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| international | G. W. Bush : dans la continuité de la révolution conservatrice américaine. | Par Jean Baptiste S. |
| " Plus conservateur
que le libéralisme européen, mais plus libéral que le conservatisme
européen " Clinton Rossier Pour comprendre le dessein de George William Bush junior, il faut comprendre le conservatisme et son histoire. Le conservatisme américain que lon connaît (mal) aujourdhui, prend ses racines dans les années 50 avec le livre choc de Russel Kirk" The Conservatism mind " paru en 1953 et qui pose les bases du conservatisme daprès guerre. Ce livre remporte rapidement un vif succès. Russel Kirk décrit le Peuple américain comme ayant" toujours été un peuple animé de puissantes pulsions conservatrices, pénétré dun sentiment religieux sans commune mesure, fermé dans ses convictions morales, hostile à larbitraire du monarque comme à celui, méfiant face à la centralisation, attaché à ses droits prescriptifs et convaincu de la nécessité et des bienfaits de la propriété privée ". Profondément marqué par le libéralisme humaniste et ses trois piliers : liberté individuelle, droit de propriété et responsabilité: quil défend âprement. Animé dune volonté de restaurer un ordre moral marqué par la religion dans une société individualiste, tel est ce mélange à la fois curieux et original qui constitue le conservatisme américain. " préserver nos intelligences de la stérilité et de luniformité de la société de masse...Réhabiliter lesprit et la conscience dans un monde voué depuis trop longtemps aux pires horreurs... Donner un sens nouveau à nos sociétés industrialisées ... Contrecarrer le collectivisme par la restauration dun véritable tissu communautaire, apprendre aux hommes à aimer leur pays, leurs ancêtres et leur postérité... Rétablir un lien entre les générations. Program for Conservatives, Kirk Russel. Deux piliers : létat de droit lordre moral transcendantal Un état de droit Létat doit être fort dans ses tâches régaliennes mais accomplissant pour le reste une " cure dhumilité ". Les conservateurs luttent contre toute forme de collectivisme. Ils défendent les corps intermédiaires et la subsidiarité. Un ordre moral transcendantal Il sagit de réhabiliter une approche traditionaliste et spiritualiste des problèmes contemporains et rendre toute leur vigueur " aux normes absolues et transcendantes ". Devant la faillite de lindividualisme des lumières, " crise morale issue de lorientation scientiste et matérialiste de la fin du Moyen Age. " Il croient à la " Loi naturelle " : " vérités absolues, immuables et éternelles " socle de la civilisation chrétienne. Les conservateurs prônent donc un retour à la religion et à la tradition pour remédier à la crise morale. " Réhabilitation des notions dautorité, de hiérarchie, de catholicisme, de tradition, dabsolu, de dogme, de vérité et au discrédit des idées... " " ...dégalitarisme, de progrès, de protestantisme, de pragmatisme et de personnalité " Robert Gorham Davis. Ainsi la religion occupe une place importante : " Sans un référent transcendant et religieux, les conflits de valeur ne peuvent être résolus " Richard Neuhaus. " la religion est essentielle à la vertu publique ". Les conservateurs préfèrent des religions plurielles et dialoguantes à un athéisme obligatoire imposé den haut. Ils sont traditionalistes par leur amour des coutumes et des traditions. Conserver quelques valeurs sans lesquelles, pensent-ils, la société entre en barbarie. Nécessité dune hiérarchie sociale, dune école exigeante, dune familles structurée à côté dun ordre moral et dun état de droit. La liberté dopinion reste fondamentale : les conservateurs défendent la libre confrontation face à " la police de la pensée " Le principe de continuité historique Les conservateurs montrent un attachement à ce principe quillustre très bien Joseph Tischner professeur de philosophie à lAcadémie de théologie de Cracovie " Le conservatisme dans son acceptation première, existentielle, traduit une attitude particulière à légard du temps qui sécoule ; le temps ne nous apporte rien de nouveau. Quoiquil arrive, il constitue la répétition de ce qui sest déjà produit. Nous entrons toujours dans la même eau. Chaque nouveauté est une illusion du nouveau. Lillusion résulte de lindividualisation. Parce que lindividu ignore ce que dautres individus vivent et ce quils ont vécu, il simagine que lhistoire commence avec lui. ". " pas de liberté pour les ennemis de la liberté " La méfiance du conservatisme à lencontre des idéologies réformistes (New Deal, Reich allemand, Communisme...) lui donne une orientation particulière durant toute la guerre froide par un anticommunisme viscéral. Le conservatisme américain devient " la résistance du monde libre à la menace communiste ". Les conservateurs ne tardent pas à rejoindre les positions du sénateur Mac Carthy linstigateur de " la chasse aux sorcières ". La condamnation de lidolâtrie du marché et celle de Létat : ils ne font pas religion du capitalisme ni de létat providence, car ils ont en général une religion qui suffit à occuper le lieu du sacré. Le capitalisme : un rempart contre Létat. La résistance aux tendances centralisatrices, égalitaristes, et étatistes héritées de la révolution française sont leur credo. Ils luttent contre Létat tout puissant qui sort de ses tâches régaliennes, et étend ses champs daction. Pour eux, " Le capitalisme contribue à asseoir une multitude de centres de décision susceptibles de rivaliser avec Létat " Ils croient aux vertus politiques du marché : décentralisation des richesses et barrières infranchissables sur le chemin de Létat. La libre entreprise constitue le socle le plus solide des libertés publiques et du pluralisme social. Un souci de moraliser léconomie Réintégrer le système économique dans un strict cadre éthique : " Une économie de marché ne peut fonctionner que si ses acteurs sont décidés à respecter les principes du contrat. Si chacun essaye de tricher (..) le système seffondre " Kristol et Paul Weaver 1976 Ne pas faire du profit une fin en soi. La Crise sociale : les errements de létat-providence Ils prônent La fin de létat-providence quils rendent responsables des problèmes de solidarité et de lindividualisme croissant. Ils souhaitent la revalorisation de la notion de subsidiarité et du rôle déterminant des " communautés de proximité " plus à même de gérer de façon souple et responsable les mécanismes de solidarité. " La compassion est sincère lorsquelle est dirigée vers des individus (...) La compassion érigée en un mouvement politique est une chose très dangereuse et, à mon avis perverse (...). Quand les gens deviennent des fonctionnaires de la compassion et commencent à en faire carrière que ce soit sur un plan politique, journalistique ou artistique je dois dire que je doute de leur bonne foi. " Irving Kristol Le début de la révolution conservatrice : lavènement de Ronald Reagan Après presque 30 années de combat les conservateurs avec Ronald Reagan sont portés à la Maison Blanche. Reagan a été profondément marqué dès sa jeunesse par le mouvement conservateur notamment par ses Affinités avec la National Review (une des grandes revues intellectuelles du mouvement conservateur), et son admiration pour les intellectuels néo-conservateurs de Commentary et de The Public Interest.(autre tendance conservatrice issue de la gauche américaine) Dès son arrivé au pouvoir les Etats-Unis opèrent un " Virage à droite " Sur le plan économique, il reprend les thèses de léconomie de loffre prônée par Jean Baptiste Say : " loffre crée sa propre demande ". Déréglementation, baisses des impôts sappuyant sur la célèbre " courbe de Laffer ". Les succès économiques que lon connaît ont été incontestables. Sur le plan social la réforme en profondeur du système de solidarité a bénéficié aux associations charitables et aux communautés de proximité qui se sont multipliées. Mais sa politique dordre moral ne reste quune ébauche, devant lopposition molle au programme de la gauche libérale " féminisme, multiculturalisme, et permissivité sexuelle ". il sest contenté de réduire les subventions à des fondations jugée subversives. Décevant beaucoup de conservateurs américains. Mais larrivé des conservateurs marque aussi lavènement dune politique étrangère dune grande fermeté. Dans lhistoire des Etats-Unis. George William Bush Junior, incarne la continuité de la politique entreprise par Ronald Reagan, avec un programme qui cette fois ci en plus dobjectifs économiques et sociaux sera culturellement profondément conservateur. Mais malgré les nombreux lobbies conservateurs, les médias restent sociologiquement à Gauche aux USA. Peut être que Bush va opérer un renouveau culturel initié par Reagan qui va contrebalancer la culture gauchiste qui imprègne le monde culturel, les médias, et les grandes universités américaines actuelles. La révolution conservatrice ne fait donc que commencer ! Jean Baptiste S. Lire : " Le conservatisme américain " de Nicolas Kessler Collection Que sais-je ? PUF n°3364 |
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