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| politique | A moins dun sursaut, la droite va perdre lElysée | Claude Reichman |
| A cent jours de lélection présidentielle, le doute
nest plus permis : à moins dun sursaut, la droite va perdre
lElysée. Cette certitude repose sur une vérité mathématique : le total des
voix obtenues, dans les sondages de premier tour, par ses divers candidats, en incluant
MM. Le Pen et Mégret, natteint pas la majorité. Or on sait que les électeurs de
M. Le Pen ne se reporteront pas tous, tant sen faut, sur M. Chirac, si cest
lui qui reste en lice au deuxième tour. Comment en est-on arrivé à ce nouveau désastre
annoncé ? Par une série daberrations qui témoignent de laveuglement
des dirigeants de la droite traditionnelle, président de la République compris.
Première aberration : ils ont cru que léclatement du Front national allait
faire disparaître cette fraction de la droite du champ électoral. Or, constituée pour
lessentiel de citoyens indignés de la connivence entre la droite parlementaire et
la gauche, qui se traduit par de fausses alternances au pouvoir, elle continue de
représenter plus de 10 % des électeurs. Par ailleurs sil est exact que le risque
de triangulaires aux législatives a diminué, à lélection présidentielle, où il
ne peut y en avoir, puisque seuls les deux candidats arrivés en tête ont le droit de se
maintenir, les mauvais reports risquent davoir exactement le même effet. Deuxième
aberration : continuer à croire que cette élection allait se gagner au centre,
alors que tout indique une radicalisation de lélectorat de droite en réaction à
laugmentation continue de linsécurité et des prélèvements obligatoires. On
peut concevoir que le président sortant souhaite adopter une position centrale, mais à
la condition de se garder à droite. Or il a laissé ce flanc béant, tant au plan
idéologique quà celui des hommes. Ni M. Bayrou, ni M. Madelin ne sont capables de
le tenir, pas plus que M. Pasqua, qui na pas su faire fructifier le capital de voix
obtenues aux européennes de 1999 et que ses démêlés judiciaires font plus
quaffaiblir. Quant au lancement, spontané ou organisé, de Mme Boutin et de Mme
Lepage, il ne correspondait à aucune réalité charismatique, sociologique ou politique
et na eu aucun résultat.
Faire donner la garde Troisième aberration : ignorer lévolution sociologique de la France. A mesure que le socialisme sétend, il crée de nouvelles couches dobligés qui ont tout intérêt à ce que le système perdure, réduisant dautant la proportion des entreprenants. Plutôt que dencourager ceux-ci à attendre avec espoir lélection présidentielle et linversion de tendance quelle devrait entraîner, M. Chirac a multiplié les déclarations où il se portait garant de la folle panoplie des avantages sociaux, alors que limmense majorité de son camp considère quils sont la cause principale du mal français, transformant les citoyens en assistés et jouant un rôle daimant dans les phénomènes dimmigration. " Et maintenant que vais-je faire ? ", chantait Gilbert Bécaud, qui vient de mourir. Cest la question que se posent avec angoisse Jacques Chirac et les dirigeants de la droite parlementaire. A dire vrai, ils ne peuvent plus faire grand chose, tant ils se sont engagés dans limpasse de la pensée unique. Leur seule issue est de laisser faire ceux qui nont cessé de dénoncer leurs erreurs et qui nont jamais cédé à la moindre connivence avec la gauche. Or jusquà ce jour, la fausse droite na eu quun seul souci : étouffer toute voix plaidant pour laffirmation des valeurs de liberté, dinitiative et de fermeté. Comme pour écarter delle toute tentation de respecter le vu profond de ses électeurs, au risque de déplaire aux journalistes de gauche qui exercent leur dictature sur lopinion. Mais il sagit dune dictature de pacotille, qui ne résistera pas une heure à laffirmation par le pays de sa volonté de changement. Pour navoir pas voulu le croire, pour sêtre laissé domestiquer par la gauche, la droite parlementaire et lactuel président de la République sont en passe de laisser à la gauche le dernier pouvoir qui lui manque encore, celui dont le siège se trouve à lElysée. Il leur reste cent jours, tout juste cent jours, pour reconnaître leurs erreurs et faire donner la garde. Celle des soldats de la liberté, écartés des honneurs et des prébendes dont ils nont dailleurs jamais voulu, mais qui ont gardé vivantes en eux les vertus ancestrales du peuple de France. Claude Reichman
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