Semaine du
30 juillet au 5 août 2002 Bruxelles lance une
procédure contre Lisbonne pour déficit excessif Pour la première fois depuis les débuts de la monnaie unique en 1999, la Commission européenne a annoncé le lancement d'une " procédure de déficit excessif" contre l'un des Etats membres, en l'occurrence le Portugal. Alors que la France, l'Italie et l'Allemagne s'approchent dangereusement de la limite des 3% fixée par le Pacte de stabilité, le Portugal, lui, l'a clairement dépassée. En cas de déficit public excessif d'un Etat membre, la Commission de Bruxelles élabore un rapport - ce qui revient à lancer la procédure - puis adresse un avis au Conseil des ministres des Finances des douze. Le Conseil des ministres des Finances évalue à son tour la situation, puis émet ses recommandations vis-à-vis de l'Etat en question, l'invitant "à prendre les mesures d'ajustement nécessaires pour empêcher l'apparition d'un déficit excessif" . Si rien n'est fait pour redresser la situation, les recommandations du Conseil peuvent être rendues publiques. Une mise en demeure peut ensuite être adressée à cet Etat pour qu'il prenne les mesures nécessaires. Enfin, si rien n'est fait, viennent les sanctions. Concrètement, le Portugal va disposer d'un délai suffisamment long pour prendre des mesures adéquates. Ensuite seulement, la procédure de sanction pourra être enclenchée, qui pourrait déboucher sur une amende équivalente à 0,3% du PIB, soit quelque 270 millions d'euros, ou encore sur une suspension de l'aide au développement accordée au Portugal. Mais Lisbonne n'en est pas là, et Bruxelles a déjà fait savoir que l'objectif était moins d'imposer des sanctions que de faire respecter les critères de stabilité et de croissance. L'assouplissement des 35 heures à l'hôpital pourrait être étendu à tout le personnel Cest ce qua laissé entendre jeudi Jean-François Mattei. A propos de lensemble des professionnels de lhôpital, le Ministre de la Santé a en effet déclaré : "On ne peut pas les laisser en rade", ajoutant que "lensemble des personnels [devait] être traité". Rappelons que lundi, le Conseil supérieur des hôpitaux a validé un amendement à laccord doctobre 2001 sur la réduction du temps de travail, qui prévoit que 5 des 20 jours de congés supplémentaires acquis pourront être payés, au lieu dêtre effectivement pris, être payés. Une mesure transitoire qui vise à faire face à la pénurie de personnel mais qui, pour le moment, ne concerne que les praticiens hospitaliers et les assistants, et non les autres catégories de personnel. La Corée du Nord annonce des réformes " révolutionnaires " Un très légère bouffée de libéralisme semble souffler au nord de la péninsule coréenne. La Corée du Nord aurait entrepris des réformes " à la chinoise " pour libéraliser progressivement son économie et sortir de la crise. Pyongyang avait déjà évoqué, cette année, une " nouvelle phase de changement radical " de son économie. Et de qualifier les mesures annoncées de " révolutionnaires " : remplacement des cadres du Parti par des gestionnaires dans les entreprises, et abandon progressif de la quasi-gratuité dans les magasins de lEtat. Les autorités songeraient à multiplier par 600 le prix officiel du kilo de riz, et à augmenter les salaires de 17 à 50 fois. Rupture avec la système stalinien ? Les observateurs restent très sceptiques. Le système de ration ne fonctionnerait déjà plus, les habitants ayant été contraints, aux plus graves périodes de famines, de se débrouiller seuls pour se nourrir. Dautre part, si les réformes étaient adoptées, ce serait toujours lEtat, et non le marché, qui fixerait les prix. Contre l'avis de son ministre de l'Economie et des Finances, Jean-Pierre Raffarin a décidé de refuser toute augmentation immédiate des tarifs d'EDF ainsi que du timbre-poste; le premier ministre a justifié sa décision en faisant valoir (AFP du 25/7/02) que face à "la situation d'un grand nombre de Français, qui sont exposés à des conditions difficiles de vie, il y aurait eu là un risque d'injustice". Si l'action des hommes politiques doit être guidée par l'humanisme, il n'en demeure pas moins que l'avenir de la France est aujourd'hui plus que jamais en jeu. Car la vraie, la grande injustice se trouve bien au contraire dans les grands monopoles d'Etat que sont EDF/GEF, La Poste, France Télécom, Air France etc... dont la pérennité, totalement anachronique dans un monde ouvert, fausse la concurrence et par conséquent prive les consommateurs captifs des bienfaits de l'économie libre. Aussi attendons-nous impatiemment de ce gouvernement, conduit par un homme qui se réclame du libéralisme cher à Frédéric Bastiat, qu'il trouve le courage politique et alors reçoive les soutiens nécessaires pour entreprendre une réformation de fond en comble de la France. Philippe ROBERT Les bras m'en tombent ! Car je ne parviens toujours pas à comprendre comment Mario Monti peut seulement s'imaginer que la monnaie unique, en principe au service d'une Europe des libertés, va miraculeusement permettre d'harmoniser (NDLR lire : uniformiser) le prix hors taxes des automobiles; c'est-à-dire que de Londres à Berlin, de Dublin à Madrid, de Paris à Lisbonne, d'Helsinki à Athènes et, bientôt sans doute, de Prague et Varsovie à Bruxelles et Vienne etc... le même type d'automobile devra être proposé au même prix de base hors taxes ! Libre ensuite aux Etats membres d'appliquer leur propre taux de TVA... Je trouve tout cela d'autant plus délirant que ça n'est sûrement pas à la Commission européenne qu'il revient de décréter la concurrence mais au marché lui-même qui est seul en mesure d'apprécier et d'appliquer la vraie valeur des choses. Mais que la Commission fasse en sorte de favoriser la concurrence en faisant des propositions de bon sens, d'accord. Ce qui implique qu'il est parfaitement inacceptable que Mario Monti - ou tout autre commissaire européen - intervienne massivement dans le libre jeu du marché, en l'occurence celui de l'automobile, pour édifier un château de cartes constructiviste dont on sait par avance qu'il conduira à une mise sous tutelle globale de l'espace européen. Car aujourd'hui, finalement, il ne subsiste réellement que deux façons naturellement antinomiques de concevoir l'Europe : celle du super Etat où le principe de subsidiarité, qui alors apparaîtrait comme un danger permanent pour les eurotechnocrates, serait brimé par tous les moyens; ou bien une Europe fédérale, au meilleur sens du terme qui, tout en respectant à la lettre l'exercice des libertés au sein de l'Union, serait dotée d'une structure centrale légère uniquement dédiée à l'exercice des fonctions régaliennes internes et externes de l'Europe. En attendant, faisons confiance à Valéry Giscard d'Estaing dont la responsabilité, à la tête de la Convention pour l'avenir de l'Europe, est historiquement écrasante. La conclusion de mon propos initial concernant un prix unifié pour les automobiles reviendra donc à Jean-Jacques Rosa, professeur des Universités à l'Institut des Etudes politiques de Paris, lorsqu'il écrit dans Tocqueville magazine (www.libeco.com) : "(...)Pis encore pour l'effet tellement vanté de convergence des prix : les commentateurs ont dû constater, à leur grande surprise, que les tarifs automobiles et bancaires continuaient de différer d'un pays à l'autre, Euro ou pas Euro. C'est que ces écarts, comme le savent les économistes compétents, dépendent de facteurs autres que monétaires : structures compétitives des industries, coûts de transport et de transaction, divergences des règlementations et fiscalités locales. Ajoutons à cela le maintien des coûts différentiels de retrait des Euros dans les banques qui fait que les touristes ne sont pas non plus exonérés des frais de transactions monétaires lors de leurs déplacements en Europe (...). CQFD et exit Mario Monti... Philippe ROBERT Les dépenses militaires dans le monde ont progressé lan dernier pour la troisième année consécutive, relève dans son dernier rapport lInstitut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), qui estime que les attentats du 11 septembre ont constitué un point de rupture dans la sécurité dans le monde. Mais les chiffres de 2001 devraient sans doute être "considérablement" revus à la hausse, car les rallonges budgétaires dont ont bénéficié nombre darmées après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis et la "guerre contre le terrorisme" qui a suivi nont pas été prises en compte. Les suppressions demploi se poursuivent dans lindustrie, avec un recul de 0,8% de lemploi au premier trimestre 2002 et de 1,3% sur un an, confirmant les difficultés dun secteur en proie à une hémorragie continue de postes sur fond de plans sociaux. Globalement, la création demploi, bien quà un rythme ralenti, sest poursuivie au premier trimestre 2002 (+0,2% et +1,2% sur un an). Lindustrie en revanche a continué sa plongée dans le rouge.
Vendredi, le New York Times a publié un document " ultra confidentiel " émanant de larmée américaine selon lequel " une offensive aérienne, terrestre et maritime contre lIrak serait prévue par les Etats-Unis pour renverser le gouvernement de Saddam Hussein. Des révélations qui font suite à celles du Washington Post qui le 16 juin dernier rapportait que George W. Bush avait sollicité la CIA afin délaborer un plan pour renverser le président irakien, " par la force au besoin " et autoriserait même des agents à le tuer (FDA Quotidien du 25/06/2002). Lundi, le président américain na pas apaisé les craintes dun nouveau conflit en affirmant que les Etats-Unis souhaitaient un " changement de régime ". " Nous utiliserons tous les moyens à notre disposition pour ce faire " a-t-il menacé, expliquant quil était " impliqué dans les planifications militaires, diplomatiques et financières " pour atteindre cet objectif. Action de Contribuables Associés Les Contribuables associés remettront le 12 juillet aux députés de la nouvelle Assemblée une "boîte à outils du contribuable", contenant plusieurs ustensiles symboliques "pour qu'ils s'attaquent enfin au grand chantier de la réforme de l'État". Cette boîte contient notamment "un mètre, pour prendre les mesures qui s'imposent, une pince pour resserrer les boulons de l'administration, et une lame pour couper dans la dépense publique". Entrepreneuriat d'Etat. François Hurel, délégué général de l'Agence pour la création d'entreprises (APCE), vient de remettre à Jean-Pierre Raffarin un rapport fort de soixante propositions destinées à doper les créations d'entreprises en France; pour François Hurel, "Quinze millions de Français (...) aimeraient créer leur entreprise dans les deux ans. L'esprit d'entreprise des Français évolue manifestement beaucoup plus vite que la capacité des pouvoirs publics à réformer". C'est cette dernière remarque, vitale à mon sens, qui a le plus retenu mon attention puisqu'elle implique avec force que l'initiative individuelle, stimulée par la liberté d'entreprendre soumise aux rigueurs du droit, peut parfaitement se passer de l'intervention toujours intempestive de l'Etat. C'est pourquoi je demeure sur mes gardes quant aux intentions réelles du nouveau gouvernement aux 38 ministères (sic) à offrir enfin aux entrepreneurs les vrais moyens, qui ont pour nom la liberté d'entreprendre, de mettre en oeuvre leurs talents en assumant tous les risques inhérents à une telle démarche. Car s'il n'est en effet pas question pour moi de mettre systématiquement en doute les bonnes intentions du libéral Jean-Pierre Raffarin, la traduction politique des premières mesures proposées par Mr Hurel, confiée à la diligence du secrétaire d'Etat Renaud Dutreil, me paraît néanmoins relever d'une prévenance étatique qui, une fois encore, tombe directement dans le piège constructiviste récurrent qui porte notre malheureux pays à l'anéantissement. Le bon sens consisterait plutôt à desserrer tous les freins qui bloquent la liberté d'entreprendre comme, par exemple, et pour commencer, la simplification de toutes les procédures; mais, pour François Hurel, "On n'encouragera jamais la création d'entreprise en simplifiant des formulaires ou en réduisant le délai d'obtention d'un "extrait K-bis". Voire. Car les obstacles à la création d'entreprise seraient plutôt d'ordre psychologique, impliquant d'améliorer l'environnement entrepreneurial notamment, argumente le rappporteur Hurel, en "gommant" ce sentiment de <grand saut vers l'inconnu> qui paralyserait les porteurs de projet. Mes convictions libérales sont donc heurtées par cette attitude avec laquelle nous aurions dû rompre et qui consiste, pour l'Etat, à reproduire à l'infini des schémas liberticides qui ont pourtant conduit au superbe isolement de la France. Philippe ROBERT Semaine du 08 au 15 juillet 2002 Tous pourrisAlors quun nouveau non lieu général a été prononcé dans le procès du sang contaminé, permettant à tous les responsables déchapper à leur responsabilité, les chiraquiens ont entrepris les grandes manoeuvres pour mettre leur leader à labri de toutes poursuites, alors même que son nom apparaît dans cinq dossiers actuellement aux mains de la justice. Le député UMP-RPR Michel Hunault a ainsi évoqué son souhait de voir procéder à un " toilettage " de la législation sur les délits politico-financiers ". Une mesure qui a soulevé un tollé bien démagogique au sein des partis de gauche, tout aussi corrompus que leurs frères ennemis de " droite ", dautant quils ont également largement profité de la précédente loi damnistie. Malgré les dénégations embarrassées de M. Hunault et les promesses du garde des Sceaux Dominique Perben, ce qui est envisagé ici est bien une réforme de la loi qui tendrait au classement des " affaires ", notamment celles concernant les abus de biens sociaux. Ce texte devrait être examiné par lAssemblée nationale les 1er et 2 août Mais Jacques Chirac na pas que des amis au sein de la droite parlementaire, le président de lUDF, François Bayrou, sétant empressé de déclarer quil sopposerait " de toutes ses forces " à un éventuel classement, tandis que Thierry Jean-Pierre, porte-parole dAlain Madelin, affirmait quune " loi damnistie ou ce qui en tient lieu serait une faute morale et une faute politique ". Les clandestins de Lyon : un sacré sens du marketing ! Les clandestins de Lyon organisés au sein dun collectif et encadrés par une dizaine dorganisations dextrême gauche ont après avoir quitté léglise Saint-Nizier, squatté depuis samedi le musée de la Résistance et y ont déployé une grande banderole sur laquelle on peut lire : " en ce moment au musée : résistance et déportation aujourdhui en France ". Lun de leur porte-parole, Abdelkader Mourad, a affirmé que ce lieu était " un symbole " et que " ce serait une honte pour la France que la police " vienne les en " déloger ". Une tentative de manipulation de lopinion, puisquils occupent justement un lieu retraçant la lutte contre loccupation étrangère. Et ce, avec la complicité du maire socialiste Gérard Collomb qui leur a demandé lautorisation par lintermédiaire dun représentant de lhôtel de ville- de faire patrouiller dans lenceinte des policiers municipaux chargés de veiller " à la sécurité des collections " ! M. Mourad a par ailleurs précisé ses exigences, rappelant que dernièrement à Lille, des clandestins avaient déposé 300 demandes et que 170 avaient été acceptées. De son côté, Hakim Herda, autre porte-parole des " sans-papiers ", a exigé " la régularisation de leur situation ", et sommé les autorités " de leur donner un calendrier ". Une situation qui prouve que le langage de fermeté de Nicolas Sarkozy nest quun leurre, puisquil se refuse à prendre toute mesure pour expulser ces étrangers en situation irrégulière. Des émeutes à Lille à lannonce dun verdict Dans la nuit du 15 au 16 avril 2000, dans un quartier " difficile " de Lille, un Algérien de 25 ans, Riad Hamlaoui, avait été tué par un policier Stéphane Andolina, lors du contrôle dun véhicule volé. Dés lannonce de la mort du jeune homme, le quartier avait été immédiatement mis à feu et à sang par les " sauvageons " incendies de voitures, caillassages des pompiers, destruction de mobiliers urbains et plus de huit policiers étaient blessés au cours de ces affrontements. La manifestation " dhommage à Riad " organisée le lundi qui suivit le drame entraîna elle aussi de nombreux incidents et toute la soirée des émeutes se déroulèrent dans les quartiers de Lille-sud. Jeudi, la Cour dassises du Nord a condamné Stéphane Andolina a trois ans de prison avec sursis rejetant " lintention criminelle ", mais notant " un ensemble de maladresses ", le jury retenant la qualification " dhomicide involontaire ". Lautopsie pratiquée à lépoque sur Riad Hamaloui avait confirmé les déclarations du policier qui affirmait que lAlgérien était penché en avant au moment du tir, Andolina ayant affirmé avoir " agi par affolement en voyant un mouvement brusque et en se croyant en danger ". Lannonce du verdict a été le prétexte une nouvelle fois à un déchaînement de violence, des " jeunes " ayant quitté la cour dassises à lannonce du verdict en promettant " de tout casser ". Jeudi, vendredi et samedi soir, des commandos de jeunes cagoulés reliés par téléphone portable et se déplaçant en voitures ont livré une véritable guérilla urbaine. Vingt voitures ont été brûlées, le commissariat du quartier de Wazemmes a failli subir le même sort, attaqué au cocktail molotov. Pierres et engins incendiaires ont traditionnellement accueilli larrivée des forces de lordre et des pompiers. Une quinzaine dinterpellations ont été effectués. Une manifestation a même été prévue lundi " contre le verdict de la honte " Législation européenne pour lavortement Le rapport sans porté juridique- présenté par la socialiste Anne Van Lancker et préconisant la légalisation de lavortement au sein des pays de lUE a été adopté mercredi par 280 voix pour, 240 contre et 28 abstentions. Prenant acte que les législations relatives à lIVG diffèrent beaucoup selon les pays membres ou désirant adhérer à lUnion, Mme Van Lacker a souhaité notamment " que lavortement soit légalisé, sûr et accessible à tous " . Ce rapport a été critiqué par une européiste convaincue, Avril Doyle, une députée irlandaise siégeant au sein du groupe " démocrate-chrétien " du PE. Non pas au regard de ses éventuelles convictions religieuses, mais parce quelle estime quil contribuera à renforcer les sentiments anti-européistes du peuple irlandais majoritairement opposé à lIVG- lequel a eu le front de rejeter le traité de Nice en Juin 2001 à 54%. Anne Van Lacker insiste également sur le fait que " léducation sexuelle doit être prodiguée dès lenfance et se poursuivre à lâge adulte en tenant compte des différents styles dexistence " Cela va sans dire, ce rapport ne prévoit en aucune façon la mise en place dune alternative à lavortement permettant daccueillir lenfant à naître pour les femmes enceintes en situation difficile. Plus largement, toute politique nataliste est de toute façon frappée du sceau de linfamie par la gauche. Télévision publique : changement dans la continuité Le nouveau ministre le la Culture et de la Communication, Jean-Jacques Aillagon, a déclaré jeudi quil souhaitait que la télévision publique " soit plus fidèle encore à ses missions ". " Il lui appartient avec sa dotation de faire en sorte que sa programmation ait un caractère de service public plus marqué " a-t-il encore affirmé. Pour autant, il ne faudra pas sattendre à une grande révolution dans ce domaine, le pouvoir médiatico-culturel ayant été abandonné depuis bien longtemps à la gauche. Et ce, même si arithmétiquement la redevance dont sacquitte le citoyen envers le service public est payée par une majorité délecteurs de droite. M. Aillagon a en effet chargé la romancière et " philosophe " Catherine Clément dont le frère nest autre que le socialiste Jérôme Clément, président dArte dexaminer "loffre des programmes des chaînes publiques " et de " faire des propositions ". Membre de laile gauche du Pôle républicain de Jean-Pierre Chevènement, ex militante PS, elle fait aussi partie de lassociation féministe dextrême gauche " Les chiennes de garde " et signa la pétition " Nous sommes la gauche " lancée par Act-Up en mai 1997. Réunissant le " gratin " des personnalités, officines et associations anti-nationales, celle-ci invitait le PS à se battre " pour les immigrés, les homosexuels, les séropositifs, les toxicomanes, les prisonniers, toutes les personnes qui subissent quotidiennement lexploitation, la répression, la discrimination ". En fait de " discrimination ", les électeurs nationaux ne sont pas prêt de voir sur les chaînes publiques des programmes et des auteurs partageant leur " vision du monde " et leurs valeurs . Jean-Pierre Raffarin noie son programme dans un "nouvel humanisme français" On a beaucoup dit que Jean-Pierre Raffarin passait son Grand Oral mercredi. Et de fait, le discours de politique générale du premier ministre na pas réussi à faire oublier les habits de lexercice traditionnel, avec ce quil a de convenu et dartificiel. Jean-Pierre Raffarin a également pêché sur la durée avec une intervention dune heure vingt, soit plus que lheure annoncé dans la presse. Le contraignant à débiter de façon accélérée toute la dernière partie. Sur le fond, le premier ministre a tenté de placer son projet sous le signe " dune France porteuse dun nouvel humanisme ". Une formule qui rappelle assez la célèbre " nouvelle société " déclinée par Jacques Chaban-Delmas à loccasion dun discours de politique générale qui fait toujours référence. Mais Jean-Pierre Raffarin sest quelque peu égaré au départ dans des explications philosophiques. " En fait, a-t-il ainsi indiqué, il sagit de placer lhomme au centre de notre projet. Il doit rester à lorigine de notre pensée plutôt que lobjet de notre société ". Survenant au terme dune envolée lyrique assez absconse, cette chute finale censée tout éclairer avait de quoi rendre perplexe. Le premier ministre a ensuite décliné les quatre piliers de son projet en autant de nouvelles formules que daucuns qualifient de " raffarinades ". A savoir un " Etat attentif ", pour dire que lEtat est trop dispersé et quil doit se recentrer sur ses mission régaliennes. Une " République en partage ", ou les responsabilités sont partagées dun côté avec les acteurs sociaux, de lautre avec les collectivités locales (rebaptisées au passage " La République des proximités "). Une " France créative ", pour signifier que le gouvernement encouragera les initiatives privées. Et enfin une " mondialisation humanisée "... Au final, ressort l'impression que l'homme de communication Raffarin aurait dû céder beaucoup plus vite la parole au premier ministre. Les nombreux et lourds chantiers évoqués par la suite - décentralisation, réforme de l'administration, retraites, santé, fiscalité, etc. - auraient sûrement gagné à une présentation plus simple et plus directe. 1,6 milliard d'euros pour freiner la fuite des cerveaux Philippe Busquin, le commissaire européen chargé de la recherche, a décidé de mettre à profit de la mise en oeuvre du sixième programme cadre de recherche de l'UE (2002-2006) pour accentuer la lutte contre l'exode des scientifiques vers d'autres parties du monde et, notamment, les Etats-Unis. Une enveloppe de 1,6 milliard d'euros a été inscrite au budget européen, soit une augmentation de 50% par rapport au cinquième programme cadre (1998-2002), pour freiner cette fuite des cerveaux. Le niveau plus élevé des salaires et la meilleure qualité des installations expliqueraient cette propension croissante des chercheurs à prolonger leur séjour à l'étranger au-delà de la durée normale de leur formation, entraînant pour l'Europe la perte d'un capital humain et intellectuel très précieux. Semaine du 2 au 8 juillet 2002 Réformes structurelles. Claude Bébéar, président du
conseil de surveillance d'Axa La France devient moins attractive pour les entreprises étrangères La France a néanmoins accueilli 13,5% des implantations dentreprises internationales en 2001, ce qui la place au 2ème rang européen. La qualité de vie est latout principal de la France par rapport à ses voisins européens. La situation géographique au centre de lEurope, le bon niveau des infrastructures, la stabilité de la zone monétaire ou les aides publiques restent des atouts clefs dans la valorisation de lHexagone. Mais tous ces atouts ne compensent pas le désintérêt des investisseurs. Comparativement à lan dernier, le nombre dentreprises a baissé de 24%. Rapporté à son PIB, lHexagone ne se situe plus quau 9ème rang européen, preuve quil est bien en-deça de son poids économique. Pire, le montant des investissements est lui en net recul par rapport aux années 1990. La France nest plus quau 5ème rang européen. A ce sujet, Jean-Pierre Raffarin a demandé en début de mois un avis du Conseil économique et Social sur les moyens daméliorer lattractivité en France, prévu pour octobre. |