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Société

 

La société civile doit reprendre le pouvoir

par Claude Reichman
Il n’est plus tolérable que la société civile soit considérée comme une vache à lait par la fonction publique. Celle-ci se conduit à son égard comme une armée d’occupation. Elle vit sur l’habitant, lui dicte sa loi et exige constamment un alourdissement du tribut. Les politiciens sont tous à son service. Ils font parfois mine de plaindre le peuple, mais jamais ils ne prennent sa défense. Bien au contraire, ils cautionnent et votent tous les crédits dont l’occupant estime avoir besoin. Et d’ailleurs comment pourraient-ils faire autrement, ces politiciens ? La majorité d’entre eux fait partie de la famille. Ils ne vont tout de même pas se brouiller avec les leurs ! Quant aux autres, ils vivent dans la terreur de n’être pas reconnus dignes du titre envié de collaborateur, sans lequel ils ne peuvent espérer, pour eux et pour leur circonscription, le moindre concours de l’Etat.

Comment en est-on arrivé là ? Tout simplement en réduisant à moins que rien la fonction parlementaire et en donnant tout pouvoir à l’exécutif. C’est l’œuvre de la Ve République. En moins d’un demi-siècle, elle a mis le pays au service de son administration, alors que c’est le contraire qui est naturel. La philosophie politique du général de Gaulle devait tout aux circonstances. Marqué par l’effondrement du pays dès le début de la guerre, il ne voyait de salut que dans le renforcement de l’Etat. L’impuissance de la IVe République face aux évènements d’Algérie ne fit que renforcer sa conviction. Le régime qu’il installa devait nous faire échapper à ces malheurs. Il a créé les conditions de beaucoup d’autres, sans pour autant nous garantir des anciens : qu’est devenue notre puissance militaire ? Il ne s’agit pas ici d’instruire le procès du général, qui aurait assurément évolué et réagi, lui qui proclamait que les prélèvements d’Etat ne devaient pas dépasser le tiers de la production, mais bien plutôt de ses successeurs, qui ont tous laissé dériver les charges et les impôts, au point qu’ils dépassent aujourd’hui la moitié du produit intérieur brut, tandis qu’en même temps – et fort logiquement – s’instaurait la dictature de l’administration.

Il est plus que temps de réagir. La société civile doit se révolter. Pour cela, elle doit résolument congédier tous les politiciens qui prétendent la représenter, alors qu’ils ne font que l’enfoncer. A toutes les consultations électorales désormais, il faut qu’il y ait des candidats de la société civile, à commencer bien sûr par l’élection présidentielle. Il n’est pas question, évidemment, de créer un " parti de la société civile ", mais de réunir les divers mouvements et associations qui se battent contre la dictature de l’Etat en une confédération souple, dont l’objectif sera de désigner les meilleurs candidats possibles aux diverses consultations électorales et de les doter d’un programme simple et fort qui s’articulera autour de quelques grands thèmes tels que le rétablissement de la sécurité, la baisse radicale des prélèvements obligatoires et, de manière générale, la liberté d’entreprendre et de jouir du fruit de ses efforts.

Commençons donc par l’élection présidentielle, puisque c’est elle qui est la première à se profiler, et, dans la foulée, préparons nos candidats aux élections législatives. Les difficultés matérielles ne sont pas insurmontables. A l’élection présidentielle, l’argent n’est pas un problème, puisque les frais de campagne sont assumés par l’Etat. La seule difficulté est de recueillir les cinq cents signatures de parrainage. Mais l’immense majorité des 36 000 maires de France est elle-même membre de la société civile et comprendra la nécessité de présenter un candidat issu de ses rangs. Aux élections législatives qui suivront immédiatement, l’élan donné créera les conditions nécessaires au succès.

Nous devons réussir. Sinon, la France connaîtra les troubles puis le chaos et se donnera à un démagogue. Alors on pourra tout craindre. Les vrais démocrates doivent aujourd’hui sortir de leur torpeur. Il n’est plus temps de somnoler quand la patrie a besoin de vous.

par Claude Reichman

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