- Cette semaine, " Les jeunes
loups " sont entrés dans larène. Vont-ils parvenir à réformer la
France ?
Ils peuvent être satisfaits. Jacques Chirac les a récompensé comme il se doit, ses
zélés serviteurs.
Ils sont maintenant tous présents dans le nouveau gouvernement à lexception de
Philippe Douste-Blazy qui a une haute estime de lui même.
Les quatre mousquetaires aux dents longues (Jean Pierre Raffarin, Renaud Dutreil, Jean
François Copé, François Fillon), sans oublier Nicolas Sarkozy et quelques autres comme
la très fardée et " démago " Roseline Bachelot, sont au
rendez-vous.
On peut se réjouir de la nette diminution de la participation des énarques dans ce
gouvernement (4) par rapport au précédent qui en comptait pour la totalité !
Cependant on peut sinterroger sur le nombre aussi importants de ministres et
secrétaires dEtat. La première question qui vient à lesprit est de se
demander où va-t-on les mettre ? Cest que le Président de la République
avait beaucoup de monde à récompenser !
Chercherait-on à privilégier la quantité pour masquer la qualité ?
Ne faisons pas de mauvais esprit. Dabord, on ne change pas une équipe qui
perd
Euh ! Qui est censée gagner. Car cest une fringuante équipe,
" jeune " et dynamique prête à en découdre.
Mais de quoi veulent-ils en découdre ?
A entendre " le serviteur " Raffarin, avec sa restauration de
" lautorité républicaine " et du " dialogue
social ", nous sommes repartis dans les formules creuses : au diable les
réformes !
On fait des séminaires hebdomadaires pour gagner du temps en feignant de ne pas savoir ce
quil faut faire : " calendrier ", " méthode de
travail à définir ", tel est le discours tenu. Le nouveau Premier Ministre a
du trouver bien inconfortable le siège de dynamite sur lequel Lionel Jospin était assis.
Celui ci a laissé derrière lui de quoi à faire sauter plusieurs gouvernements
Les graves problèmes qui agitent notre pays nont pour linstant pas suscité
de réformes énergiques et rapides. Il ny a pas de plan durgence. Jean-Pierre
Raffarin préfère faire un audit des finances de lEtat pour gagner trois
mois ! Trois mois de perdus, pendant lesquels on aurait pu lancer une grande réforme
fiscale, diminuer de manière drastique les dépenses de lEtat, les taxes et les
prélèvements obligatoires.
Ce gouvernement se penche au bord de labîme, en se demandant comment léviter
sans sengager à poser un solide pont. On se retrouve une nouvelle fois devant
léternel problème de cette génération de politiciens professionnels : leur
responsabilités ! Sont-ils capables de les prendre ? Nous pouvons en douter.
Ils préfèrent se détourner de labîme en préparant les législatives. Ils
croient pouvoir gagner sans faire " de vagues " pendant un mois. Ils
croient pouvoir présenter des mesures énergiques sans " se
mouiller ". Tenir sans bouger jusquaux législatives, une patte en
lair comme les échassiers, tel devrait être le mot dordre de lElysée.
Mais la situation est explosive. Ce nest pas un gouvernement de carriériste
quil nous faut, mais un gouvernement " thatchérien ", qui doit
mener les affaires dune main de fer compte tenu de lurgence !Aussi ce
gouvernement comme tout autre doit être soumis à la règle des cent jours. Il y va de sa
crédibilité et de sa capacité à réformer le pays. Cent jours pendant lesquels toutes
les réformes doivent être initiées. Au terme de ce délai, le gouvernement na
plus aucune marge de manuvre. Il ne peut que gérer la situation telle quelle
jusquà la prochaine législature. Ce fait est démontré dans de nombreux pays
occidentaux. On na jamais vu un gouvernement retrouver un souffle en engageant
brutalement des réformes en milieu de législature. En général, cela accentue la
défaite de leur camp aux prochaines élections législatives. Toutes les réformes
doivent donc être entreprises dans les cent premiers jours ! Il faut avaler
" le plus dur " tout de suite et gérer la mise en uvre ensuite
pendant 5 ans.
Or ce gouvernement a une chance inouïe : il na pas dAssemblée
parlementaire pour voter ses décisions pendant un mois. Il pourrait donc faire passer
toutes les réformes difficiles par décret pendant cette période. Ce qui limiterait
toute crise politique et assurerait sa crédibilité auprès de ses électeurs pour les
législatives. Mais il nen a pas le courage. On ne fait pas du neuf avec du vieux.
En prenant ses lieutenants dans ce gouvernement, Jacques Chirac confirme la volonté du
non changement.
Mais" ces jeunes loups " en acceptant les charges quils
désiraient ardemment en ont pris malgré eux la responsabilité. Ils nont donc
aucune excuse. Ils savent parfaitement ce quil faut faire et les solutions
quil faut appliquer. Quils cessent de jouer à cache-cache. Ils seront de
toute façon jugés sur leurs actes.
Dans la perspective dune victoire de la Droite aux législatives, si dans cent jours
rien nest fait, ils sauront trouver assez facilement la porte de sortie devant les
événements
Jean Baptiste
|