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| Politique | Présidentielles 2002 : le candidat introuvable |
par Lem Civa |
| Jacques Chirac vient d'annoncer sa candidature officielle
à l'élection présidentielle. Avec le "retour" de Didier Schuller, c'est pour
nos médias une nouvelle occasion d'endosser cet habit d'inquisiteur vertueux qu'ils
aiment tant. Mais, sans vouloir faire le jeu de personne, les vrais enjeux sont-il là ? Car, en dépit de la pléthore de candidats déjà déclarés pour ces élections présidentielles, n'est-on pas saisi d'un doute au moment du choix ? On dit toujours qu'il ne faut pas mettre tous les hommes politiques dans le même sac ; mettons-les donc dans trois sacs : Le premier sac contiendrait ceux qui veulent le changement dans la continuité. Certes, il y a des problèmes : délinquance, grèves à répétition, difficulté dans l'enseignement, passage aux 35 heures, etc. Mais finalement, tout ceci est n'est pas si grave et ne vaut pas que nous révisions radicalement nos "valeurs", ni notre petit système douillet. Donnons des gilets pare-balles aux policiers, une prime aux gendarmes, remettons la grammaire au programme à l'école et tout finira par s'arranger. Mettons dans ce sac les Chirac, Bayrou, Madelin, (bientôt) Jospin et même Mamère. Le deuxième sac contient ceux qui, inquiets de l'avenir, considèrent que la situation est potentiellement grave et qu'elle mérite des mesures énergiques. Les mesures proposées varient en fonction des candidats mais s'accompagnent systématiquement d'un credo nationaliste (nos médias disent "républicain" pour rester pudiques) quelque peu suranné à l'heure de la "mondialisation" et de l'euro. En effet, les questions économiques sont souvent passées sous silence. Rien d'étonnant de la part d'un Chevènement, ex-marxiste recyclé dans le néo-gaullisme ; ni des Pasqua/ Le Pen, inconsistants et inexistants sur le sujet. Le troisième et dernier sac contient les candidats de cette gauche "pure et dure" si particulière à la France (Hue, Laguiller, Besançenot). Ils ont leurs inconditionnels. N'insistons pas Quant à nos "grands" médias, ils ne se soucient
guère de tout ceci. Comme à chaque élection, ils ne manqueront pas de nous inviter à
voter pour le candidat le plus "sympa". Mais être "sympa", est-ce la
principale qualité que l'on doit attendre d'un chef d'Etat ? Napoléon, Léon Blum ou De
Gaulle étaient-ils "sympas" ? On a les hommes politiques que l'on mérite.
Lorsque l'on vote pour des guignols on est dirigé par des guignols ! Et ce sont les
technocrates qui prennent le pouvoir. Ne soyons toutefois pas trop sévère, cette
déviation est loin d'être propre à la France. Un homme qui aurait le courage de vouloir guider les
électeurs plutôt que d'essayer de les suivre. Un homme capable de proposer et de faire
appliquer des réformes de fond visant à restaurer le principe d'autorité dans les
domaines qui en ont besoin (enseignement et justice notamment). Un homme ouvert et
ambitieux, enfin, face aux grands enjeux du temps ; le premier d'entre eux étant sans
doute la construction européenne qui est bien loin d'être achevée.
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