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| Politique | Les murs de Jéricho | par Claude Reichman |
| La prochaine élection présidentielle en France ne doit
avoir quun seul enjeu : la fin du socialisme. Voilà plus dun
demi-siècle que notre pays a versé dans cette idéologie régressive et quaucune
tentative na réussi à len faire sortir. Ce ne sont pourtant pas les talents
qui ont manqué. Mais ce qui leur a fait défaut, cest, dans lintimité de
leur pensée, la conviction que le socialisme na aucune vertu et quau
contraire il fait le malheur des peuples quil asservit à ses mécanismes. Cette
conviction, Margaret Thatcher et Ronald Reagan lavaient. Cest pour cela
quils ont réussi. Le socialisme est une idéologie régressive parce quelle ramène lhomme à la horde originelle, en dehors de laquelle il nétait point de salut. En ces temps primitifs, lindividu isolé ne pouvait que mourir. Tout leffort de la civilisation a consisté à laffranchir de cette dépendance du groupe pour en faire un être autonome. Autonome et solidaire, parce que lautonomie ne suffit pas à laccomplir. Mais cette solidarité ne mérite son nom que si elle est librement consentie. Quand elle est instituée sous la contrainte, elle manque son but. Lhomme nest plus une personne, mais un numéro matricule, élément infinitésimal de " la foule solitaire ". Le seul débat philosophique et politique qui vaille concerne la nature et la vocation de lhomme. Si lon estime quil ne vaut que par son appartenance au groupe, alors on peut sans hésiter devenir socialiste et même communiste. Si lon considère au contraire que le groupe na de droits sur la personne que pour assurer sa survie, et que tout empiètement sur ses droits naturels est coupable, voire criminel, alors on doit livrer au socialisme un combat sans merci. Entre ces deux visions de lhomme, il ny a pas de moyen terme. Ceux qui se raccrochent à cette illusion ne sont pas réellement guéris de leur pulsion régressive. Il est en outre beaucoup plus confortable de flatter les mauvais instincts de la foule que dassumer pleinement son identité et son humanité. Si lon peut comprendre quun individu moyen ne dispose pas toujours du potentiel intellectuel et moral qui lui permettrait déchapper à linstinct de meute, on ne peut éprouver quun insondable mépris pour ceux qui se veulent les conducteurs du peuple et ne le mènent quà sa perte. Car eux les ont, les connaissances et la culture qui devraient les dissuader à tout jamais de créer ou de maintenir des lois et des règlements qui ôtent à lhomme ses " droits naturels et imprescriptibles " qui sont " la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à loppression " (Déclaration des droits de lhomme et du citoyen de 1789, Article 2). Le débat étant ainsi éclairci, on peut juger des hommes et des programmes. Il y a ceux qui veulent encore plus de contraintes et de prélèvements : ce sont les collectivistes de tout poil, trotskistes, communistes, socialistes, verts. Il y a ceux que ces injures à la liberté ne dérangent pas, parce quelles sont commises au nom de lEtat, quils préfèrent à lhomme : alliés aux politiciens qui, bien quadversaires, sur le papier, des socialistes, pensent au fond deux-mêmes que ces derniers ont raison, ils constituent la fausse droite, celle qui a, jusquà présent, régné sur lopposition. Il nest pas difficile daccoler des noms à ces divers types de choix politiques. On verra ainsi défiler pratiquement toute lactuelle classe politique. Cest bien la raison pour laquelle il faut lui signifier durgence son congé. Ce quelle pense, ce quelle fait ou quelle a fait, sont les meilleurs garants de labaissement de la France. Pour en finir avec le socialisme, il faut en finir avec ceux qui lont institué ou lont fait perdurer. Beaucoup de nos compatriotes qui partagent cette analyse pensent quil sagit dune mission impossible. Ils se trompent. Quelque sons de trompette et un grand cri du peuple ont fait seffondrer les murs de Jéricho. par Claude Reichman |
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