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| Politique | Comment sen débarrasser ? | Claude Reichman |
| Si quelques innocents croyaient encore que le
gouvernement Raffarin allait ramener le secteur public à des dimensions normales et son
appétit à une certaine frugalité, ils viennent dêtre triplement et carrément
détrompés. Tout dabord ce fut lannonce de " réductions
deffectifs " de la fonction publique proches de zéro. Puis on eut la
réponse faite aux gréviculteurs des entreprises publiques que leur message, délivré
sur la pavé de la capitale et visant au refus de toute privatisation ainsi quau
maintien de leurs privilèges, avait été " reçu cinq sur cinq " par
le gouvernement. Enfin on vient dapprendre que les retraités du secteur privé
allaient être mis à contribution de 830 millions deuros (5,4 milliards de francs)
pour alléger les charges des régimes de retraite des fonctionnaires de lEtat, des
collectivités locales et des hôpitaux. Devant une telle accumulation de gifles lancées au visage de ceux qui avaient cru que la réélection de Chirac et la nomination de Raffarin ouvraient une nouvelle ère de la politique française et annonçaient la décrue de lemprise publique sur les activités privées, le réveil est brutal. Bien entendu ceux que les fausses promesses et les ridicules coups de clairon du nouveau gouvernement navaient pas dupés peuvent aujourdhui se prévaloir de la justesse de leurs analyses, mais on aurait grand tort de se contenter davoir eu raison. Le seul véritable problème posé aux Français de droite peut se résumer dans la formule rendue célèbre par Ionesco : " Comment sen débarrasser ? ". Oui, comment se débarrasser de ce secteur public pléthorique, au point dêtre deux fois plus gros que dans les pays comparables, et ruineux, et comment se débarrasser des politiciens qui ont partie liée avec ce monstre ou qui préfèrent ne pas laffronter pour conserver ce quils croient avoir de pouvoir ? La réponse à cette question passe par une recomposition politique complète de la droite. Ceux qui la représentent aujourdhui à lElysée, au gouvernement et au parlement ne partagent en rien le sort ni les idées de leurs électeurs. Il sagit dune caste coupée du peuple et désireuse de le rester. Ceux qui viennent seulement dapprendre les règles du jeu parce quils sont de nouveaux élus ont eu vite fait de sy plier. Comptons sur leur totale fidélité à leurs maîtres, qui ne sont pas leurs électeurs mais les chefs de partis détenteurs des investitures garantes de réélection.
De lavantage dun désastre La droite na cessé dêtre trahie par ses élus depuis près dun tiers de siècle et nen pourtant jamais tiré la leçon. Tout au plus certains se sont-ils détournés des urnes avec dégoût ou ont-ils émis, en guise de protestation, des votes pour une formation dont ils ne partageaient pas les options et en laquelle ils navaient pas confiance, mais qui avait au moins à leurs yeux le mérite de rejeter le système et de le dire haut et fort. On ne va pas très loin dans ces conditions ! Il est vrai que la situation na rien dexaltant à première vue. La droite est un champ de ruines politique, et où que lon se tourne, on ne voit pas dissue. Lidéologie collectiviste quon avait cru abattue par la chute de lUnion soviétique na en rien reculé dans notre pays. Les gauchistes, trotskistes et autres Verts ont pris le relais des communistes transformés en nains de jardin et ne leur cèdent en rien pour ce qui est des mensonges effrontés, de la diffamation et de lesprit totalitaire. Et ce sont ces gens qui règnent dans les médias, ou qui du moins leur imposent leur loi, de même quils ne rencontrent jamais la moindre contradiction de la part de ceux que la droite a délégués au pouvoir pour rétablir nos libertés élémentaires, bafouées et pratiquement supprimées depuis des décennies ! Mais lavantage dun tel désastre est quil oblige chacun à ouvrir les yeux et à prendre ses résolutions. En réalité, la situation nest bloquée quen apparence. Tant quil y a des élections, on peut espérer gagner la suivante et renverser la tendance. Il serait toutefois stupide et vain de tout miser sur une compétition électorale dont on sait que les dés financiers sont pipés et que les médias savent fausser de leurs mensonges ou de leurs silences tout aussi bien que le faisait la Pravda au beau temps du communisme triomphant. La droite doit savoir cela, et dailleurs elle le sait. Mais par paresse mentale, lâcheté ou renoncement, elle sest toujours laissé acculer à limpossible choix délire des représentants en qui elle na nulle confiance ou de laisser le pouvoir à des adversaires à qui ces derniers ressemblent comme des frères. Il est curieux quun peuple qui sait tout de même travailler assez bien pour être un des meilleurs producteurs de la planète et qui a su épargner assez au fil des générations pour devenir millionnaire en parcelles (car cest en effet par millions que se comptent les propriétaires de parcelles dans notre pays) ne soit pas capable de produire une classe politique qui lui ressemble, qui le représente vraiment et qui fasse cesser la spoliation dont il est victime de la part des éléments les moins estimables de la population. Ce mystère ne pourra être éclairci quau terme dune analyse vraiment serrée des structures de pouvoir en France. Gare aux révélations ! Claude Reichman
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