Semaine du 27 janvier au 04 février Du berger à la bergère Semaine du 20 au 27 janvier "Bien entendu, c'est off" : Ce que les journalistes politiques ne vous racontent jamais de Daniel CartonAlbin Michel Pendant plus de quinze ans, Daniel Carton était là où on ne lattendait pas. A table avec un proche collaborateur de Rocard qui lui racontait comment celui-ci avait négocié directement avec Chirac une place de ministre des Affaires étrangères. En vain : Jospin avait peu apprécié. Dans les congrès du RPR ou de lUDF où il apprenait comment Léotard se préparait à torpiller la candidature présidentielle de Barre quil soutenait pourtant en public. A bord de lavion de Claude Allègre, alors ministre de lEducation, qui lui expliquait pourquoi Jack Lang ne pourrait jamais être nommé ministre. Dans le bureau dun conseiller de Michel Noir qui lui dévoilait le système de corruption mis en place par lancien maire de Lyon. A chaque fois le journaliste essayait de faire son métier. Il écrivait un article. A partir de cet instant, un déluge de conseils provenant damis, de confrères ou de chefs sabattait sur lui. " Ça ne se dit pas ". " Tu es vraiment sûr ? ". " Cétait pas " off " votre conversation ? ". Car tout est là : tout - ou presque - ce qui mériterait dêtre dévoilé aux lecteurs est " off the record ", expression américaine désignant à lorigine des confidences qui nétaient pas destinées à être publiées, du moins pas tout de suite. Mais en France les médias ont fini par faire du " off " un usage de plus en plus large jusquà en pervertir lidée même. Cest tout cela que nous raconte lauteur, cette cohabitation quotidienne amicale, quasi-incestueuse, qui a peu à peu transformé beaucoup de journalistes en relais complaisants, voire serviles du pouvoir. Retraites : Au pays des privilèges, les parlementaires sont rois Voter soi-même les crédits nécessaires pour financer leurs propres régimes de retraite, cest lastuce utilisée par les parlementaires ; crédits pris dans la poche des contribuables. On nest jamais mieux servi que par soi-même. La caisse de retraite des députés en 2001 : Cotisation des élus 6,7 M euros Contribution et subvention de lAssemblée nationale 47,7 Prestations 54,4 Résultat 0,0 Le régime est automatiquement équilibré par la subvention. Comment sensibiliser les parlementaires à la nécessaire réforme de lensemble de notre système de retraite ? Les principes annoncés par François Fillon, " sécurité, liberté, équité ", ont-ils un sens pour ces privilégiés qui peuvent toucher leur pension (cumulable) à 55 ans, après 15 ans dactivité ? Leur compétence et leur dévouement ne sont pas contestés. Ceci justifie-t-il cela ? Chez les sénateurs, le principe est le même, mais les comptes de la caisse de retraite, gérée en capitalisation, sont top secrets. La réforme des retraites en Europe Confrontés au vieillissement de leurs populations, nos voisins ont dû réformer leurs systèmes. En termes de méthode, trois leçons seraient à retenir selon François Chérèque: "Le courage des réformes engagées, le dialogue et la sensibilisation du grand public, et le consensus politique manifesté par les différents partis." En dépit d'un système à l'origine très avantageux, l'Italie est parvenue à instaurer un départ à la carte entre 57 et 65 ans, la barre de 62 ans permettant de conserver une pension équivalente à l'ancien système. En Suède, la réforme a conduit à combiner un système de répartition avec une petite dose de capitalisation, et l'âge de départ se situe entre 61 et 67 ans. En Allemagne, il faut 45 ans de cotisation pour profiter d'une pension à taux plein, qui peut être complétée par une épargne individuelle facultative, assortie d'incitations fiscales. En Espagne, qui a encore une situation démographique favorable, 35 ans de cotisation suffisent pour avoir une pension à taux plein. Mais si le système reste en l'état, le poids des pensions passera de l'équivalent de 10% du PIB actuellement à 17% en 2040. La révision du pacte de Tolède (1995) est à l'ordre du jour. Les contribuables vont payer le futur sommet des anti-mondialiste en France ! Le gouvernement est "naturellement" prêt à "soutenir" l'organisation du prochain rendez-vous européen des antimondialistes. C'est le message délivré, mardi par Matignon, à une délégation d'Attac venue réclamer une aide financière pour le Forum social européen (FSE) qui se tiendra en novembre prochain à Paris et Saint-Denis. A la tête de la délégation, le directeur général du Monde diplomatique et ex-président d'Attac, Bernard Cassen. Sa mission : boucler le budget du FSE, estimé à 4,5 millions d'euros. Depuis des mois, Cassen frappe à la porte des collectivités territoriales. Il a obtenu 1,5 million d'euros de la ville de Saint-Denis et du département de Seine-Saint-Denis ; la Ville de Paris s'est engagée à hauteur de 1,25 million d'euros et le département du Val-de-Marne a promis 250 000 euros. Manque encore 1 million. Pour le trouver, les organisateurs comptent sur la région Ile-de-France, l'Europe et... le gouvernement français. Notre premier ministre a prôné, dès son arrivée, un nouvel humanisme pour la France; je ne suis pas contre à la condition expresse que les élans du coeur, aussi nobles soient-ils, ne viennent pas se substituer à la raison. Je ne comprends donc absolument pas, en tant que citoyen responsable et contribuable perpétuel, pourquoi Jean-Pierre Raffarin veut à toute force contribuer (financièrement) à l'organisation des manifestations prévues par le mouvement antimondialisation, c'est-à-dire les ennemis patentés de la liberté, à l'occasion du prochain sommet du G8 à Evian (AP). Idem pour financer le Forum social européen (FSE) pérvu pour novembre prochain à Paris. "Nous ne voulons pas que les choses se passent comme elles se sont passées à Gênes, donner le sentiment qu'une partie du monde discute entre eux des difficultés qui sont les leurs, et qu'une autre partie du monde, les ONG avec l'ensemble des peuples, soient mises de côté". Faut-il donc rappeler au premier ministre que les chefs d'Etat et de gouvernement qui constituent le G8, au contraire des ONG idéologues, sont démocratiquement élus par les peuples alors que la grande majorité des ONG antimondialistes ne représentent qu'elles-mêmes, c'est-à-dire l'éternelle idéologie collectiviste gravée dans le marbre par le marxisme-léninisme ? En ce qui me concerne, j'appartiens au peuple français et je n'ai d'ordre à recevoir que de ma propre conscience. Si je veux adhérer aux thèses d'ATTAC, je me crois suffisamment responsable, à titre individuel, pour en accepter ou rejeter les termes; en revanche, je n'admet pas que l'Etat, se prévalant du fait du prince, s'empare de la sorte de ma contribution fiscale à sa survie pour financer des gens qui ne pensent qu'à créer, à l'échelle de la planète, un monde soi-disant parfait qui ne pourra jamais s'épanouir, l'Histoire sans cesse le prouve, que dans les affres d'une servitude mondiale ! Aussi est-il de mon devoir de dénoncer ce qui me paraît être un accès de faiblesse politique consistant à estimer qu'il faut éviter de balayer d'un revers de main les ONG avec l'ensemble des peuples ! Je suis le peuple autant que mes compatriotes peuvent l'être eux-mêmes et nous n'avons pas obligatoirement voté, car notre esprit est libre, pour des idées qui de toute évidence ne reconnaissent pas la liberté, moins encore la responsabilité et surtout pas - quelle horreur capitaliste ! - la propriété. De grâce, Monsieur Raffarin, reconsidérez votre posture car c'est une grande erreur que d'affirmer que "Quand on porte le message de l'humanisation de la mondialisation, il faut aussi porter le message de la démocratie sur ce sujet". L'angélisme ne vaut pas raison. Philippe ROBERT Je ne suis pas sûr que la France connaisse encore bien ses classiques en Afrique et qu'elle ait enfin compris, mondialisation galopante oblige, que la Françité n'a définitivement plus cours; car des informations concordantes font désormais état de tout l'intérêt commercial, d'ailleurs immédiatement suivi d'exécution, que portent les USA aux pays africains exportateurs en leur facilitant l'accès aux territoires de l'Amérique du Nord. Cette libéralisation du commerce international entre l'Afrique et les Etats-Unis trouve d'ailleurs une nouvelle justification dans un projet d'accord de libre-déchange avec le Maroc dont la France, par le truchement du ministre délégué au Commerce extérieur, François Loos, avertit d'avance Rabat qu'il serait "incompatible" avec l'approfondissement des relations économiques entre le Royaume et l'Union européenne ! A l'heure de la globalisation des échanges, il faut vraiment avoir l'esprit court pour se permettre de regarder ainsi le monde par le petit bout de la lorgnette, à l'instar de nos princes européens qui ne trouvent pas le courage politique de donner des limites territoriales précises à l'Europe, plus particulièrement à l'est où il me paraîtrait naturel que l'Union soit finalement délimitée, avec l'entrée programmée de la Bulgarie et de la Roumanie, par la Belarus et l'Ukraine. Revenant à la France, la question se pose donc avec une acuité particulière de savoir si son statut de puissance moyenne, considérée comme le leader de la faible Europe avec l'Allemagne, l'autorise à enjoindre, en engageant toute l'Union européenne, un pays souverain comme le Maroc de bien choisir ses amis; car je veux croire que depuis le 20 mars 1956, date à laquelle prit fin le Protectorat, le Maroc ne saurait plus être la chasse gardée de personne. Philippe ROBERT La France épinglée Les priorités assignées à la France restent pratiquement inchangées d'une année à l'autre. Dans son rapport d'hier, la Commission les martèle une fois de plus. Il lui faut réduire "le taux élevé de chômage structurel", mettre en oeuvre la réforme des retraites, mieux contrôler ses finances publiques et accélérer la libéralisation des industries de réseaux comme l'électricité et le gaz. Pour ce qui est, de manière générale, de la transposition de la législation sur le marché intérieur, la France reste le cancre parmi les Quinze, avec un taux de 96,2% contre la moyenne de 97,9% et le but affiché de 98,5%. Elle continue à faire l'objet du plus grand nombre de procédures d'infraction intentées à ce propos devant la Cour de justice. Sans surprise, la Commission épingle le déficit budgétaire, qui vaut déjà à Paris une "alerte précoce", et regrette l'absence de volonté de parvenir à une "situation équilibrée" avant 2006 ou 2007. Côté social, le problème le plus crucial demeure l'emploi des travailleurs entre 55 et 64 ans : le taux en France est de 31% seulement, contre une moyenne de 38,6% dans l'Union, voire de 58,4% aux États-Unis. Paris est enfin invité à mettre en oeuvre une réforme du système des retraites "dont la viabilité financière n'est pas assurée dans les conditions présentes". La France somme le Maroc de renoncer à tout projet de libre échange avec les Etats-Unis Entre lEurope et les Etats-Unis, il faut choisir. Cest en substance le message qua adressé François Loos au Maroc, lors de sa visite mercredi à Rabat. Le ministre délégué au commerce extérieur a déclaré quun accord de libre échange entre le Maroc et les Etats-Unis ne serait pas "compatible" avec lapprofondissement des relations commerciales entre le royaume et lUnion européenne. Des négociations doivent se dérouler fin janvier entre Washington et Rabat en vue de parvenir à un accord de libre échange. Un tel objectif est également inscrit, à lhorizon 2010, dans laccord dassociation qui lie le Maroc à lUE depuis mars 2000. L'Italie reine du travail au noir Plus dune entreprise italienne sur deux emploie des salariés non déclarés, selon un rapport officiel remis mercredi au ministre du travail du gouvernement Berlusconi. Il se base sur des inspections qui ont concerné plus de 21.000 entreprises et souligne que le travail au noir, "spécialement dans les petites et moyennes entreprises, est répandu, enraciné dans tout le pays" et nhésite pas à le qualifier de "caractéristique fondamentale de léconomie italienne". Pour le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, "Il n'est pas question pour l'Etat de soutenir une entreprise dont on voit bien à tous égards qu'elle ne serait pas durablement pérenne, c'est ça notre objectif". Le drame, dans cette affaire, c'est l'implication du précédent gouvernement socialiste aggravé communiste qui a ainsi laissé croire à beaucoup de gens de bonne foi que les lois économiques étaient faites pour se plier à la puissance de l'Etat; funeste et scandaleuse mauvaise action que le gouvernement Raffarin paie aujourd'hui au prix fort puisqu'il ne parvient pas à y mettre un terme ! Sans doute que l'éventualité de procéder à 3.200 licenciements, sans cesse différés, n'incite pas l'Etat à trancher dans le vif; néanmoins, nous regrettons vivement que la salutaire rupture politique que nous attendons impatiemment de la part de Mr Raffarin ne soit toujours pas clairement affichée... Mais comme trop souvent en France, il eût mieux valu s'abstenir dès le début de se lancer dans la plus basse démagogie dont les conséquences, mille fois prévisibles, ôtent aujourd'hui son crédit à l'Etat et n'empêchent nullement Air Lib de courir au désastre final. Philippe ROBERT Martine Aubry, que j'avais surnommée au temps de sa splendeur la start-up du gouvernement Jospin, refait surface pour sauver le PS de l'ennui; en effet, l'ancien ministre des 35 heures a présenté sa contribution au débat interne, dans la ligne du prochain Congrès du parti socialiste, intitulée "Construisons un autre monde". Dans l'esprit de Madame Aubry, "Il faut simplement retrouver les valeurs qui sont les nôtres : égalité, solidarité, démocratie, universalisme", bref de grands mots qui sonnent haut et fort pour masquer la tragique vacuité intellectuelle qui s'est emparée sans coup férir de la pensée française de gauche au soir du 21 avril 2002. Parlant de la division des socialistes en jeunes gauchos, faux libéraux et archéos, Jean-Pierre Raffarin a posé le doigt là où ça fait mal et même retourné le couteau dans la plaie avec une pointe de cruauté qu'on ne lui aurait pas soupçonnée : "Finalement, on les aime comme ils sont, on ne souhaite pas qu'ils changent". Mais c'était sans compter avec Martine Aubry qui a manifestement décidé de prendre en main le destin du PS. Son audacieux programme me paraît, pour le peu que j'en sache déjà, plus relever d'un fatras de vieilleries façon dix-neuvième (siècle) que d'une vision moderne et progressiste (selon les critères de gauche) du monde auquel nous devons désormais nous adapter pour survivre. Cette contribution est donc déclinée en six chapitres dont le seul énoncé fera frémir le moindre esprit libéral tant l'audace des propositions de Martine Aubry laissent à penser que la face du monde en sera spontanément changée ! Mais l'antienne nouvelle proposée par la Dame des 35 heures porte plus que jamais la marque des cinq ans d'aventure jospinienne avortée dont nos compatriotes, mille fois plus innovants, ne veulent plus entendre parler avant longtemps si Jean-Pierre Raffarin, promptement, veut bien se donner les vrais moyens de rendre leur ancienne et incomparable excellence à un peuple aujourd'hui tragiquement désenchantés ! Philippe ROBERT Si l'on est distrait, on peut toujours croire que le plan Bush de "relance" de l'économie américaine de 674 milliards de dollars sur 10 ans est du pur keynésianisme; pourtant, ce plan est majoritairement orienté vers une stimulation de l'offre plutôt que vers un encouragement keynésien de la demande à court terme (www.libres.org, sous le titre "Plan de relance aux Etats-Unis" dans la rubrique "Conjonture"). En revanche, lorsque Francis Mer déclare (AP) que "l'action gouvernementale a créé un cadre favorable à la croissance" grâce à la baisse d'impôt ponctuelle sur le revenu de 6% dans un premier temps (plutôt que de baisser et d'aménager les taux d'imposition), la prime pour l'emploi, la revalorisation moyenne du SMIC de 11,4% et les baisses de charges, alors là nous pouvons à bon droit parler de relance keynésienne. C'est bien en cela que l'Europe se démarque de l'Amérique et perpétue, sur un mode durable, son incapacité structurelle à rebondir. Dommage... Philippe ROBERT AFP : Buffalo grille au pays des soviets Les dirigeants de la chaîne BUFFALO GRILL ont de gros ennuis dans ce qui est l'un des derniers pays staliniens de la planète. Un "valeureux" militant communiste, ancien salarié licencié de la chaîne "capitaliste", prétend avoir découpé des étiquettes et détourné des bordereaux d'expédition de viande frauduleusement importée d'Angleterre quand sévissait l'épidémie de la vache folle. D'autres militants communistes prétendent que leurs parents ont été contaminés en mangeant de cette viande dans cette chaîne de restaurants et qu'ils en sont morts. Un "juge" militant communiste à la botte de ce régime stalinien et corrompu a pris au sérieux ces informations et a inculpé et fait incarcérer les dirigeants "capitalistes" de Buffalo Grill qu'il accuse d'être les auteurs de ces "crimes" ayant entraîné la mort des clients. Ainsi fonctionne la "justice" dans ce pays qui est l'un des derniers pays des soviets, une "république démocratique populaire socialiste" en déliquescence. Jean-Pierre CHEVALLIER A.Juppé est égal à lui-même, avec son complexe de supériorité. Il parade et s'auto-proclame présidentiable. Il estime, grâce à sa seule intelligence, que seul l'accroissement du temps de cotisation sauvera les retraites, et sans aucun scrupule fait valoir ces droits à la retraite à 57 ans !!! Que mes ami salariés du privé ou indépendant se rassurent, nous cotiseront pendant
40 ans, nous ne pourrons pas nous investir en politique, mais soyons rassuré, A.Juppé en
retraite veillera sur nous à plein temps... Bercy a peu apprécié que Renaud DUTREIL sentoure de députés UMP ultra-libéraux lors de la présentation de ses mesures sur la simplification administrative. Ces propositions vont bien au-delà, puisque quelles portent sur le droit du travail, du commerce et la fiscalité. Autre motif dagacement, Renaud DUTREIL est le seul secrétaire dÉtat sous tutelle de Bercy à organiser sa propre cérémonie de vux à la presse. Jean-Pierre Raffarin s'est littéralement "lâché" lors d'une séance de voeux, à l'hôtel de Matignon, réunissant ses ministres ainsi que les parlementaires de l'UMP et de l'UDF; je cite brièvement certains des propos les plus offensifs du premier ministre visant nommément l'opposition : "J'aime bien quand l'opposition est comme ça, divisée : les jeunes gauchos, les faux libéraux, les archéo..."; puis enfonçant sans pitié le clou jusqu'à la garde : "Plus ils resteront sans projet et sans chef, plus nous pourrons avancer avec détermination (...)". Il est bien vrai que la gauche en général nous offre le triste spectacle du canard sans tête qui continue, erratique, à courir en tous sens alors qu'il est mort depuis longtemps; une situation qui inciterait d'ailleurs Raff' à faire preuve de tolérance : "Finalement, on les aime bien comme ils sont, on ne souhaite pas qu'ils changent". Pour ma part et par pure charité, je me contenterai d'apporter ma modeste contribution à l'édifice en ajoutant que cette posture doit être bien mortifiante pour des gens qui ont su élever l'arrogance au rang d'un art... Puisque nous en sommes à parler des faux libéraux qui, au parti socialiste, s'opiniâtrent jusqu'à l'absurde à plagier la liberté, je voudrais citer l'ex-ministre de l'Economie et des Finances, Dominique Strauss-Kahn, qui a réussi à décrocher la timbale à l'émission "100 minutes pour convaincre" avec une nouvelle proposition destinée, une fois pour toutes, à en finir avec les affres lancinantes de l'aide au développement. Quitte à faire se retourner feu James Tobin dans sa tombe, DSK a donc proposé d'instaurer un impôt sur la mondialisation (ISM) afin, explique-t-il sans rire, que le produit de cette taxe planétaire prélevée sur ceux qui profitent des bienfaits de la mondialisation contribue à combattre les méfaits de ladite mondialisation : "Mettons en place un impôt sur la mondialisation, passons partout (dans les pays de l'OCDE) l'impôt sur les sociétés deux points plus haut qu'il ne l'est aujourd'hui et à ce moment-là, nous pourrons doubler l'aide au développement". Toujours la même rengaine rayée : pour enrichir les pauvres, appauvrissons les riches ! Définitivement génial, mon cher Watson ! Philippe ROBERT M.Luc Ferry se propose d'organiser avec Soeur Emmanuelle une véritable croisade en faveur des déshérités en offrant à un plus grand nombre de jeunes de notre pays leur participation volontaire à des projets d'assistance au développement partout où ce sera possible dans le monde. Le système fonctionne déjà mais à un niveau encore très artisanal . Pourquoi ne pas aller beaucoup plus loin et rationaliser le projet en lui donnant un statut officiel. Formés en quelques semaines au sein d'un service ad-hoc, dans des groupes issus de tous les horizons sociaux , les jeunes de notre pays pourraient y réapprendre le "vivre ensemble" qui était jusqu'il y a peu l'une des fonctions civiques du service militaire que rien jusqu'ici n'a remplacé dans cette fonction de creuset de l'unité nationale. M. Kouchner suggère, lui, un service humanitaire qui aurait les mêmes fins. Madame Alliot-Marie avait aussi évoqué l'éventualité d'une telle création. Ne serait-il pas temps de passer des incantations aux actes en mettant sur pied ce projet consensuel qui permettrait de donner de nouveaux horizons à notre jeunesse qui pourrait, ce faisant, y utiliser quelques mois durant le trop plein d'énergie des plus ardents à des activités positives plutôt qu'au vandalisme ou à la violence qui est leur lot dans l'oisiveté. René Crignola
Semaine du 6 au 13 janvier "Les 35 heures polluent l'esprit des jeunes cadres" Claude Bébéar, président du conseil de surveillance d'Axa A l'occasion d'un colloque organisé par Ernst and Young sur l'attractivité économique de la France (lire notre article: La France devient moins attractive pour les entreprises étrangères), Claude Bébéar s'est livré lundi 24 juin à une charge remarquée contre la loi sur les 35 heures. Selon l'ancien patron emblématique d'Axa, cette loi risque de rendre les cadres "un peu paresseux", et plus particulièrement les jeunes arrivés au travail avec la loi Aubry. "Il faut intervenir avant que leur esprit ne soit trop pollués", a même exhorté Claude Bébéar. La solution qu'il suggère ? Que les entreprises rachètent à leurs salariés leurs semaines de vacances. La France devient moins attractive pour les entreprises étrangères (selon Ernst and Young) Les investisseurs étrangers trouvent la France moins compétitive, en raison des lois sociales et des charges. Cest ce que révèle une étude du cabinet Ernst and Young sur lopinion de 200 dirigeants dentreprises françaises et internationales en 2001. Moins dune entreprise sur deux envisagerait de développer de nouvelles activités en France. 43% des entreprises américaines seraient prêtes à délocaliser leurs activités françaises ailleurs en Europe. En cause, un environnement administratif et législatif assez flou, un climat social agité, le poids des charges fiscales et les coûts salariaux incitent les investisseurs à sintéresser à dautres localisations. Excédent commercial record pour l'Allemagne en 2002 LAllemagne a connu cette année son excédent commercial le plus élevé depuis 1945. Il a atteint 127 milliards deuros, en hausse de 33% par rapport à 2001, selon une estimation publiée lundi par lOffice national des statistiques. Les exportations, en augmentation de 1%, ont atteint 647 milliards. Plus de la moitié, soit 353 milliards, étaient destinées aux pays de lUnion européenne. Quant aux importations, en diminution de 4%, elles se sont montées à 520 milliards dont 286 milliards en provenance des Quinze. Lula fustige le protectionnisme des pays riches Lors de son discours dinvestiture, le nouveau président du Brésil sest engagé à combattre le protectionnisme, et à tenter "déliminer les scandaleuses subventions agricoles des pays développés, qui portent préjudice à nos producteurs". Lula a également indiqué quil sefforcerait "avec la même vigueur de supprimer les obstacles injustifiables contre nos produits industriels". Immigration Trop de mariages blancs Les maires sont de plus en plus nombreux à alerter les parlementaires sur les conditions dans lesquelles le ministère public ordonne la célébration dunions soupçonnées dêtre des mariages blancs. Georges Fenech, député UMP du Rhône, vient de demander à Dominique Perben de prendre des dispositions pour que le ministère de la Justice informe clairement les officiers détat-civil des critères sur lesquels ils doivent se fonder. Immigration (bis) La caution de Santini En raison des nombreux abus enregistrés dans les demandes de certificats dhébergement, André Santini souhaite " la soumission de la délivrance de lattestation à la remise dune caution par lhébergeant, caution qui lui sera rendue sur présentation dun document attestant du retour des hébergés dans leur pays ". En ce qui concerne le choix par la Pologne de quarante-huit F-16 américains pour remplacer ses Mig à bout de souffle, mon intention n'est pas ici de porter un jugement de valeur sur ce pays candidat à l'entrée immédiate (2004) dans l'Union européenne; en revanche, il me paraît absolument nécessaire de mettre au clair une poignée de bonnes raisons qui ont pu déterminer cette nation à effectuer un tel choix qui est à la source d'une grande incompréhension parmi les Quinze. Les Polonais ont voulu avoir le beurre et l'argent du beurre, disent les uns; quel bel exemple de solidarité européenne nous manifeste ainsi la Pologne alors que nous sommes priés de financer sur des années l'entrée des nouveaux candidats dans l'Europe, s'enragent les autres... Peut-être. Mais comme rien n'est jamais simple, regardons-y tout de même de plus près. Car après cinquante ans de construction en zigzag, l'Union européenne ne représente toujours pas grand chose dans le concert mondial des nations; pis encore, la confiance intérieure et extérieure n'est toujours pas au rendez-vous. Dans le cas d'espèce et selon Serge Dassault ("Un projet pour la France" aux éditions du Layeur Valmonde), "si la préférence européenne n'est pas imposée pour tout achat de matériel de défense en Europe, jamais une industrie de défense européenne ne pourra être constituée. Comment, et surtout pourquoi, vouloir une industrie de défense européenne si la Grande-Bretagne préfère les hélicoptères américains, les Pays-Bas et le Danemark un futur avion de combat américain qui n'existe pas, la Norvège un avion de combat américain, la Pologne un avion de combat d'occasion américain, etc.?"... Où l'on voit que la liberté, une fois de plus, a manqué son envol ! Enfin, si j'entre dans la peau d'un pays qui a connu l'horreur de cinquante ans de joug communiste et pour lequel la liberté est devenue comme un sixième sens, la question s'est peut-être posée de savoir qui est le plus crédible, des Américains et des Britanniques qui organisèrent le pont aérien de Berlin (277.728 vols en 322 jours) lors du blocus de la ville instauré du 24 juin 1948 au 12 mai 1949 par les Soviétiques, ou bien de l'Europe de l'Ouest qui n'osa pas lever le petit doigt lors de l'insurrection à Berlin-Est en 1953, à Budapest en 1956 puis à Prague en 1968 ? Pour ma part, je peux donc tout à fait comprendre que la Pologne, après être entrée dans l'OTAN, regarde alors la puissante Amérique avec les yeux de Chimène tout en laissant, certes un peu cyniquement, à l'Europe politiquement chétive mais néanmoins riche le soin de pourvoir à l'élévation la plus rapide possible de son pouvoir d'achat ! Philippe ROBERT Le rapport maudit sur le CNRS [La Recherche n°359, 12/2002, p. 113] Nous publions sur notre site Web le fameux rapport sur le CNRS (http://www.larecherche.fr/special/comp/cnrsrapport.pdf) qui fut enterré sous Allègre, en février 1999. Rappelons les faits : Allègre (médaille d'or dudit CNRS) est ministre de l'Éducation nationale et de la Recherche. Il pense avec d'autres que cette institution est profondément sclérosée et contribue largement à la faible productivité du système français. À l'exemple de ce que font d'autres pays pour évaluer une institution de recherche, il décide de créer un Comité d'évaluation international et le charge de formuler des propositions. La présidence du Comité est confiée à Pierre Chambon, le biologiste français dont les articles sont les plus cités dans la littérature spécialisée internationale. Le Comité comprend douze personnes au total, dont quatre autres Français. Parmi eux, Jean-Marie Lehn, Nobel de chimie et... Francis Mer, alors PD-G d'Usinor. Majoritaires, les étrangers sont des pointures. Trois d'entre eux, dont deux Allemands, ont reçu le prix Nobel. Bien entendu, tous connaissent le CNRS depuis longtemps. Le comité a auditionné les responsables de l'organisme les 18 et 19 décembre 1998, au siège de l'organisme. Pierre Chambon a rédigé une première version du rapport, qui a été soumise aux onze autres membres. Une seconde version, tenant compte des commentaires reçus, mais toujours considérée comme provisoire, a été transmise le 5 janvier à titre confidentiel à trois personnes : Claude Allègre, Catherine Bréchignac et Édouard Brézin, respectivement directrice générale et président du CNRS. C'est alors qu'une fuite se produit : sans que le texte même du rapport ait été fourni à la presse, celle-ci se voit nourrie de commentaires appuyés. Dans Le Monde du 27 janvier, le président du CNRS dit tout le mal qu'il pense de propositions, qui " procèdent d'une réflexion théorique intéressante mais sont irréalistes et inadaptées à la recherche française ". En deux mots, il s'agissait de faire du CNRS une agence de moyens au service d'universitaires talentueux. Voici les principales propositions : - le CNRS ne recrutera plus de fonctionnaires ni de chercheurs à vie ; - les postes correspondant au premier grade de la carrière actuelle seront remplacés par des contrats temporaires proposés à des post-doctorants ; - les postes des autres chercheurs deviendront des postes sur détachement de cinq ans, proposés principalement à des enseignants-chercheurs, fonctionnaires de l'université, qui deviendront du même coup des " chercheurs-enseignants ". Ces postes se répartiront en deux catégories : les juniors (non renouvelables) et les seniors, réservés aux universitaires devenus professeurs (renouvelables) ; - les chercheurs juniors et seniors seront chacun responsables d'une équipe composée essentiellement de personnes recrutées sur contrats temporaires ; - toutes les procédures d'évaluation seront confiées à des instances formées en majorité d'étrangers. Le feu ayant été mis aux poudres avant la rédaction de la version définitive, et avant toute décision de la publier ou non, le processus a été stoppé net. Il n'a plus jamais été question de ce rapport maudit. Les forces conservatrices l'avaient emporté. La seule tentative jamais esquissée de porter un regard extérieur sur le CNRS s'est donc soldée par la génération quasi spontanée d'un trou noir. Dans quelle pays vivons-nous ? Olivier Postel-Vinay La France loin du podium [La Recherche numéro 358, 11/2002, p. 113] Deux nouvelles études sur l'impact des publications scientifiques attribuées à chaque pays placent la France l'une au onzième rang mondial, l'autre au treizième. Le premier résultat figure dans la livraison 2002 des Science and Engineering Indicators de la National Science Foundation américaine (NSF). Il porte sur l'année 1999 et témoigne d'une régression, la France occupant le neuvième rang en 1990. Elle a été dépassée par la Finlande et le Canada. La Suisse, en baisse, reste en tête, suivie par les Etats-Unis et les Pays-Bas. La France obtient la note de 0,93, signifiant que sa part dans la littérature citée est sensiblement inférieure à sa part dans le total de littérature publiée recensée par le Science citation index (SCI). Huit pays obtiennent une note supérieure à 1, dont l'Allemagne. Rappelons que la littérature citée désigne les références faites dans un article scientifique à des articles antérieurs. La seconde étude sera publiée bientôt par des chercheurs hongrois [W. Glänzel et al, Scientometrics, vol 55., n° 3, décembre 2002.]. Elle porte non pas sur une année mais sur la période 1990-1998, et fournit des indications par champ disciplinaire [voir tableau]. Les pays sont classés selon un critère relativement sophistiqué : c'est le rapport entre le nombre de citations reçues par article pendant trois ans (l'année de sa publication et les deux années suivantes) et le nombre de citations que l'on serait en droit d'attendre de ces articles, compte tenu de l'impact du journal dans lequel chacun d'eux est publié (l'impact d'un journal est le nombre moyen de citations qu'il reçoit par article publié). Le résultat obtenu est appelé par les auteurs le taux relatif de citation. Le plus intéressant dans les scores obtenus par la France est l'absence de contraste marqué d'un champ disciplinaire à l'autre. Nous nous sommes installés un peu partout dans une honnête médiocrité. Le meilleur résultat, une huitième place, revient au champ regroupant les géosciences et les sciences de l'espace, ce qui reflète sans doute, en partie, le poids relatif du Centre national d'études spatiales (CNES) dans notre système de recherche. Contrairement à l'opinion souvent défendue, notre position en mathématiques (une onzième place) est tout à fait moyenne. Et, par ailleurs, nous ne descendons pas en deçà de la quatorzième place : en biosciences (biologie moléculaire fondamentale) et dans un champ regroupant les neurosciences et les sciences du comportement. Cette homogénéité est d'autant plus frappante que certains pays affichent une grande hétérogénéité de résultats. Le cas le plus spectaculaire est celui de la Finlande, qui arrive globalement au second rang derrière la Suisse, alors qu'elle n'occupe que la seizième place en géosciences et sciences de l'espace. A noter aussi le rang relativement modeste occupé par les Etats-Unis, devancés par l'Allemagne et le Royaume-Uni. Relevons enfin la très bonne performance de nos voisins belges, qui sont ici devant l'Allemagne. La Belgique fait mieux que la France dans toutes les études publiées. Les responsables de la politique de recherche suisse sont aujourd'hui en ébullition, parce qu'ils constatent une baisse globale des performances de leur pays. On aimerait constater une semblable ébullition chez les responsables français, qui pratiquent surtout l'autosatisfecit et la langue de bois. Olivier Postel-Vinay L'investiture de Luiz Inacio "Lula" da Silva à la présidence du Brésil, le mercredi 1er janvier 2003, a donné lieu à une liesse extraordinaire à Brasilia; en effet, l'aspiration à une vie meilleure de plus de 50 millions de Brésiliens réduits à la misère repose désormais sur les épaules d'un seul homme, Lula. Mais pour ma part, je n'aurais garde d'oublier la présence de Fidel Castro et d'Hugo Chavez, dangereux rêveurs gauchistes et naufrageurs patentés de leurs propres peuples, aux côtés du tout nouveau président de gauche brésilien dont l'élection, fût-elle le fruit de décennies d'incompétence politique, me paraît néanmoins lourde de périls immédiats. Peut-être, après tout, est-il écrit que le Brésil, géant émergent, doive encore s'infliger les affres du mirage socialiste mille fois mis en oeuvre et mille fois avorté avant que d'entrer, en recouvrant la liberté, dans une ère durable de vraie prospérité. Philippe ROBERT Un arrêté en date du 17 décembre, qui place les activités de SOS Racisme sous la tutelle d'un contrôleur financier désigné par le ministre du Budget, a été publié le 1er janvier au Journal officiel. "Le Fonds d'action sociale (FAS) a supprimé sans préavis la subvention de 200.000 euros euros, soit le sixième du budget de l'association, qu'il nous versait depuis une quinzaine d'années", a-t-il déclaré à l'AFP. En mai 2000, SOS Racisme, déjà confronté à des difficultés de trésorerie, avait été placé en redressement judiciaire, une décision annulée en appel le mois suivant. SOS Racisme, comme de nombreuses associations, dépend financièrement pour une large part des subventions versées par des organismes publics, et tout changement de cap de ces derniers les fragilise. Candidature de Jacques Chirac en 2007: "on ne sait jamais" selon son épouse Jacques Chirac sera-t-il à nouveau candidat à la présidence de la République en 2007? "On ne sait jamais", a répondu lundi son épouse Bernadette, en concédant toutefois "ne pas avoir réfléchi à la question". La voiture du rabbin Farhi, agressé vendredi, a été partiellement incendiée La voiture du rabbin Gabriel Farhi, qui avait été agressé vendredi à l'arme blanche, a été partiellement incendiée lundi après-midi dans le deuxième sous-sol du parking de son domicile du 16e arrondissement de Paris, a-t-on appris auprès de son Mouvement juif libéral de France (MJLF) et de sources policières. Gabriel Farhi, 34 ans, a été légèrement blessé vendredi après-midi d'un coup de couteau à l'abdomen par un inconnu casqué qui a pris la fuite. Défenseur du dialogue inter-religieux, il a été attaqué dans sa synagogue du 11e arrondissement de Paris quelques heures après avoir reçu des menaces de mort. Semaine du
30 décembre au 5 janvier Retraites: "Il se peut qu'aucune barrière ne soit infranchissable" |