Conscience Politique   "le journal à contre pied de la pensée unique"   www.conscience-politique.org
AccueilPolitiqueEconomie | Social et société | Histoire politique | Forum | Témoignages | InternationalBrèves | Nos liens
Humour et citations | MédiathèqueEtat de la France | Recherche | Groupe de discussion | Nous écrire | Liste de diffusion
Politique

Les politiciens sont coupés du pays…et heureux de l’être

par Claude Reichman
Quelques jours avant que, pendant deux heures d’horloge, M. Raffarin s’exprime à la télévision pour ne rien dire, sinon pour faire l’éloge de ses qualités personnelles, paraissait dans le mensuel Enjeux Les Echos un article intitulé " Peut-on encore réussir en France ? " et assorti d’un sondage dont le premier ministre aurait dû prendre connaissance avant sa calamiteuse prestation. Réalisé par BVA auprès d’un échantillon représentatif de la population nationale de 18 ans et plus, ce sondage nous indique que pour les Français c’est la famille, le goût du travail et le caractère qui les ont le plus aidés pour réussir. L’institution qui leur a apporté le moins à cet égard est…l’Etat, qui recueille un score voisin de zéro dans le palmarès. Et pour que chacun ait les mêmes chances de réussir, les Français pensent qu’il faut avant tout développer la formation continue, tandis que ni la limitation des différences de niveau entre les établissements scolaires, ni la réduction des différences entre hommes et femmes, ni la lutte contre les préjugés raciaux et encore moins l’augmentation des impôts sur le revenu et l’héritage ne trouvent grâce à leurs yeux.

Cela signifie que les Français sont radicalement opposés à la politique qui a été suivie depuis près de trois décennies dans notre pays et que M. Raffarin se propose de maintenir dans ses grandes lignes en n’y apportant que des modifications de détail. La coïncidence de cette étude d’opinion et des déclarations du premier ministre illustre de façon accablante le divorce entre les politiciens et ceux qu’ils prétendent représenter. On pourrait toutefois s’étonner, dans ces conditions, que les électeurs continuent à leur faire confiance, mais cela ne tient nullement à un véritable choix de leur part. Ceux qui acceptent encore de se déranger pour se rendre aux urnes ne se prononcent que par défaut. Entre les candidats en présence et ayant une chance de l’emporter, ils choisissent non pas le meilleur mais " le moins pire ".

Cela tient au monopole de représentation que se sont attribué les partis dominants au moyen du financement public de la vie politique et du strict contrôle des médias. Aucun parti nouveau ne peut émerger, aucune critique de fond de la politique suivie ne peut avoir d’écho. Si ce n’est pas une dictature, cela y ressemble furieusement.

 

Surtout, ne toucher à rien

Certains démocrates s’imaginent que les politiciens ainsi élus ont des problèmes de conscience et qu’ils finiront par faire amende honorable en laissant une véritable opposition naître et s’exprimer. Ils se trompent complètement. Ces politiciens illégitimes, sinon illégaux, n’éprouvent pas l’ombre d’un remords. Au contraire, ils se frottent les mains d’avoir réussi leur coup et ne craignent qu’une chose : que l’éventail électoral s’ouvre plus largement et qu’une concurrence apparaisse.

Le monopole, c’est toujours l’arme des incapables, en économie comme en politique. Les deux vont d’ailleurs de pair et la France offre la plus belle illustration de ce principe. Et plus encore que le monopole, qui peut parfois être temporaire et ne tenir qu’à l’excellence d’un groupe ou d’une structure, c’est la fermeture du marché qui est à condamner. Elle s’accompagne inévitablement d’une régression du secteur concerné. Car en supprimant les signaux émanant du public, on se prive des indications indispensables pour que les produits, quels qu’ils soient, répondent à sa véritable attente.

En politique, les seuls signaux que les élus monopolistiques supportent d’entendre sont ceux qui émanent de brigades d’acclamation rémunérées et de la presse aux ordres. Il n’est que de voir leur sensibilité à la moindre critique interne. Les colonnes des journaux sont pleines de leurs cris indignés face à une telle agression.

Mais où sont les empoignades d’antan ?

Coupé du pays, le gouvernement, comme ses prédécesseurs, ne peut qu’échouer. Toutes les raffarinades du monde n’y changeront rien. M. Chirac sera contraint de changer de premier ministre bien avant la date prévue. Il en nommera un autre qui fera exactement la même politique, c'est-à-dire pas de politique du tout, puisque le seul objectif de la fausse droite est de ne toucher à rien afin de ne pas ébranler le socialisme.

Pour faire des réformes, il faut les vouloir. Contrairement à ce que pensent beaucoup d’analystes politiques, les programmes électoraux ont une importance capitale. S’ils consistent en de vagues généralités, on peut être certain que rien ne se fera. Seuls les engagements concrets et chiffrés sont à prendre en considération. C’est d’ailleurs ce que l’on exprime au café du commerce, c’est-à-dire partout, quand on évoque les promesses des candidats en mimant un air de violon, ce qui, soit dit en passant, est faire injure aux musiciens.

La France est malade de ses politiciens. Il n’y en pas un pour racheter l’autre. Les vieux singes ne sont pas plus tôt remplacés par de plus jeunes que reprend le festival de grimaces. Il est grand temps de décréter la fermeture du zoo !

Claude Reichman



AccueilPolitiqueEconomie | Social et société | Histoire politique | Forum | Témoignages | InternationalBrèves | Nos liens
Humour et citations | MédiathèqueEtat de la France | Recherche | Groupe de discussion | Nous écrire | Liste de diffusion

Conscience Politique ® Tous droits réservés Hebdomadaire