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Politique

Il faut chasser la caste énarchique

par Claude Reichman
Les gendarmes ont enfreint la loi qui leur interdit de manifester. C’est un événement d’une extrême gravité. Mais il n’est en rien étonnant. Il y a longtemps qu’en France on ne respecte plus les lois de la République sans qu’aucune sanction ne soit prise. Bien entendu cette " indulgence " ne concerne pas les individus isolés ni les citoyens paisibles et de bonne foi, et encore moins ceux qui essayent de se défendre contre les malfaiteurs. Eux ont tout à craindre de la justice et de l’administration. En revanche les groupes violents ne risquent rien. La France n’est plus un Etat de droit. Elle est revenue au temps des grandes compagnies, ces bandes de pillards qui mettaient le pays en coupe réglée sans que le pouvoir royal fût à même de réagir et de protéger ses sujets.

Dur avec les humbles, faible envers les puissants, tel est aujourd’hui le pouvoir en France. La raison en est simple : il n’est revêtu d’aucune véritable légitimité. Les citoyens ne se déplacent plus pour voter, mais cela n’empêche pas les gouvernants de se comporter comme s’ils détenaient un mandat du peuple. Et de faire tout pour interdire à celui-ci de s’exprimer. Voyez la manière dont la presse et l’audiovisuel sont muselés. Oh ! il n’y a pas de censure officielle. Mais les médias savent parfaitement ce qu’il faut faire - et surtout ne pas faire - pour complaire au pouvoir. Dans n’importe quel pays démocratique ce mur du silence serait aussitôt démantelé. Pas en France. On se demande même pourquoi on gâche autant de papier et d’heures d’antenne si c’est pour ne donner que le point de vue des officiels. Un organe unique, tel que La Pravda, suffirait amplement.

Les choses ne peuvent aller qu’en empirant. Qui a cédé cèdera. La France est en quête d’autorité. Chacun sent bien que des évènements graves se préparent et que le pouvoir sera incapable d’y faire face. Le risque est alors qu’un démagogue surgisse et, à un peuple apeuré, propose et impose la paix de la dictature. L’histoire, dit-on, ne se répète pas. Elle bégaye. Cela suffit à nous faire craindre la renaissance de l’hydre totalitaire, qui n’aura d’ailleurs qu’à prendre la suite d’un pouvoir qui l’est lui-même déjà mollement devenu sans que les Français en aient vraiment pris conscience.

C’est la raison pour laquelle, à l’occasion de l’élection présidentielle, doivent être jetées les bases du redressement. Le programme que je présente aux Français reçoit un accueil exceptionnel. Personne, je dis bien personne, ne m’a encore dit qu’il est irréalisable. Bien au contraire les très nombreux messages que je reçois le jugent facile à mettre en œuvre, pour peu qu’on ait la volonté de le faire. C’est évidemment là que le bât blesse. Les politiciens actuels ne veulent pas le changement. Le statu quo leur est trop profitable. Ils savent fort bien que si le peuple prend ses affaires en main, ils perdront leurs prébendes et le grand confort dont ils bénéficient. Et ils sont prêts à aller jusqu’au bout de l’affaissement national plutôt que de se remettre en cause.
Certains d’entre eux commencent pourtant à faire preuve d’un peu plus de lucidité. Ce sont ceux que le système a mis à l’écart, parce qu’ils jouaient le rôle du caillou dans la chaussure. Ils seront suivis par beaucoup d’autres, quand ils comprendront qu’un nouveau train vient de partir et qu’ils tenteront de le prendre en marche. Mais ne craignons pas la récupération. Il suffit que les passagers de la dernière minute ne soient pas aux commandes. L’essentiel alors sera l’union de tous au profit de la France.

La France ! Qui en parle encore aujourd’hui ? Il n’y a plus que des catégories qui réclament, manifestent et menacent. L’exemple de l’égoïsme leur vient d’en haut. La caste énarchique qui nous gouverne ne pense qu’à multiplier ses privilèges. Le général de Gaulle voulait un Etat fort. En lieu et place des élus traditionnels, accusés de gouverner petitement, il a installé de " grands commis ". Son autorité disparue avec lui, les commis sont devenus les maîtres. Ils se comportent comme tels et tyrannisent le peuple. Il faut les chasser. Dans l’intérêt de la France.

Claude Reichman

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