Semaine du  21 au 28 octobre 2002

Les comptes de campagne de Bayrou
Le candidat à la présidentielle François Bayrou avait tenté de faire passer dans ses comptes de campagne la somme de 42 566 euros au titre de frais d’habillement, pour des achats de costumes chez Hartwood, le célèbre tailleur de la rue du Bac. Mais le Conseil constitutionnel a jugé ces dépenses excessives et a finalement décidé de ne lui accorder que 5 000 euros de remboursement forfaitaire. Dans les couloirs de l’UMP, on ironise sur le trou de 37 566 euros qui devrait être couvert… par les cotisations des adhérents ! L’entourage de Philippe Douste-Blazy, un rien rancunier, a même fait les comptes : la cotisation annuelle de base étant de 7,50 euros, l’UDF va devoir séduire plus de cinq mille nouveaux adhérents pour éponger ces coquetteries…

Le gouvernement va réviser la loi anti-licenciements

Selon les Echos de vendredi, Jean-Pierre Raffarin veut suspendre pendant 18 mois sept articles de la loi de modernisation sociale, votée par la gauche l’année dernière à la suite des affaires Danone et Marks et Spencer. Le "droit d’opposition" des syndicats, le recours au médiateur, et la prépondérance des critères sociaux dans le choix des personnes licenciées seraient notamment dans le collimateur. Tout ceci aboutissant à réduire les délais nécessaires à la mise en place d’un plan social. En revanche, le doublement des indemnités de licenciements serait maintenu. Le nouveau texte serait adopté en Conseil des ministres d’ici quelques semaines, puis examiné par le Parlement début décembre.

Surtaxer la pornographie ?

Réagissant sainement, les députés français ont rejeté toute mauvaise idée de surtaxer l'industrie pornographique qui, pour avoir droit de cité, règle déjà un écot conséquent à l'Etat; quant à interdire purement et simplement la pornographie à la télévision pour cause de protection de l'enfance, cette conception totalitaire du bonheur obligatoire n'a réellement plus aucun sens au XXIème siècle ! En effet, au nom de quoi l'Etat prétend-il se substituer au citoyen responsable pour garantir l'innocence des enfants éventuellement confrontés à des scènes qui ne relèvent pas de leur âge ? Mais la société est ainsi faite que pour certains, il serait hautement souhaitable et moralement flatteur de placer un censeur derrière chacune de nos chères têtes blondes... Nous entrons alors de plain-pied dans l'éternel combat de la liberté contre la servitude, de la responsabilité individuelle contre le panurgisme bêlant universel qui tue.
Dans l'Italie de Silvio Berlusconi, Le Figaro économie des 19/20 octobre 2002 rapporte que "le budget (italien) 2003 prévoit de soumettre les activités liées à la pornographie à un impôt exceptionnel de 25%, de porter la TVA à 20% sur les produits comme les cassettes et les revues, et de majorer de 9% l'impôt sur le revenu des professionnels de la pornographie". Saperlipopette, qu'il est donc malaisé d'être libéral... Car pour John B. Root (Le Monde du 16/10/02), réalisateur et producteur de films pornographiques, augmenter la taxation des entreprises de distribution et de production de films X revient à instaurer une "censure économique" alors que le vrai débat, à ses yeux, se situerait plutôt du côté des "libertés fondamentales". Une fois de plus, il est consternant de noter combien les politiques, fussent-ils animés des meilleures intentions, sont inéluctablement éloignés des réalités au point qu'il faille que tous ceux qui vivent la vraie vie doivent sans cesse les rappeler à l'ordre !
Philippe ROBERT

Classement des cliniques

Contrairement à certains de mes collègues, le plus souvent absents des classements, j'apprécie votre manière de citer les meilleures cliniques. La méthodologie est sûrement discutable, comme pour toute autre publication. La démarche est cependant admirable. L'établissement dans lequel j'exerce n'y apparaît pas pour une raison simple : nous ne fournissons pas de chiffre. Je me bats pour que cela change. Nous sommes aujourd'hui dans la démarche d'accréditation de l'établissement et cela est prioritaire aux yeux de certains. L'accréditation est une usine à gaz administrative à la française : dispendieuse, prétentieuse et inefficace, censée valoir la norme ISO dans l'industrie. Un hôpital proche d'ici a été voici peu accrédité, le fait étant notifié dans la presse locale : 15 jours plus tard, une salle de chirurgie non conforme était fermée dans cet établissement. Plus de quinze chefs de service ont démissionné dans l'ouest car leurs infirmières passaient plus de deux heures par jour à rédiger une paperasse inutile. Certains établissements sont tombés dans les travers d'établissements américains : des cahiers de protocole de 2000 pages que personne ne consulte jamais. La médecine et la chirurgie française vont mal : grèves permanentes touchant tous les personnels, manque de matériel (IRM, PET scans), effondrement de la recherche (du fait entre autres des génériques). Alors que les établissements hospitaliers réclament 7500 chirurgiens pour appliquer la RTT (grotesque et fort inquiétant de la part de cadres), l'age moyen d'un chirurgien français est de 57 ans. Un interne serait cette année inscrit pour toute la France. Dans 5 ans, le manque de chirurgiens sera dramatique, ce qui souligne l'irresponsabilité de certains confrères hospitaliers. Dans ce contexte, l'accréditation est en partie une perte de temps pour de petits établissements de campagne, utiles me semble t il. Je préfère voir le nom de ma clinique dans vos journaux que gâcher encore du temps pour la validation d'une administration en laquelle personne ne croit plus. Denis dupuy, chirurgien, dole

Réformer l'Etat ?...
le courage politique, et même le courage tout court dicté par la survie de la nation en pièces, eût consisté à poser d'emblée et limpidement le préalable incontournable d'une cure d'amaigrissement de l'Etat obèse à en crever. Certes, le nouveau gouvernement de centre-droit aurait sans doute essuyé en rafales les foudres des syndicats tout-puissants et outrés de la fonction publique; certes, les Français gâtés par l'Etat providence eussent peut-être eux-mêmes considéré que la pilule était fort amère; mais, au moins, les choses auraient été définitivement clarifiées et personne n'eût alors pu réellement se plaindre d'avoir été pris en traître. Aujourd'hui, s'impose au contraire la désagréable impression que nos hommes de l'Etat godillent à vue et qu'ils n'osent pas, pour la plupart, réformer la France en commençant par là où ça fait vraiment mal et donc là où l'urgence est la plus vive.
Philippe Douste-Blazy, secrétaire général de l'UMP, a lui-même déclaré (20/10/02) au Forum de Radio J : "Il faut diminuer le nombre de fonctionnaires là où il y a besoin de moins de fonctionnaires". L'idée qu'il est dorénavant vital d'élaguer l'Etat pour lui rendre la santé et surtout pour faire des économies commence à pénétrer les esprits les plus engourdis; en effet, la question taraudante de savoir comment s'y prendre pour, simultanément, tenir les promesses électorales du président, respecter nos engagements européens et passer le cap létal d'une époque en proie à l'incertitude universelle ne permet désormais plus aucune fantaisie. D'ailleurs, Philippe Douste-Blazy complète avec bon sens son diagnostic en affirmant : "Dans les périodes de conjoncture difficile, on voit que seul le courage paye. Où peut-on être courageux ? On peut être courageux sur les frais de fonctionnement, pas sur les frais d'investissement"... S'il ne suffit certes pas de l'affirmer, c'est déjà nettement mieux que la méthode Coué !!
Philippe ROBERT

Strasbourg continue de s’embraser
La guerre civile larvée qui se développe dans les centaines de zones de non droit de nos banlieues ne cesse de progresser. Samedi soir, l’annonce de la mort la veille d’un jeune voleur, qui en tentant d’échapper à la police s’est noyé dans le Rhin, a déclenché une émeute d’une particulière violence dans le quartier strasbourgeois de Hautepierre dont il était originaire. Une quarantaine de véhicules ont été brûlés par plus d’une centaine de sauvageons, armés de batte de base-ball et agissant le visage masqué. Un des véhicules de pompier dépêchés sur place a été assailli par les jeunes, lesquels ont blessé trois soldats du feu, et les forces de l’ordre ont été rituellement accueillies à coups de cocktail Molotov et de projectiles divers, une voiture de police a été entièrement détruite par le feu tandis qu’une dizaine d’autres ont été endommagées par des jets de pierres. Cette nouvelle flambée de violence à Strasbourg succède à l’attaque le 12 octobre d’un bureau de poste dans le quartier de la Robertsau au cours de laquelle un postier a été grièvement blessé à l’arme blanche. Mais elle illustre plus largement le laxisme et l’impuissance de l’équipe municipale strasbourgeoise, le maire Chiraquien de Strasbourg Fabienne Keller et son premier- adjoint, l’UMP Robert Grossmann, prouvent chaque jour un peu plus leur incapacité à imposer l’Etat de droit dans leur ville, prisonniers qu’ils sont des dogmes gouvernementaux dans le domaine de la lutte contre l’insécurité.

Selon le journal britannique The Guardian paru jeudi, la CIA aurait été alertée début septembre de risques d’attentats en Asie du sud-est.
Une information dont avait fait état en France le magazine Tribune Juive dans son édition en date du 3 octobre, reprenant un document de l’agence de renseignement américaine publié par le magazine Time. L’hebdomadaire communautaire, dans un article intitulé " un 11 septembre 2002 déjoué en Asie ", expliquait ainsi à ses lecteurs que deux cadres de premier plan de l’organisation de Ben Laden, Abu Zubaydah (arrête en avril au Pakistan) et Ibn al-Shayk al-Libi, " aurait donné l’ordre au dénommé Omar Al-Faruq (arrêté le 5 juin à la mosquée de Bogor sur l’île de Java), " de préparer des attentats à grande échelle contre les intérêts américains en Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Taïwan et Cambodge ". Par ailleurs, quatre individus suspectés d’appartenir à al-quaïda ont été arrêtés mercredi en Malaisie et le ministre indonésien de la Sécurité, Susilo Bambang Yudhoyono a annoncé qu’un Yéménite, un Malaisien et un " européen " faisaient partie du commando islamiste de 7 hommes qui serait à l’origine de la boucherie de Bali. A l’heure où le dernier bilan de cet attentat contre une discothèque de la ville de Kuta, fait état de près de 200 morts, dont 140 australiens.

Au secours, l'Amérique !...
Si nous ne voulons pas perdre le contact avec la réalité, il faut sans cesse se référer au 11 septembre 2001, date à laquelle les Etats-Unis d'Amérique ont été touchés au coeur pour la première fois de leur histoire; à cet instant précis, nous sommes entrés dans une guerre totale déclarée aux démocraties d'Occident par un obscurantisme exterminateur aussi diabolique que sanglant. Pour ma part, je ne saurais donc reprocher à l'Amérique de vouloir gagner cette guerre, qui sera longue et périlleuse, avec ou sans l'aide du reste du monde qui refuse de voir l'évidence, c'est-à-dire, par exemple, que l'horrible attentat terroriste de Bali qui a fait 181 morts et plus de 300 blessés peut se reproduire n'importe où et bien entendu en Europe même, à l'instant inconnu qu'aura choisi Al Qaïda relayée par tous les groupuscules terroristes qui infestent les moindres recoins de la planète.
Car nous pouvons désormais tenir pour certain que la résistance acharnée des démocraties, avec les Etats-Unis d'Amérique en première ligne, va décupler, dans le combat mortel qui s'est engagé, l'effroyable ardeur meurtrière de Ben Laden et consorts. Il est donc hautement dommageable que le président Bush soit perçu, en particulier en Europe et plus spécialement encore en France, comme un va-t-en-guerre irresponsable que la puissance sans égale à laquelle est parvenue son pays conduit systématiquement à traiter par le mépris la médiation de l'ONU; pour ma part et dans tous les cas de figure, je préfère de loin m'engager aux côtés de George Bush, malgré tous ses défauts, plutôt que de m'en remettre à un "machin" depuis longtemps vidé de toute substance et totalement incapable, pour cause de paralysie institutionnelle, de faire respecter la moindre de ses résolutions.
Voudrait-on faire preuve de lucidité qu'il nous faudrait avant tout admettre, même si cela ne nous plaît pas, que rien n'est possible sans les Etats-Unis; il est donc du devoir de l'Europe de répliquer à un tel défi en produisant un effort certes colossal pour atteindre à la dimension de puissance politique et économique majeure. Hélas, nous n'en prenons guère le chemin à vouloir reproduire au plus haut niveau le modèle périmé de l'Etat-nation... Rien, donc, n'est possible sans une participation leader des Etats-Unis même si nos médias, pétris d'anti-américanisme rampant, mettent tout leur coeur à accréditer l'idée que George Bush ferait fausse route en voulant attaquer l'Irak de Saddam Hussein. Mais ce qu'on se garde bien de nous dire, c'est que l'Irak est un verrou géopolitique qui, à lui seul, conditionne sans aucun doute la survie de toutes les autres dictatures enkystées au Moyen-Orient.
Malgré tout cela, nous donnons en permanence l'impression de n'avoir toujours pas compris la véritable nature de la guerre totale déclenchée le 11 septembre 2001 par les ennemis jurés de la Liberté. En Allemagne, Gerhard Schröder se fait réélire en brandissant l'arme du refus; en France, des milliers de manifestants défilent pour fustiger la guerre contre l'Irak à l'appel des partis de gauche et d'extrême gauche, d'associations grassement subventionnées et bien entendu des syndicats. Il s'agit, en particulier, d'exiger du gouvernement Raffarin que la France, au cas où les USA parviendraient à imposer leur point de vue aux Nations Unies, opposât son veto à une aussi abominable éventualité. "Non à la guerre en Irak, pas de sang pour le pétrole" scande-t-on en battant le pavé sans nullement se rendre compte que la civilisation à laquelle nous appartenons tous, pour peu qu'elle soit privée de l'énergie qui la meut, retomberait bien vite dans la nuit médiévale.
C'est sans aucun doute le but recherché par Al Qaïda pour s'emparer de la planète et la soumettre à la loi d'airain du totalitarisme islamiste. Voilà pourquoi je suis en plein accord avec Guy Millière (www.les4verites.com) lorsqu'il écrit avec clairvoyance dans son article ("Les 4 Vérités Hebdo" No 368 du 12/10/02) intitulé "Les bonnes raisons de George W. Bush" : "(...) Très vite, le président actuel des Etats-Unis et son équipe ont vu que le monde occidental était confronté à une menace subversive et totalitaire d'un type nouveau, et qu'il fallait inventer, face à cette menace, une riposte d'un type nouveau". Après les horreurs indicibles du nazisme et du communisme, il ne ferait vraiment pas bon que l'Amérique, jeune nation éclairée et courageuse, se croisât les bras en attendant passivement qu'une nouvelle barbarie plus aveugle et plus féroce que jamais eût pleinement accompli son oeuvre universelle de mort...
Philippe ROBERT

Semaine du  14 au 21 octobre 2002

Scandale
6 ans après la mort de l’ancien président de la République, le 8 janvier 1996, entre 30 et 50 gendarmes mobiles avaient encore pour mission quotidienne de garder la propriété de Mitterrand à Latché.
En 2000, le coût annuel des moyens mis en œuvre pour cette garde spécifique était de 1 294 912 € (8 493 327 F). Entre 1996 et 2001, le coût de la garde de la bergerie s’élèverait dont à 6.6 millions d’euros.

Arrêt sur image
Tous les dimanche, la bonne morale de gauche vient donner sa messe. Ce ne sont pas des ayatollah à la Ruquier ou Mazerolle. Ils sont cultivés, courtois, manifestement honnêtes. Aussi, me semble t il, peut on raisonnablement les écouter et analyser leurs propos. Une de leurs cibles favorites est Berlusconi. Cela est beaucoup plus commun à gauche. L’idée que cet homme puisse " posséder " plusieurs télévisions ou journaux italiens les choque. Pourtant, comment imaginer aujourd’hui les dizaines d’administrateurs, les centaines de journalistes, tous les salariés librement syndiqués qui oeuvrent dans ces entreprises à la botte de Berlusconi ? Ils seraient tous des crétins ou des potiches, voire des vendus ? D’autre part, l’intérêt de Berlusconi, s’il désirait retirer des avantages de la manipulation de l’information, serait il d’imposer sa " vision ultra-libérale " à la hussarde ? N’emploierait il pas une stratégie plus fine ? Manipuler l’information à la soviétique n’aurait pas conduit cet homme où il en est aujourd’hui. Il est probablement plus rentable de laisser s’exprimer un ennemi politique, car la vérité revêt une force de conviction puissante auprès des populations dont je suis. Il n’est pas stupide de penser que Berlusconi et ses proches sont capables d’analyses plus fines, et l’équipe d " Arrêt sur Image " devrait en avoir conscience.
Enfin, et cela me semble être l’argument majeur, comment reprocher à Berlusconi ce que l’on tolère de l’administration française, qui ne se gène pas pour exercer un monopole sur l’information. Que penser de l’agence France Presse et de ses dépêches, qu’aucun contradicteur français privé ne peut mettre en balance ? Que dire de la main mise de syndicats de gauche aux idées quelque peu éculées, parfois marxistes (Daniel Mermet sur France Inter, et sa haine très dirigée) qui gangrènent nos médias nationalisés ? Ce dernier a " fêté " l’anniversaire du 11 septembre 2001 sans même un mot de compassion pour les innocentes victimes. Comment se fait il que l’on accorde autant de passages à l’antenne à un obscurantiste d’extrême gauche nommé Bové, à ses mensonges sur la mondialisation qui autorise le tiers monde à émerger, sur les OGM qui permettront à des affamés de se nourrir (Bové n’a pas ce problème) ou à des malades de guérir, voire sur le conflit israélo arabe ? Pourquoi, si l’on doit supporter l’atterrante extrême gauche, ne laisse t on pas au nom de l’équilibre s’exprimer extrême droite ou les nazis ? L’équivalence nazisme communisme est admise de nombreux historiens de nos jours. Le monopole d’une administration privilégiée, véritable caste, sur l’information dans ce pays me semble affreusement néfaste.
La bonne morale des intellectuels français, celle des médias ou de l’éducation nationale, est de gauche. Le libéralisme, celui de Bastiat et Tocqueville, est issu du siècle des Lumières. Laissez entrer cette lumière, monsieur Mermet. La vérité existe. Elle illumine parfois votre émission, quand vous ne tombez pas dans les travers idéologiques de la bonne morale française d’aujourd’hui. Le politiquement correct, voilà l’horreur. Les méchants libéraux nazis affameurs et dictatoriaux contre les gentils fonctionnaires si honnêtes de la presse nationalisée au service des français, pardon, de TOUS les français faut il dire. On se croirait sur France Inter entre 17 et 18 heures. Beurk.
Dr denis dupuy, dole jura

Bien entendu, il ne faut pas que l'affaire Patrick Henry, désormais, soit l'occasion d'une suspicion sur tous les autres condamnés susceptibles de bénéficier d'une mesure de liberté anticipée conditionnelle; en ce sens, il est tout à fait réconfortant d'apprendre, de la bouche même du ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Dominique Perben, que seulement 5% des condamnés qui en bénéficient ne parviennent finalement pas à honorer les termes du contrat passé avec la société. S'agissant de Patrick Henry, il paraît acquis que cet homme, sans doute intelligent mais psychologiquement égaré dans une sorte de délire narcissique permanent, soit tout simplement parvenu à tromper son monde de A à Z.
Si une haute leçon doit être tirée sans délai de cette tentative d'insertion qui a mal tourné d'un criminel de toute évidence perdu, c'est, d'une part, que l'affaire Patrick Henry démontre avec éclat que le législateur, s'il veut éviter à la société l'opprobre d'expérimentations hasardeuses, doit absolument se garder de voter les lois à l'aveugle surtout lorsque sa lucidité lui est subrepticement ôtée par un abus d'idéologie; et, d'autre part, qu'il faut profiter de cette malheureuse occasion manquée et bien sûr largement médiatisée pour réexaminer, dans le but d'en humaniser les conditions au plus près des difficultés redoublées de la vie quotidienne, les principes attachés à la libération conditionnelle anticipée, en particulier après une très longue détention.
Philippe ROBERT

Que les valises de billets soient estampillées du sceau officiel de l’administration française ou non, qu’est ce que cela change pour nous autres, pauvres contribuables, qui payons de notre travail, de notre temps et donc de notre vie les privilèges de la caste. Par dessus ou par dessous la table, quelle différence cela fait il ? Huit mois sur douze sont consacrés à l’acquittement des taxes. Ce qui reste sert d’argent de poche, minoré, cela va de soi, de la TVA. Monsieur Raffarin semble oublier que seuls 20% des Français ont voté pour lui au premier tour, que la menace pour ce pays s’appelle Front National. Il en prépare la venue au pouvoir tout aussi sûrement que monsieur Mitterand en organisa l’avènement. L’économie de tout un pays, l’ensemble des retraites du secteur actif, sont parasités par une administration qui confond service public et intérêts personnels. Dernière escroquerie en date : la CNAV se sert dans les réserves du privé pour honorer les retraites des fonctionnaires. Tocqueville doit se retourner dans sa tombe. Pour simplement évoquer la modernisation de l’état, notre premier ministre use de mille précautions, rampe devant les meneurs de syndicats archaïques aux idées éculées. Il fait montre pour cela de grandes compétences. Il néglige un détail essentiel : nous ne possédons qu’une seule vie sur terre. Ces mois supplémentaires dédiés à payer ce dont nous ne voulons plus, ces millions d’heures de travail gâchées pour les privilèges de la caste, tous ces efforts gaspillés quand la vie pourrait être plus douce, personne ne nous les restituera. Quand cessera ce pillage ?Monsieur Raffarin, par son comportement, constitue une véritable insulte au libéralisme. Son courage a fondu en quelques jours. Il ne reste plus à évoquer que sa communication, que l’on admire idiotement. Les ministres ont augmenté leurs salaires de 70 % sous forme de primes non imposables. Pour augmenter ainsi mes revenus, mon activité devrait croître de 210 %. Même les nuits n’y suffiraient pas. Monsieur Raffarin, regardez partout autour de vous. Tous les autres pays du monde ont réformé l’état. Regardez l’Espagne, l’efficacité et la modestie d’Aznar. Ses actions brillent d’intelligence. Lui ne vocifère pas comme une publicité de lessive, il lave véritablement. Qu’attendez vous donc, qui préservez vous ? Si vous ne savez pas dans quelle direction œuvrer, demandez donc au Président : il a dit de merveilleuses paroles, vous savez, avant les élections.
Denis Dupuy, Dole.

Alerte ! Les entreprises manquent d'argent frais
Comme toujours, Wim Duisenberg se veut rassurant. Jeudi dernier, le président de la Banque centrale européenne déclarait qu’ " il n’y a pas de signes de pénurie en Europe ". Mais à force de jouer dans ce registre, il risque de perdre sa crédibilité. Car les chefs d’entreprise le savent bien : depuis plusieurs mois, il y a un vrai problème de crédit. En France, l’encours des prêts aux entreprises n’augmente plus que de 1% l’an, alors qu’il était sur une pente de 13% il y a un an !
Les banquiers ont de bonnes raisons de moins prêter. Tout d’abord, ils doivent impérativement rétablir leur rentabilité, largement amputée par la dévaluation accélérée de leurs portefeuilles boursiers. Ensuite, le climat des scandales financiers les a rendus plus suspicieux. Mais surtout, leurs entreprises clientes ont une situation financière considérablement dégradée. La crise de rentabilité qu’elles traversent est profonde.
Depuis quatre ans, le partage de la valeur ajoutée s’est modifié, accroissant la masse salariale au détriment des profits. Du coup, le taux de rentabilité n’a jamais été aussi faible depuis 1985. Et la dette aussi élevée : elle atteint 146 % de la valeur ajoutée, un record absolu !
Les entreprises devront donc jongler avec le manque de soutien des banques au moment où le taux d’autofinancement est tombé au plus bas depuis 1984 et où les autres sources de financement se tarissent. En augmentant le coût du capital, la chute de la bourse rend pratiquement impossible le recours à l’émission d’actions. Quand au marché obligataire, l’envolée des primes de risques rend la levée de fonds bien trop coûteuse.

Suède : Le budget reste confortablement excédentaire
Solde des finances publiques (en % du PIB). Source : OCDE, gouvernement.
L’excédent des finances publiques suédoises, qui culminait 4,1% du PIB l’année dernière, est en train de fondre en raison du ralentissement de l’activité et de la baisse des impôts. Cependant, il devrait encore atteindre 1,7% du PIB cette année et 1,5% l’année prochaine, selon les prévisions du gouvernement. Car la croissance reste relativement forte malgré le ralentissement mondial. Le PIB de la Suède a progressé de 0,6% au deuxième trimestre. Soit deux fois plus vite que dans la zone euro.


Semaine du  7 au 14 octobre 2002

Explosion du pétrolier français au large du Yémen : la piste sérieuse de l’attentat
Le limburg, pétrolier géant français a été gravement endommagé dans le sud-est du Yémen. Le pétrolier pourrait avoir été percuté par une petite barge remplie d’explosifs au moment où il s’apprêtait à entrer dans le terminal. L’incident s’est produit à six jours du deuxième anniversaire de l’attentat contre le destroyer américain USS Cole attribué à Al Qaida, le réseau d’Oussama Ben Laden. La marine américaine avait averti que l’organisation terroriste pourrait attaquer des pétroliers naviguant dans le Golfe et autour de la corne de l’Afrique.

Gerhard Schröder préfère les économies aux hausses d'impôts
Le chancelier allemand a déclaré lundi que, "quand on a moins de recettes, on peut seulement moins dépenser". Une façon de couper court au débat sur les hausses d’impôt qui agite la coalition gouvernementale, et notamment le SPD, depuis sa victoire aux élections législatives du 22 septembre. Gerhard Schröder fait ainsi écho à son Ministre des Finances, Hans Eichel, qui dans un entretien accordé à un quotidien allemand avait déclaré vouloir économiser 10 milliards d’euros dans le budget 2003, pour continuer à diminuer le déficit budgétaire.

A propos de "Rose bonbon": le ministère de l'Intérieur demande des explications à Gallimard

Le ministère de l'Intérieur a envoyé le 30 septembre une lettre recommandée aux éditions Gallimard lui demandant de fournir "tous les éléments utiles" avant "toute décision éventuelle" sur le sort du roman de Nicolas Jones-Gorlin "Rose bonbon" racontant la vie d'un pédophile assassin, a-t-on appris jeudi auprès de l'éditeur. "Vous éditez l'ouvrage +Rose bonbon+ qui, par son contenu et notamment la place faite dans le récit à la pornographie et à la violence, est de nature à entrer dans le champ d'application de l'article 14 de la loi n°49-956 du 16 juillet 1949 modifiée sur les publications destinées à la jeunesse. En effet, et à de nombreuses reprises au cours du récit, le narrateur présente comme naturels et légitimes des agissements violents infligés à de jeunes enfants", écrit la direction des libertés publiques et des affaires juridiques du ministère. Cette loi permet d'interdire la vente de la publication aux mineurs, d'interdire son exposition à la vue du public ainsi que la publicité en sa faveur.

L'Etat au pied du mur.

Tout au long de la journée du 3 octobre 2002, qui a vu une concentration de plusieurs dizaines de milliers de fonctionnaires encadrés battre le pavé, j'ai attentivement suivi le déroulement de la manifestation parisienne sur l'Internet, à la télévision et à la radio; comme de juste, les témoignages ont afflué de manifestants désireux de faire connaître, en direct, les légitimes revendications qui les avaient amenés à répondre à l'appel quasi unitaire des syndicats de la fonction publique. Aujourd'hui, c'est-à-dire au lendemain de l’événement qui justifie mon commentaire, la presse écrite apporte son lot dépassionné de nouvelles qui vont me permettre de compléter ma collecte d'informations, d'exercer ma réflexion et d'apporter mon point de vue personnel sur la question centrale - et tout à fait vitale de la réforme de l'Etat, c'est-à-dire de la France elle-même.
Avant tout, je déduis que le gouvernement de Monsieur Raffarin, rugeusement confronté à son premier concours de foule politiquement hostile, s'efforce de minimiser la portée réelle d'un tel rassemblement corporatiste; c'est d'ailleurs bien là que le temps se gâte puisque Jean-François Copé, tout en affirmant que le gouvernement a reçu "cinq sur cinq" le message de la rue, éprouve néanmoins l'irrépressible nécessité de proclamer (cité par Reuters) que "personne ne pense un instant qu'il s'agit là d'une manifestation contre le gouvernement". Voire... Quant à Nicole Fontaine, pour qui un tel évènement démontrerait au contraire l'heureuse convergence de vue du gouvernement Raffarin avec la rue, n'a-t-elle pas certifié, sur LCI, que la sauvegarde du service public "est un combat que nous partageons avec tous ceux qui étaient dans la rue aujourd'hui." ? L'intelligence et la bonne volonté des Français est parfois mise à rude épreuve !...
A tout prendre et plutôt que de mettre son courage politique dans sa poche alors que la France ne peut manifestement plus attendre, je suis extrêmement heureux de découvrir, dans Le Figaro du 4/10/02, la relation d'une interview de Philippe de Villiers réalisée sur la radio BFM dans laquelle le président du Mouvement pour la France (MPF), comme à son habitude, ne mâche pas ses mots : "La rue est occupée par une privilégiature" !... Formule magnifique dont nous devrions tous être capables, pour peu que l'on parlât encore français en France, de comprendre la haute et dramatique signification. Et Villiers d'enfoncer le clou en affirmant qu'"A chaque fois qu'un gouvernement a reculé, que sa main a tremblé, ça a été le triomphe du corporatisme statutaire", "facteur d'injustices et de fractures sociales supplémentaires". A bon entendeur...
Mais donnons aussi la parole au héros de la fête car le premier ministre, cité par Le Figaro du 4 octobre 2002, apporte sa propre pierre blanche à l'édifice en déclarant sans façons : "C'est une bonne chose que les gens se mobilisent pour défendre le service public. C'est ce que nous faisons nous aussi". Effectivement, l'Union européenne n'a qu'à bien se tenir dès lors que Nicole Fontaine, à la veille de se rendre à Bruxelles, déclare sans ambage : "Je serai très heureuse de pouvoir dire à mes collègues européens qu'en France, nous avons un certain nombre d'exigences et de spécificités dont nous souhaitons qu'elles figurent dans les directives européennes". L'orgueilleuse exception française, lieu de tous les sophismes, a encore frappé ! Mais j'ai l'intuition que les Français ont bien compris, dans leur for intérieur, qu'il ne faut plus se tromper d'époque, qu'en 2002 l'hiver 1995 n'a plus cours et qu'il serait alors vraiment tragique que la France ne réussisse pas aujourd'hui à briser les chaînes de la servitude.
Philippe ROBERT

La croissance revue à la baisse

Si Jean-Pierre Raffarin a affiché pour l’année prochaine son optimisme en prévoyant une croissance de 2,5% dans le budget 2003, celui-ci n’est pas partagé, loin s’en faut, par les spécialistes. Ainsi, à part le groupe Natexis Banques populaires, aucun des 16 instituts et banques composant le groupe technique de la Commission économique de la Nation, réunis à Bercy vendredi ne tablent sur une hypothèse de croissance aussi élevée, les prévisions descendant jusqu’à 1% pour s’établir en moyenne à 2,1%. Interrogé par l’AFP, certains de ces économistes ont par ailleurs déclaré " qu’un fort risque de baisse pesait sur leurs prévisions, notamment en raison de la crise boursière actuelle.

Service public à la Française

Je serais un partisan inconditionnel d'un "service public à la française" bénéficiant d'un statut et d'avantages spécifiques substantiels si tous ceux qui le composent étaient véritablement au service du public, faisant pour lui ce que des salariés du privé ne voudraient pas ou ne pourraient pas assurer en raison de contraintes, de risques, ou de pénibilités particuliers. Ceci avec une garantie de continuité telle qu'il soit en tout temps et en tous lieux à la disposition de ceux qui doivent y avoir recours. ( Comme les militaires, les gendarmes, les pompiers, la police, le Samu etc.) Or, que recouvre le concept pour certains autres, particulièrement les mieux lotis ! Le refus du service minimum, la prise en otage fréquent des usagers, l' emploi de moyens illégaux pour empêcher ceux d'entre eux qui voudraient travailler de le faire. Leviers puissants de la gauche et parfois déterminants pour empêcher la droite d'agir efficacement lorsque elle est au pouvoir (cf 1995) , certains services "publics" ne le sont que de nom, la seule particularité de leur situation étant que l'État soit leur patron et non des actionnaires ou des particuliers . Tous oublient que leur employeur a un banquier qui est le contribuable et qu'il a donc son mot à dire dans l'affaire. En cas de blocage, il devrait donc lui appartenir de trancher. Seul un référendum lui permettrait de le faire en donnant de surcroît au gouvernement une légitimité assez forte pour qu'il puisse passer outre en cas de besoin. ..
René Crignola

La guerre contre l’Irak
monsieur Aymeric Armillairand a écrit un texte admirable. mes compétences concernant l' Irak sont très limitées. simplement, j ai l impression de me comporter parfois en defenseur des usa sous prétexte de libéralisme, comme le firent certains hommes de gauche vis à vis de l URSS. être libéral, c’est ouvrir les yeux, accepter toutes les vérités. les usa ne sont pas le libéralisme merci pour ce coup de coude
Denis Dupuy
drddupuy@club-internet.fr

conflit avec la CIPAV
Gérant non rémunéré d'une SARL, détenant 10% du capital, les 90% restant étant détenus par mon épouse. Marié je me retrouve gérant majoritaire. Depuis 1999 je suis en conflit avec la CIPAV qui m'oblige à payer des cotisations du régime de retraite complémentaire allant de 835 francs pour l'année 1999 à 968 francs pour l'année 2001 et passant à l'euro 628 euro (soit 4119,41francs) pour l'année 2002. L'euro génère effectivement une sévère inflation…
Je suis depuis la création de la société exempt de charges d'URSSAF et de complémentaire maladie. Je suppose ne pas être seul dans ce cas et recherche soit une défense, soit d'autres exploités dans mon cas pour créer une association, pourquoi pas, pour faire cesser cet abus de pouvoir. N'est il pas ridicule d'exiger des cotisations de retraite à des personnes agées de 75 ans alors que l'on souhaite la retraite à 55 ans et moins. Je vous remercie de l'aide que vous pourriez m'apporter.
pierre.dopagne@wanadoo.fr

Le PCF au bord du dépôt de bilan
La situation financière dramatique du Parti communiste ne touche pas seulement la place du Colonel Fabien, qui s'apprête à licencier plus de cinquante personnes. Le groupe PC à l'Assemblée nationale subit lui aussi le contre-coup de la perte d'une dizaine de députés. Il a ainsi dû se résoudre à six licenciements, trois attachées parlementaires et trois secrétaires. Désormais, plus personne ne s'occupe de la presse : chaque député est prié de se charger lui-même de sa communication.

Les socialistes français surpris par la victoire de Schröder jugé trop à droite…
La victoire de la coalition "rouge-verte" en Allemagne a un peu pris de court les socialistes français, pour qui les relations franco-allemandes n'ont jamais été une priorité et qui s'attendaient à ce que, comme en France, la gauche d'Outre-Rhin soit écartée du pouvoir. Du coup, soucieux d'opérer un rapprochement rapide, le PS pare soudain Gerhard Schröder de toutes les vertus, allant jusqu'à voir en lui un homme en capacité d'être "le véritable moteur de l'Europe". Le chancelier fait même la Une de "L'Hebdo des socialistes".

Les français ne croient pas au gouvernement

Selon un sondage commandé par l’association " Contribuables associés " et rendu public mardi à l’occasion de leur colloque annuel, une majorité de Français ne croient pas que le gouvernement sera capable de rendre effective les promesses faites par Jacques Chirac au cours de la campagne présidentielle concernant la baisse des charges et des impôts. 51% des personnes interrogées ne font pas confiance à l’équipe Raffarin pour baisser les impôts, 46% lui font confiance, 3% ne se prononcent pas. Concernant le montant des impôts et des taxes qu’ils ont payé cette année, 62% sont mécontents, 33% satisfaits ; interrogés sur le montant des impôts et taxes dont ils devront s’acquitter l’année prochaine, 45% des sondés pensent qu’il s’aggravera, 32% qu’il restera stable, 19% seulement qu’il baissera. 59% des Français pensent aussi que le montant des dépenses publiques est trop important, 16% insuffisant, 19% bien équilibré.

Hausse du chômage

Le chômage a augmenté pour le 14ème mois consécutif avec une hausse de 0,2% en août selon les statistiques du ministère des Affaires sociales publiées vendredi. Sur un an, par rapport à août 2001, le nombre des demandeurs d’emplois de la catégorie 1 (demandeurs d’emploi immédiatement disponibles à la recherche d’un emploi à durée indéterminée et à temps plein) a augmenté de 7,5%. Officiellement, le nombre des demandeurs d’emplois se monte actuellement à 2 227 100 personnes, soit 9% de la population active. Dans ses conditions, rien d’étonnant à ce que le moral des ménages se soit dégradé au mois de septembre selon l’indicateur sur la situation économique de l’INSEE. Il ressort de l’étude réalisée par cet organisme que les Français craignent une évolution négative de la situation économique, une poussée accrue du chômage, ressentent un affaiblissement de leur situation financière personnelle et ont par ailleurs le sentiment d’avoir connu une période d’inflation marquée.

"Arrêtez d'emmerder les Français !", bis repetita...
La polémique à propos de la pornographie à la télévision est relancée sur RMC info (dépêche AFP) par le président du CSA, Dominique Baudis; pour sa défense, ce dernier a rappelé qu'il suffisait de transcrire dans le droit français "quatre mots de la règle européenne, ces quatre mots que nous n'avons pas voulu jusqu'à présent inscrire dans notre loi, qui figure dans celle des Anglais, des Allemands, des Belges, pas dans la nôtre, et qui disent que les Etats veillent à ce que les télévisions ne diffusent pas de films de violence gratuite ou de scènes de pornographie". L'avis de Monsieur Baudis est certes important puisque sa responsabilité consiste, entre autres charges d'Etat, à veiller à l'attribution harmonieuse des fréquences et droits d'émettre aux radios et télévisions françaises ainsi d'ailleurs qu'à leur bonne tenue morale et économique dans l'exercice de leur métier.
Mais tout cela autorise-t-il vraiment Dominique Baudis à appeler les politiques, les élus et le gouvernement à la rescousse pour imposer aux Français, sous prétexte que l'Europe l'a dit, une discipline de vie qui relève purement et simplement de la sphère privée ? Sans surprise, nous avions connu pareilles mésaventures sous les socialistes dont la politique, pour fonctionner un temps, consiste en permanence à décréter à la place du peuple ce qui est bon pour lui, par exemple les tragiques 35 heures. Toujours selon l'AFP citant Monsieur Baudis, "Il ne s'agit pas d'interdire quoi que ce soit aux adultes (sic) ni d'instaurer "un ordre moral" mais "d'une mesure de protection des enfants". L'intention est sans doute respectable mais le principe de subsidiarité me semble avoir un sens précis et universel consistant, en l'occurrence, à considérer que ce qu'un Etat ne peut pas faire par lui-même doit alors être mis en oeuvre à l'échelon supérieur et vice-versa; aussi n'ai-je nul besoin de l'Europe (ni d'ailleurs de Mr Baudis) pour savoir ce que je peux ou ne peux pas regarder, dans l'intimité, à la télévision !
Pour faire valoir l'excellence de sa proposition, Dominique Baudis n'a pas manqué de rappeler que son action était justifiée par le fait que le CSA avait pris connaissance, il y a quelques mois, d'un rapport "Très alarmant" puisque celui-ci faisat état de ce que de nombreux enfants de moins de dix ans regardent les films pornographiques !... Mais où sont donc passés les parents indignes de ces "nombreux enfants de moins de dix ans" ?! L'Etat n'a aucun droit à se substituer systématiquement aux parents lorsque ceux-ci ont conscience de leurs responsabilités et les exercent effectivement; c'est donc une règle constante qui tient à coeur aux vrais libéraux que de faire appel à la responsabilité individuelle et au droit, plutôt qu'au diktat de l'Etat. Certes, on pourra toujours m'opposer qu'il est du devoir de l'Etat d'anticiper et de prendre soin de la santé morale des citoyens; mais encore faudrait-il que l'Etat lui-même fût totalement respectable ce qui, hélas, n'est pas le plus fréquent.
Philippe ROBERT

Semaine du  1 au 7 octobre 2002

L’endettement des entreprises publiques
France Telecom
Endettement : 69.7 milliards d’euros au 30 juin 2002 soit 1191 euros par Français
SNCF
Endettement : 7.3 milliards d’euros à fin 2001 soit 125 euros par Français
EDF
Endettement : 22.2 milliards d’euros à fin 2001 soit 379 euros par Français
La Poste
Endettement : 2.9 milliards d’euros à fin 2001 soit 50 euros par Français

Indicateurs les plus fiables permettant d'anticiper la croissance
Pratiquement jamais cité, l'un des indicateurs les plus fiables permettant d'anticiper la croissance, par-delà les multiples indicateurs établis par les analystes financiers, est celui du carton ondulé, à la base de la quasi-totalité des emballages : si les industriels pensent que la croissance va reprendre, ils commandent du carton; s'ils pensent qu'elle va s'affaiblir, ils n'en commandent pas. La courbe actuelle du car- ton ondulé en France laisse entrevoir au moins un ralentissement, sinon un retournement de l'activité, pour la fin de l'année 2002. Entre le premier semestre 2001 et le premier semestre 2002, les commandes ont déjà baissé de 3,4% et la plongée paraît s'être accentuée en août et durant la première quinzaine de septembre.
Lu dans FAITS&DOCUMENTS 15 au 30 septembre 2002

Les Français favorables à 51% à la modification des 35h souhaitée par le gouvernement, 18/09/02, CSA/Le Parisien-Aujourd'hui en France
67% des actifs français seraient prêts à abandonner les 35h pour financer leur retraite, 17/09/02, IPSOS/Pleine Vie.
Il faut renforcer la législation contre les chauffards, pour 73% des Français, 17/09/02, SOFRES/Le Pèlerin magazine.
Les Français sont plus favorables à une intervention en Irak (34% contre 22% en août), 15/09/02, IFOP/Le Journal du dimanche

J'ai écouté avec attention le premier ministre s'exprimer sous le feu des questions des journalistes, ce soir, sur France 2. Toutefois, ce n'est pas tant sa prestation personnelle ni les interventions de Claude Allègre que je voudrais ici commenter; mais bien plutôt faire part de l'impression extrêmement inamicale que j'ai retirée de cette émission mise en ondes par le service public audiovisuel à la française. Je me permettrais même d'affirmer, en écrivant ces lignes, que je n'en suis toujours pas remis !
Car après avoir assisté à un tel exercice de manipulation de l'opinion, il ne devrait plus être possible pour personne d'affirmer que la télévision publique, subventionnée par les contribuables français, n'abrite pas en son sein la plus grande concentration nationale de journalistes fortement marqués à gauche ! "Mais quoi de plus périlleux que d'exhorter au pur bon sens quand, dans le même temps, l'on s'ingénie à décérébrer les Français pour mieux s'en servir ?" ("Vous avez dit socialisme ?" du 26/09/02).
Philippe ROBERT

Le moment me semble venu, après tant d'années de socialisme de gauche et de droite, de séparer le bon grain de l'ivraie; en d'autres termes, il me paraît vital que la France d'en bas comme celle d'en haut, cette dernière n'étant pas nécessairement plus instruite de bonne politique, découvre enfin ce que veut dire réellement le mot "socialisme", fût-ce, au pire, à la française. C'est donc à Frédéric Bastiat (1801-1850), notre grand économiste libéral de réputation mondiale à l'exception notable, hélas, de la France, que j'emprunterais la meilleure définition à mes yeux de cette longue, douloureuse et coûteuse maladie qui, depuis des temps immémoriaux, étreint le peuple français sous le nom de "socialisme".
Frédéric Bastiat, qui est à mon sens l'un des plus pénétrants et des plus sincères de nos grands penseurs, énonce donc ceci (relevé sur Tocqueville magazine : www.libeco.com) : "Quiconque, ignorant le fait que le corps social est un ensemble de lois naturelles comme le corps physique de l'homme, rêve de créer une société artificielle et de manipuler arbitrairement la famille, la propriété, la justice et la nature humaine, cette personne est un socialiste. le socialiste ne s'occupe pas de physiologie, mais de sculpture; il n'observe pas, il invente; il ne sert pas les hommes, il s'en sert. Il n'étudie pas leur nature, il la change, suivant l'avis de Rousseau". Voilà qui devrait, au minimum, appeler les uns et les autres à une réflexion approfondie ainsi qu'à beaucoup d'humilité dans l'action.
Car la vérité d'une telle observation devrait inciter beaucoup d'entre nous à s'informer de la véritable nature du libéralisme pour s'éviter, par ignorance ou mauvaise foi, de formuler les plus monstrueuses âneries; en l'occurrence, je ne pense donc pas seulement à la gauche et à l'ultra-gauche, chez qui cette posture est naturelle, mais aussi aux élites de droite qui, spécialement en France, refusent de quitter le confort d'une pensée socialisante et forcément abâtardie pour emprunter, en y mettant le courage politique requis, les voies qui conduisent à la vraie liberté. Mais quoi de plus périlleux que d'exhorter au pur bon sens quand, dans le même temps, l'on s'ingénie à décérébrer les Français pour mieux s'en servir ?
Philippe ROBERT

Les comptes de la Sécurité sociale dérapent
La commission des comptes de la Sécurité sociale a annoncé que le régime général passe dans le rouge, après trois années d'excédents (1,1 milliards d'euros en 2001). Elle estime le déficit pour l'année 2002 à 3,3 mds d'euros, contre 2,4 mds d'euros prévus en juillet. Elle prévoit également une perte de 4,6 mds d'euros pour 2003.

Les grandes entreprises publiques
5,2% des emplois salariés proviennent des quelque 1500 entreprises publiques que l'Etat régit en détenant au moins la majorité du capital et dont la valeur boursière est évaluée à plus de 100 mds d'euros.
A côté des entreprises publiques, l'Etat détient encore 26,7% du capital de Renault, 32,6% de celui de Thalès (ex-Thomson Défense), 21% de Thomson Multimédia ou encore 9,6% du capital du Crédit Lyonnais. Il s'agit d'anciennes entreprises publiques entre temps privatisées et cotées en bourse.

Le gouvernement vient de rendre son oracle en ce qui concerne le budget 2003; celui-ci est construit sur une prévision de croissance de 2,5%, peut-être trop optimiste aux yeux de Francis Mer. A cette occasion, les vrais libéraux ne manquent pas de regretter que Jean-Pierre Raffarin n'ose pas réellement réformer la France si ce n'est avec des pincettes; certes, les forces politiques et syndicales qui tiennent notre pays et le freinent dans son développement en brimant scandaleusement les Français ne sont pas une mince affaire; mais il n'en demeure pas moins qu'il est fort dommageable que l'action du gouvernement soit trop limitée, pour l'essentiel, à la seule réalisation des promesses de Jacques Chirac. En effet, les indispensables baisses d'impôts et de charges, subordonnées à une croissance élevée dans une conjoncture durablement précaire, risquent finalement de peser lourd sur la crédibilité du "fusible" Jean-Pierre Raffarin...
Comme il n'est plus temps de remettre à plus tard les réformes structurelles sans lesquelles la France, qui est au plus bas, prend alors le risque mortel de ne plus pouvoir se relever, c'est aujourd'hui même et non plus demain, sous un autre gouvernement, qu'il faut prendre à bras-le-corps les blocages qui maintiennent notre pays dans un état proche de l'infantilisation. Aussi faut-il noter le caractère novateur d'un sondage BVA, commandé par l'association Contribuables associés (Le Figaro économie du 25/09/02), qui indique que 59% de nos compatriotes jugent "trop important" le montant de nos dépenses publiques, contre 19% qui les jugent équilibrés et 16% insuffisants... Autre bonne surprise, 77% des Français pensent qu'il est possible de bénéficier de services publics de qualité pour un moindre coût. Il s'agit là d'une excellente nouvelle qui, si elle est confirmée, devrait porter nos princes à plus de confiance dans le peuple et à plus d'audace dans la réformation du pays !
Philippe ROBERT

En Espagne, le nouveau ministre du travail, Eduardo Zaplana, a déclaré que le moment était venu d’ouvrir un débat tranquille et sans crainte sur la question de la gestion privée de certains services publics. Il songe en particulier au système de retraite, à la santé publique, à l’assurance-chômage ou à l’aide aux personnes âgées. Pour le ministre, il est temps que les syndicats oublient les vieux principes du vingtième siècle concernant la gestion publique des prestations sociales. Le ministre a une certaine expérience en la matière, car, lorsqu’il présidait la région de Valence, il avait fait appel à des organismes privés pour assurer le bon fonctionnement des services publics transférés par l’Etat, comme l’éducation ou la santé publique. C’est ainsi qu’en matière d’éducation il avait donné la priorité à la signature d’accords avec des centres privés, qui reçoivent désormais plus de 60% des étudiants de la région.

L’entreprise dispose de plusieurs moyens pour se financer. La bourse n’a pas pour vocation d’être l’excellence du financement de l’entreprise. C’est avant tout le lieu d’échange de titres de propriété. Chacun est libre de disposer de titres de propriété, comme chacun est libre de disposer d’une maison ou de quelconque objet. Cela implique la responsabilité de l’acheteur et du vendeur, et cela coule de source car pourquoi disposer de titres de propriété si ce n’est pour en tirer profit ? La bourse est essentiellement une affaire de propriétaires, tout comme il y a des foires spécialisées pour la vente de voitures, de meubles etc…
Ce que décident de faire deux personnes par libre consentement n’est l’affaire libre que de ces deux personnes. Si j’achète des titres, je m’entends sur un prix d’achat avec un vendeur. C’est comme dans les relations sexuelles.
Il est très curieux de juger immoral ce que deux personnes peuvent établir par libre consentement, et par extension ce que les actionnaires font entre eux.
Mais pour l’opinion naïve, il suffit d’acheter des titres de propriété pour s’enrichir. Il est très répandu, par exemple, d’acheter une maison, dans la croyance que plus tard, on en sera plus riche. Mais jamais on ne devient plus riche sans effort. Le bien immobilier, il faut l’entretenir, et il faut le valoriser par des travaux d’embellissement, il faut aussi s’informer, pour savoir si par exemple le quartier demeure côté pour ne pas avoir à souffrir. L’actionnaire naïf s’imagine que la détention de titres lui donne un droit à être plus riche sans rien faire. Quelle fadaise ! L’actionnaire est un propriétaire, et il doit s’informer en propriétaire consciencieux, par exemple étudier les rapports d’analyse financière, d’analyse technique, la conjoncture économique, la politique internationale etc…
Enfin, aucun objet ou concept ne saurait être au service d’un autre objet ou concept. Jamais par exemple, la Terre serait au service de la Lune pour que celle ci tourne autour de la Terre. Il y a des lois, et principalement la loi de causalité. Rien ne peut être naturellement au service de l’Homme, sauf pour les sorciers animistes qui estiment qu’un arbre peut être habité par une force favorable à l’Homme. L’Homme décide et ne peut entreprendre décisivement qu’avec l’exercice de la raison. L’activité économique ne découle que de cette faculté, elle n’existe pas dans la nature. Lorsque je crée un pont pour traverser une rivière, le pont n’est pas à mon service. C’est moi-même qui me rend service.
Il serait fécond d’étudier les systèmes philosophiques où sont présentées des hiérarchies de valeur. On reconnaîtra sans doute le Christianisme comme une doctrine ayant placé l’Amour comme la valeur suprême.
Mais n’est-il pas curieux de présenter l’activité économique, nécessaire au bien être de chacun, comme inférieure ? Est-il supérieur d’aimer fut-ce revêtu d’une peau de bête où dans l’état de l’homme des grottes de Lascaux ? A cela, les croyants répondraient : il y a le jardin d’Eden où tous les arbres donnent des fruits à volonté, la rivière coule de lait, l’habillement n’est pas nécessaire car il fait perpétuellement bon…
Vouloir s’échapper de la réalité est précisément l’immoralité. Rappelons que la morale est fondamentalement la constitution d’un corps de valeurs permettant à l’homme de survivre puis de progresser dans un monde réel.
Toute doctrine faisant appel au rêve n’est en fait qu’une doctrine invitant les individus à la mort d’ailleurs considérée comme suprême libératrice.
Fred Rabeman

Il y a plus d'une semaine, ViaNice révélait en exclusivité que le ministre de la Justice donnait trois semaines à Eric de Montgolfier pour "faire ses valises". On pensait cette mutation conséquente au rapport de l'inspection générale des services, qui accable le procureur du tribunal de Nice. Il n'en est rien. Montgolfier s'en va, le scoop est confirmé, mais pour une toute autre raison : le maire de Nice, Jacques Peyrat, a obtenu sa mutation !
C'est en tout cas ce que nous avons appris, avec surprise, en assistant, samedi, au discours que M. Peyrat a tenu sur la colline du château : "Pendant les cinq ans de législature socialiste, je n'ai jamais été reçu par aucun ministre. Depuis que l'UMP a la majorité, j'ai déjà rencontré douze ministres, et obtenu beaucoup de choses positives : la nouvelle mairie, les urgences à l'hôpital Pasteur et surtout, une promotion, ailleurs, pour quelqu'un qui assure la justice dans la ville de Nice."

La fête de l’Humanité a eu lieu dimanche dernier dans le Parc de la Courneuve. Les médias ont " fait leur travail ", annonçant sans relâche la fête et son succès " populaire ", comme si le PC était un parti comme les autres et, surtout, oubliant son score électoral très faible. Le PC ne représente plus grand chose sur le plan électoral, mais il est encore très puissant dans les médias, où il bénéficie d’une forte complicité, comme dans les syndicats ou les rouages de l’administration. Le PC a été laminé, mais il est loin d’être mort dans les esprits. Nous avons aussi pu tout savoir sur les immenses vedettes qui ont apporté leur contribution au succès de la fête de ce qui reste quand même le dernier parti authentiquement stalinien d’Europe. Yannick NOAH ou les Motivés ont ainsi pu montrer de quel côté penchait leur cœur. Le PS et les Verts étaient représentés et même KRIVINE, pourtant longtemps détesté, participait aux débats. Le PC reste décidément à gauche la grande référence.

Une grande majorité de Français, 73% exactement, ont apprécié Jean-Pierre Raffarin sur France 2 jeudi soir; cette excellente nouvelle, issue d'un sondage réalisé le lendemain 27 septembre 2002, confère des devoirs, en particulier celui de ne pas décevoir les électeurs qui demandent clairement qu'une politique vraiment novatrice fût désormais mise en oeuvre. Il est tout aussi important et réconfortant de préciser que 79% de nos compatriotes ont jugé le premier ministre "compétent", 75% "sincère", 70% "à l'écoute des Français", 65% "convaincant" et surtout, aux yeux de 62% d'entre eux, Monsieur Raffarin "a donné une direction pour l'avenir". Un tel score, d'ailleurs non exhaustif, devrait donc nous mettre du baume au coeur et nous appeler à souhaiter une pleine réussite à l'équipe Raffarin.
Toutefois, la question reste posée de savoir si Jean-Pierre Raffarin, confronté pour 2003 à une chute sévère de la croissance, saura faire les bons choix pour surmonter la crise dans laquelle la France, une fois de plus, s'enfonce désarmée; c'est précisément ce que le sage François d'Orcival essaie lucidement de mettre au jour lorsqu'il écrit (Valeurs Actuelles du 27/09/02) : "Devant une telle crise, deux attitudes sont possibles. La plus fréquente, celle pratiquée par les gouvernements de gauche (et de droite aussi) depuis vingt ans, revenait à faire peser l'austérité sur "les autres" en épargnant l'Etat : celui-ci augmentait les impôt et distribuait de l'argent (...)". En effet, nous ne savons que trop jusqu'à quel degré de pléthore de fonction publique, d'assistanat généralisé et de déresponsabilisation individuelle cette constante politique progressiste à la française a conduit la France.
François d'Orcival poursuit : "L'autre attitude, la seule qui puisse permettre de profiter de la reprise dès qu'elle se présentera, consiste pour l'Etat à s'appliquer l'austérité à lui-même, en taillant dans les dépenses, sauf dans les dépenses d'investissement, et à stimuler par la décrue fiscale tout ce qui peut favoriser la création de richesses, l'investissement productif, l'emploi". Pour ma part, je demeure toujours persuadé que la France, aujourd'hui, a plus besoin d'un grand coup de courage politique que d'un traitement bonhomme, fût-il débordant de pragmatisme, dont les conséquences en cas d'échec seraient sûrement incalculables ! Je n'ose alors imaginer la tragédie qui s'abattrait sur notre pays s'il prenait aux Français déçus, dans cinq ans, d'appeler à la rescousse les pères fondateurs, Emmanuelli et Mélanchon, du courant ultrasocialiste "à vocation majoritaire" intitulé Nouveau Monde qui vient de voir le jour à Argelès-sur Mer...
Philippe ROBERT

Il ne viendrait à l'esprit d'aucune personne sensée de continuer à rouler en voiture en faisant regonfler tous les kilomètres le pneu crevé de son véhicule. Or que font tous les fonctionnaires dès qu'un besoin nouveau se fait sentir : ils réclament davantage d'agent, davantage de moyens, sans chercher à comprendre pourquoi ce besoin n'a pu être satisfait avec les moyens ordinaires. Cela est surtout vrai pour l'Éducation Nationale, la Sécurité Sociale, la Poste, la SNCF , les employés du Ministère des Finances pour ne citer que les cas les plus représentatifs de cet état d'esprit de ceux qui ne voient jamais d'autres solutions que de continuer à demander à regonfler encore et encore leur effectifs! Alors que l'informatique permet de faire en une heure ce qu'un employé faisait autrefois en plusieurs jours, sa généralisation n'a provoqué aucune véritable réorganisation des administrations et des services à l'instar de ce qui s'est passé dans le privé. C'est vrai tout autant dans la fonction publique territoriale dont les agents sont maintenant a peu près tous fonctionnarisés. Telle petite commune qui avait autrefois dix employés dont quatre bureaucrates avant l'informatisation en a maintenant vingt dont six derrière leur bureau qui justifient leur présence en produisant d'innombrables états et statistiques qui réjouissent l'oeil mais dont les maires précédents comme leurs administrés se passaient allègrement avant eux. Monsieur Raffarin a raison : mieux administrer, pas plus, là est la clé du rétablissement de nos finances et du retour à l'équilibre de nos comptes. Réduire dans la pyramide administrative les travaux doublonnés, et supprimer les emplois de ceux qui s'y livrent pour les utiliser ailleurs ou tout simplement ne pas les remplacer à leur départ à la retraite, c'est la voie de la sagesse. Ce sera long : Mais à qui fera t'on croire qu'on peut annuler d'un simple clic tous les effets pervers de quarante années de sociale démocratie ou de démocratie sociale qui a fait du Français un perpétuel quémandeur qui se soucie toujours ce que l'état peut faire pour lui et jamais ce qu'il peut faire pour que les choses aillent mieux dans son pays.

La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) reconnaît, dans un rapport publié jeudi 26 septembre 2002, que les programmes internationaux destinés à faire décoller l'Afrique sont un échec total : "Le taux de pauvreté en Afrique a augmenté, une croissance lente et erratique est la norme, les crises rurales se sont intensifiées et la désindustrialisation a réduit les perspectives de croissance future" (Associated Press du 26/09/02). "En clair", le bilan de décennies d'aides publiques en aveugle de la part des pays riches du Nord en direction des pays du Sud en voie de développement démontre avec éclat, alors qu'une grande part de l'humanité peine toujours à survivre, sa criminelle inefficacité constructiviste à visage humain.
Selon Yilmaz Akyuz, directeur du développement stratégique et de la mondialisation de la CNUCED,
"Ce que nous faisons n'est pas suffisant ou peut-être pas adapté"; ce qui conduit tout droit notre haut fonctionnaire international à considérer que les efforts déployés en vue de réduire la pauvreté doivent désormais s'accompagner de filets de sécurité" dans le but, altruiste entre tous, de vérifier que les plus pauvres en bénéficient réellement. Mais il n'est néanmoins nullement question de remettre en cause le système actuel défaillant puisque la CNUCED, qui ne croit pas aux bienfaits de l'économie de marché, au contraire prône "Une augmentation des dépenses publiques à tous les niveaux reste le plus sûr moyen de réduire les inégalités de revenus"... Et aussi, disons-le tout net, le plus sûr moyen de garantir leur prébende aux grands parasites internationaux !
Philippe ROBERT

Comme on pouvait s’y attendre, M. Raffarin aurait( selon l’ AFP) en Sorbonne, devant Ferry, Darcos et Haigneré " rendu hommage à la communauté enseignante pour sa réaction le 21 avril, au moment du vote Le Pen, estimant qu’il fallait que la république ASSUME le message envoyé à ce moment-là ".
Il me semble là qu’il y a une violation flagrante de la neutralité de l’école " laïque " (et de moins en moins telle, je vois depuis 1O ans les dérapages de terrain se multiplier dans deux directions : le " pro-islamisme " et l’ "athéisme " dont M. Jospin a donné l’exemple lors du traité de Nice et dans d’autres circonstances).
Ne serait-il pas temps de lancer une vaste pétition auprès des personnels, des parents, des élèves…attachés aux " valeurs républicaines " si mal défendues par ..les prétendus républicains ?
Ne serait-il pas temps de rappeler que le corps enseignant est une collectivité et pas une " communauté " ce mot qui fleure bon l’umma musulmane, la " communauté humaine " communiste ou le communautarisme ?
Qu’il est totalement vain et lâche de qualifier le vote du 21. 4 de " vote le Pen ", car on pourrait aussi bien dire que ce fut un " vote extrême gauche " (additionnons les suffrages) ou un " vote sanction " pour les locataires perpétuels du pouvoir ?
Qu’il est surprenant que des gens lucides et " éclairés "aient été surpris des chiffres du 21 ; il suffit de regarder n’importe quelle cour de récréation, d’observer la vie dans els couloirs ou aux abords d n’importe quel établissement de France pour être , au contraire, étonné que le vote sanction n’ait pas été plus profond.
Ayant passé le concours des IPES en 1967, et accompli les 33 premières années de mon service au public, je sais qu’il n’existe pas pour les enseignants de clause de conscience, et je me demande si je pourrais continuer aller vers la retraite dans cette ambiance de plus en plus contraire à la droiture, à l’équité, à au sens minimal d’une éducation digne de ce nom. Les propagandes éhontées qui se multiplient ( de la réécriture des histories de la 2ème guerre mondiale et de l’Algérie à l’encensement de la " civilisation islamique " dans les parcours de découverte) vont dans le même sens.
M’étant depuis fort peut de temps " re-converti " au catholicisme, je commence à me demander si ma place est encore dans l’enseignement dit " public " qui a visiblement profondément changé de nature (idéologique " et qui ne rend plus aucun des services ((au public " inscrits dans ses diverses chartes fondatrices.
PS inutile de préciser que je n’ai aucune attache avec le F.N. !

La faillite de l'Etat actionnaire dont le patron de gauche Roger Fauroux, administrateur démissionnaire de France Télécom, dresse cet absurde portrait : " C'est toute la gestion publique des actifs industriels qui est à revoir. Il y a trop de personnes qui assistent aux conseils d'administration. Les responsabilités sont diluées, les temps de réaction trop longs. J'étais administrateur représentant le gouvernement depuis bientôt deux ans, mais, dans toute cette période, je n'ai eu aucun contact avec ma tutelle... Les équipes [de la direction du Trésor] sont submergées par les dossiers à gérer. En fait, l'Etat est incapable d'exercer son métier d'actionnaire. "

Le budget Raffarin sévèrement épinglé par Bruxelles
La rapidité avec laquelle la Commission européenne a réagi est, en soi, inhabituelle. Car la règle est de ne pas commenter à chaud les décisions des Etats membres pour se donner le temps d’étudier les dossiers dans le détail. Le ton de Pedro Solbes, le commissaire européen chargé des affaires économiques, a levé toute ambiguïté sur le regard que Bruxelles porte sur le projet de budget français. Il paraît sans appel. Pedro Solbes " regrette particulièrement que la position budgétaire ne soit pas clairement améliorée en 2003, ce qui ne semble pas être en ligne avec les engagements passés de la France ". Allusion aux engagements pris par Jacques Chirac au sommet de Barcelone en mars dernier. Le commissaire a fait part de ses préoccupations à la lecture de la copie du Premier ministre français. Même si " la Commission est consciente du fait que la situation économique cette année et les perspectives à courts terme ne sont pas aussi bonnes que prévu ".
Première préoccupation : " Le manque d’amélioration claire de la position du déficit budgétaire cycliquement ajusté, qui montre clairement que le gouvernement français reporte son processus d’assainissement budgétaire ". Deuxième source de préoccupation : l’équilibre du budget ne sera même pas atteint en 2006, qui correspond pourtant à la nouvelle date limite concédée par Bruxelles. Selon le projet de budget présenté mercredi, le déficit serait ramené à 0,5% en 2006, si la croissance atteignait un rythme annuel de 3% de 2004 à 2006. Autant dire une hypothèse peu réaliste. Troisième source de préoccupation : le déficit prévu pour 2003 (2,6% du PIB), paraît " dangereusement proche du seuil de 3% " fixé par le seuil de stabilité. Sans compter que là encore, ce déficit est bâti sur une hypothèse optimiste d’une croissance économique de 2,5% l’an prochain.

L'Espagne s'oppose au report de l'équilibre à 2006
"Une stratégie erronée" : c’est ainsi que Madrid a qualifié mercredi la décision de la Commission européenne de reporter de 2004 à 2006 l’objectif de déficit zéro fixé pour les pays de la zone euro. Le Ministre de l’Economie, Rodrigo Rato, a déclaré que l’Espagne ne pouvait "en aucun cas" l’accepter et souhaite que les ministres des finances des Quinze aient seuls le pouvoir de prendre une telle décision. Aux Pays-Bas, même indignation pour le gouvernement qui s’est déclaré "désagréablement surpris" par le choix de Bruxelles.

Sondage: l'Etat dépense trop, selon 59% des Français
Alors que le gouvernement a présenté mercredi un budget 2003 qui stabilise le déficit de la France à 44,6 milliards d'euros, près de six Français sur dix estiment que l'Etat dépense trop, selon un sondage BVA pour "Contribuables associés" réalisé à l'occasion du "Rendez-vous parlementaire du contribuable" qui se tiendra le 2 octobre prochain à Paris.
Pour 59% des personnes interrogées, le montant des dépenses publiques est "trop important" en France, contre 16% seulement qui jugent qu'il est "insuffisant", tandis que 19% des sondés le qualifient de "bien équilibré". Les sympathisants de droite sont plus nombreux à dénoncer un dérapage: 63%, contre 50% des sympathisants de gauche.
Ils sont par ailleurs 77% à estimer qu'il est "certainement" ou "probablement" possible d'avoir en France des services publics de qualité tout en réduisant les prélèvements obligatoires.
Ce sondage a été réalisé par téléphone les 13 et 14 septembre auprès d'un échantillon de 981 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

Le budget 2003 est "décevant", selon le MEDEF
Le Mouvement des entreprises de France (MEDEF) juge mercredi "décevant pour les entreprises" le projet de budget de l'Etat pour 2003.
Pour le patronat, ce projet "ne contribue pas encore à renforcer la compétitivité", alors que "l'hypothèse de croissance retenue est trop optimiste, l'important déficit de l'Etat perdure et la dette publique progresse", tandis que "la maîtrise des dépenses publiques et sociales est insuffisante".
Le MEDEF juge pêle-mêle que "les frais de fonctionnement de l'Etat restent trop élevés, au détriment des dépenses d'équipement. La baisse annoncée des effectifs de fonctionnaires ne compense que symboliquement les 280.000 créations d'emplois publics de ces dix dernières années; les mesures fiscales concernant les entreprises sont marginales et ne correspondent pas à l'objectif affiché d'un alignement en cinq ans de leur fiscalité sur la moyenne européenne". "Au-delà de ce budget de transition, qui porte encore la trace de la gestion passée", le MEDEF "encourage le gouvernement à s'engager dans un plan vigoureux de redressement des finances publiques, gagé sur une réforme en profondeur de l'Etat et des régimes sociaux: l'objectif doit être le retour rapide à l'équilibre des finances publiques, afin de permettre la diminution de la dette publique, condition indispensable au renforcement de la croissance et de l'emploi".

France : La récession industrielle menace
Production industrielle (hors énergie et industries agoalimentaires, indice base 100 en 1995). Source : Insee. L'activité industrielle déprime. En juillet, la production dans le secteur manufacturier (hors énergie et agroalimentaire) a baissé de 1 % sur un mois et de 1,3 % sur un an, retrouvant son niveau de janvier. Toutes les branches marquent le pas, exceptée la construction (+0,7%). Dans les prochains mois, les cadences devraient ralentir encore : l’investissement restera en berne, les exportations subiront le freinage de la demande mondiale et la consommation des ménages résistera difficilement à la sinistrose.

La croissance française sera limitée à 1% en 2003
Economie mondiale cherche argent, désespérément. L’année 2002 se passe mal, après un rebond technique en début d’année. Les derniers indicateurs parus convergent partout à la baisse. Et 2003 s’annonce comme l’année des petits nombres. Nouveau recul de 0,5 % de la production au Japon, croissance zéro aux Etats-Unis, + 0,4 % en Allemagne et + 1 % en France : il ne paraît guère raisonnable d’espérer plus. Ces prévisions ne prennent pas en compte l’hypothèse d’un conflit au Moyen-Orient, ni celle d’une flambée pétrolière.

Le plan Mattéi pour résorber le trou de la Sécu
Jean-François Mattéi a déclaré la guerre au gaspillage. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, présenté mardi par le Ministre de la Santé, fait la part belle aux économies de toutes sortes. Une mesure choc, tout d’abord, qui se fera sur trois ans : l’arrêt pur et simple du remboursement de trois catégories de médicaments jugés inefficaces. Le Ministre n’a guère donné plus de détails, mais selon une liste établie en 2001, ces médicaments sont au nombre de 835, représentent près de 20% de ceux actuellement remboursées par l’assurance maladie et correspondent à des ventes de 1,5 milliard d’euros par an. Ensuite, la promotion des génériques, ces médicaments dont le brevet est tombé dans le domaine public et qui sont donc moins chers. Désormais, les produits de marque ne seront plus remboursés que sur la base de leur version générique, si tant est que cette dernière existe. Cette mesure qui, selon le Ministre, mettra quelques mois à se mettre en place, devra dégager 300 à 350 millions d’euros d’économies. Enfin, les recettes provenant de la hausse de 15% du prix du tabac seront pour les deux tiers affectées à la Sécu - soit 600 millions environ.

Le but de Jean-François Mattéi est clair : enrayer le déficit de la branche maladie de la Sécurité sociale. Estimé à 6,1 milliards pour 2002, le Ministre souhaite le contenir à 7 milliards en 2003, quand les prévisions l’évaluent à 8,2 milliards. Ceci dans l’espoir de ramener à des dimensions plus raisonnables le trou de l’ensemble de la "Sécu". Résorbé durant les trois dernières années, le déficit s’est en effet remis à filer en 2002. Il est estimé à 3,3 milliard, un dérapage qui, selon la commission chargée de l’évaluer, pourrait atteindre 4,6 milliards en 2003. A ce titre, Jean-François Mattéi a d’ailleurs annoncé que l’Etat allait rembourser 1,2 milliard d’euros à la Sécu l’année prochaine, une somme qui représente la moitié de sa dette au titre des allègements de charge en faveur des entreprises.