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Politique

100 jours pour réussir !
Editorial du 13 mai 2002

Par Jean Baptiste
Cette semaine, " Les jeunes loups " sont entrés dans l’arène. Vont-ils parvenir à réformer la France ?

Ils peuvent être satisfaits. Jacques Chirac les a récompensé comme il se doit, ses zélés serviteurs.
Ils sont maintenant tous présents dans le nouveau gouvernement à l’exception de Philippe Douste-Blazy qui a une haute estime de lui même.
Les quatre mousquetaires aux dents longues (Jean Pierre Raffarin, Renaud Dutreil, Jean François Copé, François Fillon), sans oublier Nicolas Sarkozy et quelques autres comme la très fardée et " démago " Roseline Bachelot, sont au rendez-vous.
On peut se réjouir de la nette diminution de la participation des énarques dans ce gouvernement (4) par rapport au précédent qui en comptait pour la totalité !
Cependant on peut s’interroger sur le nombre aussi importants de ministres et secrétaires d’Etat. La première question qui vient à l’esprit est de se demander où va-t-on les mettre ? C’est que le Président de la République avait beaucoup de monde à récompenser !
Chercherait-on à privilégier la quantité pour masquer la qualité ?
Ne faisons pas de mauvais esprit. D’abord, on ne change pas une équipe qui perd… Euh ! Qui est censée gagner. Car c’est une fringuante équipe, " jeune " et dynamique prête à en découdre.

Mais de quoi veulent-ils en découdre ?
A entendre " le serviteur " Raffarin, avec sa restauration de " l’autorité républicaine " et du " dialogue social ", nous sommes repartis dans les formules creuses : au diable les réformes !
On fait des séminaires hebdomadaires pour gagner du temps en feignant de ne pas savoir ce qu’il faut faire : " calendrier ", " méthode de travail à définir ", tel est le discours tenu. Le nouveau Premier Ministre a du trouver bien inconfortable le siège de dynamite sur lequel Lionel Jospin était assis. Celui ci a laissé derrière lui de quoi à faire sauter plusieurs gouvernements…
Les graves problèmes qui agitent notre pays n’ont pour l’instant pas suscité de réformes énergiques et rapides. Il n’y a pas de plan d’urgence. Jean-Pierre Raffarin préfère faire un audit des finances de l’Etat pour gagner trois mois ! Trois mois de perdus, pendant lesquels on aurait pu lancer une grande réforme fiscale, diminuer de manière drastique les dépenses de l’Etat, les taxes et les prélèvements obligatoires.
Ce gouvernement se penche au bord de l’abîme, en se demandant comment l’éviter sans s’engager à poser un solide pont. On se retrouve une nouvelle fois devant l’éternel problème de cette génération de politiciens professionnels : leur responsabilités ! Sont-ils capables de les prendre ? Nous pouvons en douter.
Ils préfèrent se détourner de l’abîme en préparant les législatives. Ils croient pouvoir gagner sans faire " de vagues " pendant un mois. Ils croient pouvoir présenter des mesures énergiques sans " se mouiller ". Tenir sans bouger jusqu’aux législatives, une patte en l’air comme les échassiers, tel devrait être le mot d’ordre de l’Elysée. Mais la situation est explosive. Ce n’est pas un gouvernement de carriériste qu’il nous faut, mais un gouvernement " thatchérien ", qui doit mener les affaires d’une main de fer compte tenu de l’urgence !

Aussi ce gouvernement comme tout autre doit être soumis à la règle des cent jours. Il y va de sa crédibilité et de sa capacité à réformer le pays. Cent jours pendant lesquels toutes les réformes doivent être initiées. Au terme de ce délai, le gouvernement n’a plus aucune marge de manœuvre. Il ne peut que gérer la situation telle quelle jusqu’à la prochaine législature. Ce fait est démontré dans de nombreux pays occidentaux. On n’a jamais vu un gouvernement retrouver un souffle en engageant brutalement des réformes en milieu de législature. En général, cela accentue la défaite de leur camp aux prochaines élections législatives. Toutes les réformes doivent donc être entreprises dans les cent premiers jours ! Il faut avaler " le plus dur " tout de suite et gérer la mise en œuvre ensuite pendant 5 ans.
Or ce gouvernement a une chance inouïe : il n’a pas d’Assemblée parlementaire pour voter ses décisions pendant un mois. Il pourrait donc faire passer toutes les réformes difficiles par décret pendant cette période. Ce qui limiterait toute crise politique et assurerait sa crédibilité auprès de ses électeurs pour les législatives. Mais il n’en a pas le courage. On ne fait pas du neuf avec du vieux.
En prenant ses lieutenants dans ce gouvernement, Jacques Chirac confirme la volonté du non changement.

Mais" ces jeunes loups " en acceptant les charges qu’ils désiraient ardemment en ont pris malgré eux la responsabilité. Ils n’ont donc aucune excuse. Ils savent parfaitement ce qu’il faut faire et les solutions qu’il faut appliquer. Qu’ils cessent de jouer à cache-cache. Ils seront de toute façon jugés sur leurs actes.
Dans la perspective d’une victoire de la Droite aux législatives, si dans cent jours rien n’est fait, ils sauront trouver assez facilement la porte de sortie devant les événements…

Jean Baptiste

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