| Semaine du 21 au 28 octobre 2002
Les comptes de campagne de Bayrou Selon les Echos de vendredi, Jean-Pierre Raffarin veut suspendre pendant 18 mois sept articles de la loi de modernisation sociale, votée par la gauche lannée dernière à la suite des affaires Danone et Marks et Spencer. Le "droit dopposition" des syndicats, le recours au médiateur, et la prépondérance des critères sociaux dans le choix des personnes licenciées seraient notamment dans le collimateur. Tout ceci aboutissant à réduire les délais nécessaires à la mise en place dun plan social. En revanche, le doublement des indemnités de licenciements serait maintenu. Le nouveau texte serait adopté en Conseil des ministres dici quelques semaines, puis examiné par le Parlement début décembre. Surtaxer la pornographie ? Réagissant sainement, les députés français ont rejeté toute mauvaise idée de surtaxer l'industrie pornographique qui, pour avoir droit de cité, règle déjà un écot conséquent à l'Etat; quant à interdire purement et simplement la pornographie à la télévision pour cause de protection de l'enfance, cette conception totalitaire du bonheur obligatoire n'a réellement plus aucun sens au XXIème siècle ! En effet, au nom de quoi l'Etat prétend-il se substituer au citoyen responsable pour garantir l'innocence des enfants éventuellement confrontés à des scènes qui ne relèvent pas de leur âge ? Mais la société est ainsi faite que pour certains, il serait hautement souhaitable et moralement flatteur de placer un censeur derrière chacune de nos chères têtes blondes... Nous entrons alors de plain-pied dans l'éternel combat de la liberté contre la servitude, de la responsabilité individuelle contre le panurgisme bêlant universel qui tue. Dans l'Italie de Silvio Berlusconi, Le Figaro économie des 19/20 octobre 2002 rapporte que "le budget (italien) 2003 prévoit de soumettre les activités liées à la pornographie à un impôt exceptionnel de 25%, de porter la TVA à 20% sur les produits comme les cassettes et les revues, et de majorer de 9% l'impôt sur le revenu des professionnels de la pornographie". Saperlipopette, qu'il est donc malaisé d'être libéral... Car pour John B. Root (Le Monde du 16/10/02), réalisateur et producteur de films pornographiques, augmenter la taxation des entreprises de distribution et de production de films X revient à instaurer une "censure économique" alors que le vrai débat, à ses yeux, se situerait plutôt du côté des "libertés fondamentales". Une fois de plus, il est consternant de noter combien les politiques, fussent-ils animés des meilleures intentions, sont inéluctablement éloignés des réalités au point qu'il faille que tous ceux qui vivent la vraie vie doivent sans cesse les rappeler à l'ordre ! Philippe ROBERT Classement des cliniques Contrairement à certains de mes collègues, le plus souvent absents des classements, j'apprécie votre manière de citer les meilleures cliniques. La méthodologie est sûrement discutable, comme pour toute autre publication. La démarche est cependant admirable. L'établissement dans lequel j'exerce n'y apparaît pas pour une raison simple : nous ne fournissons pas de chiffre. Je me bats pour que cela change. Nous sommes aujourd'hui dans la démarche d'accréditation de l'établissement et cela est prioritaire aux yeux de certains. L'accréditation est une usine à gaz administrative à la française : dispendieuse, prétentieuse et inefficace, censée valoir la norme ISO dans l'industrie. Un hôpital proche d'ici a été voici peu accrédité, le fait étant notifié dans la presse locale : 15 jours plus tard, une salle de chirurgie non conforme était fermée dans cet établissement. Plus de quinze chefs de service ont démissionné dans l'ouest car leurs infirmières passaient plus de deux heures par jour à rédiger une paperasse inutile. Certains établissements sont tombés dans les travers d'établissements américains : des cahiers de protocole de 2000 pages que personne ne consulte jamais. La médecine et la chirurgie française vont mal : grèves permanentes touchant tous les personnels, manque de matériel (IRM, PET scans), effondrement de la recherche (du fait entre autres des génériques). Alors que les établissements hospitaliers réclament 7500 chirurgiens pour appliquer la RTT (grotesque et fort inquiétant de la part de cadres), l'age moyen d'un chirurgien français est de 57 ans. Un interne serait cette année inscrit pour toute la France. Dans 5 ans, le manque de chirurgiens sera dramatique, ce qui souligne l'irresponsabilité de certains confrères hospitaliers. Dans ce contexte, l'accréditation est en partie une perte de temps pour de petits établissements de campagne, utiles me semble t il. Je préfère voir le nom de ma clinique dans vos journaux que gâcher encore du temps pour la validation d'une administration en laquelle personne ne croit plus. Denis dupuy, chirurgien, dole Réformer l'Etat ?... le courage politique, et même le courage tout court dicté par la survie de la nation en pièces, eût consisté à poser d'emblée et limpidement le préalable incontournable d'une cure d'amaigrissement de l'Etat obèse à en crever. Certes, le nouveau gouvernement de centre-droit aurait sans doute essuyé en rafales les foudres des syndicats tout-puissants et outrés de la fonction publique; certes, les Français gâtés par l'Etat providence eussent peut-être eux-mêmes considéré que la pilule était fort amère; mais, au moins, les choses auraient été définitivement clarifiées et personne n'eût alors pu réellement se plaindre d'avoir été pris en traître. Aujourd'hui, s'impose au contraire la désagréable impression que nos hommes de l'Etat godillent à vue et qu'ils n'osent pas, pour la plupart, réformer la France en commençant par là où ça fait vraiment mal et donc là où l'urgence est la plus vive. Philippe Douste-Blazy, secrétaire général de l'UMP, a lui-même déclaré (20/10/02) au Forum de Radio J : "Il faut diminuer le nombre de fonctionnaires là où il y a besoin de moins de fonctionnaires". L'idée qu'il est dorénavant vital d'élaguer l'Etat pour lui rendre la santé et surtout pour faire des économies commence à pénétrer les esprits les plus engourdis; en effet, la question taraudante de savoir comment s'y prendre pour, simultanément, tenir les promesses électorales du président, respecter nos engagements européens et passer le cap létal d'une époque en proie à l'incertitude universelle ne permet désormais plus aucune fantaisie. D'ailleurs, Philippe Douste-Blazy complète avec bon sens son diagnostic en affirmant : "Dans les périodes de conjoncture difficile, on voit que seul le courage paye. Où peut-on être courageux ? On peut être courageux sur les frais de fonctionnement, pas sur les frais d'investissement"... S'il ne suffit certes pas de l'affirmer, c'est déjà nettement mieux que la méthode Coué !! Philippe ROBERT Strasbourg continue de sembraser La guerre civile larvée qui se développe dans les centaines de zones de non droit de nos banlieues ne cesse de progresser. Samedi soir, lannonce de la mort la veille dun jeune voleur, qui en tentant déchapper à la police sest noyé dans le Rhin, a déclenché une émeute dune particulière violence dans le quartier strasbourgeois de Hautepierre dont il était originaire. Une quarantaine de véhicules ont été brûlés par plus dune centaine de sauvageons, armés de batte de base-ball et agissant le visage masqué. Un des véhicules de pompier dépêchés sur place a été assailli par les jeunes, lesquels ont blessé trois soldats du feu, et les forces de lordre ont été rituellement accueillies à coups de cocktail Molotov et de projectiles divers, une voiture de police a été entièrement détruite par le feu tandis quune dizaine dautres ont été endommagées par des jets de pierres. Cette nouvelle flambée de violence à Strasbourg succède à lattaque le 12 octobre dun bureau de poste dans le quartier de la Robertsau au cours de laquelle un postier a été grièvement blessé à larme blanche. Mais elle illustre plus largement le laxisme et limpuissance de léquipe municipale strasbourgeoise, le maire Chiraquien de Strasbourg Fabienne Keller et son premier- adjoint, lUMP Robert Grossmann, prouvent chaque jour un peu plus leur incapacité à imposer lEtat de droit dans leur ville, prisonniers quils sont des dogmes gouvernementaux dans le domaine de la lutte contre linsécurité. Selon le journal britannique The Guardian paru jeudi, la CIA aurait été alertée début septembre de risques dattentats en Asie du sud-est. Une information dont avait fait état en France le magazine Tribune Juive dans son édition en date du 3 octobre, reprenant un document de lagence de renseignement américaine publié par le magazine Time. Lhebdomadaire communautaire, dans un article intitulé " un 11 septembre 2002 déjoué en Asie ", expliquait ainsi à ses lecteurs que deux cadres de premier plan de lorganisation de Ben Laden, Abu Zubaydah (arrête en avril au Pakistan) et Ibn al-Shayk al-Libi, " aurait donné lordre au dénommé Omar Al-Faruq (arrêté le 5 juin à la mosquée de Bogor sur lîle de Java), " de préparer des attentats à grande échelle contre les intérêts américains en Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Taïwan et Cambodge ". Par ailleurs, quatre individus suspectés dappartenir à al-quaïda ont été arrêtés mercredi en Malaisie et le ministre indonésien de la Sécurité, Susilo Bambang Yudhoyono a annoncé quun Yéménite, un Malaisien et un " européen " faisaient partie du commando islamiste de 7 hommes qui serait à lorigine de la boucherie de Bali. A lheure où le dernier bilan de cet attentat contre une discothèque de la ville de Kuta, fait état de près de 200 morts, dont 140 australiens. Au secours, l'Amérique !... Si nous ne voulons pas perdre le contact avec la réalité, il faut sans cesse se référer au 11 septembre 2001, date à laquelle les Etats-Unis d'Amérique ont été touchés au coeur pour la première fois de leur histoire; à cet instant précis, nous sommes entrés dans une guerre totale déclarée aux démocraties d'Occident par un obscurantisme exterminateur aussi diabolique que sanglant. Pour ma part, je ne saurais donc reprocher à l'Amérique de vouloir gagner cette guerre, qui sera longue et périlleuse, avec ou sans l'aide du reste du monde qui refuse de voir l'évidence, c'est-à-dire, par exemple, que l'horrible attentat terroriste de Bali qui a fait 181 morts et plus de 300 blessés peut se reproduire n'importe où et bien entendu en Europe même, à l'instant inconnu qu'aura choisi Al Qaïda relayée par tous les groupuscules terroristes qui infestent les moindres recoins de la planète. Car nous pouvons désormais tenir pour certain que la résistance acharnée des démocraties, avec les Etats-Unis d'Amérique en première ligne, va décupler, dans le combat mortel qui s'est engagé, l'effroyable ardeur meurtrière de Ben Laden et consorts. Il est donc hautement dommageable que le président Bush soit perçu, en particulier en Europe et plus spécialement encore en France, comme un va-t-en-guerre irresponsable que la puissance sans égale à laquelle est parvenue son pays conduit systématiquement à traiter par le mépris la médiation de l'ONU; pour ma part et dans tous les cas de figure, je préfère de loin m'engager aux côtés de George Bush, malgré tous ses défauts, plutôt que de m'en remettre à un "machin" depuis longtemps vidé de toute substance et totalement incapable, pour cause de paralysie institutionnelle, de faire respecter la moindre de ses résolutions. Voudrait-on faire preuve de lucidité qu'il nous faudrait avant tout admettre, même si cela ne nous plaît pas, que rien n'est possible sans les Etats-Unis; il est donc du devoir de l'Europe de répliquer à un tel défi en produisant un effort certes colossal pour atteindre à la dimension de puissance politique et économique majeure. Hélas, nous n'en prenons guère le chemin à vouloir reproduire au plus haut niveau le modèle périmé de l'Etat-nation... Rien, donc, n'est possible sans une participation leader des Etats-Unis même si nos médias, pétris d'anti-américanisme rampant, mettent tout leur coeur à accréditer l'idée que George Bush ferait fausse route en voulant attaquer l'Irak de Saddam Hussein. Mais ce qu'on se garde bien de nous dire, c'est que l'Irak est un verrou géopolitique qui, à lui seul, conditionne sans aucun doute la survie de toutes les autres dictatures enkystées au Moyen-Orient. Malgré tout cela, nous donnons en permanence l'impression de n'avoir toujours pas compris la véritable nature de la guerre totale déclenchée le 11 septembre 2001 par les ennemis jurés de la Liberté. En Allemagne, Gerhard Schröder se fait réélire en brandissant l'arme du refus; en France, des milliers de manifestants défilent pour fustiger la guerre contre l'Irak à l'appel des partis de gauche et d'extrême gauche, d'associations grassement subventionnées et bien entendu des syndicats. Il s'agit, en particulier, d'exiger du gouvernement Raffarin que la France, au cas où les USA parviendraient à imposer leur point de vue aux Nations Unies, opposât son veto à une aussi abominable éventualité. "Non à la guerre en Irak, pas de sang pour le pétrole" scande-t-on en battant le pavé sans nullement se rendre compte que la civilisation à laquelle nous appartenons tous, pour peu qu'elle soit privée de l'énergie qui la meut, retomberait bien vite dans la nuit médiévale. C'est sans aucun doute le but recherché par Al Qaïda pour s'emparer de la planète et la soumettre à la loi d'airain du totalitarisme islamiste. Voilà pourquoi je suis en plein accord avec Guy Millière (www.les4verites.com) lorsqu'il écrit avec clairvoyance dans son article ("Les 4 Vérités Hebdo" No 368 du 12/10/02) intitulé "Les bonnes raisons de George W. Bush" : "(...) Très vite, le président actuel des Etats-Unis et son équipe ont vu que le monde occidental était confronté à une menace subversive et totalitaire d'un type nouveau, et qu'il fallait inventer, face à cette menace, une riposte d'un type nouveau". Après les horreurs indicibles du nazisme et du communisme, il ne ferait vraiment pas bon que l'Amérique, jeune nation éclairée et courageuse, se croisât les bras en attendant passivement qu'une nouvelle barbarie plus aveugle et plus féroce que jamais eût pleinement accompli son oeuvre universelle de mort... Philippe ROBERT Semaine du 14 au 21 octobre 2002 Scandale
Explosion du pétrolier français au large du Yémen : la
piste sérieuse de lattentat Semaine du
1 au 7 octobre 2002 Lendettement des entreprises
publiques Endettement : 69.7 milliards deuros au 30 juin 2002 soit 1191 euros par Français SNCF Endettement : 7.3 milliards deuros à fin 2001 soit 125 euros par Français EDF Endettement : 22.2 milliards deuros à fin 2001 soit 379 euros par Français La Poste Endettement : 2.9 milliards deuros à fin 2001 soit 50 euros par Français Indicateurs les plus fiables permettant d'anticiper la croissance Pratiquement jamais cité, l'un des indicateurs les plus fiables permettant d'anticiper la croissance, par-delà les multiples indicateurs établis par les analystes financiers, est celui du carton ondulé, à la base de la quasi-totalité des emballages : si les industriels pensent que la croissance va reprendre, ils commandent du carton; s'ils pensent qu'elle va s'affaiblir, ils n'en commandent pas. La courbe actuelle du car- ton ondulé en France laisse entrevoir au moins un ralentissement, sinon un retournement de l'activité, pour la fin de l'année 2002. Entre le premier semestre 2001 et le premier semestre 2002, les commandes ont déjà baissé de 3,4% et la plongée paraît s'être accentuée en août et durant la première quinzaine de septembre. Lu dans FAITS&DOCUMENTS 15 au 30 septembre 2002 Les Français favorables à 51% à la modification des 35h souhaitée par le gouvernement, 18/09/02, CSA/Le Parisien-Aujourd'hui en France 67% des actifs français seraient prêts à abandonner les 35h pour financer leur retraite, 17/09/02, IPSOS/Pleine Vie. Il faut renforcer la législation contre les chauffards, pour 73% des Français, 17/09/02, SOFRES/Le Pèlerin magazine. Les Français sont plus favorables à une intervention en Irak (34% contre 22% en août), 15/09/02, IFOP/Le Journal du dimanche J'ai écouté avec attention le premier ministre s'exprimer sous le feu des questions des journalistes, ce soir, sur France 2. Toutefois, ce n'est pas tant sa prestation personnelle ni les interventions de Claude Allègre que je voudrais ici commenter; mais bien plutôt faire part de l'impression extrêmement inamicale que j'ai retirée de cette émission mise en ondes par le service public audiovisuel à la française. Je me permettrais même d'affirmer, en écrivant ces lignes, que je n'en suis toujours pas remis ! Car après avoir assisté à un tel exercice de manipulation de l'opinion, il ne devrait plus être possible pour personne d'affirmer que la télévision publique, subventionnée par les contribuables français, n'abrite pas en son sein la plus grande concentration nationale de journalistes fortement marqués à gauche ! "Mais quoi de plus périlleux que d'exhorter au pur bon sens quand, dans le même temps, l'on s'ingénie à décérébrer les Français pour mieux s'en servir ?" ("Vous avez dit socialisme ?" du 26/09/02). Philippe ROBERT Le moment me semble venu, après tant d'années de socialisme de gauche et de droite, de séparer le bon grain de l'ivraie; en d'autres termes, il me paraît vital que la France d'en bas comme celle d'en haut, cette dernière n'étant pas nécessairement plus instruite de bonne politique, découvre enfin ce que veut dire réellement le mot "socialisme", fût-ce, au pire, à la française. C'est donc à Frédéric Bastiat (1801-1850), notre grand économiste libéral de réputation mondiale à l'exception notable, hélas, de la France, que j'emprunterais la meilleure définition à mes yeux de cette longue, douloureuse et coûteuse maladie qui, depuis des temps immémoriaux, étreint le peuple français sous le nom de "socialisme". Frédéric Bastiat, qui est à mon sens l'un des plus pénétrants et des plus sincères de nos grands penseurs, énonce donc ceci (relevé sur Tocqueville magazine : www.libeco.com) : "Quiconque, ignorant le fait que le corps social est un ensemble de lois naturelles comme le corps physique de l'homme, rêve de créer une société artificielle et de manipuler arbitrairement la famille, la propriété, la justice et la nature humaine, cette personne est un socialiste. le socialiste ne s'occupe pas de physiologie, mais de sculpture; il n'observe pas, il invente; il ne sert pas les hommes, il s'en sert. Il n'étudie pas leur nature, il la change, suivant l'avis de Rousseau". Voilà qui devrait, au minimum, appeler les uns et les autres à une réflexion approfondie ainsi qu'à beaucoup d'humilité dans l'action. Car la vérité d'une telle observation devrait inciter beaucoup d'entre nous à s'informer de la véritable nature du libéralisme pour s'éviter, par ignorance ou mauvaise foi, de formuler les plus monstrueuses âneries; en l'occurrence, je ne pense donc pas seulement à la gauche et à l'ultra-gauche, chez qui cette posture est naturelle, mais aussi aux élites de droite qui, spécialement en France, refusent de quitter le confort d'une pensée socialisante et forcément abâtardie pour emprunter, en y mettant le courage politique requis, les voies qui conduisent à la vraie liberté. Mais quoi de plus périlleux que d'exhorter au pur bon sens quand, dans le même temps, l'on s'ingénie à décérébrer les Français pour mieux s'en servir ? Philippe ROBERT Les comptes de la Sécurité sociale dérapent La commission des comptes de la Sécurité sociale a annoncé que le régime général passe dans le rouge, après trois années d'excédents (1,1 milliards d'euros en 2001). Elle estime le déficit pour l'année 2002 à 3,3 mds d'euros, contre 2,4 mds d'euros prévus en juillet. Elle prévoit également une perte de 4,6 mds d'euros pour 2003. Les grandes entreprises publiques 5,2% des emplois salariés proviennent des quelque 1500 entreprises publiques que l'Etat régit en détenant au moins la majorité du capital et dont la valeur boursière est évaluée à plus de 100 mds d'euros. A côté des entreprises publiques, l'Etat détient encore 26,7% du capital de Renault, 32,6% de celui de Thalès (ex-Thomson Défense), 21% de Thomson Multimédia ou encore 9,6% du capital du Crédit Lyonnais. Il s'agit d'anciennes entreprises publiques entre temps privatisées et cotées en bourse. Le gouvernement vient de rendre son oracle en ce qui concerne le budget 2003; celui-ci est construit sur une prévision de croissance de 2,5%, peut-être trop optimiste aux yeux de Francis Mer. A cette occasion, les vrais libéraux ne manquent pas de regretter que Jean-Pierre Raffarin n'ose pas réellement réformer la France si ce n'est avec des pincettes; certes, les forces politiques et syndicales qui tiennent notre pays et le freinent dans son développement en brimant scandaleusement les Français ne sont pas une mince affaire; mais il n'en demeure pas moins qu'il est fort dommageable que l'action du gouvernement soit trop limitée, pour l'essentiel, à la seule réalisation des promesses de Jacques Chirac. En effet, les indispensables baisses d'impôts et de charges, subordonnées à une croissance élevée dans une conjoncture durablement précaire, risquent finalement de peser lourd sur la crédibilité du "fusible" Jean-Pierre Raffarin... Comme il n'est plus temps de remettre à plus tard les réformes structurelles sans lesquelles la France, qui est au plus bas, prend alors le risque mortel de ne plus pouvoir se relever, c'est aujourd'hui même et non plus demain, sous un autre gouvernement, qu'il faut prendre à bras-le-corps les blocages qui maintiennent notre pays dans un état proche de l'infantilisation. Aussi faut-il noter le caractère novateur d'un sondage BVA, commandé par l'association Contribuables associés (Le Figaro économie du 25/09/02), qui indique que 59% de nos compatriotes jugent "trop important" le montant de nos dépenses publiques, contre 19% qui les jugent équilibrés et 16% insuffisants... Autre bonne surprise, 77% des Français pensent qu'il est possible de bénéficier de services publics de qualité pour un moindre coût. Il s'agit là d'une excellente nouvelle qui, si elle est confirmée, devrait porter nos princes à plus de confiance dans le peuple et à plus d'audace dans la réformation du pays ! Philippe ROBERT En Espagne, le nouveau ministre du travail, Eduardo Zaplana, a déclaré que le moment était venu douvrir un débat tranquille et sans crainte sur la question de la gestion privée de certains services publics. Il songe en particulier au système de retraite, à la santé publique, à lassurance-chômage ou à laide aux personnes âgées. Pour le ministre, il est temps que les syndicats oublient les vieux principes du vingtième siècle concernant la gestion publique des prestations sociales. Le ministre a une certaine expérience en la matière, car, lorsquil présidait la région de Valence, il avait fait appel à des organismes privés pour assurer le bon fonctionnement des services publics transférés par lEtat, comme léducation ou la santé publique. Cest ainsi quen matière déducation il avait donné la priorité à la signature daccords avec des centres privés, qui reçoivent désormais plus de 60% des étudiants de la région. Lentreprise dispose de plusieurs moyens pour se financer. La bourse na pas pour vocation dêtre lexcellence du financement de lentreprise. Cest avant tout le lieu déchange de titres de propriété. Chacun est libre de disposer de titres de propriété, comme chacun est libre de disposer dune maison ou de quelconque objet. Cela implique la responsabilité de lacheteur et du vendeur, et cela coule de source car pourquoi disposer de titres de propriété si ce nest pour en tirer profit ? La bourse est essentiellement une affaire de propriétaires, tout comme il y a des foires spécialisées pour la vente de voitures, de meubles etc Ce que décident de faire deux personnes par libre consentement nest laffaire libre que de ces deux personnes. Si jachète des titres, je mentends sur un prix dachat avec un vendeur. Cest comme dans les relations sexuelles. Il est très curieux de juger immoral ce que deux personnes peuvent établir par libre consentement, et par extension ce que les actionnaires font entre eux. Mais pour lopinion naïve, il suffit dacheter des titres de propriété pour senrichir. Il est très répandu, par exemple, dacheter une maison, dans la croyance que plus tard, on en sera plus riche. Mais jamais on ne devient plus riche sans effort. Le bien immobilier, il faut lentretenir, et il faut le valoriser par des travaux dembellissement, il faut aussi sinformer, pour savoir si par exemple le quartier demeure côté pour ne pas avoir à souffrir. Lactionnaire naïf simagine que la détention de titres lui donne un droit à être plus riche sans rien faire. Quelle fadaise ! Lactionnaire est un propriétaire, et il doit sinformer en propriétaire consciencieux, par exemple étudier les rapports danalyse financière, danalyse technique, la conjoncture économique, la politique internationale etc Enfin, aucun objet ou concept ne saurait être au service dun autre objet ou concept. Jamais par exemple, la Terre serait au service de la Lune pour que celle ci tourne autour de la Terre. Il y a des lois, et principalement la loi de causalité. Rien ne peut être naturellement au service de lHomme, sauf pour les sorciers animistes qui estiment quun arbre peut être habité par une force favorable à lHomme. LHomme décide et ne peut entreprendre décisivement quavec lexercice de la raison. Lactivité économique ne découle que de cette faculté, elle nexiste pas dans la nature. Lorsque je crée un pont pour traverser une rivière, le pont nest pas à mon service. Cest moi-même qui me rend service. Il serait fécond détudier les systèmes philosophiques où sont présentées des hiérarchies de valeur. On reconnaîtra sans doute le Christianisme comme une doctrine ayant placé lAmour comme la valeur suprême. Mais nest-il pas curieux de présenter lactivité économique, nécessaire au bien être de chacun, comme inférieure ? Est-il supérieur daimer fut-ce revêtu dune peau de bête où dans létat de lhomme des grottes de Lascaux ? A cela, les croyants répondraient : il y a le jardin dEden où tous les arbres donnent des fruits à volonté, la rivière coule de lait, lhabillement nest pas nécessaire car il fait perpétuellement bon Vouloir séchapper de la réalité est précisément limmoralité. Rappelons que la morale est fondamentalement la constitution dun corps de valeurs permettant à lhomme de survivre puis de progresser dans un monde réel. Toute doctrine faisant appel au rêve nest en fait quune doctrine invitant les individus à la mort dailleurs considérée comme suprême libératrice. Fred Rabeman Il y a plus d'une semaine, ViaNice révélait en exclusivité que le ministre de la Justice donnait trois semaines à Eric de Montgolfier pour "faire ses valises". On pensait cette mutation conséquente au rapport de l'inspection générale des services, qui accable le procureur du tribunal de Nice. Il n'en est rien. Montgolfier s'en va, le scoop est confirmé, mais pour une toute autre raison : le maire de Nice, Jacques Peyrat, a obtenu sa mutation ! C'est en tout cas ce que nous avons appris, avec surprise, en assistant, samedi, au discours que M. Peyrat a tenu sur la colline du château : "Pendant les cinq ans de législature socialiste, je n'ai jamais été reçu par aucun ministre. Depuis que l'UMP a la majorité, j'ai déjà rencontré douze ministres, et obtenu beaucoup de choses positives : la nouvelle mairie, les urgences à l'hôpital Pasteur et surtout, une promotion, ailleurs, pour quelqu'un qui assure la justice dans la ville de Nice." La fête de lHumanité a eu lieu dimanche dernier dans le Parc de la Courneuve. Les médias ont " fait leur travail ", annonçant sans relâche la fête et son succès " populaire ", comme si le PC était un parti comme les autres et, surtout, oubliant son score électoral très faible. Le PC ne représente plus grand chose sur le plan électoral, mais il est encore très puissant dans les médias, où il bénéficie dune forte complicité, comme dans les syndicats ou les rouages de ladministration. Le PC a été laminé, mais il est loin dêtre mort dans les esprits. Nous avons aussi pu tout savoir sur les immenses vedettes qui ont apporté leur contribution au succès de la fête de ce qui reste quand même le dernier parti authentiquement stalinien dEurope. Yannick NOAH ou les Motivés ont ainsi pu montrer de quel côté penchait leur cur. Le PS et les Verts étaient représentés et même KRIVINE, pourtant longtemps détesté, participait aux débats. Le PC reste décidément à gauche la grande référence. Une grande majorité de Français, 73% exactement, ont apprécié Jean-Pierre Raffarin sur France 2 jeudi soir; cette excellente nouvelle, issue d'un sondage réalisé le lendemain 27 septembre 2002, confère des devoirs, en particulier celui de ne pas décevoir les électeurs qui demandent clairement qu'une politique vraiment novatrice fût désormais mise en oeuvre. Il est tout aussi important et réconfortant de préciser que 79% de nos compatriotes ont jugé le premier ministre "compétent", 75% "sincère", 70% "à l'écoute des Français", 65% "convaincant" et surtout, aux yeux de 62% d'entre eux, Monsieur Raffarin "a donné une direction pour l'avenir". Un tel score, d'ailleurs non exhaustif, devrait donc nous mettre du baume au coeur et nous appeler à souhaiter une pleine réussite à l'équipe Raffarin. Toutefois, la question reste posée de savoir si Jean-Pierre Raffarin, confronté pour 2003 à une chute sévère de la croissance, saura faire les bons choix pour surmonter la crise dans laquelle la France, une fois de plus, s'enfonce désarmée; c'est précisément ce que le sage François d'Orcival essaie lucidement de mettre au jour lorsqu'il écrit (Valeurs Actuelles du 27/09/02) : "Devant une telle crise, deux attitudes sont possibles. La plus fréquente, celle pratiquée par les gouvernements de gauche (et de droite aussi) depuis vingt ans, revenait à faire peser l'austérité sur "les autres" en épargnant l'Etat : celui-ci augmentait les impôt et distribuait de l'argent (...)". En effet, nous ne savons que trop jusqu'à quel degré de pléthore de fonction publique, d'assistanat généralisé et de déresponsabilisation individuelle cette constante politique progressiste à la française a conduit la France. François d'Orcival poursuit : "L'autre attitude, la seule qui puisse permettre de profiter de la reprise dès qu'elle se présentera, consiste pour l'Etat à s'appliquer l'austérité à lui-même, en taillant dans les dépenses, sauf dans les dépenses d'investissement, et à stimuler par la décrue fiscale tout ce qui peut favoriser la création de richesses, l'investissement productif, l'emploi". Pour ma part, je demeure toujours persuadé que la France, aujourd'hui, a plus besoin d'un grand coup de courage politique que d'un traitement bonhomme, fût-il débordant de pragmatisme, dont les conséquences en cas d'échec seraient sûrement incalculables ! Je n'ose alors imaginer la tragédie qui s'abattrait sur notre pays s'il prenait aux Français déçus, dans cinq ans, d'appeler à la rescousse les pères fondateurs, Emmanuelli et Mélanchon, du courant ultrasocialiste "à vocation majoritaire" intitulé Nouveau Monde qui vient de voir le jour à Argelès-sur Mer... Philippe ROBERT Il ne viendrait à l'esprit d'aucune personne sensée de continuer à rouler en voiture en faisant regonfler tous les kilomètres le pneu crevé de son véhicule. Or que font tous les fonctionnaires dès qu'un besoin nouveau se fait sentir : ils réclament davantage d'agent, davantage de moyens, sans chercher à comprendre pourquoi ce besoin n'a pu être satisfait avec les moyens ordinaires. Cela est surtout vrai pour l'Éducation Nationale, la Sécurité Sociale, la Poste, la SNCF , les employés du Ministère des Finances pour ne citer que les cas les plus représentatifs de cet état d'esprit de ceux qui ne voient jamais d'autres solutions que de continuer à demander à regonfler encore et encore leur effectifs! Alors que l'informatique permet de faire en une heure ce qu'un employé faisait autrefois en plusieurs jours, sa généralisation n'a provoqué aucune véritable réorganisation des administrations et des services à l'instar de ce qui s'est passé dans le privé. C'est vrai tout autant dans la fonction publique territoriale dont les agents sont maintenant a peu près tous fonctionnarisés. Telle petite commune qui avait autrefois dix employés dont quatre bureaucrates avant l'informatisation en a maintenant vingt dont six derrière leur bureau qui justifient leur présence en produisant d'innombrables états et statistiques qui réjouissent l'oeil mais dont les maires précédents comme leurs administrés se passaient allègrement avant eux. Monsieur Raffarin a raison : mieux administrer, pas plus, là est la clé du rétablissement de nos finances et du retour à l'équilibre de nos comptes. Réduire dans la pyramide administrative les travaux doublonnés, et supprimer les emplois de ceux qui s'y livrent pour les utiliser ailleurs ou tout simplement ne pas les remplacer à leur départ à la retraite, c'est la voie de la sagesse. Ce sera long : Mais à qui fera t'on croire qu'on peut annuler d'un simple clic tous les effets pervers de quarante années de sociale démocratie ou de démocratie sociale qui a fait du Français un perpétuel quémandeur qui se soucie toujours ce que l'état peut faire pour lui et jamais ce qu'il peut faire pour que les choses aillent mieux dans son pays. La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) reconnaît, dans un rapport publié jeudi 26 septembre 2002, que les programmes internationaux destinés à faire décoller l'Afrique sont un échec total : "Le taux de pauvreté en Afrique a augmenté, une croissance lente et erratique est la norme, les crises rurales se sont intensifiées et la désindustrialisation a réduit les perspectives de croissance future" (Associated Press du 26/09/02). "En clair", le bilan de décennies d'aides publiques en aveugle de la part des pays riches du Nord en direction des pays du Sud en voie de développement démontre avec éclat, alors qu'une grande part de l'humanité peine toujours à survivre, sa criminelle inefficacité constructiviste à visage humain. Selon Yilmaz Akyuz, directeur du développement stratégique et de la mondialisation de la CNUCED, "Ce que nous faisons n'est pas suffisant ou peut-être pas adapté"; ce qui conduit tout droit notre haut fonctionnaire international à considérer que les efforts déployés en vue de réduire la pauvreté doivent désormais s'accompagner de filets de sécurité" dans le but, altruiste entre tous, de vérifier que les plus pauvres en bénéficient réellement. Mais il n'est néanmoins nullement question de remettre en cause le système actuel défaillant puisque la CNUCED, qui ne croit pas aux bienfaits de l'économie de marché, au contraire prône "Une augmentation des dépenses publiques à tous les niveaux reste le plus sûr moyen de réduire les inégalités de revenus"... Et aussi, disons-le tout net, le plus sûr moyen de garantir leur prébende aux grands parasites internationaux ! Philippe ROBERT Comme on pouvait sy attendre, M. Raffarin aurait( selon l AFP) en Sorbonne, devant Ferry, Darcos et Haigneré " rendu hommage à la communauté enseignante pour sa réaction le 21 avril, au moment du vote Le Pen, estimant quil fallait que la république ASSUME le message envoyé à ce moment-là ". Il me semble là quil y a une violation flagrante de la neutralité de lécole " laïque " (et de moins en moins telle, je vois depuis 1O ans les dérapages de terrain se multiplier dans deux directions : le " pro-islamisme " et l "athéisme " dont M. Jospin a donné lexemple lors du traité de Nice et dans dautres circonstances). Ne serait-il pas temps de lancer une vaste pétition auprès des personnels, des parents, des élèves attachés aux " valeurs républicaines " si mal défendues par ..les prétendus républicains ? Ne serait-il pas temps de rappeler que le corps enseignant est une collectivité et pas une " communauté " ce mot qui fleure bon lumma musulmane, la " communauté humaine " communiste ou le communautarisme ? Quil est totalement vain et lâche de qualifier le vote du 21. 4 de " vote le Pen ", car on pourrait aussi bien dire que ce fut un " vote extrême gauche " (additionnons les suffrages) ou un " vote sanction " pour les locataires perpétuels du pouvoir ? Quil est surprenant que des gens lucides et " éclairés "aient été surpris des chiffres du 21 ; il suffit de regarder nimporte quelle cour de récréation, dobserver la vie dans els couloirs ou aux abords d nimporte quel établissement de France pour être , au contraire, étonné que le vote sanction nait pas été plus profond. Ayant passé le concours des IPES en 1967, et accompli les 33 premières années de mon service au public, je sais quil nexiste pas pour les enseignants de clause de conscience, et je me demande si je pourrais continuer aller vers la retraite dans cette ambiance de plus en plus contraire à la droiture, à léquité, à au sens minimal dune éducation digne de ce nom. Les propagandes éhontées qui se multiplient ( de la réécriture des histories de la 2ème guerre mondiale et de lAlgérie à lencensement de la " civilisation islamique " dans les parcours de découverte) vont dans le même sens. Métant depuis fort peut de temps " re-converti " au catholicisme, je commence à me demander si ma place est encore dans lenseignement dit " public " qui a visiblement profondément changé de nature (idéologique " et qui ne rend plus aucun des services ((au public " inscrits dans ses diverses chartes fondatrices. PS inutile de préciser que je nai aucune attache avec le F.N. ! La faillite de l'Etat actionnaire dont le patron de gauche Roger Fauroux, administrateur démissionnaire de France Télécom, dresse cet absurde portrait : " C'est toute la gestion publique des actifs industriels qui est à revoir. Il y a trop de personnes qui assistent aux conseils d'administration. Les responsabilités sont diluées, les temps de réaction trop longs. J'étais administrateur représentant le gouvernement depuis bientôt deux ans, mais, dans toute cette période, je n'ai eu aucun contact avec ma tutelle... Les équipes [de la direction du Trésor] sont submergées par les dossiers à gérer. En fait, l'Etat est incapable d'exercer son métier d'actionnaire. " Le budget Raffarin sévèrement épinglé par Bruxelles La rapidité avec laquelle la Commission européenne a réagi est, en soi, inhabituelle. Car la règle est de ne pas commenter à chaud les décisions des Etats membres pour se donner le temps détudier les dossiers dans le détail. Le ton de Pedro Solbes, le commissaire européen chargé des affaires économiques, a levé toute ambiguïté sur le regard que Bruxelles porte sur le projet de budget français. Il paraît sans appel. Pedro Solbes " regrette particulièrement que la position budgétaire ne soit pas clairement améliorée en 2003, ce qui ne semble pas être en ligne avec les engagements passés de la France ". Allusion aux engagements pris par Jacques Chirac au sommet de Barcelone en mars dernier. Le commissaire a fait part de ses préoccupations à la lecture de la copie du Premier ministre français. Même si " la Commission est consciente du fait que la situation économique cette année et les perspectives à courts terme ne sont pas aussi bonnes que prévu ". Première préoccupation : " Le manque damélioration claire de la position du déficit budgétaire cycliquement ajusté, qui montre clairement que le gouvernement français reporte son processus dassainissement budgétaire ". Deuxième source de préoccupation : léquilibre du budget ne sera même pas atteint en 2006, qui correspond pourtant à la nouvelle date limite concédée par Bruxelles. Selon le projet de budget présenté mercredi, le déficit serait ramené à 0,5% en 2006, si la croissance atteignait un rythme annuel de 3% de 2004 à 2006. Autant dire une hypothèse peu réaliste. Troisième source de préoccupation : le déficit prévu pour 2003 (2,6% du PIB), paraît " dangereusement proche du seuil de 3% " fixé par le seuil de stabilité. Sans compter que là encore, ce déficit est bâti sur une hypothèse optimiste dune croissance économique de 2,5% lan prochain. L'Espagne s'oppose au report de l'équilibre à 2006 "Une stratégie erronée" : cest ainsi que Madrid a qualifié mercredi la décision de la Commission européenne de reporter de 2004 à 2006 lobjectif de déficit zéro fixé pour les pays de la zone euro. Le Ministre de lEconomie, Rodrigo Rato, a déclaré que lEspagne ne pouvait "en aucun cas" laccepter et souhaite que les ministres des finances des Quinze aient seuls le pouvoir de prendre une telle décision. Aux Pays-Bas, même indignation pour le gouvernement qui sest déclaré "désagréablement surpris" par le choix de Bruxelles. Sondage: l'Etat dépense trop, selon 59% des Français Alors que le gouvernement a présenté mercredi un budget 2003 qui stabilise le déficit de la France à 44,6 milliards d'euros, près de six Français sur dix estiment que l'Etat dépense trop, selon un sondage BVA pour "Contribuables associés" réalisé à l'occasion du "Rendez-vous parlementaire du contribuable" qui se tiendra le 2 octobre prochain à Paris. Pour 59% des personnes interrogées, le montant des dépenses publiques est "trop important" en France, contre 16% seulement qui jugent qu'il est "insuffisant", tandis que 19% des sondés le qualifient de "bien équilibré". Les sympathisants de droite sont plus nombreux à dénoncer un dérapage: 63%, contre 50% des sympathisants de gauche. Ils sont par ailleurs 77% à estimer qu'il est "certainement" ou "probablement" possible d'avoir en France des services publics de qualité tout en réduisant les prélèvements obligatoires. Ce sondage a été réalisé par téléphone les 13 et 14 septembre auprès d'un échantillon de 981 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Le budget 2003 est "décevant", selon le MEDEF Le Mouvement des entreprises de France (MEDEF) juge mercredi "décevant pour les entreprises" le projet de budget de l'Etat pour 2003. Pour le patronat, ce projet "ne contribue pas encore à renforcer la compétitivité", alors que "l'hypothèse de croissance retenue est trop optimiste, l'important déficit de l'Etat perdure et la dette publique progresse", tandis que "la maîtrise des dépenses publiques et sociales est insuffisante". Le MEDEF juge pêle-mêle que "les frais de fonctionnement de l'Etat restent trop élevés, au détriment des dépenses d'équipement. La baisse annoncée des effectifs de fonctionnaires ne compense que symboliquement les 280.000 créations d'emplois publics de ces dix dernières années; les mesures fiscales concernant les entreprises sont marginales et ne correspondent pas à l'objectif affiché d'un alignement en cinq ans de leur fiscalité sur la moyenne européenne". "Au-delà de ce budget de transition, qui porte encore la trace de la gestion passée", le MEDEF "encourage le gouvernement à s'engager dans un plan vigoureux de redressement des finances publiques, gagé sur une réforme en profondeur de l'Etat et des régimes sociaux: l'objectif doit être le retour rapide à l'équilibre des finances publiques, afin de permettre la diminution de la dette publique, condition indispensable au renforcement de la croissance et de l'emploi". France : La récession industrielle menace Production industrielle (hors énergie et industries agoalimentaires, indice base 100 en 1995). Source : Insee. L'activité industrielle déprime. En juillet, la production dans le secteur manufacturier (hors énergie et agroalimentaire) a baissé de 1 % sur un mois et de 1,3 % sur un an, retrouvant son niveau de janvier. Toutes les branches marquent le pas, exceptée la construction (+0,7%). Dans les prochains mois, les cadences devraient ralentir encore : linvestissement restera en berne, les exportations subiront le freinage de la demande mondiale et la consommation des ménages résistera difficilement à la sinistrose. La croissance française sera limitée à 1% en 2003 Economie mondiale cherche argent, désespérément. Lannée 2002 se passe mal, après un rebond technique en début dannée. Les derniers indicateurs parus convergent partout à la baisse. Et 2003 sannonce comme lannée des petits nombres. Nouveau recul de 0,5 % de la production au Japon, croissance zéro aux Etats-Unis, + 0,4 % en Allemagne et + 1 % en France : il ne paraît guère raisonnable despérer plus. Ces prévisions ne prennent pas en compte lhypothèse dun conflit au Moyen-Orient, ni celle dune flambée pétrolière. Le plan Mattéi pour résorber le trou de la Sécu Jean-François Mattéi a déclaré la guerre au gaspillage. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, présenté mardi par le Ministre de la Santé, fait la part belle aux économies de toutes sortes. Une mesure choc, tout dabord, qui se fera sur trois ans : larrêt pur et simple du remboursement de trois catégories de médicaments jugés inefficaces. Le Ministre na guère donné plus de détails, mais selon une liste établie en 2001, ces médicaments sont au nombre de 835, représentent près de 20% de ceux actuellement remboursées par lassurance maladie et correspondent à des ventes de 1,5 milliard deuros par an. Ensuite, la promotion des génériques, ces médicaments dont le brevet est tombé dans le domaine public et qui sont donc moins chers. Désormais, les produits de marque ne seront plus remboursés que sur la base de leur version générique, si tant est que cette dernière existe. Cette mesure qui, selon le Ministre, mettra quelques mois à se mettre en place, devra dégager 300 à 350 millions deuros déconomies. Enfin, les recettes provenant de la hausse de 15% du prix du tabac seront pour les deux tiers affectées à la Sécu - soit 600 millions environ. Le but de Jean-François Mattéi est clair : enrayer le déficit de la branche maladie de la Sécurité sociale. Estimé à 6,1 milliards pour 2002, le Ministre souhaite le contenir à 7 milliards en 2003, quand les prévisions lévaluent à 8,2 milliards. Ceci dans lespoir de ramener à des dimensions plus raisonnables le trou de lensemble de la "Sécu". Résorbé durant les trois dernières années, le déficit sest en effet remis à filer en 2002. Il est estimé à 3,3 milliard, un dérapage qui, selon la commission chargée de lévaluer, pourrait atteindre 4,6 milliards en 2003. A ce titre, Jean-François Mattéi a dailleurs annoncé que lEtat allait rembourser 1,2 milliard deuros à la Sécu lannée prochaine, une somme qui représente la moitié de sa dette au titre des allègements de charge en faveur des entreprises.
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