| Conscience Politique "le journal à contre pied de la pensée unique" www.conscience-politique.org | |
| Accueil | Politique | Economie |
Social et société | Histoire politique | Forum | Témoignages | International
| Brèves | Nos liens Humour et citations | Médiathèque | Etat de la France | Recherche | Groupe de discussion | Nous écrire | Liste de diffusion |
|
| Politique | La droite est à rebâtir | Claude Reichman |
| Séisme ! se sont écrié les médias. Mais il y a
longtemps quil a eu lieu ! Voilà plusieurs années que, semaine après
semaine, je dis et jécris que les politiciens ont perdu la confiance du pays et ne
le représentent plus. Candidat à lélection présidentielle, jai été
victime, de la part des dits médias, dune censure impitoyable. On ne ma pas
laissé parler parce quon savait très bien ce que jallais dire. Que
croyait-on dans les rédactions ? Que me faire taire empêcherait la vérité
déclater ? Aujourdhui, cest le peuple qui la clamée. A sa
manière habituelle. En congédiant une classe politique faillie. Ce nest évidemment quun début. Le pouvoir reste dans la main des faillis. Mais il sagit déjà dune apparence de pouvoir. Pour quun nouveau pouvoir, légitime et solide, sinstalle aux commandes du pays, de nombreuses conditions restent encore à remplir. Le bon score de la droite nationale ne lui donne évidemment pas le pouvoir. Le vote Le Pen a été une sévère leçon administrée à la classe politique, mais il nest que cela. Il a détruit les illusions de ceux qui se croyaient aimés du peuple, mais il na en rien reconstruit lavenir. Pire : dans son allocution télévisée de dimanche soir, Jean-Marie Le Pen sest à nouveau enfoncé dans limpasse antieuropéenne et dans lambiguïté politique. On nest pas à la fois de gauche au plan social et de droite au plan économique. La gauche est forcément antisociale parce quelle fait de léconomie la vache à lait de son système de prélèvements obligatoires et que, de ce fait, elle finit toujours par tuer la responsabilité, linitiative et lemploi. Quant à lEurope, elle est, quon le veuille ou non, le seul avenir possible pour la France, même si lon nest en rien obligé daccepter quelle soit gouvernée par la bureaucratie bruxelloise et quil est vital de lui donner une légitimité démocratique en la dotant dorganes élus disposant du véritable pouvoir. Lavenir politique de la France repose plus que jamais sur lémergence dune force libérale moderne. Elle est aujourdhui embryonnaire, mais elle peut atteindre très vite une dimension importante et devenir majoritaire à droite. Les libéraux doivent cesser de se comporter comme une chapelle universitaire et de faire confiance à un homme comme Alain Madelin, qui a démontré son incapacité à incarner ce grand courant. Le libéralisme, cest la liberté, le travail et la propriété. Cest donc le peuple. Les fameux " bobos ", ces bourgeois bohêmes, dont Madelin sest voulu le représentant, nen sont quune caricature frelatée. Chirac otage de la gauche Un quart de la population active française travaille dans le secteur public et les trois quarts dans le secteur privé. Même si tous ceux qui sont employés par ce dernier ne sont pas des adeptes du libéralisme, limmense majorité dentre eux sait fort bien que seule cette philosophie économique, sociale et politique est à même de leur garantir un emploi et un avenir. Or que constate-t-on ? Que la France est gouvernée par ses fonctionnaires, dans un esprit dhostilité systématique au libéralisme, et que le représentant politique patenté de celui-ci, M. Madelin fait moins de 4 % à lélection présidentielle. Cherchez lerreur ! Non, ne cherchez pas, car tout le monde a trouvé. La représentation libérale est entièrement à construire et la droite à reconstruire. Cette reconstruction devra se faire dans la perspective dune entente avec la droite nationale et certainement pas dune hostilité à son égard, comme on la vu sous la houlette de M. Chirac. Celui-ci est aujourdhui lotage de la gauche pour avoir toujours voulu traiter la droite nationale en ennemie. La réélection de M. Chirac est aujourdhui acquise et son échec rapidement programmé. Pris en tenaille entre une gauche dominée par ses extrémistes trotskistes et verts et une droite nationale avec laquelle il na jamais voulu débattre ni éventuellement sentendre, il ne peut que sauter comme un bouchon de champagne. Et ce nest pas ce vin délicieux qui sortira de la bouteille, mais un torrent de soupe à la grimace. Le spectre de la guerre civile sapproche à grand pas. On en a vécu les prémices avec les manifestations anti-Le Pen de la nuit de dimanche à lundi. Dautres suivront inévitablement. Tout ce que la gauche compte de manipulateurs sait fort bien que " lantifascisme " est la meilleure recette pour reprendre le contrôle du " peuple de gauche " et des idiots utiles qui lui font cortège. La recette va resservir en surabondance. Le Pen nest pas un fasciste et ne la jamais été. Son erreur est de navoir rien fait, bien au contraire, pour rendre ridicule cette qualification. Mégret en a tiré la leçon, mais a sans doute sous-estimé le poids des habitudes acquises et des réflexes conditionnés. Ainsi que celui du temps des mentalités, qui nobéit pas au calendrier électoral. Il y a bien eu séisme politique, après une longue phase de mouvements telluriques auxquels une classe politique et médiatique sourde et aveugle na prêté aucune attention. Il faut rapidement dégager les décombres de la droite et la rebâtir. Sur du roc et non sur du vent. Par Claude Reichman
|
Conscience Politique ® Tous droits réservés Hebdomadaire