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Claude Reichman |
| Honte aux politiciens et aux commentateurs ! Ils
hurlent au fascisme quand ce qui se joue cest lunité nationale. Ils
nont rien vu, rien appris, rien compris. La France du nord, de lest et du
sud-est nen peut plus de la violence et de linsécurité et a mis Le Pen en
tête au premier tour de lélection présidentielle. Les classes populaires sont en
dissidence. Une bonne partie des classes moyennes aussi. Seule la France des enseignants
reste calme. Pour eux, tout va bien. Enfin presque. Il y a aussi de la violence dans les
écoles, mais pas dans toutes, et puis les vacances sont si longues et si bonnes. Et la
retraite est garantie par lEtat. Malheureusement pour Jospin, les profs
nétaient pas assez nombreux pour le sauver. Contre le peuple, la gauche se raccroche à Chirac ! Pitoyable rempart. Cet homme sans conviction na jamais su que prendre des poses. Aujourdhui, il joue le républicain digne et vertueux, lhumaniste outragé, le père de la nation. Qui peut le croire ? " Triste fin de partie ", écrivait Beckett. La France a déjà effacé Chirac, dont il ne restera que la chronique dun désastre annoncé. Voilà lhomme qui a dominé la droite pendant le dernier quart du XXème siècle. Qua-t-il apporté à son pays ? Le socialisme, leffondrement moral, la guerre civile. Car ne nous y trompons pas. Faute dun homme dautorité et de haute stature morale, les Français vont inévitablement sen prendre les uns aux autres des malheurs qui frappent le pays. Le rôle dun homme dEtat est moins de gouverner que de faire comprendre. Quand le peuple est éclairé, le gouvernant peut agir. Mais pas avant. Or on ne cesse de mentir aux Français. Seize candidats ont pu finalement se présenter à lélection présidentielle. Aucun na dit à ses compatriotes les quelques vérités quils devront inévitablement entendre sils ne veulent pas voir leurs vies dévastées par le tourbillon de la violence. Le Pen, sest un peu plus approché de la vérité que les autres. Il en a été récompensé. Mais que de distance entre les solutions quil préconise et celles quil faut mettre en uvre ! Oui, décidément, en France, face au naufrage des politiciens, tout est à faire. Par bonheur, les outils de communication sont là. Sans eux, la situation serait désespérée. Le débat ou la rue Les journalistes nont pas fait leur devoir vis-à-vis de la nation et continuent de ne pas le faire. Bien entendu, les coupables sont ceux qui les dirigent. Ils sont au reste peu nombreux. Une vingtaine tout au plus. Et ces vingt-là obéissent à cinq ou six personnages qui possèdent à eux seuls la quasi-totalité des moyens dinformation. Or ces cinq à six personnages, que tout le monde connaît mais dont la masse du peuple ne sait pas quils détiennent en réalité un tel pouvoir, sont incultes politiquement et historiquement. Ils ont réussi dans les affaires, ce qui est très estimable, mais ils nont pas compris quen conquerrant les médias, ils entraient dans un autre univers, celui des pulsions profondes qui agitent les peuples. Pour le bien de leurs affaires et peut-être un peu par conviction ils favorisent tel ou tel politicien dont ils espèrent larrivée au pouvoir ou le maintien à la tête de lEtat. Mais sans jamais être attentifs au mouvement profond de la société, dans laquelle ils ne voient quune immense foule de consommateurs. Or lhomme ne vit pas que de pain ni que de jeux. Il a le sens de sa dignité. Quand celle-ci est blessée, il se révolte. Cest ce qui arrive à la France. Le peuple naccepte plus quon lempêche de vivre comme il en a le droit, cest-à-dire en jouissant des fruits de son travail et de la tranquillité à laquelle il aspire. LEtat lui confisque presque tout, et en outre des voyous chaque jour plus hardis lagressent, le volent, brûlent ses voitures. Les médias consentent à en parler un peu, mais comme de faits divers. Or il sagit de toute autre chose. De politique, au sens le plus élevé de ce terme. Ce qui est en jeu, cest la vision de la société. Le collectivisme sans cesse appesanti auquel est soumis la France depuis des décennies se heurte de plus en plus violemment à lautonomie et aux aspirations personnelles des êtres humains qui constituent le peuple. Et celui-ci récuse désormais tous ceux qui ont conduit cette descente aux enfers ou lont accompagnée docilement. Voilà ce quune classe politique et médiatique aux abois ose qualifier de " fascisme " ! Encore aujourdhui, il suffirait que de vrais débats aient lieu à la radio et à la télévision pour calmer le jeu et entrer dans la voie des solutions. Or que voit-on ? Chirac refuse daffronter son adversaire du deuxième tour, et les médias ne parlent que de ces malheureux lycéens manipulés qui, croyant défiler contre le " fascisme ", ne manifestent en réalité que contre leur avenir dhommes et de femmes libres et responsables. Alors je madresse à MM. Bouygues, Lagardère, Messier, Pinault, Dassault et quelques autres et je leur dis ceci. Jamais votre responsabilité na été aussi grande. Il dépend de vous que le débat ait lieu dans vos médias et non pas dans la rue. Donnez des ordres à cet effet. Vos rédactions nattendent que cela. Alors vous verrez la colère rentrer dans son lit et lalternance démocratique au pouvoir se faire paisiblement. Sinon Sinon, vous lapprendrez à vos dépens et aux nôtres, puisque manifestement vous ne le savez pas : lhistoire est souvent tragique. Claude Reichman
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