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| Politique | Jacques Chirac na rien compris |
par Claude Reichman |
| Privé de possibilité daction depuis la dissolution
de 1997, Jacques Chirac aurait pu consacrer cette période à la réflexion. Son
intervention télévisée du 14 juillet a montré quil nen a rien fait. Au
delà de la laborieuse justification de ses voyages payés en espèces - dont il ressort
laveu que les gouvernants sont en grande partie payés au noir et dépensent de
même -, il apparaît que le chef de lEtat na pas amélioré sa connaissance
des mécanismes de léconomie ni des réalités sociales. Alors que les syndicats
les plus évolués admettent désormais que les plans sociaux doivent se faire avant que
napparaissent les difficultés, parce que les entreprises ont encore les moyens de
les mettre en uvre, M. Chirac y est allé de sa tirade à la Blondel ou à la
Thibault en sécriant quil " est inadmissible que lon jette des
gens dehors pour améliorer les profits ". Comme si les profits nétaient
pas la condition des investissements, donc du maintien et de la conquête des parts de
marché, et de la bonne tenue du cours de bourse, qui reflète la santé de
lentreprise et lui permet de se financer. De même, sur le problème des retraites, après avoir souligné " linquiétude des Français " et le fait quil sagit d " un problème majeur ", M. Chirac, se disant conscient de ce que " les Français savent très bien quil faudra prendre des décisions ", a semblé vouloir faire des propositions, mais il sest borné à indiquer quil ne faut pas " remettre en cause la retraite à 60 ans ", parce que " cest un acquis ". Quant à lépargne-retraite quil faudrait, selon lui favoriser, M. Chirac ne sy rallie qu " à condition que cela soit géré paritairement ". Sans doute le président de la République na-t-il pas remarqué que le paritarisme est moribond et que le Medef nattend quune occasion favorable pour lui donner le coup de grâce. Bref le chef de lEtat est complètement coupé des réalités et lon se demande pourquoi il tient tellement à rester à lElysée, alors quil apparaît à tous quil na pas plus didées pour un second mandat quil nen avait pour le premier. Et comme on ne discerne pas, parmi les éventuels candidats de droite, celui ou celle qui viendrait apporter un peu dair frais et de perspectives de changements, on est conduit à répéter que seule une candidature de la société civile serait de nature à mobiliser les forces vives du pays. Certains nous font remarquer quAlain Madelin est, de tous les candidats potentiels, celui dont les options se rapprochent le plus des nôtres. Cest exact. Mais, en politique, il ny a pas que les options. La capacité à les inscrire dans les réalités est beaucoup plus importante. Or depuis quelques décennies quil est en politique, Alain Madelin a plutôt fait preuve de dilettantisme, voire dune sorte de dandysme libéral, que dun souci ardent de peser sur les évènements. Et rien nindique quil soit disposé à rompre avec la classe politicienne à laquelle il est attaché par toutes ses fibres. Or sans cette rupture, aucun changement nest à espérer. Nous nignorons pas quun candidat de la société civile a peu de chances de remporter lélection présidentielle. Mais il doit être présent pour contraindre les autres candidats à prendre en compte les millions de Français qui font vivre le pays, et pour prendre date dans la perspective des évènements inéluctables qui vont voir le système actuel seffondrer pour inadaptation au monde moderne. Loption civile doit être celle de lavenir. Il faut en rendre conscients nos concitoyens et les y préparer. Il nest pas de meilleure occasion quun grand rendez-vous électoral. par Claude Reichman
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