que révèle une étude du cabinet Ernst and Young sur l’opinion de 200 dirigeants d’entreprises françaises et internationales en 2001. Moins d’une entreprise sur deux envisagerait de développer de nouvelles activités en France. 43% des entreprises américaines seraient prêtes à délocaliser leurs activités françaises ailleurs en Europe. En cause, un environnement administratif et législatif assez flou, un climat social agité, le poids des charges fiscales et les coûts salariaux incitent les investisseurs à s’intéresser à d’autres localisations.
La France a néanmoins accueilli 13,5% des implantations d’entreprises internationales en 2001, ce qui la place au 2ème rang européen. La qualité de vie est l’atout principal de la France par rapport à ses voisins européens. La situation géographique au centre de l’Europe, le bon niveau des infrastructures, la stabilité de la zone monétaire ou les aides publiques restent des atouts clefs dans la valorisation de l’Hexagone. Mais tous ces atouts ne compensent pas le désintérêt des investisseurs. Comparativement à l’an dernier, le nombre d’entreprises a baissé de 24%. Rapporté à son PIB, l’Hexagone ne se situe plus qu’au 9ème rang européen, preuve qu’il est bien en-deça de son poids économique. Pire, le montant des investissements est lui en net recul par rapport aux années 1990. La France n’est plus qu’au 5ème rang européen. A ce sujet, Jean-Pierre Raffarin a demandé en début de mois un avis du Conseil économique et Social sur les moyens d’améliorer l’attractivité en France, prévu pour octobre.