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| Economie | Ce que Le Monde na pas dit |
Claude Reichman |
| Le quotidien Le Monde ma adressé, ainsi
quà tous les candidats à lélection présidentielle, un questionnaire sur
lépargne. Jy ai évidemment répondu. Dans son édition des 17 et 18 mars
2002, le journal a publié lensemble des réponses reçues, mais na reproduit
que trois brefs extraits des miennes. Cest la raison pour laquelle jai
décidé de publier mon texte dans son intégralité. En effet, lépargne est un
problème essentiel, puisquen dépendent notamment la propriété et
linvestissement, ainsi que les retraites. A cet égard on notera avec intérêt que
tous les autres candidats, y compris Alain Madelin, affirment vouloir
" consolider notre système de répartition ", sans avancer
dailleurs la moindre proposition sur ce quil conviendrait de faire pour y
parvenir. On ne saurait mieux mettre en évidence linsoutenable légèreté du
personnel politique français. Qui ne tardera pas à se briser, comme lécrivait
Prévert, sur " les terrifiants pépins de la réalité ". Voici donc ce questionnaire et mes réponses. 1. Selon vous, le prochain gouvernement devra-t-il apporter des modifications à la fiscalité des produits d'épargne ? Si oui, lesquels ? Réponse : Le prochain gouvernement devra adapter la fiscalité de l'épargne aux nécessités européennes en raison de l'abrogation du monopole de la sécurité sociale, qui met en concurrence tous les systèmes de retraite de l'Union. La fiscalité de l'épargne devra être neutre à l'égard de toutes les formes dépargne, qu'il s'agisse de produits d'épargne financière ou d'investissements mobiliers ou immobiliers personnels.
2. Faut-il réformer lISF, notamment modifier ses taux et ses plafonds ? Souhaitez-vous une suppression du " plafond du plafond " ? Réponse: Il faut supprimer lISF, qui est un impôt sur des biens acquis avec des revenus ayant déjà payé l'impôt et qui est contraire au droit de propriété, garanti par la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.
Réponse : La seule façon de soutenir durablement laccession à la propriété est la réduction des impôts et des charges, qui permettra au pays de connaître une vraie prospérité. Je propose le remplacement de lactuel impôt sur le revenu par une " contribution fiscale généralisée ", sur le modèle de la CSG, laquelle sera supprimée. A un taux de 5%, elle procurera l'équivalent de l'actuel impôt sur le revenu. Par ailleurs la suppression du monopole de la sécurité sociale, qui n'est pas appliquée alors que les lois correspondantes sont désormais toutes votées, permettra, grâce à la concurrence, une forte diminution du coût de la protection sociale et donc des charges. Toutes ces mesures se traduiront par un recul spectaculaire du chômage.
4. Faut-il encourager l'investissement locatif privé ? Comment ? Réponse : Même réponse qu'aux questions précédentes.
5. Souhaitez-vous favoriser une nouvelle épargne retraite en plus de la répartition ? Individuelle ou collective ? Facultative ou obligatoire ? Réponse : Il faut geler la répartition et faire passer tous les actifs de moins de 50 ans à la capitalisation. Le service des pensions de répartition sera assuré par un financement à base fiscale, jusqu'à l'extinction complète des bénéficiaires. A cet effet, il faudra diminuer de moitié le nombre des fonctionnaires en ne remplaçant pas, au cours des dix prochaines années, ceux qui vont partir à la retraite. Cela ramènera la France, qui compte actuellement un fonctionnaire pour quatre actifs, a la moyenne des pays du G7, qui est de 13,2 % de la population active, et dégagera les ressources financières nécessaires.
Réponse : Le simple énoncé de tous ces livrets suffît à démontrer linutile complication et l'absurdité d'un tel système. L'épargne doit être libre et concurrentielle. L'Europe nous y contraindra évidemment.
Réponse : Je suis pour la liberté et la concurrence. Il appartient aux établissements bancaires de proposer toutes les formules possibles à leurs clients et à ceux-ci de faire leur choix.
Réponse: mon patrimoine se compose d'une propriété de famille, qui ne procure pas de revenus et ne nécessite pas de gestion. Je ne suis pas soumis à lISF.
Réponse : Il faut surtout limiter drastiquement le nombre des organismes pouvant procéder à de telles saisies ou à des oppositions à tiers détenteurs. Très souvent ces mesures sont prises, notamment par les organismes dits " sociaux ", sans respect des procédures ni des droits de l'homme. Claude Reichman
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