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| Histoire Politique | Le " mythe Allende ", un exemple de la manipulation de lhistoire par la gauche | Laurent R. 03/11/03 |
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| Nous avons découvert récemment que le 11
septembre nest pas seulement le jour anniversaire de lattentat du World Trade
Center, mais aussi la commémoration par la gauche du monde entier, du coup dEtat de
1973 au Chili, qui renversa le président socialiste Salvador Allende. Cest
loccasion par cette gauche militante, de perpétuer la légende du
" brave " présidente Allende, et de faire feux de tous bois
contre " limmonde " dictateur Pinochet. Pourtant, force est de
constater que celui-ci na pas été, de loin, le plus sanguinaire quait connu
lAmérique latine. En effet, en une quinzaine dannées (de 1974 à 1989), son
régime na fait " que " 2.279 morts recensés par la
" Commission Vérité et Réconciliation " de mars 1993, chiffre
approuvé par toutes les parties. Cest dire si Pinochet fait plutôt figure
denfant de chur face à Stroessner, aux militaires argentins ou à Castro
(50.000 morts estimés à Cuba depuis 1949). Si Pinochet na pas été un des
dictateurs les plus meurtriers de la région, alors pourquoi un tel acharnement contre
lui ? Certainement parce que, en renversant Allende, le commandant en chef de
larmée chilienne a mit fin à un rêve et créé un martyr, qui a rejoint le
Panthéon des grands mythes de la gauche internationale, aux côtés de Trotski ou du
" Che ". Or, les esprits éclairés savent que les mythes sont
généralement assez éloignés de la vérité. En loccurrence, celui du
" bon président Allende ", soutenu et aimé par tout son peuple et
renversé par un militaire réactionnaire qui avait bien préparé son coup,
néchappe pas à cette règle. Dabord, Allende na jamais recueilli ladhésion dune majorité de ses concitoyens. Il na été élu en 1970, au bout de sa quatrième tentative, que grâce à une triangulaire (lélection présidentielle chilienne na quun tour). Il a en effet " triomphé " très modestement, avec 36,2 % des voix, contre 35 % au candidat conservateur et 28 % au candidat démocrate-chrétien. Par la suite, le premier président marxiste du Chili na jamais bénéficié dune majorité parlementaire : si son élection a été ratifiée en 1970 grâce à un vote des députés démocrates-chrétiens, ceux-ci retournent rapidement à lopposition et lUnité populaire, coalition de gauche qui soutient le président, est défaite aux élections législatives de 1973. Car la politique dAllende, qui vise " [ ] le socialisme intégral, scientifique, marxiste ", est désapprouvée par une large partie de la population chilienne. Les nationalisations massives et les confiscations de terres par les paysans pauvres manipulés par lextrême gauche, effrayent la bourgeoisie, les classes moyennes et les Etats-Unis, dont la politique américaine de lépoque est de tout faire pour éviter un second Cuba. Intervient alors une période de troubles graves, avec des grèves et des protestas presque journalières (notamment des camionneurs et des femmes). Cest dans ce contexte confus que larmée intervient, soutenue par la CIA. Elle organise un coup dEtat, auquel se rallie, au tout dernier moment, son commandant en chef. Le général Augusto Pinochet Urgate, nommé par Allende en 1973 pour " tenir larmée ", a en effet bénéficié jusquau dernier moment de la confiance de son président, qui le croit sûr, car apolitique et franc-maçon comme lui. Le coup dEtat réussi et une fois Allende mort (celui-ci sest suicidé, avec larme de collection que lui avait offerte son ami Castro), Pinochet simpose et met en place un régime dictatorial certes, mais qui a paradoxalement bénéficié dun plus large soutien des Chiliens, notamment auprès du groupe des classes moyennes, un des plus important dAmérique latine, qui sest développé grâce à la nouvelle orientation économique du pays. Car la politique économique mise en place, inspirée des théories monétaristes de lEcole de Chicago, a, de toute évidence, obtenu de meilleurs résultats que la politique de collectivisation dAllende : le Chili est encore aujourdhui le pays dAmérique du Sud qui a le taux dinflation le plus bas et un des PNB par habitant les plus élevés. Le soutien dune majorité de la population à cette politique sest manifesté à plusieurs reprises, lors des différents référendums (1977, 1980 ), et il faut attendre celui de 1988 pour voir le dictateur réprouvé pour la première fois (par 55 % des votants seulement). Et même si Pinochet se retire de lui-même lannée suivante, avec le retour à la démocratie, les Chiliens ont longtemps reconduit des gouvernements démocrates-chrétiens qui ont poursuivi la même politique économique libérale. Ce nest que très récemment, en 1998, que le Chili a réélu un président socialiste. Car aujourdhui encore, on nobserve pas un rejet massif de la période de la dictature par une population chilienne qui reste très divisée. En revanche, dans les pays européens comme la France, où sétait installé la plupart des exilés de 1973, la population, manipulée par les médias et lintelligentsia de gauche, semble adhérer au mythe Allende, doù la consternation " de mise " lorsque les Lords britanniques ont relâché Pinochet à la suite de ses déboires judiciaires de Londres il y a quelques années. La gauche continue donc dentretenir un mirage qui couvre la réalité de lhistoire du Chili de ces années soixante-dix et quatre-vingt. Dans un but idéologique, il sagit de réhabiliter Allende, dont la politique est plus que contestable, en diabolisant Pinochet, qui nest pourtant pas un des pires dans son domaine. On en a vu une illustration dernièrement lorsque le maire de Paris a débaptisé la place du Chili, renommée place Salvador Allende. Les élus de lopposition parisienne (UMP et UDF) ne sétaient pas associés à cette cérémonie très médiatisée, bien conscients quil sagissait là dune manipulation. Une de plus. Laurent R.
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